Blog Notes d'Alain Juppé

Quantité/qualité

Publié le 06/03/2005 par Alain Juppé

L’un d’entre vous me fait remarquer que les problèmes de l’Education nationale ne se résument pas à la réforme du bac (faut-il ou pas introduire une dose de contrôle continu ?). Il a raison.
Je vais tenter d’aborder ici un sujet tabou, mais, tant pis, je me lance : celui des ressources humaines de ce grand service public. Ce devrait être sa force principale et l’objet de toute la sollicitude de la Nation. Or je ne suis pas sûr qu’au sein de cette immense communauté de plus d’un million de fonctionnaires, la notion de gestion des ressources humaines ait vraiment droit de cité.

De quoi nous parle-t-on le plus fréquemment quand on débat de l’éducation? De ses « moyens ». Syndicalistes,enseignants, étudiants, élèves, parents exigent depuis des décennies des « moyens supplémentaires », c’est-à-dire plus de crédits et plus de postes budgétaires . Pour juger le budget du ministère, le seul critère généralement retenu, c’est le taux de majoration des dépenses, d’une année sur l’autre.
Les ministres successifs se réjouissent d’avoir obtenu plus , et affichent des progressions cumulées sur une ou deux décennies tout à fait impressionnantes. A quoi la vox populi répond: « ce n’est pas assez »! » (Ce qui est parfois vrai, notamment dans l’enseignement supérieur où la Nation dépense – ou investit – sensiblement moins, par tête d’étudiant, que dans les grands pays développés).

Et si le vrai problème n’était pas quantitatif mais qualitatif?
Une organisation, quelle qu’elle soit, y compris un service public, ne vaut que par la qualité de ses hommes et de ses femmes.
Certes, « nos enseignants sont tous de grande qualité »…
Sommes-nous sûrs, pour laisser de côté la langue de bois, que cette qualité ne pourrait pas être encore améliorée s’il y avait une vraie gestion des ressources humaines de notre Education nationale?

Que veux-je dire concrètement en soulevant la question de la qualité?

D’abord qualité de la formation, initiale et continue.
La réforme qui vient d’être votée par l’Assemblée nationale et qui va être examinée par le Sénat comporte une réforme des IUFM (Instituts Universitaires de Formation des Maîtres) . L’idée-force de cette réforme est de rapprocher les IUFM des Universités pour améliorer encore le niveau de formation. C’est une bonne idée, à condition que l’apprentissage du métier d’enseignant, dans sa dimension à la fois théorique et pratique , n’en souffre pas. Certains s’en inquiètent et font remarquer qu’apprendre les « ficelles du métier » est aussi important que de maîtriser parfaitement la discipline enseignée. Il me semble essentiel de maintenir un bon équilibre entre ces deux exigences complémentaires. Ce qui devrait conduire à réfléchir à l’allongement éventuel de la durée de la période de formation professionnelle stricto sensu.

Il me semble également essentiel de renforcer la formation tout au long de la carrière, tant il est vrai que, dans tous les métiers, la mise à jour périodique des connaissances et des méthodes est une nécessité.

Qualité de l’évaluation ensuite. Les inspections traditionnelles restent sans doute utiles et leur méthodologie a certainement évolué. Sont-elles pour autant suivies d’effet? Dans un sens comme dans l’autre?
Dans le sens de la récompense: il y a certes l’avancement au choix mais beaucoup d’enseignants n’ont-ils pas l’impression que ceux d’entre eux qui s’investissent à fond dans leur métier – et ils sont la très grande majorité – sont au total à peu près traités comme les autres?
Dans le sens de la sanction aussi! L’un de mes amis qui a longtemps exercé la fonction de proviseur me racontait par le menu l’histoire administrative d’un professeur de lycée un peu particulier: l’intéressé a fait l’objet de trois inspections successives qui ont toutes les trois conclu à son inaptitude à l’enseignement; il a été muté de lycée en lycée, et plutôt de « petit » lycée en « grand » lycée, et quand le chef d’établissement saisissait sa hiérarchie des dégâts pédagogiques qu’il continuait à causer dans ses classes, la dite hiérarchie justifiait sa totale passivité par la volonté de ne pas faire de vagues . Syndicales… je suppose.
On me dira que de tels cas sont rares. Bien sûr, mais l’exemple est délétère!
L’Education nationale est l’une de nos grandes administrations dont le régime indemnitaire est le moins avantageux. Autant il me paraît vain de se battre pour maintenir les effectifs d’enseignants quand les effectifs d’élèves baissent sensiblement, autant il serait légitime de mieux payer les maîtres, en améliorant leur régime indemnitaire et en le rendant plus incitatif, c’est-à-dire plus lié à la manière de servir et au mérite.

La qualité, c’est la motivation,la responsabilisation, l’incitation au travail en équipe qui n’est pas partout entré dans les moeurs. Je crois qu’on se donnerait de meilleures chances d’atteindre ces objectifs si la « gestion » des hommes et des femmes de l’Education nationale était plus proche du terrain, c’est-à-dire, j’ose le mot, plus décentralisée. Et pas seulemnt décentralisée au niveau de l’Académie, mais carrément au niveau de l’établissement. Le chef d’établissement notamment devrait avoir les moyens administratifs et financiers de jouer vraiment le rôle de chef d’orchestre au milieu de son équipe éducative.

J’ai conscience que ces propositions ne vont pas dans le sens du poil syndical. Ma situation actuelle m’autorise à plus de liberté d’idée et de parole. Débattons-en entre nous. Peut-être pourrons-nous faire évoluer un peu le débat…
07/03/05

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35 commentaires pour « Quantité/qualité »
  • Pierre Atzori
    Le 20 Juin 2007 à 12 h 07 min
    Bonjour,
    Comme pour Giscard je vous souhaite une bonne retraite. On ne peut pas toujours se faire sortir par la fenêtre et rentrer par la grande porte(ou inversement). Les Français peuvent aussi être droit dans leurs bottes en refusant votre sens de la morale!!!
    Adieu
    Pierre Atzori
  • Philippe Barillon
    Le 30 Aout 2006 à 21 h 15 min
    Bonjour M. Juppé,

    Tout d'abord, merci d'avoir mis en place ce blog et de me permettre ainsi de m'adresser à vous aussi facilement.

    J'ai 26 ans et cela fait environ un an que je suis rentré en France après avoir travaillé deux années au Japon et lorsque j'ai reçu ma première feuille de paie en France, j'ai été horrifié par le montant des charges salariales et patronales qui sont doubles par rapport au Japon.

    Pourquoi l'Etat français a-t-il besoin de nous taxer autant ? Je ne vois pas ce que les japonais ont à nous envier car ils ont la sécurité sociale, la retraite, les congés payés et leurs infrastructures sont beaucoup plus modernes que les nôtres...

    En fait, j'ai bien compris les raisons d'un tel décalage entre les deux pays... politique sociale, PIB, dette extérieure sont sans commune mesure. Ce n'est donc pas au sujet des raisons de ce décalage que je vous interroge, mais au sujet du qui et du quand...

    Qui aura un jour le courage de "libérer" le travail en baissant les charges ? D'offrir plus de liberté aux entreprises pour récompenser leurs salariés les plus méritants sans que cela mette leurs finances en péril ? Qui aura un jour le courage et l'assise suffisante pour revenir sur nombre d'avantages "acquis" qui n'ont plus lieu d'être ? Qui enfin permettra enfin qu'on s'enrichisse légalement et honnêtement en France ?

    Qui, mais aussi quand ? Car il arrive un moment où l'on perd l'envie de cotiser pour un système dont on ne bénéficie jamais... Par exemple, à quoi me sert de cotiser pour des bureaux de poste et des administrations ouverts seulement sur les heures de travail ? Il arrive aussi un moment où on nous propose de gagner deux à trois fois plus pour partir à l'étranger...

    Ne me demandez pas ce que je fais si la gauche passe en 2007, mais je pense que je ne suis pas le seul à attendre un chamboulement du système actuel car autant je suis d'accord sur la nécessité de la solidarité, autant je suis contre une société qui tue le rêve et l'ambition.

    Je vous remercie d'avoir pris le temps de lire ces quelques réflexions qui ne sont pas tout à fait mûres et qui peuvent sonner très libérales.

    Bien cordialement, en vous souhaitant de revenir au premier plan de la scène politique.
    Philippe Barillon
  • ERIC LAMBELET
    Le 08 Mai 2006 à 19 h 53 min
    Bonjour,

    J'étais, il y a maintenant une quinzaine d'années installé au calme, sous les pins, à Lèognan tout près des vignes et pour l'anecdote à 2 maisons de votre ami Gilles Savary au demeurant tres sympathique. Bordeaux, ses quais , son centre ville noir et encrassé était invisitable.
    J ai recemment eu la possibilité de me reinstaller en famille ,après 10 ans passés à Paris , dans le Medoc plus exactement au Pian Medoc ,toujours au calme, toujours pres des vignes et toujours sous les pins. Bordeaux est métamorphosé et devenu classe
    ses quais , ses immeubles d'une élégance , un cadre de vie que beaucoup de villes vont nous envier. Nous vous le devons Monsieur Juppé. Alors et vous me voyez venir, je vous demanderai d'approcher le projet du grand contournement de Bordeaux avec la meme aisance dans l exécution du chantier.Mon message est simple et direct.
    je vous demanderai de bien vouloir trouver le juste équilibre entre les interets economiques d un tel chantier et ceux de familles qui ont choisi cette magnifique région pour une
    fois de plus etre au calme, pres des vignes et sous les pins...
    Salutations
    ERIC LAMBELET
  • david wittmann
    Le 08 Mai 2006 à 15 h 13 min
    J'entends bien votre idée d'une évaluation qualitative des enseignants qui tend à se répandre de plus en plus. Je ne veux pas discuter ici des présupposés d'une telle idée mais de son mode de réalisation. Car tout ce que vous dites devrait s'appuyer sur des indications concrètes concernant les modalités de l'évaluation de l'enseignant. C'est à ce niveau que se posent les problèmes les plus importants (passons le caractère caricatural de votre exemple, que vous concédez d'ailleurs vous-mêmes). Les évaluations du travail de l'enseignant devraient tenir compte d'un paramètre extrêmement variable et à la vérité difficilement quantifiable : celui du niveau de départ des élèves. En ce sens la seule solution serait d'introduire des tests au début et à la fin de l'année pour tous les niveaux, ce qui aurait pour inconvénient accordons-le d'allourdir considérablement l'année scolaire. Ensuite il est des disciplines plus ou moins intéressantes pour les élèves, qu'ils travaillent plus ou moins selon leurs goûts, leurs filières, les échéances ... ce qui impliquerait des méthodes différentielles d'évaluation de l'enseignant selon les disciplines. Qui plus est on peut se demander qui serait juge en la matière: L'inspection, le chef d'établissement ... ? Bref si l'on veut que cette idée ne passe pas pour une justification - alors idéologique - de la baisse du nombre des fonctionnaires (en la justifiant par un passage de la quantité à la qualité) il faut entrer dans le vif du sujet en passant de cette idée générique aux modalités de son application et à ses conséquences concrètes pour les élèves et les professeurs. Prenons l'exemple d'un jeune professeur qui a toutes les chances de commencer sa carrière en ZEP et aussi de changer d'académie ... Il est peu formé (car les contenus enseignés dans les IUFM, loin de donner comme vous le dites les ficelles du métier, constituent une véritable torture intellectuelle). On explique au professeur qu'il faut à la fois écrire beaucoup au tableau et occuper l'espace total de la classe en se mouvant au demeurant dans le sens des aiguilles d'une montre et pas dans le sens inverse, puisque comme nous le savons tous, cela aurait la conséquence fâcheuse d'amoindrir l'attention de son auditoire. Ce jeune professeur est démuni face aux élèves de ZEP, peu au courant de leur niveau et il se retrouve sans formation spécifique face à des élèves extrêmement difficiles. Comment pourrions-nous l'évaluer ? Comment pouvez-vous parler de récompense lors même que le gouvernement vient de supprimer la bonification échue à ces professeurs après leur troisième année dans ces classes au titre de la fixation des équipes enseignantes ? Ensuite il faudrait parler des conséquences. Quelles sont-elles ? Diminution/augmentation de salaire - c'est une idée qui peut être juste, mais il est sûr que les syndicats s'y opposeraient fermement. Facilité de l'avancement dans la carrière - c'est peut-être une idée viable, mais encore une fois l'obstacle réside dans la mise au point de méthodes concrètes d'évaluation. Les professeurs - dans leur ensemble - ne sont pas opposés forcément à ce genre de réformes si elles ont pour fin unique de faire progresser le système scolaire et si une telle réforme leur est présentée dans le cadre d'un plan concret de progression du système en son ensemble. La question (d'obédience libérale) d'une diminution du nombre des fonctionnaires passera forcément pour une argumentation idéologique si elle n'est pas présentée comme un avantage éducatif.
    david wittmann
  • Regis PASSERON
    Le 08 Mai 2006 à 15 h 10 min
    J'ai 35 ans. Mes deux souvenirs de collège et de lycée sont les suivants : des professeurs motivés à transmettre au mieux leurs connaissances mais aussi leur expérience ; le second : un monde complètement étranger aux réalités extérieures de notre société.
    En aucune manière et à quelque moment que ce soit une personne de ce milieu enseignant n'a été capable, parce que dans l'incapacité de la faire, de m'indiquer une orientation professionnelle possible. Je me suis donc débrouillé au mieux. J'ai finalement opté pour une école de commerce malgré un niveau moyen de mes résultats scolaires.
    Ce que les les étudiants vivent aujourd'hui, c'est une exclusion jusqu'à leur baccalauréat. Une fois ce diplôme atteint, il leur faut en deux ans ou quatre ans atteindre le même niveau de compétitivité que les etudiants de notre chère Europe, mais aussi aujourd'hui d'Asie.

