Blog Notes d'Alain Juppé

Précisions

Publié le 12/09/2015 par Alain Juppé

En réponse à l’interprétation que donne le magazine Valeurs actuelles du 21 août dernier de mon interview dans Le Parisien, voici quelques précisions sur ce que je pense et ce que je dis:

Je considère depuis toujours la drogue comme un terrible fléau . Pour ceux qui la consomment . Pour la société tout entière qu’elle mine de ses trafics maffieux. Il faut donc la combattre avec détermination.

C’est pourquoi je suis et reste hostile à la dépénalisation du cannabis dont la consommation est hélas! particulièrement répandue en France. Ce serait un très mauvais signal, notamment envers les jeunes qui ne manqueraient pas d’y voir une sorte de reconnaissance d’innocuité.Il faut donc résister à la pression du « socialement correct » .

Nos forces de police et de gendarmerie font le maximum pour identifier, traquer, démanteler les réseaux criminels qui alimentent le marché de la drogue dans notre pays. Ils remportent de beaux  succès dans cette lutte sans fin.

En revanche, le « deal » au quotidien qui ne cesse d’augmenter dans nos quartiers , dans nos rues et jusqu’à proximité de nos collèges et de nos lycées, n’est pratiquement pas réprimé. Les policiers et les gendarmes vous diront qu’ils engagent très peu de procédures et que , quand ils le font , elles sont presque toujours classées sans suite par la Justice. C’est que la réponse pénale n’est pas adaptée : le simple usage de stupéfiants constitue un délit puni d’une peine qui peut aller jusqu’à un an d’emprisonnement et 3 750 euros d’amende. Ces sanctions demeurent théoriques , la réponse pénale effective est très faible , ce qui est un encouragement à la banalisation de l’usage du cannabis.

D’où l’idée de certains spécialistes et de nombreux policiers et magistrats , pour redonner de la crédibilité à l’interdiction, de permettre aux forces de l’ordre de sanctionner immédiatement la consommation par une contravention et une amende forfaitaire à payer sur le champ . Il s’agit de frapper au portefeuille . Ce système est actuellement expérimenté dans certaines zones de sécurité prioritaire et partiellement appliqué par les Douanes, seule administration à pouvoir réclamer un recouvrement immédiat en cas de transport de marchandise prohibée. Si son extension devait être perçue comme une forme de relâchement, je l’écarterai . Je serai attentif à toute solution alternative.

Naturellement le trafic de stupéfiants qui est un grave facteur d’insécurité, et qui s’accompagne d’un recours de plus en plus fréquent à la violence, doit toujours encourir des peines lourdes (5 à 10 ans de prison aujourd’hui). Il ne m’est jamais venu à l’esprit d’envisager d’assouplir ce cadre pénal.

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Bonjour, vous avez pris le temps de me lire et me répondre.
Je tenais à vous remercier de cette forme d'engagement.
Rien que de m´apporter une réponse montre que nous partageons une passion, celle de notre pays. Pour ma part , je suis partisan du dialogue et, je vous remercie de l'avoir entamé avec moi.

Bien cordialement.
Alain Juppé
Alain Juppé 2017
5 ans pour l'emploi
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