    Je ne crois donc plus en notre France : nous sommes incapables de nous adapter. Alors que sachent les francais qui ne sont pas du bon côté de la barrière : ils seront les Os (ouvriers spécialisés) de demain.
    Regis PASSERON
  • Grégory HAAS
    Le 07 Mai 2006 à 23 h 23 min
    Monsieur Juppé,

    On l'a vu lors devotre passage à Matignon, on l'a constaté à nouveau très récemment: les réformes ont du mal à être mises en place en France. Pourquoi ?
    Les français sont-ils allergiques au changement? Pourquoi est-ce si dur à faire comprendre et accepter à la majorité de nos concitoyens que certains changements sont indispensables pour notre pays ?
    CPE, retraites, enseignement public: exemples parmi tant d'autres de projets morts-nés car rien n'est faisable en France sans qu'il n'y ait des millions de personnes dans la rue.
    Quelle est votre analyse M. Juppé ?
    Faut-il être démagogique et ne faire que du zêle politique envers les Français ?
    Peut-on entreprendre des choses sans être immédiatement "grillé" politiquement ?
    Merci de votre réponse.
     Grégory HAAS
  • Claude (masculin) Mandine
    Le 14 Décembre 2005 à 07 h 54 min
    Monsieur le président
    je cite votre phrase : "Certes, "nos enseignants sont tous de grande qualité"...".
    non, tous nos enseignants ne sont pas bons. que faites-vous des spécialistes de l'absentéisme ? comment se fait-il que certains profs n'aient que de bons élèves et d'autres que des mauvais? croyez-vous que cela vienne des élèves?
    pour ma part je pense qu'un bon prof est celui qui sait intéresser même un cancre et en faire un bon élève alors qu'un mauvais prof n'est même pas capable d'enseigner correctement sa discipline et est même capable d'en dégouter les meilleures bonnes volontés...
    je crois qu'il ne faut pas faire de démagogie et qu'il serait bon qu'un système de récompense/sanction soit mis en place dans l'éducation nationale (en fait, on devrait pouvoir le faire à tous les échelons de tous les emplois publiques ou privés).
    merci de nous permettre de vous faire quelques suggestions.
    Claude (masculin) Mandine
  • Alexandre Lyneel
    Le 31 Octobre 2005 à 18 h 44 min
    Bonsoir Mr. Juppé, je voudrais réagir par rapport à votre message concernant l'Education Nationale.Il est certain que certains enseignants n'ont pas le niveau (ou la motivation?) nécessaire pour enseigner de nos jours, sans entrer dans la crtitique pure et gratuite. Toutefois, notre système éducatif est globalement bon, quoiqu'en disent nos voisins européens. Il faut poutrant leur donner raison sur un point : le niveau des jeunes Français en langues étrangères ne correspond pas au niveau européen.Pourquoi cela? La réponse est simple : plus l'on apprend tôt une langue étrangère, mieux on la parlera dans sa vie.J'en veux pour preuve l'exemple de la Suède, ou l'anglais peut s'apprendre dès l'âge de trois ans : vous constaterez que les réponses aux interviews de journalistes étrangers se font toujours en anglais, et non en suédois.
    Pourquoi alors ne pas faire la même chose en France dans ce cas? Et c'est ici que le bât blesse : un apprentissage précoce de l'anglais en France impliquerait de subventionner davantage le secteur de l'Education, or est-ce la priorité d'un quelconque gouvernement que ce soit?Il y a environ 10 ans, mon père qui était professeur des Ecoles a rencontré son directeur (nous sommes dans une école primaire) qui lui dit : "Il faut désormais apprendre l'anglais très tôt : saurais-tu donner des cours d'anglais à tes élèves?" Bien entendu, mon père ne pouvait pas, n'ayant pas fait d'anglais depuis une dizaine d'années.On lui a alors proposé de sacrifier une heure de cours pour "faire passer une cassette" (termes véridiques) en anglais et familiariser les élèves à la langue de Shakespeare.Est-ce de cela que nous voulons?Lorque à l'échelle nationale,des décisions sont prises, il n'en reste plus grand-chose à l'échelle des villes. La meilleure des solutions serait d'embaucher des professeurs diplômés, spécialisés dans les petites classes, mais c'est également la solution la plus côuteuse. Ainsi la France creuse-t-elle sa propre tombe en refusant de prendre une dimension européenne.J'ai vu Maurice Druon défendre avec ardeur la langue française : hélas il s'aveugle en ne se rendant pas compte que se refermer sur sa culture,c'est le meilleur moyen de la détruireà petit feu.
    Il est donc impératif d'agir en renforçant les dispositions déjà prises concernant les langues étrangères en France : c'est par une intégration réussie dans la sphère européenne (qui a dit qu eles Français ne se sentaient pas européen?) que nous sauverons notre culture.
    Alexandre Lyneel
  • P Leclercq
    Le 30 Mars 2005 à 09 h 32 min
    Mr le premier ministre
    Cher alain

    Un petit rayon de soleil ce matin. sur France inter Renaud Dutreil est venu expliquer sa reforme de l’état et alors la bravo, c’est en phase totale avec votre message qualité / quantité du 6 mars de ce blog …

    Simplification des 1000 status de la fonction publique / possibilité de passerelles entre les corps de l’état / intéressement des fonctionnaires a la performance de leur travail de façon collective et individuelle / ….
    Les syndicats semblent avoir compris que c’est dans l’avantage des leurs adhérents …
    ( Exemple du fonctionnaire de la voirie qui doit être mute dans le Nord alors qu’il y a un poste ouvert a l’agriculture dans sa préfecture…. )

    On va peut être en 2005 réussir a améliorer la performance de ce grand service public qui gère notre pays et dont les règles de fonctionnement ont étés définies en 1946 … une brise de reforme souffle sur notre service public !!!!!
    Je salue au passage certains profs de maths que j’ai eu en terminale sup et spe et dont certains étaient très forts….
    Mais tout cela était un peu fausse car pendant toutes ces années, mon voisin de table et camarade de classe préfère ( JB durand ) était carrément un peu spécial car il a été lauréat du concours général en mathématiques il a fait normale sup. l ( mathématiques ) ( 3 en a l’X au concours ) et agrége en maths 2 ans après avoir été admis a normale sup. …( la je perd sa trace )

    Assister a un cours de math a ses cotes revenait presque toujours a faire passer un test au prof qui se retrouvait un peu sur le sommet d’un volcan …

    De même le projet de loi sur la mise sous tutelle des alloc pour les familles polygames afin d’être sur qu’elles profitent bien au enfants …..
    Quelle vista !!! , ça fait un moment , que certains profitent du système pour se payer des maisons au pays et laissent errer leurs enfants sans un sous en poche et même conduire sans avoir les moyens de passer le permis de conduire ….

    Cordialement



    P Leclercq
  • Thierry BOUCHEZ
    Le 21 Mars 2005 à 15 h 59 min
    Monsieur,

    Je ne crois pas que l'existence du contrôle continu aux baccalauréats professionnels soit un bon argument, pour les raisons ci-dessous:

    1) La quasi totalité des titulaires d'un baccalauréat professionnel ne suivent pas d'études, cet examen n'a donc pas la même finalité que les autres et ne doit pas être jugé de même. En principe, ils devraient permettre à leurs titulaires de trouver un emploi dans le métier auquel ils sont préparés. Or l'immense majorité d'entre eux se retrouvent au chômage ou décrochent un emploi dans un secteur qui n'a rien à voir avec leur formation: c'est accablant pour le diplôme (je n'ai pas les chiffres exacts, mais ils doivent sûrement exister quelque part: chambres professionnelles?). Le prendre comme modèle est donc douteux. Les baccalauréats techniques et généraux, par contre, tiennent bien leur rôle, eux.

    2) Les baccalauréats professionnels sont le type même du diplôme complètement dévalorisé, y compris aux yeux des professeurs qui fabriquent les sujets. Il y a plusieurs raisons à cela, et le mode d'évaluation en contrôle continu en fait partie. Mais c'est surtout le manque d'exigence des programmes qui en est cause. On a cherché à valoriser ces sections par des publicités en dévalorisant la formation reçue: comment s'étonner de l'échec?

    3) Je ne crois pas me tromper en affirmant que, même dans les formations qui ne conduisent pas au chômage comme l'électronique, parce qu'il y a beaucoup d'offres d'emploi et peu d'élèves formés, la possession ou non du baccalauréat n'a aucune importance réelle aux yeux des recruteurs. Il faudrait vérifier ces dires auprès des chambres professionnelles, par exemple, mais je ne crois pas me tromper en affirmant que, pour eux, qu'un élève ait un BEP ou un bac, qu'il ait été présent en terminale sans décrocher le bac ou qu'il possède le diplôme n'a aucune importance. C'est une autre preuve à mes yeux de la dévalorisation complète de ce diplôme.

    4) Vous savez que ce diplôme est de création récente, et que, dans beaucoup de formations, il n'est en fait qu'assez artificiel. (D'aucuns se sont demandés s'il avait été créé pour apprendre un peu plus aux élèves ou pour les garder plus longtemps en dehors des statistiques du chômage, c'est dire!) Je maîtrise moins bien le sujet, n'ayant jamais enseigné dans les classes professionnelles, et vois donc le sujet de l'extérieur, il se peut donc (le contraire serait même étonnant) que la création de ces diplômes ait été féconde dans certains secteurs où la nécessité de connaissances supplémentaires après un BEP se faisait sentir. Cependant, tous les BTS qui ont été créés en vue d'offrir des débouchés d'études supérieures à ces formations sont colonisés par des élèves issus de formations techniques, n'offrant même souvent qu'un lointain rapport avec la formation prolongeant directement une section professionnelle - tout simplement parce qu'ils sont meilleurs, la qualité de la formation technique étant bien supérieure. D'où une autre raison de la dévalorisation des études professionnelles.

    5) Il y a très souvent peu d'établissements dans une même formation (quatre en cartographie sur toute la France, je crois). Dans ces conditions, les comparaisons entre établissements n'ont guère de sens: le niveau et la valeur du diplôme sont définis par le travail fait -ou non- dans les quelques lycées qui y préparent.


    6) D'où une conséquence directe sur le baccalauréat: comme il est complètement dévalorisé et ne sert qu'à fabriquer des statistiques à l'éducation nationale (les 80% et le reste), qu'importe qu'il soit donné en contrôle continu ou non, d'une certaine manière. Même si les résultats sont injustes et partiaux, ce qui est le cas souvent, cela n'a pas vraiment d'importance. Mais si on voulait rendre du lustre à ces formations, il faudrait les transformer en examens, rendre les programmes plus stricts, plus complets et obtenir ainsi des élèves bien formés trouvant leur place dans une branche professionnelle, quitte à ce qu'ils soient moins nombreux. Cela supposerait, bien sûr, de travailler avec un peu plus d'imagination pour donner des formations mieux adaptées aux autres - à tous ceux qui quittent le système avant aussi, d'ailleurs. Il y a tellement de gisements d'emplois inutilisés en France que c'est fort possible. Mieux vaut un bon BEP en plomberie ou en boucherie qu'un baccalauréat qui n'est qu'un chiffon de papier, en fait. Là aussi, il y a une réforme à faire...

    Bonne journée à vous.

    TB

    Thierry BOUCHEZ
  • Thierry BOUCHEZ
    Le 19 Mars 2005 à 18 h 31 min
    Monsieur,
    Je suis un professeur du second degré, ayant enseigné en Lycée et en Collège depuis vingt ans, agrégé de mathématique; et je souhaite vous parler comme tel.
    Je n'ai jamais été syndiqué, ai toujours voté à droite, me considère comme proche de vos idées, et pourtant suis radicalement opposé à vos projets sur l'éducation comme à ceux de l'UMP en général. J4ai participé à toutes les grandes manifestations contre les projets de loi de gauche et de droite depuis 1989. Je souhaite vous en expliquer les raisons en mêlant détails significatifs et réflexions générales; comme votre blog m'en donne l'occasion, j'essaierai de vous convaincre, même si je commence à désespérer que la droite comprenne quelque chose à l'éducation.

    Première remarque: que les syndicats soutiennent ou non une loi est secondaire.
    C'est le soutien des professeurs de base qui compte: en effet, s'ils sont favorables à une réforme, les syndicats pourront toujours s'agiter, il n'y aura pas de grève ou de manifestation significative. Contrairement à la RATP et à la SNCF, il n'y a pas à l'EN de soutien systématique à une manifestation sous prétexte que tel grand syndicat y appelle; les professeurs ont assez d'esprit critique pour cela. Si les manifestations récentes ont eu tant de succès, c'est parce que les réformes proposées mobilisaient contre elles les professeurs dans leur immense majorité, y compris ceux qui ne défilaient pas, et non parce que l'EN n'est pas réformable, que les professeurs seraient cramponnés à je ne sais quel immobilisme, etc, comme on l'entend un peu partout.

    Seconde remarque: On ne réformera pas l'EN contre ses professeurs (contre les TOS ou les chefs d'établissement, par contre, c'est possible). De même d'ailleurs que la politique en général contre le peuple... Mais il y a des réformes que les professeurs demandent depuis des années, qu'ils appellent de leurs voeux, et qui ne se font pas, parce que les politiques sont sourds et les syndicats occupés à autre chose.

    Troisième remarque: Il existe des organisations de droite qui ont ouvert de multiples pistes pour des réformes de l'EN qui seraient bien acceptées. D'ailleurs, les syndicats ne forment pas, loin de là, un ensemble cohérent. Si avec le SGEN et le SNI je ne vois aucun accord possible, avec le SNES c'est plus facile, curieusement, leurs politiques étant fort opposées. Et je me demande si les politiques et les citoyens sont vraiment au courant de l'existence de syndicats de droite, dont le SNALC, très représentatif dans le second degré. Par ailleurs, de nombreuses associations ont fourni un travail rigoureux ou au moins intéressant, comme la société des agrégés ou l'association des professeurs de philosophie, par exemple. Mais leurs rapports sont-ils même lus par les politiques comme des rapports sur les problèmes de terrain, et non à travers une grille idéologique? Il y a eu aussi de nombreuses contributions à des pistes de réforme lors des manifestations géantes contre la politique d'Allègre et ensuite, en sommeil mais toujours utiles. Bien sûr, ces rapports-là ne paraîtront pas dans le Monde: il faut aller les chercher et prendre le temps de s'en imprégner. D'une manière générale, leur tonalité est républicaine et non libérale, ce qui est cohérent avec la fonction du ministère.

    Quatrième remarque: La politique de François Fillon est une politique socialiste. Sans doute n'en est-il pas conscient, mais l'administration du ministère est intégralement truffée de gauchistes (au sens strict), la droite n'a depuis des siècles pas fourni de réflexion sur l'éducation, les quelques intellectuels féconds ne sont pas écoutés (seulement des sociologues, pseudo spécialistes en la pseudo-science de l'éducation, etc), et c'est donc toujours la pensée de Meirieu qui gouverne les réformes: relativisme culturel, nivellement par le bas, etc. Pour quelqu'un comme François Fillon, c'est curieux, mais comme il ne connaît même pas le milieu de l'éducation, s'étant préparé à la Défense et étant passé aux Affaires sociales, ce n'est pas étonnant. Où est Xavier Darcos, qui lui au moins y connaît quelque chose? Pourquoi nomme -t-on à un ministère aussi difficile des ministres qui n'y sont pas préparés sérieusement?
    La protestation contre la réforme Fillon n'est donc qu'une suite des protestations contre les réformes gauchistes depuis Jospin/Allègre/Lang.

    Cinquième remarque: Non, les professeurs, parents, élèves ne militent pas en faveur de postes supplémentaires. Ce n'est pas pour cela qu'ils manifestent.
    Pourquoi, alors, insistent-ils sur les moyens? (Au niveau syndical, c'est simple: c'est le seul dénominateur commun; mais cela ne signifie rien.)
    Parce que toutes les économies qu'on cherche à faire dans l'éducation nationale conduisent à diminuer la qualité de l'enseignement reçu par chaque élève, et cela concerne tous les élèves, professeurs, parents de base au-delà de la langue de bois syndicale. Exemples depuis la réforme Jospin de 1989: le nombre d'heures de mathématique, de français, d'histoire... a diminué dans toutes les classes. Moins de mathématique en collège avec autant d'élèves en difficulté: où est la logique? Moins d'heures de mathématique en classes scientifiques: où est la logique? Il ne s'agit pas du nombre de postes, mais du nombre d'heures par élève, donc de la qualité de l'enseignement qu'il reçoit. De même, la quasi suppression des options, des langues rares, du grec ancien... On pourrait penser que la France a intérêt, ne serait-ce que pour le commerce, à avoir davantage de classes de japonais, d'arabe, de russe. Elles sont quasi toutes supprimées. C'est un contresens. Il existait des options informatique dans les classes de seconde, et elles ont été supprimées. C'est un contresens aujourd'hui. On pourrait multiplier les exemples: plus de classes technologiques, de soutien ou consacrées aux primo-délinquants en collège; de moins en moins de classes pour non-francophones alors qu'il y a un nombre important d'enfants qui ne parlent pas français à leur arrivée et ne peuvent évidemment pas suivre, etc. De même, on élimine la majorité des surveillants alors qu'il y a de plus en plus de violence dans les établissements. C'est parfois scandaleux de constater les dégats de cette politique. Qui me dira que j'ai tort sur ces points-là? Bref, c'est parce qu'on cherche à faire des économies sans réfléchir au sens pédagogique de ce qui est fait que, à la base, les gens se révoltent. La source de cette révolte est à mon avis proche de ce qui se passe sur le plan social: la gestion par des gestionnaires (faut-il dire des énarques et assimilés?) des contraintes à partir de rapports sur des rapports lus à travers une idéologie sans connaissance des réalités du terrain - excusez-moi d'être un peu méchant, cela vaut aussi pour la gauche.
    On veut tenter des économies dans l'Education Nationale. C'est possible, et souhaitable, mais pas ainsi.

    Sixième remarque: On peut économiser beaucoup d'argent en éliminant la moitié des personnels des rectorats pour en faire enfin des administrations efficaces.
    Le Mammouth est là et pas ailleurs: dans la partie administrative.
    On pourrait raconter beaucoup d'anecdotes sur les rectorats, incapables de respecter leurs propres règles, dont la majorité ne sont que des usines à gaz. Cela vaut aussi pour l'administration du ministère lui-même d'ailleurs dont une bonne partie du personnel est à réformer. Voilà une tâche qu'aurait pu entreprendre un gouvernement libéral. Nous attendons toujours - et sur ce plan-là, les professeurs ne protesteraient pas, croyez-moi!

    Septième remarque: On peut économiser beaucoup d'argent en supprimant complètement les IUFM et en confiant la totalité de la formation des professeurs et des instituteurs aux universités.
    Ces IUFM n'ont jamais été que des lieux d'endoctrinement idéologique (et je pèse mes mots) par des partisans de la vulgate Meirieu. Ils privilégient le discours sociologisant sur la formation véritable, fondée sur des connaissances. TOUS les stagiaires que j'ai vu, sortant de l'IUFM, étaient catastrophés de devoir oublier rapidement ce qu'il leur avait fallu ingurgiter pour obtenir le diplôme de l'IUFM dans les pseudo-ciences de l'éducation (qui ne sont certainement ni des sciences ni préparatoires à l'éducation) pour commencer enfin à se former APRES et AILLEURS. Au moins, on pourra compter sur les universités pour apprendre quelque chose aux futurs professeurs et instituteurs: la qualité de l'enseignement y est assurée, et c'est leur rôle. Je rappelle que quasi aucun des rapports sur les IUFM n'a été publié tant ils étaient tous catastrophiques...

    Huitième remarque: On peut économiser beaucoup d'argent en revenant sur une mesure ridiculement inadaptée de la réforme Fillon: l'enseignement de l'Anglais à partir du CE1.
    D'une part, cette mesure est très lourde dans le budget, et posera aussi des problèmes de recrutement de professeurs. D'autre part, enseigner l'Anglais en CE1 alors que la majorité des élèves ne maîtrisent même pas vraiment la lecture et qu'une partie est illettrée, c'est un mirage, une fausse bonne idée, et cet enseignement prendra du temps sur l'enseignement du français et des mathématiques qui devraient être d'une priorité absolue à cet âge. Enseigner une LV1 en CM1, à la rigueur, serait plus sérieux. De toute façon, tous les professeurs d'Anglais à qui j'ai parlé reconnaissent qu'en sixième il est nécessaire de recommencer totalement à zéro avec les élèves qui ont déjà eu des cours d'Anglais en CM2, parce qu'ils n'ont pas appris de grammaire: et comment pourraient-ils l'apprendre avant la grammaire française? Sinon, bonjour l'orthophoniste...
    Par ailleurs, je rappelle que l'éducation nationale, qui a commis la bêtise de supprimer nombre de classe d'Allemand, dispose d'un nombre considérable de professeurs d'Allemand payés à ne rien faire faute d'élèves à leur donner, qui seraient tout disposés à prendre en charge une classe de primaire avec qui faire de l'Allemand: pourquoi donc imposer l'Anglais en LV1? Et puis, si on cherche des économies, en voilà une qui n'aura pas de conséquence pédagogique sur la qualité de l'enseignement. De toute façon, la totalité des français apprend l'Anglais. Je rappelle qu'entre un élève qui commence en primaire et un élève qui commence en sixième, à 20 ans il n'y a pas de différence réelle. Et il me semble que l'on a convenu avec les Allemands de favoriser l'apprentissage de leur langue en France: quand commence-t-on?

    Neuvième remarque: Une réforme qui ferait plaisir à la grande majorité des professeurs (aux syndicats peut-être pas): la suppression du collège unique.
    Pourquoi est-ce pédagogiquement nécessaire aujourd'hui?
    Parce qu'il y a un nombre important d'élèves qui sortent du primaire avec un niveau tellement faible en français et en mathématique (illetrés et l'équivalent en mathématique) qu'ils ne peuvent suivre quoi que ce soit en classe, et que ces élèves sont condamnés à rester en classe avec les autres, et avoir des notes lamentables, à se sentir nuls, jusqu'à 16 ans où ils sortent du système souvent révoltés d'être laissés pour compte, sans aucune connaissance réelle, parfois violents, et résignés au RMI. Et comment les professeurs pourraient-ils leur enseigner quelque chose sans revenir à l'apprentissage de la lecture et du calcul, ce qui est impossible avec le programme normal à enseigner aux autres? C'est une source importante de misère sociale, de violence future. Si ces élèves étaient regroupés dans une classe particulière où l'on tienne compte de leurs difficultés pendant le restant de leur scolarité, au lieu de s'obstiner à vouloir faire avec eux comme avec les autres, ils sortiraient du système scolaire en ayant appris quelque chose, le socle minimum nécessaire, et avec un peu de reconnaissance, en tout cas pas de haine pour la société. Cela serait en tout cas plus efficace que de les bassiner de morale. Qu'attend-on? Le nombre de tels élèves est tel qu'il faudrait une section différente de celle du collège "normal" actuel, dans les mêmes établissements. Elle mènerait naturellement à une troisième d'insertion, par alternance, ou technologique.

    Dixième remarque: Pour ceux qui veulent faire des économies, j'ajouterai qu'il y a des classes où le nombre d'élèves est inférieur au nombre de places parce que ces écoles spécialisées ne sont pas connues, alors que leur formation est excellente. C'est le cas en particulier des écoles préparant aux métiers d'art comme l'Ecole Boulle. Il ne coûterait rien à l'Etat de faire un peu de publicité à ces formations-là et à d'autres pour qu'il y ait plus de candidats. D'autant que nombre de ceux qui n'y vont pas et ont le profil requis finissent chômeurs.

    Onzième remarque: Il y a des domaines dans lesquels il faut investir davantage dans l'Education nationale, et donc répartir différemment les crédits. Il me semble que la première remarque à faire est de constater que certaines formations sont des trappes à chômage.
    Premier exemple: les classes STT en Lycée sont bien trop nombreuses et il faudrait en supprimer beaucoup. (STT signifie "Sciences et technologies tertiaires" alors qu'il n'y a rien de scientifique là-dedans: il s'agit de la vente, du secrétariat, de la comptabilité.) La comptabilité a d'assez bons résultats, mais pour la vente, le commerce, le secrétariat, quand on n'a pas de BTS, c'est le chômage. Bien sûr, il faudrait proposer une autre formation à ces élèves, qui mène à de vrais métiers, pourvoyeurs d'emplois en France, à partir de la même seconde (Je suggérerais le secteur de la santé...). Mais laisser ces formations intactes, c'est fabriquer des chômeurs. On gagnerait donc à réformer la filière.
    Second exemple: Les formations de psychologie, sociologie, et autres en faculté sont une trappe à chômage. A l'exception des meilleurs, bien entendu. Le cas de Nanterre est consternant. Je sais que les universités sont censées être autonomes, mais que l'Etat paie pour qu'on fabrique des chômeurs me semble un gâchis. Il faut négocier l'instauration de quotas, même lâches, pour ces formations, et trouver d'autres solutions pour les élèves qui s'inscrivent souvent là faute de mieux, en ouvrant des places ailleurs, par exemple dans les études de langue, etc.

    Douzième remarque: On manque de personnel scientifique à tous les niveaux: informaticiens, médecins, ingénieurs, techniciens, et cela sera de plus en plus le cas. Je crois donc qu'il faut ouvrir des places, tant dans les grandes écoles que dans les IUT, BTS, Mastères, et dans les formations techniques scientifiques de lycée où existe un fort potentiel (STI). Il serait utile aussi d'ouvrir des formations techniques spécialisées en informatique ou pour la formation d'infirmières, ce qui suppose l'ouverture de nouvelles classes, et donc de l'argent. De même, le niveau général en mathématique, meilleur antidote actuel contre le chômage, doit être amélioré, et il faudrait donc davantage d'heures en collège, en lycée (y compris pour les littéraires dont l'emploi ne sera pas lié en général aux études de lettres ou philosophie). Il faut donc dépenser là encore.
    A ceux qui me reprocheront de proposer un "tout scientifique", je dirai que les gros bataillons des chômeurs ne sont jamais issus d'une formation scientifique.

    Treizième remarque: Dans les universités, il manque après les diplômes généraux une formation à un métier pour ceux qui ne vont pas à un DEA ou un DESS. Beaucoup se retrouvent sur le marché du travail avec une licence sans formation postérieure: on gâche des licenciés faute de formation. Et on fabrique des chômeurs diplômés. Or il serait assez facile de former la grande majorité de ces étudiants au sein des universités - ceux qui ne trouvent pas d'eux-mêmes une formation ou une école, faute de place, et ne suivent pas d'études plus longues. Et, au moins, de présenter à ces étudiants en détail, individuellement, les voies d'orientation possibles pendant leurs deux premières années: aucun travail d'orientation n'est fait en faculté.

    Quatorzième remarque: Je ne crois pas que la qualité de la formation professionnelle initiale dépende de l'allongement des études, surtout bien sûr si celles-ci se font en IUFM (cf plus haut), compte tenu du type d'enseignement qui est donné en IUFM... Elle dépend en fait essentiellement des stages faits sous la direction d'un professeur-tuteur. Par contre, un suivi avec des conseils d'un tuteur pendant deux ans après, par exemple, serait utile. Il y a aussi, il faut le reconnaître, une baisse de niveau préoccupante au CAPES dans nombre de disciplines, entre autres en raison de ses réformes, et des divers CAPES externe, tours extérieurs, etc; je considère comme important de veiller justement aujourd'hui à la qualité des connaissances - et donc à rester rigoureux sur la préparation à l'examen pour ceux qui ne possèdent qu'une licence.

    Quinzième remarque: L'idée d'une formation continue est fort noble; mais ce qui s'est passé depuis dix ans est le contraire de ce qui est souhaitable: apparition de stages à vocation idéologique fournissant, non des outils et pistes de réflexion, mais des dogmes explicites; disparition de tout ce qui permettait davantage de richesse culturelle et donc de travaux en équipe autour d'un thème par exemple; réduction des propositions pédagogiques possibles en classe à un petit nombre directement imposées par le ministère seules inculquées en stage... Le contraire de ce qu'il faut faire pour former les enseignants, tout pour les décourager de demander un stage: la plupart de ceux que je connais n'en demande plus, sauf en informatique, et se forment eux-mêmes autrement.

    Seizième remarque: Pourquoi la grande majorité des professeurs, y compris ceux qui pourraient s'attendre à être "récompensés" par une évaluation plus différenciée en raison de leur investissement, sont-ils défavorables à cette évaluation au mérite?
    Je pense que la comparaison avec l'entreprise peut être utile ici: dans l'entreprise, on sait que nombre de discriminations à l'embauche ou à la promotion sont constantes: femmes, noirs, étrangers, etc. Les professeurs préfèrent les éviter, sachant que TOUS les chefs d'établissement que j'aie connus en 20 ans ont des préférences injustifiées de cet ordre. L'un avait pour maîtresse l'un de mes collègues de mathématique; un autre n'appréciait guère une collègue d'origine malienne, et on pense aux petits Gollnisch qui seraient chefs d'établissement; un troisième n'appréciait que les professeurs politiquement proches de lui; un quatrième traitait mieux que les autres les professeurs qui avaient du pouvoir, étant membres du conseil d'établissement; un cinquième appréciait les délateurs qui venaient lui raconter à leur manière ce que faisaient les autres professeurs... Que se passerait-il s'ils avaient tout pouvoir sur les carrières? D'ailleurs, si l'on demandait aux employés des entreprises s'ils préféreraient un système sans notation au mérite, que répondraient-ils? Cela permet, au moins, de s'investir sans arrière-pensée et non pour gagner des points. Je pense que c'est sain et que cela limite les conflits.

    Dix-septième remarque: Donner cet exemple de professeur de lycée me paraît d'autant moins significatif que l'on pourrait en trouver d'autres aux affaires étrangères, dans la banque, dans les ministères, à la sécurité sociale... J'ai connu, en 20 ans, un seul cas de ce type, celui d'un professeur d'Allemand; on lui a donné une tâche de secrétariat à la place de son travail de professeur dans son lycée, et cela n'a pas posé de problème parce qu'il y avait une proposition acceptable en remplacement de son poste: les syndicats l'ont donc acceptée. Qu'il soit proposé un licenciement aurait tout changé, mais où y a-t-il un syndicat qui ne défende pas l'emploi des salariés? C'est son rôle.

    Dix-huitième remarque: Une autre des raisons qui font que les enseignants sont opposés à ce salaire au mérite, c'est qu'ils ont l'impression que derrière cette proposition se cache autre chose, et que ce n'est que de l'habillage. De même pour l'exemple de la décentralisation qui est refusée autant pour ce qui se cache derrière elle que pour elle-même. Le discours politique, à droite comme à gauche, est depuis longtemps hypocrite, donc les professeurs ont pris l'habitude de chercher d'abord d'où les politiques parlent et ce qu'ils disent vraiment. De ce point de vue, la fin de votre note n'est pas encourageante: encore des mots masqués. C'est dommage, dans le cadre d'un blog-notes, moins institutionnel.
    Par exemple, la décentralisation de Ferry était clairement le prétexte au démantèlement du statut des agents. On peut défendre ce point de vue, mais il faut le dire franchement. Proposer une décentralisation au niveau des régions, c'est proposer le même aux enseignants. Proposer une décentralisation au niveau des établissements, c'est proposer aux lycées et collèges de se comporter comme des établissements privés, avec en sus le handicap des contraintes du public d'ailleurs. Dites-le clairement. Au passage, remarquons aussi que vous avez inventé là une nouvelle raison de faire descendre dans la rue les enseignants, et comme cela n'améliorera en rien la qualité de l'enseignement, je n'en vois vraiment pas l'urgence. Invoquer la "proximité", le "rôle de chef de l'équipe éducative", etc, est assez risible de ce point de vue: d'une part parce que c'est déjà ainsi que nous travaillons, les rectorats étant loin, d'autre part parce que le principal obstacle à ce plan, c'est l'incapacité des chefs d'établissement à se comporter comme "chefs de l'équipe éducative"! Au plan local, ou cela ne fonctionnera simplement pas et on se débrouillera en faisant semblant, ou cela fonctionnera sous la contrainte et vous pouvez être sûr que cela conduira à des conflits, grèves et oppositions larvées dans l'établissement. Sans oublier le rôle des parents, qui ont toutes les chances de verser de l'huile sur le feu, voire désigner nommément tel ou tel enseignant à la vindicte "populaire": il y a déjà eu des tentatives dans mon établissement.

    Dix-neuvième remarque: Il y a une réforme de l'enseignement primaire qui urge et n'est toujours pas vraiment commencée. On n'arrête pas de parler du collège, mais les élèves qui arrivent en sixième sont souvent très faibles en français et en mathématique (il y a des évaluations nationales claires) et les programmes ne sont quasi jamais terminés en primaire, d'où des lacunes même pour de bons élèves. On attend une vraie réforme ici. A quand?

    J'ai été long; j'espère ne pas vous avoir lassé. N'y voyez que l'espoir d'obtenir quelque chose en s'adressant directement à un homme politique sans passer par un secrétariat, avec l'espoir d'être lu. J'aurais beaucoup d'autres choses à écrire sur ces points-là.

    Bonne journée à vous.

    TB


    Thierry BOUCHEZ
  • Pat Leclercq
    Le 14 Mars 2005 à 11 h 08 min
    Mr le premier ministre
    Cher alain.

    Le contenu de ce chapitre du blog semble constituer une matière première précieuse pour donner des pistes de reforme …

    Voici donc une proposition de synthèse.

    Créons, après chaque trimestre une assemblée DRH collective de tous les acteurs de l’établissement scolaire, réunissant tous les Professeurs y comprit le chef d’établissement, tous les délègues de toutes les classes, tous les représentants syndicaux.
    L’inspecteur d’académie étant présent physiquement ou par liaison téléphonique.

    Le but de cette réunion étant l’évaluation individuelle ce chaque professeur.
    Avec attribution d’une note pédagogique pour le trimestre qui vient de passer.
    Avec un commentaire de tous les acteurs.

    Les élèves remontent leurs remarques …
    Le professeur s’exprime librement et répond..

    Le principal d’établissement écoute et attribue la note a la fin.
    Cette note et toutes les debats et remarques ( après légère censure si remarque non fonde ) de tous les acteurs sont rendues publique et affichees a un endroit du collège.
    ET pourquoi pas rentre tous les débats sur un blog consultable par Internet du ministère, et par tous les parents d’eleves. Consultable par l’administration centrale y compris le ministre ou la presse régionale ?

    Transparence et liberté de parole de tous les acteurs …

    Pourquoi ne pas aussi aborder les remarques et suggestions concernant tous les domaine de la vie de l’école.
    investissement / problèmes de discipline / remarque sur le contenu des programmes … etc. etc.
    postes disponibles ou a pourvoir avec la description des postes /
    Problèmes de sécurité ou vétuste des bâtiments éventuels ?

    Suggestion pédagogiques ?

    Bref c’est l’assemble collective trimestrielle de l’école avec tous les représentants de tous les acteurs de l’établissement

    Ceci peut-il mettre fin a la dictature de la grille de points du nombre d’enfants et ancienneté ?

    Vive le débat !


    Pat Leclercq
  • philippe Thiébaut
    Le 12 Mars 2005 à 20 h 24 min
    La gestion des ressources humaines est un souci fondamentale partout ou on est censé mener une tache.
    L'éducation nationale est une grande maison de 1,2 millions de personnes .Il n'existe pas d'autre entreprise aussi importante.Les composants de cette énorme groupe sont dans leur grande majorité des gens responsables et qui veulent réussir ,donner à réfléchir et garder le gout d'apprendre toute la vie .Reste des éléments minoritaires curieux inconsequents soutenus par des syndicats sérieux cependant.Peut etre devrions nous faire plancher les reprentants syndicaux sur le théme "principe de conviction -principe de responsabilité" .Ca c'est pour la grande histoire .La petite histoire est celle d'un de mes enfants rentré en sixiéme cette année avec une enseignante absente réguliérement connue de tout l'établissement mais intouchable .J'ajoute que je suis un fervent défenseur du service public .
    La qualité la motivation la responsabilité le travail en équipe sont présents chez beaucoup .Je pense malgré tout que l'enseignant est seul et trop souvent désemparé et qu'il manque surement un accompagnement extérieur à ce monde si particulier.La décentralisation semble une solution aussi pour cette grande usine à gaz qui est quand meme un beau fleuron et une belle reussite de la République. Bien cordialement.
    philippe Thiébaut
  • pat leclercq
    Le 12 Mars 2005 à 01 h 19 min
    Mr le premier ministre
    cher alain

    L'EN francaise va bien devoir se moderniser un jour!
    On pourrai étudier la facon de réaliser des gains de productivité grâce au machines modernes qui permettraient au professeurs de s'affranchir de taches répétitives et ennuyeuses …

    Ne sommes nous pas encore en 2005 a l’age du tableau noir et de la craie ou du feutre. Utilisons mieux les possibilités de l’enseignement a distance !

    Utilisons mieux les Technologies modernes telles que......

    1)Internet ( cours, ou bien examens a distance a travers des portails sécurises )
    2) La télévision par câble ou par ADSL.
    3) La vidéo a la demande
    4) les réseaux a haute vitesse
    5) les retoprojecteurs
    6) les ordinateurs ( cours sur CDROM )
    7) interrogations écrites sous forme de QCM robotisations et standardisation.
    8) Correction des QCM par des machines automatiques.

    Imaginons un professeur a paris qui fait un cours, ce cours peu être retransmit par une chaîne de televison numérique terrestre dans toute les classes de France de façon simultanée.

    Avec l’explosion des telecom, on pourrait meme créer des chaînes de télévision spécialisées qui diffuseraient des programmes éducatifs scolaire.( canal éducation nationale option mathématiques )qui atteignent des élèves qui veulent rester chez eux ( sur la base de volontariat ) , confortablement installe devant leur televison chaine éducation nationale .

    Toutes les semaines, ils subissent un contrôle dans la matière étudie et renvoient leur copie par Internet ou par la poste sur un carton informatisée corrige automatiquement.

    Gain de temps, gain d’argent, plus de salle de classe, plus de problème de déplacement et plus de trajet école, domicile.

    Tout ceci bien sur merite d’etre rafine, etudie et lentement deploye ,mais le gain potentiel n’est il pas tentant …et puis toutes ces machines se peuvent pas se mettre en greve .

    Nous sommes bien passe du courrier papier au courriel. ( email )

    Courage !
    pat leclercq
  • Frederic Godfrin
    Le 11 Mars 2005 à 18 h 14 min
    L'enseignement secondaire est de bonne qualite en France et ce n'est pas la le plus gros probleme de l'education nationale... Je ne supporte plus de voir un gouvernement qui continue de debattre sur un enseignement secondaire qui finalement n'a pas besoin d'enormement de changements (comme vous le proposez, que les professeurs soient payes au merite me semble une bonne chose). LE gros probleme dans notre systeme d'education c'est l'enseignement superieur!!! Il est sous-finance, sous-equipe et ne tient encore debout que grace a la bonne volonte d'enseignement et de chercheurs dont le courage et l'abnegation tiens presque du patriotisme!!!! Exemple : le budget de la recherche... Au niveau universitaire les budgets de recherches en France sont miserables, et les centres de recherche publics (CNRS par exemple) n'ont quasiment aucun lien avec le milieu universitaire. A titre de comparaison, a l'universite de Montreal ou j'etudie, le budget de recherche atteind les 350M $CAD... Les etudiants en maitrise et doctorat sont tous sous la direction d'un enseignant-chercheur et participent activement aux travaux de recherche (66% de la recherche universitaire a l'universite de Montreal est realisee par les etudiants...). Les equipements : il y a un ordinateur pour 40 etudiants (il y a 55000 etudiants sur le campus) ce qui fait de l'universite de Montreal la moins bien equipee du Canada ou la moyenne nationale se situe autour d'un ordinateur pour 25 etudiants!!! Il y a un vrai reseau informatique gere 24h/24... En France, par exemple a l'universite de Metz ou j'ai etudie, il fallait se battre pour trouver un ordinateur libre, ordinateur en general obsolete et fourre d'une quantite incroyable de dysfonctionnements... Et si a Montreal on peut gerer tous ses problemes administratifs via internet (inscription diverses, paiement de frais de scolarite, consultation de programmes mis a jour quasiment en temps reel, consultation de son emploi du temps), en France une universite a mis 3 mois a repondre a un mail que je lui avais envoye!!!
    Et ce ne sont que des exemples du milieu de l'informatique (puisque c'est mon domaine), mais le sous-equipement et la vetuste des installations sont generalises. Je pourrais encore citer comme exemple l'equipement de la faculte de medecine de Nancy par ou je suis passe : les tubes a essais pour les cours de chimie etaient tellement utilises qu'ils en avait perdu leur transparance... Des tuyau souples en plastique etaient si vieux qu'il fallait eviter de les tordre au risque de les casser! Et les professeurs de nous avertir : "Attention, un tube a essai ca coute 20 euros, c'est cher, alors ne les cassez pas!!!"... Trouvez-vous ca normal qu'une universite en vienne a faire payer ses etudiants quand par inadvertance ils brisent un tube a essai -pas pour les sanctionner, non, pour avoir les moyens d'en acheter un autre-? Ou que des groupes de 10 personnes soient crees pour faire des travaux pratiques parce qu'il n'y a pas assez de materiel pour des groupes de 2 personnes? J'ai meme vu des professeurs apporter leur materiel personnel pour combler les manques de l'universite!!!!

    Je n'ai etudie que 3 ans en France et uniquement au premier cycle... Et on ne peut pas dire que les etudes de premiers cycle soient aussi exigente en materiel que les etudes de 2eme et 3eme cycle... Et pourtant, en 3 ans, g sans cesse ete confronte au sous-equipement et au delabrement des universites... Et j'en passe sur les enseignants et les chercheurs largement paye sous le niveau de leurs competences...


    L'enseignement superieur en France est dans un etat desastreux, et je n'ai pas peur des mots : c'est carrement lamentable!!! Si savais deja avant de venir au Canada que l'enseignement superieur en France laissait a desirer, je n'avais pas vu a quel point le probleme avait cette ampleur!!! Et le gouvernement ne fait rien... Et tranche dans le budget de la recherche publique qui n'en a vraiment pas besoin... Si la matiere grise est la richesse du futur croyez-moi : la France va faire partie des pays les plus pauvres du monde si on ne fait rien...
    Frederic Godfrin
  • Antoine Dufour
    Le 11 Mars 2005 à 11 h 48 min
    Monsieur le Premier Ministre, peut-être ne publierez vous pas ma réaction comme les précédentes que je vous ai adressées, mais un chiffre accablant de la Cour des Comptes, rendu public aujourd'hui, semble aller dans le sens de votre tribune. En effet, on annonce que plus de 98 000 enseignants pour ainsi dire 100 000, ne travaillent pas du tout. Ça représente 10% du million de fonctionnaires de l’Education nationale, une entreprise privée pourrait-elle fonctionner dans de telles conditions ?
    Antoine Dufour
  • MAURICE BODIN
    Le 10 Mars 2005 à 20 h 45 min
    Les remous autour de la réforme du baccalauréat me semblent masquer les vrais problèmes de la scolarisation de la population .De plus en plus ,j'entends lors des multiples débats sur l'école ,que l'échec s'enracine dans l'école élémentaire ,belle découverte !Si les bons élèves du 1er cycle deviennent parfois des élèves qui ratent leur scolarité ultérieure ,il est plus rare de voir des mauvais élèves du 1er cycle rattraper leur retard et devenir de bons élèves ,c "est donc bien sur le cycle élémentaire que tous les regards doivent converger :l'illetrisme à l'entrée en sixième est à un taux très élevé
    Or le terme de massification comme chacun sait ne s 'applique pas à l'école de Jules Ferry ,il concerne l'enseignement supérieur et sa porte d'entrée préparatoire ,le lycée .
    D'où un sérieux malaise quand on entre dans l'analyse .Pour ma part si rien ne change ,je prédis que nous n'avons encore rien vu concernant l'inadaptation de notre système scolaire qui prétend méler avec succès les populations qui arrivent ,les primo-arrivants,parents non francophones et parents francophones ,il est vrai que mon regard est biaisé puisque j 'exerce la fonction d'instituteur dans le 93,je ne suis pas un instituteur de l'Ouest français dont les résultats au bac sont souvent exemplaires .
    Toutefois,je prends le grand soin de ne pas mêler la nationalité à mon propos pour être tout à fait net et il est hors de propos de raccourcir la difficulté en mettant en parallèle l'origine nationale des parents et l'explication de l'échec et il n y aura pas de mais qui suit dans mon propos :-).,je mets en oeuvre ce que je crois qu'il est possible de faire pour un fils de cadre supérieur ,un fils d'enseignant ou un fils d'ouvrier et à 6 ans il est interdit à un enfant de ne pas avoir les yeux ronds et le sourire de la béatitude Mais il suffit de bavarder avec les enfants quelques minutes pour constater que très souvent entre eux et le monde aucune barrière de sécurité n'est établie et qu'il n y a qu ' à l'école qu'ils sont protégés tandis que les familles support indispensable de l'école ont si souvent volé en éclat
    Il faut imaginer l'univers mental et physique dnas lequel les populations vivent ,le miroir de leur vie se trouve hélas le plus souvent dans la télévision ,il ne dit malheureusement pas que cet univers est le plus beau ,pourtant il faudrait qu 'il le dise sans souci de vérité pour la protection des plus jeunes ,je crois parfois à la vertu du mensonge pour permettre l'accès de la réussite .Si l' on préfère dire qu' un enfant de banlieue ne s'en sortira jamais ,ma propre activité serait sans fondement et d'ailleurs le principe du cv anonyme est une grande et belle initiative de certains grands patrons ..Merci de m'avoir lu .
    MAURICE BODIN
  • Sylvain de Mullenheim
    Le 10 Mars 2005 à 14 h 02 min
    La lecture de votre réflexion sur la possibilité de faire émerger un concept qualitatif dans la gestion des RH de l'éducation nationale me plonge dans un abîme de doute. Si nous l'ignorions encore, les journaux du monde entier nous rappellent à chacune des grandes grèves professorales que le système est co-géré par les syndicats. L'histoire nous enseigne qu'un système bicéphale est rarement sain, surtout lorsque l'une des têtes fonde son action sur des critères autres que la simple réalité. Enfin ma petite expérience m'a enseigné que les organisations humaines fonctionnent à l'image de ce qu'il y a dans la tête de leurs dirigeants. Dès lors je ne vois que deux issues pour régler le plus gros du problème. La première consiste à éjecter purement et simplement les syndicats de la direction des affaires du ministère, et ce faisant à créer un conflit social d'anthologie pleinement assumé (en gros : qu'ils défilent, c'est moi le patron et je tiendrai bon, façon Thatcher pendant les émeutes des années 80). Deuxième issue : injecter du libéralisme par petites doses sucessives dans le système, façon Glasnost, et modifier les mentalités en douceur sur dix ans. J'ai la forte impression que vous plaidez pour celle-ci. Certes, elle offre l'avantage d'éviter toute rupture majeure dans une société fragile. Mais le revers de la médaille me semble encore plus grave. En résumé, on ne soigne pas une plaie profonde par des remèdes énergiques, ce qui évite un traitement de cheval désagréable sur le moment, mais surtout maintient la plaie en l'état donc aggrave encore le traumatisme subit par le corps tout entier. D'où ma perplexité, sincère, liée à la gouvernabilité de notre pays : la France ne peut-elle donc plus se permettre une rupture majeure ? Le gouvernement a-t-il à ce point perdu de son pouvoir ?
    Sylvain de Mullenheim
  • stéphanie raynal
    Le 09 Mars 2005 à 17 h 51 min
    cher monsieur,
    je suis professeur depuis bientôt 15 ans, et c'est avec désolation que je vois une énième pseudo réforme provoquer une révolution de palais. Ne serait-il pas simple, peut-être simpliste me direz-vous, d'entrer dans une logique de réel mouvement. La droite, comme la gauche (mais elle n'osera jamais s'attaquer à son électorat), doivent avoir conscience que quoiqu'elles fassent pour réformer l'enseignement, elles se heurteront à un corps professionnel figé dans le temps. Alors pourquoi ne pas y aller franchement? Pourquoi les chefs d'établissement ne pourraient-ils pas choisir leurs équipes pédagogiques ? Un patron ne sélectionne-il pas ses employés, ses cadres, et ses ouvriers en fonction de ce qu'ils peuvent apporter à son entreprise? Voyez vous, je viens d'apprendre que le poste que j'occupe sera supprimé à la rentrée prochaine. Erreur de gestion à mon avis, parce que les heures dégagées par mon départ devront être comblées par un professeur remplaçant qui coûtera plus cher au ministère. Tant mieux, on me paiera les frais de déplacement pour aller travailler... Donc, disais-je, mon poste est supprimé. Je ne bats pas la pavé ni ne signe de pétition étant donné que la logique moins d'élèves = moins d'heures = moins de profs me semble tout à fait cohérente. Ce que je veux souligner, c'est que mon proviseur est désolé de me voir partir alors que mon collègue, actuellement suspendu pour 4 mois, lui, va rester pour assurer un enseignement dont l'administration, les parents d'élèves et les collègues remettent en cause l'efficacité ,pour utiliser un euphémsime, et c'est peu dire...
    Pourquoi dois-je céder ma place : parce que je suis arrivé le dernier...pure logique quantitative à dénoncer. Sans enfant, célibataire, jeune, je n'ai aucune chance de lutter. Savez vous que l'agrégation vaut autant de point qu'un enfant ? Que la publication dans une revue économique ne vous rapporte aucun point ? Mais ce raisonnement me vaut l'opprobe universelle, sentiment qui ne vous est pas étranger. Les syndicats sont frileux, les salles des profs glaciales avec les profs ump...mais cela n'est pas nouveau !!
    stéphanie raynal
  • patrice leclercq
    Le 09 Mars 2005 à 12 h 48 min
    Mr le premier ministre
    Cher alain.

    (a publier dans le blog ?)

    Voici quelques réactions que m’inspire ma traversée du système scolaire Français.
    Mon parcours scolaire a été relativement inattendu et correct pour un provincial ne dans le nord et ballotte d’arsenal en arsenal dans sa jeunesse.
    BAC C mention BIEN (77).
    Mathematiques superieure “ LYCEE DAVID a ANGERS (78).
    Mathematiques speciales “ option P' LYCEE DESCARTES TOURS (79 80).
    Puis grande ecole scientitique parissienne diplome en Promotion 1983 .
    Ecole d’officier de l’armée de terre.
    Système Educatif dans une compagnie Multinationale du type word compagny.

    Donc en fait 4 systèmes scolaires totalement différents.
    L’Education Nationale,
    une grande école scientifique ( un peu style entreprise privée avec une DRH performante )
    L’arme francaise.
    La multinationale géante façon world compagny ( DRH omniprésente )

    Alors, essayons de comparer toutes ces systèmes éducatifs et de trouver des points forts d’un système exploitable dans l’autre ?

    D’abord la différence incroyable entre une grande école, et l’Education Nationale …

    Dans cette grande école, mon premier profs d’anglais était un étudiant du kansas qui passaient quelques années comme prof de langue. Cet étudiant était il meilleurs que tous les agréges que j’avais eu avant ?
    Meilleurs peut être pas, mais authentique ça c’est sur. C’était mon premier prof d’anglais qui ne comprenait presque rien au francais en fait …

    Le problème de la tenue ? Dans une EOR , l’uniforme est obligatoire et contrôle en permanence …. Et tout petit, j’ai connu des lycées de garçon, des classes non mixtes, et blouse obligatoire en cours ???
    Ne serait ce pas aussi une solution a la Française pour traiter le problème du voile ? Pourquoi ne pas simplement créer des classes de jeunes femmes qui veulent porter le voile ?

    Le problème des moyens octroyées au système …
    Dans la word compagny ,l’efficacité de chaque dollar dépense est un souci permanent de tous les acteurs de la world compagny . Un sous est un sous et un manager dépensier risque sa carrière si le business case n’est pas bon et si les résultats ne sont pas a la hauteur des moyens dépenses . Il faut toujours avoir une politique adaptée a ses moyens et le business case doit entre rentable.

    Le problème de la qualité des hommes et des femmes :
    Intéressant d’avoir des professeur toujours plus performants. Mais je trouve qu’en France trop de place est donne au professeur. Imaginons un super prof qui ne serait en fait qu’un distributeur de livres …
    Ou alors un ordinateur qui projette un logiciel éducatif ?

    Dans l’université de Harvard ( boston ) la statue de Mr John Harvard le représente relax en train de lire un livre ( sous un arbre ? ).
    le symbole de l’étudiant US est celui d’un jeune en train de lire un livre ….mais alors ou est le prof dans cette icône ????

    Le symbole de l’étudiant francais n’est il pas le petit élève en train de regarder son prof devant un tableau noir comme dans le film les choristes ? Dans cette icône Française, le livre a disparu et l’étudiant est face a un prof qui est son intermediare entre lui et tous les livres ?
    Le professeur devient le missionnaire qui a la connaissance et doit la transmettre a l’esprit du petit étudiant. Le symbole est très parlant et révélateur d’un système en fait.

    J’ai été frappe dans certaines universités américaines par la taille de la bibliothèque qui est un bâtiment de 10 étages façon la très grande bibliothèque… j’ai jamais vu ça dans une fac francaise !!

    Le problème de la qualité des étudiants :
    Une matière est totalement ignorée en France, et c’est le sport.
    Voulons nous seulement former des cerveau et négliger le physique.
    Le sport en soit n’est il pas une école ? un esprit sain dans un corps sain c’est pourtant de chez nous ça .
    Le campus de l’université de NC Raleigh chapell hill , possède une piscine olympique , une piste de 400 mètres d’atlestisme , un terrain de hockey , une salle de musculation ……a la disposition de tous les étudiants du campus , de computer science ou mathématique .
    Une seule université fancaise a elle la moindre installation ? oui les centre de formation des profs de culture physique . les autres étudiant pratiquent le système D.

    Quand au problème des syndicats :
    Dans la world compagny le syndicat est maison et fagocite par la DRH.En fait la DRH est une entité hyper puissante et s’occupe de tout de façon humaine
    Avancement / gestion des carrières / mutations transversales / sanctions /gestions des compétences.
    L’agilité dune world compagny se mesure presque a la performance de sa DRH …

    Pour ce qui concerne les syndicats dans l’EN, je recommande le livre
    La dictature des syndicats:

    Mot de l'éditeur
    Qui dirige Bercy ? Matignon ? Le ministre ? Non : le SNUI, le syndicat maison. Et la rue de Grenelle ? Le SNES et la FSU. On pourrait continuer la liste. Ce livre est un réquisitoire mais un réquisitoire argumenté, nourri par un travail de recherches de plusieurs années.
    Dans ce livre l'auteur dénonce l'imposture de syndicats qui passent leur temps à protester alors qu'ils se sont emparés de l'Etat depuis des années.
    Car ils font la loi. Ils sont en grève quasi permanente comme à la SNCF -un tiers des journées non travaillées en France en 2001- ou dans l'éducation nationale. Ailleurs ils refusent tout changement et cassent les ministres qui essaient de promouvoir quelques timides réformes. Nulle part ailleurs la politique fiscale ou les avancements au sein de l'administration ne sont décidés par des représentants syndicaux ; nulle part ailleurs un gouvernement démocratiquement élu n'est forcé de s'incliner devant leur dictat. Et pourtant ils sont numériquement les plus faibles de toute l'Europe. C'est l'explication de ce paradoxe qui est au cœur de cet essai.

    Si j’ai pu apporter une pierre au débat j’aurais pas perdu mon temps
    Cordialement

    Patrice Leclercq
    patrice leclercq
  • micheline André
    Le 09 Mars 2005 à 11 h 21 min
    Vous soulevez les vrais problèmes que les ministres de l'EN ont toujours esquivés pour éviter de susciter le mécontentement. Quelles sont les compétences attendues d'un enseignant? Si des études ont bien été menées, elles n'ont débouché sur rien de concret. Nul n'a élaboré un référentiel de compétences utilisable.
    Dans ces conditions, on peut difficilement répondre à la question : quelle formation pour les enseignants? Actuellement, il n'y a pas de dispositif cohérent. Lors de la première année, ( celle du CAPES externe),beaucoup de temps est consacré à l'étude du système éducatif. Est-ce vraiment nécessaire? Le deuxième volet : la préparation de l'épreuve sur dossier me semble, par contre, très important.Mais il est vrai que son contenu varie d'une discipline à l'autre, ce qui n'est d'ailleurs pas forcément gênant. On amène les étudiants à réfléchir sur l'élaboration de séquences pédagogiques, sur les séquences proposées par les concepteurs des manuels en usage dans les établissements. On aborde donc les questions essentielles. Il faut que les jeunes collègues sachent analyser les unités, perçoivent - en LVE- la conception de la langue, de l'apprentissage, les théories sous-jacentes, s'interrogent sur les démarches, la pertinence des activités proposées, ... Il me paraît regrettable qu'ils n'aient que quelques mois pour le faire. Si la nouvelle licence, les masters et le rapprochement des IUFM des Universités permettent, comme cela semble être le cas, d'introduire plus tôt la didactique dans les cursus universitaires , c'est une évolution favorable. Mais peu d'Universitaires sont spécialisés dans ce domaine. Alors qui assurera les cours? Quel sera leur contenu? Les Universités n'offrent pas encore la réponse adéquate.
    Et quelle formation les jeunes collègues qui auront obtenu le CAPES recevront-ils? Certains ont l'impression de passer brusquement de la théorie à la pratique.Je pense, comme vous, que toute pratique se fonde sur une théorie. Mais je crois aussi qu'il y a aujourd'hui une difficulté, un manque de continuité, de cohérence auquel il faudrait impérativement remédier.Obliger les jeunes à faire des stages dans plusieurs établissements, c'est une piste. Mais encore faut-il qu'ils disposent des outils d'analyse adéquats et prennent l'habitude de réfléchir sur les séances qu'ils viennent d'observer ou de donner aux élèves. Si ce n'est pas le cas, ils oscilleront entre imitation
    du "modèle" ( les tuteurs) et rejet de
    sa démarche. Et je ne parle pas de leurs représentations qui jouent aussi un rôle non négligeable. Une réflexion sérieuse et approfondie sur le contenu de cette formation s'impose donc.

    La même chose vaut pour la formation continue. J'ai l'impression qu'on gaspille actuellement beaucoup d'argent. Il y a deux catégories de stages : stages à public désigné ( par les IPR) et stages auxquels les enseignants peuvent s'inscrire s'ils le souhaitent. Or, on sait très bien que ce sont toujours les mêmes collègues qui participent à ces stages ( ou plutôt s'y inscrivent car ces dernières années, on a constaté que nombre de professeurs s'inscrivaient mais ne participaient pas). Cela est aussi vrai pour les stages d'été proposés aux professeurs de LVE. C'est dire que la formation continue touche finalement assez peu de professeurs.

    Vous parlez d'évaluation. Permettez-moi de recourir à l'anecdote.J'enseigne depuis plus de trente ans. Une fois dans ma carrière, j'ai trouvé un IPR devant ma porte alors que je n'avais pas été avertie de sa venue ( il voulait inspecter une autre personne, absente ce jour-là). C'est la seule inspection qui ait un sens et une valeur. C'est la seule qui permette de voir si l'enseignant fait son travail et comment il le fait. Tout le reste n'est que mise en scène et souvent tromperie.
    Et il ne faut pas oublier l'importance du moment de l'inspection pour le changement d'échelon et la promotion à l'ancienneté, au petit ou au grand choix.
    Vous voulez introduire une récompense financière. Sur ce point, je ne vous suis absolument pas. Cela n'a aucun intérêt, n'est pas une source de motivation.Ce n'est pas en ces termes-là que se pose le problème - mais je reconnais que , sur ce point, les avis des enseignants divergent.La récompense, c'est un autre poste, un poste plus intéressant, un poste qui vous permette d'aller plus loin, de progresser ( pas d'aller faire la même chose ailleurs!). Et force est de reconnaître que le Ministère n'a pas grand chose à proposer ( rien dans certaines disciplines).

    Devenir chef d'établissement? Ce serait la pire des choses (pour moi). Et il faut d'autres compétences.Vous voulez donner davantage de pouvoir aux chefs d'établissement. Cela me paraît très dangereux pour nous,enseignants. Notre garantie, ce sont les Inspecteurs, eux- seuls sont habilités à juger de la qualité de l'enseignement.Et il est important qu'ils gardent ce pouvoir.Le regard extérieur, c'est indispensable.Mais ce n'est pas suffisant. Prenons le cas des professeurs en difficultés. Dans ce domaine aussi, il y a de grandes disparités.
    micheline André
  • Bertrand Born
    Le 08 Mars 2005 à 14 h 53 min
    J'ai été frappé dans les réactions concernant les évènements lycéens récents de constater, ici même sur votre blog, qu'une grande partie des inquiétudes venait d'un manque de confiance des lycéens dans les appréciations de quelques professeurs minoritaires est il toujours précisé.
    Aujourd'hui j'ai comme intuition que si les professeurs n'adhérent pas vraiment sur le point de la notation en fonction des performances, c'est aussi à cause d'un problème de confiance.
    Ce qui est redouté ce sont des notations arbitraires plus ou moins co gérées avec l'appareil syndical et qui au final après applications de quotas, pondérations diverses, n'ont pas grand chose à voir avec les résultats de l'individu.

    Restaurer la confiance, "apprendre à vivre ensemble" ,pour reprendre le thème de Martine Aubry,c'est tout un programme.

    Sur le point trés précis de la gestion des RH dans l'administration, j'observe que depuis quelques années les administrations ont bien décentralisé leurs pratiques, mais je note aussi que pendant ce temps les procédures du type "harcélement moral" se sont multipliées essentiellement dans l'administration.

    Ce que je veux dire, c'est que si l'on change les régles de notation dans le sens d'une plus grande individualisation, il faudrait aussi en parallèle faire évoluer les régles de recours de l'individu contre ce qu'il peut percevoir comme arbitraire.

    On me dira, les fonctionnaires sont déjà surprotégés, les comissions de recours existent, je réponds: pas si sur, tout se passe en fait "en famille". Un fonctionnaire est probablement être moins bien protégé sur ce point qu'un salarié avec le système des prudhommes qui a le mérite d'être plus indépendant vis à vis de l'entreprise que ne le sont les classiques commissions de l'administration.

    De la même manière un élève qui n'est pas d'accord avec le résultat du contrôle continu devrait pouvoir par exemple passer les épreuves écrites et anonymes à sa demande.



    Bravo pour votre Blog, Monsieur le Premier Ministre.
    Je vous souhaite une bonne journée.

    Bertrand Born
  • Dominique Moreau
    Le 08 Mars 2005 à 11 h 40 min
    Premiers en lecture, en maths, en résolution de problèmes...
    Ecole : la leçon finlandaise
    Alors qu’en France le débat fait rage autour du projet de loi pour l’école de François Fillon, Caroline Brizard est allée voir ce qui se pratiquait en Finlande, où les élèves arrivent en tête de tous les classements internationaux. Un système entièrement décentralisé, pas de cours magistraux, des chefs d’établissement seuls maîtres à bord, des profs recrutés sur leur pédagogie autant que sur leurs connaissances... Une véritable leçon de choses
    De notre envoyée spéciale Caroline Brizard
    Neige fraîche devant l’école Jakomäki, au nord d’Helsinki. Dans la salle de sciences naturelles, une classe de troisième étudie la capacité respiratoire des poumons. Pas de cours magistral, ici on expérimente. Jani, debout, souffle dans une petite machine qui enregistre le volume d’air qu’il expire: «3 litres», annonce-t-il, avant de passer le spiromètre à son voisin. Le professeur, Marianne Kauppinen, une jeune femme aux cheveux courts, reporte le chiffre sur un graphique au tableau. Les uns après les autres, la vingtaine d’élèves font l’essai. Le résultat les amuse. La classe est pimpante, rideaux de coton au-dessus des baies vitrées, plantes vertes, et du matériel en veux-tu en voilà, rétroprojecteur, ordinateur... Et une bande d’ados détendus.
    A ce détail près qu’ils ont beaucoup de chance. La Finlande est en effet la championne du monde de l’éducation. Une comparaison internationale menée par l’OCDE dans 41 pays développés a donné, en 2000 et en 2003, le prix d’excellence aux jeunes Finlandais: meilleures performances en lecture, en mathématiques, en résolution de problèmes, plus forte inclination pour les études. Le système lui-même est primé. L’école est plutôt plus juste: les enfants de milieux difficiles y échouent moins qu’ailleurs. Et les établissements sont plus homogènes: c’est simple, le niveau est partout élevé! Y compris à l’école Jakomäki, située dans un quartier où le taux de chômage (environ 20%) et la forte population fraîchement immigrée n’ont rien à envier aux zones les plus sensibles en France.
    Le secret de ce miracle? «L’éducation est très valorisée», explique Irmeli Halinen, directrice de l’enseignement obligatoire au ministère de l’Education. Une tradition qui se perd dans les plis de l’histoire. «La Finlande a été huit siècles sous domination suédoise, puis un siècle sous domination russe. L’indépendance date de 1917. L’éducation a toujours été un devoir national, pour résister à l’anéantissement», précise-t-elle. Et aujourd’hui, plus que jamais, pour alimenter une économie de pointe, qui réclame des ingénieurs hautement qualifiés. Le pays fait tout pour soigner ses élèves: l’école est gratuite, comme le transport scolaire et le repas chaud à midi. Les horaires sont doux: la journée démarre à 8 heures et se termine vers 13 heures. Vilja, une gamine bien sage de 9 ans, clé autour du cou, rentre tous les jours chez elle après le déjeuner, où elle attend le retour de sa maman. Certains de ses copains restent à l’école pour des ateliers de peinture, de musique, de travail du bois... Ou passent leur après-midi dehors, dans les champs de neige autour de l’école, où ils jouent à une sorte de hockey. Un rêve de gosse: il n’y a pratiquement pas de devoirs à la maison.
    La première fois qu’elle est entrée dans une classe, Vilja avait 7 ans, l’âge de raison. Ici, on passe son enfance à jouer, à la crèche. Les enfants qui le souhaitent peuvent fréquenter une sorte de maternelle, un an avant d’entrer à l’école, pour apprendre l’alphabet. Mais rien n’est exigé. En Finlande, la scolarité est obligatoire de 7 à 16 ans et l’on ne devance pas l’appel. Une fois à l’école, les enfants suivent un programme qui ressemble au nôtre, mais en version allégée. Seule grosse différence: l’enseignement des langues. Chaque élève doit en apprendre trois, dont le suédois. Et pour leur faciliter la tâche, les chaînes de télé diffusent tous les films en version originale. En plus des matières classiques, filles et garçons suivent des cours de cuisine, de travail du bois, de couture et de tricot! Aucun examen ne sanctionne les neuf années d’études obligatoires.
    Ce n’est qu’après que les choses se corsent. Il faut choisir une orientation. Janu, 15 ans, un très bon élève de l’école Jakomäki, a opté pour une filière professionnelle en électricité: «Je n’aime pas les examens», explique-t-il. Après trois ans d’études, il compte travailler. Mais plus de la moitié des élèves choisissent le lycée, avec en ligne de mire le bac – «matriculation» – et la poursuite d’études à la fac. Un autre record? La Finlande ne connaît pas d’abandon en cours de scolarité. Rien à voir avec ces milliers d’élèves en échec scolaire des collèges en France, qui finissent par lâcher prise.
    «Notre système est organisé autour de la réussite de l’élève», explique Matti Meri, professeur au département des sciences de l’éducation de l’université d’Helsinki. La formule est familière aux oreilles françaises. Seule différence: ici elle a été mise en application. «On fait en sorte que les élèves se sentent bien à l’école», poursuit Matti Meri. C’est frappant quand on pénètre dans un établissement. Il y a de l’espace, de la lumière, des casiers de couleur pour les élèves, des endroits où ils peuvent s’asseoir pour bavarder. Le tout à taille humaine: pas plus de 400 élèves par école, généralement, même quand elles regroupent toutes les classes du CP à la troisième. Les élèves sont encore plus sensibles au confort moral. «L’atmosphère est très positive. Les profs nous encouragent, ils nous disent qu’on est tous bons à quelque chose», résume Lauri, 19 ans, en terminale au lycée Etu-Töölö d’Helsinki. Lui n’a pas de souci, il est bon en tout. Il a décidé de s’inscrire en philo l’année prochaine, après son bac.
    La confiance en soi est le nerf de la guerre. Alors qu’en France la transmission du savoir reste la pierre angulaire, «ici un bon professeur est quelqu’un qui sait intéresser les élèves, les encourager à entreprendre, qui soigne leur estime de soi», martèle Marianne Kauppinen, la professeur de biologie de l’école Jakomäki. Pour motiver ses élèves, elle dispose de tout un arsenal de méthodes pédagogiques, avec lequel elle jongle. «On apprend mieux en faisant soi-même, comme ce matin pendant le cours sur la respiration. Mais il faut varier les modes d’apprentissage. Nous allons aussi faire des observations sur le terrain. La forêt est de l’autre côté de la route.» «Le plus important pour l’élève, c’est de comprendre la pertinence pour lui de ce qu’on lui enseigne», poursuit Matti Meri, dans son bureau de l’université.
    Et quand, malgré tous ces efforts, certains gamins sont à la peine? Pas question de redoubler. Trop stigmatisant. Contre-productif. Un problème de dyslexie, un blocage en maths, une timidité paralysante, ou tout simplement le fait de mal parler le finlandais? Des profs spécialisés, deux ou trois par établissement, prennent alors en charge les élèves dans des cours particuliers ou viennent prêter main forte au professeur dans sa classe. «Pendant mes deux premières années d’école, j’ai eu tous les jours deux heures de finlandais de plus que mes petits camarades», se souvient Erfan, un lycéen de 18 ans d’origine iranienne. Sans ce coup de pouce, il aurait coulé. Aujourd’hui, Erfan parle le suomi comme un Finlandais, le persan comme un Iranien, l’anglais comme un Américain et compte s’inscrire en médecine à la rentrée prochaine.
    En Finlande, si l’élève est au cœur du système, les professeurs ne sont pas oubliés non plus. Spécialisés ou non, tous ont suivi cinq ans d’études supérieures au minimum. La formation continue est obligatoire et se poursuit tout au long de la vie, en dehors du temps de travail. Mikko Asikainen est instituteur, il a 43 ans, il se souvient des trois épreuves de sélection qu’il a passées pour entrer à la fac. Elles n’ont pas changé. «J’ai écrit un essai sur un livre de pédagogie, puis j’ai dû faire faire un cours de 15 minutes à des élèves, devant un jury qui jugeait mon aisance, mes aptitudes à transmettre des connaissances. Une autre épreuve consistait à débattre d’un sujet avec six autres candidats devant ce même jury, qui jugeait notre capacité à argumenter, à convaincre.»
    Un candidat sur six est retenu. Chaque année, la sélection est aussi sévère. Car le métier reste prisé. Pas tant pour le salaire, plutôt modeste (entre 2 200 et 3 000 euros mensuels), ce qui explique qu’un dixième des profs, surtout ceux de maths et de sciences naturelles, finissent par filer dans le privé, où ils sont trois fois mieux payés. Mais pour la reconnaissance sociale et, prosaïquement, de bonnes conditions de travail. Dans les établissements scolaires, la salle des profs affiche un luxe à faire pâlir d’envie leurs collègues français. Il faudrait plutôt parler de quartier général, qui regroupe, comme dans un grand appartement, l’administration, le bureau du directeur, la grande salle commune avec des tables et des fauteuils confortables, des plantes vertes et des casiers, du café et des gâteaux... N’en jetez plus! Il y a même un vestiaire, un coin cuisine, parfois une salle informatique ou une salle de travail pour ceux qui préparent leurs cours à l’école...
    On voit d’ici les esprits chagrins ricaner et imaginer que cette débauche de moyens doit donc coûter bien cher. Eh bien non. La part des dépenses d’éducation est moins élevée en Finlande qu’en France (voir tableau). L’argent est utilisé au plus juste. «Notre système est complètement décentralisé», explique Irmeli Halinen, au ministère de l’Education, une administration poids plume, qui ne compte que 300 fonctionnaires. Les établissements scolaires sont financés par les 446 communes finlandaises. L’argent vient pour plus de la moitié de l’Etat, le reste étant prélevé sur le budget municipal. Le directeur et les professeurs décident de tout: des achats, des activités des élèves, des travaux à entreprendre. Ils définissent aussi les contenus des programmes dans les différentes matières, à l’intérieur d’un cadre très large fixé par le ministère de l’Education tous les quatre ans. Le tout en concertation avec la municipalité. Inimaginable en France, où la seule perspective de décentralisation des personnels techniques et d’entretien suffit à donner des sueurs froides à toute la machine!
    Autre hérésie, vu de l’Hexagone: l’école se charge elle-même de l’embauche des professeurs. L’idée qu’un enseignant puisse être, comme en France, parachuté dans un établissement sans avoir été choisi par l’équipe des professeurs semble saugrenue. «Quand un poste se libère, je reçois directement des dizaines de candidatures et je fais passer les entretiens. On doit avoir les mêmes objectifs pour pouvoir travailler ensemble», énonce comme une évidence le directeur de l’école Torpparinmäki à Helsinki.
    Le ministère s’est progressivement délesté de ses prérogatives financières et programmatiques à partir des années 1980, sans que le principal syndicat enseignant, l’OAJ, qui regroupe 95% des personnels et s’occupe surtout de renégocier chaque année les salaires avec les communes, ne s’y oppose violemment. Les professeurs ont bien renâclé au début de cette réorganisation: on leur chargeait la barque. C’est fini. «Nous n’étions pas habitués à avoir tant de liberté, explique Päivi Viren, la principale adjointe de l’école Jakomäki. Mais c’est très motivant pour une équipe d’être ainsi responsable de la bonne marche d’un établissement.»
    Décentralisé à l’extrême, le système se gère tout seul ou presque. Il n’y a même plus d’inspecteurs pour contrôler le travail! Les professeurs se concertent entre eux, se fixent des objectifs et tentent d’améliorer leur pratique si leurs résultats laissent à désirer. Chaque année, au niveau de la troisième, un échantillon d’écoles est évalué par le ministère de l’Education. Mais les résultats de ces études restent à usage interne. «Nous savons combien la publication d’un classement pourrait avoir d’effets pervers sur les parents, en leur faisant croire qu’on travaille mieux dans une école parce qu’elle a de meilleurs résultats», dit Irmeli Halinen. Tout comme certains établissements de quartiers difficiles bénéficient de subventions supplémentaires, sans que les municipalités en fassent état, pour éviter toute stigmatisation. Observée depuis la Finlande, la France semble s’inventer des difficultés inutiles. «Vous perdez tellement d’énergie et d’argent à valider et à contrôler! s’exclame Kauko Hämäläinen, directeur du centre de formation continue des professeurs à Helsinki. La démarche est contre-productive. Ici, nous déléguons et nous faisons confiance, et cela marche plutôt mieux.» Parole de champion du monde!
    (LE NOUVEL OBSERVATEUR - Semaine du jeudi 17 février 2005 - n°2102)

    No comment !
    Dominique Moreau
  • Jean Dupont
    Le 08 Mars 2005 à 11 h 24 min
    Monsieur le Premier Ministre,

    Prenant le risque de faire du hors sujet, je souhaite vous faire part d'une de mes expériences professionnelles les plus récentes.

    J'ai dirigé de 2001 à 2003 une filiale de 40 personnes qui avait quelques points communs avec l’Education Nationale :
    - les salariés se considéraient comme les seuls à savoir ce qui était bon ou mauvais pour leur service,
    - toute réduction des dépenses était considérée comme une attaque à la qualité du service rendu,
    - il n’y avait pas de chef, mais une multitude petits services travaillant selon leurs critères d’abord et ceux des autres ensuite.

    Mon arrivée a été saluée par une pétition de 80% des salariés demandant mon départ immédiat sous peine de démission !

    Mon action a été la suivante :
    - mise en place d’une hiérarchie claire et unique,
    - mise en pace de certains outils de management par la qualité, avec objectifs, indicateurs de performances et revue régulière avec les intéressés,
    - séances de formation pour accompagner quelques changements,
    - mise en place de primes indexées essentiellement sur la qualité du service rendu.

    Après avoir vu défiler la moitié de mon équipe en pleurs dans mon bureau, les résultats ont été les suivants :
    - augmentation de 20% de l’activité sans recrutements additionnels,
    - augmentation très significative de la qualité du service rendu,
    - augmentation des salaires pour 20% des employés qui ayant joué le jeu, ont vu leurs responsabilités augmenter et en ont été récompensés.

    Mais :
    - licenciement de 5 salariés qui ne voulaient pas suivre et/ou bloquaient par tous les moyens tout projet qui limitaient en apparence l’étendue de leurs pouvoirs,
    - difficulté à recruter de nouveaux salariés car le travail était devenu stressant. Plusieurs personnes sont venues chez nous pour partir ensuite ailleurs sous le motif suivant : « je peux trouver un travail ailleurs dans lequel à salaire égal, je n’aurai pas à travailler de manière aussi fatiguante ».

    Le bilan est positif car, une filiale qui devait disparaître, existe toujours et ceci à la satisfaction de ses clients et de ses salariés actuels.
    Mais imaginons quelques secondes que de telles mesures soient prises dans l’Education Nationale dont la structure est plus complexe. Tout cela serait-il possible ?

    Quelques remarques :
    - il existe un rapport évident entre le salaire et la motivation. Mais il est extrêmement difficile d’attribuer des primes motivantes pour récompenser de petites améliorations dans un service,
    - la qualité a souvent un coût social associé,
    - plus le salaire est faible, moins la motivation est élevée et c’est complètement normal,
    - le changement vient d'en haut et doit s'appuyer sur des relais de "middle management" incontournables,
    - comme vous le dîtes le mot sanction est un mot banni alors qu’il s’agit malheureusement d’un des moteurs incontournables de l’action,
    - si vous reprenez les quelques chiffres cités plus haut, vous constaterez qu’ils obéissent à la loi de Pareto : 20% du personnel bénéficie de l’effort fourni, 20% perds son travail. 80% s’oppose, … J’ai retrouvé dans des organisations de tailles différentes, des ratios similaires et pas très en phase avec les principes égalitaristes en vogue chez les vrais dirigeants de l'Education Nationale.

    Quand on est le patron, qu’on a la confiance de sa hiérarchie et les moyens de son action, quand on est convaincu d’aller dans la bonne direction, alors les résultats sont possibles. Mais pardonnez-moi, ce n’est pas dans l’Education Nationale qu’un ministre trouvera ces conditions. Le syndicalisme, le corporatisme et la peur du changement, sont autant de freins à l’évolution de ce ministère réputé chez tous les cabinets de conseil qui s'y sont frottés, pour son immobilisme.

    J’ai lu avec attention l’ensemble des commentaires déjà mis en ligne. Certaines propositions sont bonnes, mais comment dans ce contexte réussir à les mettre en oeuvre ? C’est là tout le problème.

    "Jean Dupont"
    Jean Dupont
  • David BOUCHILLON
    Le 08 Mars 2005 à 10 h 08 min
    Enseignant, je suis d'accord avec vous sur de nombreux points, notamment le fait qu'un enseignant qui s'investit à fond dans son travail, n'est concrêtement pas récompensé. Toutefois, dans la perspective de l'évaluation des enseignants et la gestion décentralisée des établissements, je pense qu'il faut aussi poser la question de la qualité des chefs d'établissements, étant entendu que durant de nombreuses années, ce poste a été le point de chute des enseignants incompétents. Donc, ces gens là ont ils les capacités d'assumer la charge que vous leur donneriez. Certains, oui, sans problème mais d'autres en sont incapables. Je crois par ailleurs, que l'éducation nationale doit être plus vigilante lorsqu'elle valide le CAPES, car on fait redoublé une fois puis on valide. Enfin, l'Etat devrait se donner le droit de re-former voire licencier une personne incompétente dans son poste. Un chiffre : les incompétents dans un établissements, c'est environ 5 pour cent des personnels. C'est peu ou pas plus que dans une autre profession mais les dégats sur les élèves peuvent être considérables.
    David BOUCHILLON
  • Stéphane, fils d'enseignants.
    Le 08 Mars 2005 à 04 h 58 min
    Tout cela semble de bon sens. Mais n'est-ce pas beaucoup plus facile à dire qu'à faire?
    Tout changement dans le sens que vous indiquez n'est-il pas inévitablement destiné a être bloqué par les syndicats de l'éducation nationale? Ce qui est injuste pour les enseignants, les syndicats étant bien plus puissants que représentatifs?

    Je pense que le problème principal est plus la qualité et la compétence des (du?) syndicats, que la gestion des ressources humaines de l'éducation nationale.
    Stéphane, fils d'enseignants.
  • Yves Richard
    Le 08 Mars 2005 à 00 h 17 min
    bonsoir,
    C'est bien vrai, l'éducation nationale est dans un état préoccupant... Pour ma part je me demande comment il est possible que l'on reconnaisse aux syndicats de tels pouvoirs à la fois dans la gestion et dans la contestation. Il me semble qu'il y a là un problème élémentaire de séparation des pouvoirs.
    Cependant, je sens monter dans vos propos la fameuse rhétorique de l'évaluation à toutes les sauces. C'est louable, mais en la matière, celle-ci ne sera pas facile. Beaucoup de jeunes professeurs, dont ma très chère épouse, m'ont fait part de leur désarroi face au dogmatisme pédagogique, et à tout le verbiage qui sert de référence à l'évaluation des professeurs. De plus il ne faut surtout pas sous-estimer les effets stérilisateurs des évaluations perpétuelles, dans un domaine qui permet, outre la transmission d'un "socle commun de connaissances", la rencontre entre des enfants et un adulte avec ses qualités...et ses défauts. Bien sûr, il faut protéger les élèves contre les sadiques et les pervers, mais il faudrait savoir aussi entretenir un peu de magie dans la transmission du savoir. Je me permets d'évoquer ma propre expérience -pas si lointaine. Tous les professeurs dont je me souviens étaient les plus originaux, aux méthodes cent-mille fois condamnées par les circulaires du ministère. Certains avaient le don, en malmenant un peu les élèves (on les mettrait en prison pour moins aujourd'hui) de piquer les élèves au vif et réveilller chez eux l'ambition . Je suis absolument certain que, si je n'avais pas eu quelques professeurs hors normes -et donc forcément mal évalués par les inspections, je n'aimerais ni la peinture, ni la poésie, ni la musique, ni le théâtre, ni rien d'aillleurs qui ne soit lié à mon activité professionnelle.
    Attention donc aux évaluations (comment d'ailleurs évaluer ensuite ceux qui évaluent)
    Cher Mr Juppé, il transparaît dans vos écrits une véritable passion pour votre métier, et une véritable foi dans l'organisation administrative. Mais surtout n'oubliez pas, dans votre enthousiasme, que chaque fois qu'un rapport humain est réglementé par une administration, il pert toute sa substance.
    d'ailleurs, je crains malheureusement que les difficultés de l'éducation nationale ne trouvent leurs origines dans le nihilisme ambient dont votre citation de Aron rend parfaitement compte. Ce nihilisme provient d'un défaut d'humanité dans les rapports entre les Français. Ce défaut, je crois que seul une certaine forme de libéralisme, que j'appellerais "libéralisme humain", pourrait le vaincre. Il aurait pour objectif de recréer les liens entre nous, et retrouver le courage de progresser ensemble. Pour incarner cela, il n'y a pas grand monde...suivez mon regard !
    bien à vous
    Yves Richard
  • Bernard GUERBY
    Le 07 Mars 2005 à 23 h 58 min
    Voilà qui commence mal. Comment parler d'éducation quand l'instruction y est dèjà très défficiente. Il suffit pour cela de voir l'ortographe des slogans des étudiants!! Quand au Ministère, pour y faire changer quelques choses mieux vaut s'en remettre au SNES, au SNESUP ou à SUD qui l'ont complétement 'macké'. Dans une région d'Académie on compte plus de 1000 sydicalistes en staff du Recteur. Cherchez l'erreur!! Malheureusement il faut le dire, nous avons là le Ministère le plus inefficace d'Europe. Avec de plus en plus de profs on arrive à faire de plus en plus de cancres. Merci les syndicats.
    Bernard GUERBY
  • Vincent Le Biez
    Le 07 Mars 2005 à 20 h 43 min
    La gestion des ressources humaines dans l'éducation nationale : en voilà un sujet intéressant. Je suis étudiant à polytechnique et je suis en stage de 6 mois dans l'association "La Main à la pâte" qui vise à augmenter la pratique expérimentale au primaire. Cela me donne l'occasion d'observer de très près le monde de l'éducation, côté élèves, côté profs et côté administration (IEN,IA,IG). Beaucoup de professeurs m'ont dit que le mérite et la qualité n'étaient absolument pas reconnus dans la rémunération des enseignants : quoi de plus démobilisant pour le dynamisme et l'innovation dans l'éducation nationale ? Les inspections sont peu fréquentes et la note qu'obtient le prof ne peut pas être trop haute car cela pourrait nuire à l'égalité entre les profs pronée par les syndicats. Et quand un prof est bien noté, lors de sa prochaine inspection, il peut être soumis à un "frein syndical" pour le remettre "dans le rang". Ce système est catastrophique, il convient en effet de rémunérer les agents de la fonction publique, comme cela devrait être le cas partout ailleurs, c'est-à-dire chacun selon son mérite. Vient alors le problème de l'évaluation de la qualité et du mérite des enseignants. Les inspections sont en effet trop peu nombreuses et parfois discutable, il convient alors de penser un système qui intégrerait plusieurs notes, venant de différents acteurs du monde enseignant. Voici ce que je propose. On conserve le système actuel des inspections en augmentant leur nombre et en demandant aux inspecteurs de mettre une note qui ne dépend que de ce qu'ils ont vu, indépendamment de l'ancienneté et des notes précédentes de l'enseigant. A cela on ajoute une note (pour le secondaire), du proviseur qui témoigne de l'engagement de l'enseignant dans le vie du lycée, ensuite on ajoute une note qui tient compte de l'ancienneté et enfin une dernière note mesure l'évolution du niveau des élèves durant l'année. Pour cela, en début et à la fin d echaque année, dans chaque matière, une évaluation assez brève doit être réalisée par les élèves et elle est renvoyée à l'administration qui recueille les résultats (un traitement informatique s'impose), et on regarde quelle est l'évolution moyenne des élèves de chaque enseignant, en faisant en sorte que la moyenne nationale des évaluations de début d'année et de fin d'année soit rigouresement identique (on normalisera les notes si besoin est). A partir de ces 4 notes, dont il reste à définir les coefficients (je souhaite que la dernière ait un lourd coefficient), on attribue une note globale à l'enseignant qui détermine son salaire. Remarque : tant qu'une nouvelle inspection n'a pas eu lieu, la note d'inspection reste la même.

    Je pense qu'un tel système créerait une véritable dynamique, reste à l'améliorer encore et surtout à le faire accepter par les différents acteurs.

    Qu'en pensez-vous ? Avez vous de sremarques à formuler sur ce sujet ?

    Vincent Le Biez
    Vincent Le Biez
  • Bruno BORGHESE
    Le 07 Mars 2005 à 18 h 16 min
    Bonjour M.Juppé. Au préalable,je m'autorise à lever certaines de vos interrogations: votre épouse Isabelle, a été d'un excellent conseil quant à la création de votre Blog.( C'est ce que j'ai pu observer en déroulant vos différentes pages).S'agissant de vos réflexions sur l'EN, en particulier sur la gestion des Ressources Humaines de ce département ministériel, effectivement, je vous rejoins pleinement. Ces sujets ne sont plus tabous. Vous avez eu raison de les aborder sous l'angle des RH. Faut t-il désormais convaincre la France, le gouvernement et nos concitoyens que l'atout majeur de la réussite des performances et de la qualité des services rendus par les hommes et les femmes qui composent la fonction publique, repose fondamentalement sur cette gestion des ressources humaines.Que le retour à des situations financières saines de la maison France, ne se fera qu'à travers une organisation intelligente, rationnelle et efficace de l'Etat et de la gestion des Ressources Humaines, tout en redistribuant aux fonctionnaires une partie des résultats Vous le savez, M.le Premier Ministre, la réforme de l'Etat ne date pas d'aujourd'hui : déjà la IIIème république à André Tardieu, les rapports et les propositions sur la modernisation de l'Etat jalonnent les réflexions... Mais rien n'a véritablement évolué en ce début d'année 2005.Alors d'où proviennent ces asphixies permanentes et les blocages idéologiques. Pour avoir observer depuis 10 ans désormais le fonctionnement des administrations ( chef d'entreprise: Centre de distribution: librairie, papeterie, fournitures de bureau et scolaires) durant 17 années, j'ai intégré la FP de l'Etat par le biais du 3ème concours des Instituts régionaux d'Administration à l'instar du 3ème concours d'entrée à l'ENA. Ces deux dispositifs de recrutement des écoles de formation de la FP de l'Etat ont eu et ont toujours pour objectif d'ouvrir la FP à des personnes justifiant des parcours et des savoir-faire professionnels riches et diversifiés autres que les recrutements traditionnels de type universitaire. Les constats de ce qui se passe en interne au sein des administrations de l'Etat est sidérant! Il serait bien évidemment fastidieux de dérouler tous les dysfonctionnement et les anomalies tant de droit que de fait qui sont observables. J'indiquerai néanmoins, à titre d'exemple, que le gouvernement actuel se préoccupe de la réforme de l'Etat à travers les stratégies ministérielles de réforme. Portées par les ministres devant l'AN, lors des discussions de la loi de finances chaque année,mais qu'en est-il sur le fond de ces SMR. Comment est-il possible de constater que des ministres ou leurs cabinets puissent sans analyse de bon sens, reprendre à leur compte certains projets de SMR, fournis par leur administration et leur directeur d'administration centrale, lesquels n'hésitent pas à faire des propositions dénuées de tout sens de recherche de performance et de bonne gestion des ressources humaines. Prenons le cas des Affaires étrangères qui propose un indicateur de performance surprenant : les articles de presse ds le monde sur la France !! ou celui de la DGAFP sur la qualité des élèves formés dans les IRA et l'ENA.!! Ne s'agit-il pas d'un problème de compétences et de qualité de l'encadrement des administration de l'ETAT. Ne s'agit- il pas d'une formation initiale de l'encadrement par le biais des écoles de formation que sont les IRA et en particulier l'ENA qui dégagent du pragmatisme et du bon sens, la formation des esprits. L'ensemble des administrations de l'ETAt sont gérées par des cadres issus des IRA et de l'ENA. C'est à dire que la gestion administrative de 5 millions de fonctionnaires repose sur 5000 cadres issus de l'ENA, et sur 15000 cadres issus des IRA dont 10000 gèrent l'Education nationale tant en services centraux qu'en services déconcentrés. Pour ces cadres, il n'existe aucune gestion dynamique des ressources humaines : une sortie de classement/un budget/ un emploi/ une affecation. Personne ne se préoccupe des compétences ,de l'adaptation du profil de compétences d'un cadre aux responsabilités offertes ( quand encore il ont des responsabilités ou tout simplement des charges de travail dans l'exercice de leurs fonctions). En matière de gestion des RH, il faut également constater qu'il appartient au pouvoir politique de prendre les décisions: qu'elles soient d'ordre législatifs ou réglementaires. Or, la culture idéologique française, notamment de la part des agents, s'est insallée ( relayée par les organisations syndicales) dans la défiance envers les pouvoirs politiques et les autorités de tutelles. A priori , nombreux sont les fonctionnaires demandeurs de modernisation et de réformes. Mais elles ne vont pas suffisament dans le sens de l'épanouissement professionnel des agents. Elles tardent à venir. Elles sont contradictoires. Renaud Dutreil doit prochainement proposé un texte de loi relatif à la modernisation de la FP. Ce projet se fait attendre, peut être déjà trop. Enfin, M.Le Premier Ministre, il conviendrait de réformer l'ENA en la fusionnant avec les 5 Instituts Régionaux d'Administration. Pour l'ENA ( dont le site de Strasbourg serait préservé) la formation initiale et continue pour les grands corps et la formation internationnale, Pour les IRA, la formation initiale sur un seul corps, type administrateurs/Dirigeant d'administration pourvoyant les 3 fonction publiques. Ne demeurerait qu'un seul groupe des écoles d'administrations françaises, réparties sur 6 sites du territoire, répondant par ailleurs aux recrutements prochains consécutifs à l'attractivité de la fonction publique et donnant plus de lisibilité à la démocratie d'accès aux emplois publics.Ces écoles devront en outre s'ouvrir davantage aux hommes et aux femmes d'expériences de la société professionnelle privée ou élective Pour moderniser l'Etat et la Gestion des RH, c'est une fois de plus une question d'hommes, de volonté, de savoir-faire, de savoir-être et de compétences.Vous êtes un homme fort écouté, M. le Prmier Ministre tant par M.Le Président de la République que par M.Jean-Pierre Raffarin. Impulsez votre action vers cette modernisation de la gestion des Ressources humaines et l'organisation moderne de l'ETAT. Certes, ce sont des matières techniques, mais tellement réjouissante lorsque les résultats sont obtenus. Les français vous accompagneront dans cette noble mission. Vous le savez.
    07/03/2005
    Bruno BORGHESE
  • Paul-eric HEUGAS
    Le 07 Mars 2005 à 17 h 47 min
    Voilà un développement que j'aurai et que j'aimerai entendre plus souvent!

    Bien sur que sans moyens l'Education nationale ne peut remplir une fonction essentielle qui est celle de l'éducation de nos enfants postulat incontournable a une future vie active.

    Mais sans qualités les moyens ne sont que trop souvent un "habillage politique" permettant au ministre en charge de se dédouaner vis a vis du "grand public" et de son ministère.

    Une anectode significative: Mon beau père, Directeur d'une Ecole Universitaire de renommée sur Bordeaux, me racontait qu'une fois il a voulut mettre une note qui pour lui correspondait à la valeur de l'enseignant après en avoir discuté avec lui (ce dernier ne trouvant rien à redire de l'analyse faite).
    Le Président de l'Université a laquelle l'Ecole est rattachée s'empressa de lui expliquer que c'etait des choses qui ne se faisait pas (sic!)que celà nécessitait un rapport circonstancié (que mon Beau père etait près a réaliser)qu'une commission devait examiner le cas etc etc..(pour info la note passait de 12/20 à..9/20).

    Pour finir cette anectode le rapport fut fait, la note confirmé et a ce jour l'ex enseignant à créé une sté dans le domaine de la recherche informatique..

    Comment tous les acteurs dans le domaine de l'Education Nationale peuvent ils tous réclamer de la qualité mais en meme temps se soustraire à tous controles?

    Dans le projet de loi Fillon apparait des modalités pour aider les élèves en difficultés pourquoi ne pas étendre celà au corps enseignant? dans le privé des formations sont faites pour des remises à niveau sans que celà soit vécu comme une sanction bien au contraire.

    Le débat est extrêmement vaste et il pourrait s'etendre au financement de la recherche et la "guerre" entre labos pour la recherche de crédits mais il me parait URGENT que dès votre retour en politique, courageusement, vous abordiez ces dossiers dans ce sens a moins que celà soit incompatible avec la recherche d'un electorat(de tous bords) trop aveuglé par ses "avantages".


    Cordialement
    Paul-eric HEUGAS
  • Patricia Moratille
    Le 07 Mars 2005 à 17 h 35 min
    Vous soulevez certainement un problème de taille avec la gestion des ressources humaines de l’Education Nationale et notamment la question de la qualité. Maîtriser la discipline enseignée et le savoir faire dans une classe me semble indissociable. Toujours est-il que lorsque vous passez le concours, vous êtes évalué uniquement sur des connaissances. L’animation de la classe est bien plus difficile. Pourquoi ne pas envisager une épreuve pratique au concours afin de vérifier si le futur prof est capable d’utiliser les différents outils et techniques pédagogiques ? Pourquoi tel prof est meilleur qu’un autre alors qu’il a suivi le même cursus dans une même discipline ? Qu’est-ce qui fait la différence ?
    Vous évoquez l’évaluation des enseignants et son impact. Pour beaucoup de profs, une inspection est toujours un moment de stress parce que de remise en cause. Tous traités de la même façon ? Ce n’est pas du tout le sentiment que j’ai, mais vouloir instaurer un système de récompense ne me paraît pas une bonne idée. Quant au refus de sanction d’un prof, il y va de la responsabilité de chacun dans la hiérarchie. Travailler en équipe ? C’est vrai que ce n’est pas évident, mais ça se pratique quand même, notamment autour de projets pluridisciplinaires.
    Oser le mot « décentralisé » ? N’est ce pas prendre le risque de créer ouvertement les bons lycées et les mauvais lycées ? On sait très bien qu’il y a des lycées avec une bonne réputation et qui forment les élites de demain. Il en faut et lorsqu’on est parents, on ne peut que souhaiter que ses enfants en face partie. Mais peut-on laisser les autres de côté ? Pour beaucoup de gens dont je fais partie, l’école a pu jouer un rôle d’ascenseur social. Le système n’est pas parfait mais tous les élèves doivent avoir leur chance, même ceux issus de milieu modeste. C’est pour eux que je travaille.
    Patricia Moratille
    Patricia Moratille
  • Simon Billouet
    Le 07 Mars 2005 à 17 h 22 min
    Cher Alain Juppé, chers lecteurs,
    On constate que les mutations des professeurs se font uniquement sur des critères sociaux (plus de "points" plus on a d'enfants...) et d'ancienneté (plus de points si on est resté beaucoup d'années dans un même endroit).
    Comment se fait-il que les critères de recherche (professeurs ayant réalisé une thèse, fait paraître des livres) ne soient pas pris en compte ? Parfois de mauvais professeurs se retrouvent dans des "grands" lycées comme vous dites...
    Simon Billouet
  • Olivier Lacroix
    Le 07 Mars 2005 à 15 h 47 min
    Je ne vois pas vraiment ce qu'il y a de choquant dans vôtre discours.

    Au contraire, connaissant pas mal de professeurs je peux dire qu'ils auraient tout à gagner à se voir affecter une partie variable de leurs salaire indexée sur l'atteinte d’objectifs (individuels ou collectifs).

    Je me demande pourquoi un tel système n'est pas déjà en place.

    Cela pourrait même avoir une bonne incidence sur le problème d'homogénéité des lycées français.

    On pourrait faire passer des épreuves aux élèves en début d'année puis appliquer une règle de calcul d'objectifs à atteindre pour la classe et pour chaque élève/professeurs et/ou par équipes pédagogiques.

    Les professeurs qui auront remplis leurs objectifs pourront une fois un certains seuil atteint (au bout de quelques années) être (s'ils le souhaitent) affectés dans des zones ou l'on a besoin des meilleurs avec une rémunération substantiellement meilleure que ceux qui auront choisi de rester dans leurs lycées.

    Cela permettrait de casser cette situation ridicule dans laquelle nous nous trouvons avec nos soi-disant "grand lycée" (qui n'ont de grand que la sélection des dossiers qu'ils font à l'entrée).

    Quant à la question de la décentralisation des moyens, je ne suis pas sûr que celà soit la meilleure des solutions.Elle serait détournée par beaucoup de proviseurs pour "mettre au pas" certains professeurs(Les meilleurs sont souvent les moins dociles :)).
    Olivier Lacroix
  • Bernard CAZIN
    Le 07 Mars 2005 à 13 h 58 min
    J'ai été frappé par un exemple rencontré dans mon métier (avocat en droit public): le système de bonification pour mutation au sein, ou d'une académie à l'autre. A l'évidence, dans cette afaire à tout le moins, ce sont les organisations syndicales qui attribuaient les postes et les points, lors d'une répartition qui se faisait sous l'égide des inspecteurs d'académie. Il ne s'agit certainement pas d'une généralité; mais cela souligne la nécessaire décentralisation que vous évoquez, et qui ne concernerait plus seulement les personnels techniques et les équipements (cette dernière décentralisation étant, en tous les cas, indispensable pour s'adapter aux nouvelles règles de la commande publique), mais aussi la gestion des carrières et la discipline.

    A cet égard, l'exemple des fonctions publiques territoriale et hospitalière prouve qu'une mobilité et une géalité de traitement sont possibles hors de l'Etat. Faudra-t-il aller jusqu'à créer une fonction publique propre à l'école et l'université; il est certain aujourd'hui que cela semble être de facto le cas. Cela permettrait-il enfin de régler la question des primes, de l'intéressément... tant on sait que le statut général de la fonction publique de l'Etat oblige, pour y déroger, à la multiplication des statuts particuliers et de décret spéciaux pour telle ou telle prime (la lecteure du JO est à ce titre éloquente). Le ministère de l'éducation nationale paraît avoir définitivement versé dans la co-gestion (au mieux...). C'est un obstacle que vous devez mieux mesurer que beaucoup d'entre nous. Mais à l'instar de la fonction publique hospitalière, une certaine décentralisation au profit des établissements, devenus plus autonomes, permettrait-elle de mieux fidéliser les personnels enseignants ?

    Car s'agissant du lieu d'affectation, on doit à l'évidence simplifier et rendre plus transparentes les règles existantes. On a souvent dénoncé le fait qu'un jeune enseignant devait (et doit encore souvent) aller en ZEP pour gagner des points, qui lui permettrontensuite de choisir une affectation plus proche de ses aspirations. J'avoue ne pas connaître précisément l'ensemble des avantages liés à un tel 'sacrifice'. Mais on imagine aisément le peu d'enthousiasme qu'il suscite...

    Enfin, et parce que cela répond à des besoins criants (l'école n'étant en définitive pas faite que pour ceux qu'elle emploie), peut-on imaginer que les écoles demeurent ouvertes toute l'année (en dehors des besoins d'entretien des ouvrages), pour du soutien scolaire, des activités sportives et culturelles, accueillir des ateliers, des associations d'élèves... Des mesures sont déjà intervenues en ce sens, mais une généralisation, avec du volontariat et des emplois créés, serait un beau contredit à ceux qui dénoncent une Ecole (voire un Etat, selon la formule célèbre) à éclipse.

    Ces pistes sont mdestement propposées par un produit de l'école privée et de l'université, qui a constaté que 'le privé' est souvent aussi égalitaire et que le sprofesseurs y sont plus motivés ; cela s'explique pas eulement par le prix (les bourses et aides y sont nombreuses, même à paris), mais par l'adhésion de sparents qui ont le plus souvent choisi cetteécole. C'est la démonstrartion de l'inanité de la carte scolaire, qui inflige aux parents et aux élèves les règles supportées par certains enseignants. L'école peine alors à être un lieu d'enthousiasme et d'émulation !



    Bernard CAZIN

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Bonjour, vous avez pris le temps de me lire et me répondre.
Je tenais à vous remercier de cette forme d'engagement.
Rien que de m´apporter une réponse montre que nous partageons une passion, celle de notre pays. Pour ma part , je suis partisan du dialogue et, je vous remercie de l'avoir entamé avec moi.

Bien cordialement.
Alain Juppé
Alain Juppé 2017
5 ans pour l'emploi
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