Blog Notes d'Alain Juppé

Quatrième âge

Publié le 10/05/2005 par Alain Juppé

J’ai suscité, chez mes interlocuteurs québecois, une curiosité amusée lorsque j’ai tenté de leur expliquer pourquoi la SNCF manifestait sa solidarité envers les personnes âgées dépendantes en rallongeant la durée quotidienne de travail de ses agents… de 1mn 52s!

Au delà de l’anecdote ou de la provocation, « l’affaire du lundi de Pentecôte » pose la question de la capacité de notre pays à regarder les réalités en face et à anticiper des évolutions inéluctables.

La natalité française est certes meilleure que celle de nombreux pays européens qui sont en voie d’affaissement démographique.
Nous savons néanmoins que, dans les décennies qui viennent, notre population va vieillir, du fait de l’heureux allongement de l’espérance de vie.
Concrètement, dans moins de 20 ans, plus d’une personne sur 10 aura plus de 75 ans; d’ici 2050, l’effectif des plus de 60 ans sera multiplié par 2 et celui des plus de 85 ans par 5. Le pic d’augmentation se situera entre 2005 et 2025: la population des plus de 60 ans croîtra de
305 000 personnes par an, contre 100 000 actuellement.
Ce vieillissement sera très différencié selon les régions : en 2030, la proportion des plus de 60 ans sera de 23% en Ile-de-France, mais de 40% en Limousin!
Je pourrais multiplier les données chiffrées.
Une chose est sûre: ces prévisions sont solides; la démographie ne ressemble pas à la météorologie: on sait très à l’avance ce qui va se passer, avec un très bon indice de confiance.

Deux conséquences se profilent à l’horizon.
– D’abord , la baisse relative de la population active qui s’amorce entre 2005 et 2010.
– Ensuite, la montée considérable du quatrième âge, disons des plus de 75 ans, avec tout ce que cela signifie notamment pour l’assurance-maladie (on « consomme » évidemment plus de soins après 75 ans qu’avant) .

Il faut nous préparer dès aujourd’hui à ces évolutions.
Je vois deux actions majeures à entreprendre:
– En premier lieu, tout faire pour allonger la vie active.
On ne peut plus parler indifféremment de « seniors » pour désigner toutes les personnes de plus de 60 ans (voire de 55 ans!).
Nous avons actuellement en France un taux d’activité de la tranche d’âge des 55-64 ans qui figure parmi les plus bas de tous les pays développés : 34% contre 50% en moyenne dans l’OCDE! Et, dans le même temps, nous avons aussi un taux d’emploi des 16-25 ans parmi les plus faibles (24% contre 44%). Il n’est dons pas vrai qu’en mettant une personne de 55 ans en pré-retraite, on donne de l’emploi à un jeune!
La réforme des retraites qui vient d’être mise en oeuvre ne réussira que si nous relevons ce défi de l’allongement de la vie active. J’ajoute que c’est aussi, très souvent et à l’exception des métiers pénibles et usants, une nécessité humaine et sociale: comment peut-on imaginer de laisser dans l’inactivité des hommes et des femmes de 60 ans, dont l’espérance de vie est de plus de 75 ans pour les premiers et de plus de 82 ans pour les secondes (chiffres de 2002, encore en progrès aujourd’hui)?
– En second lieu, il nous faut imaginer une nouvelle branche dans notre système de protection sociale: la branche DEPENDANCE qui aura pour vocation de prendre en charge les personnes du quatrième âge (maintien à domicile chaque fois que possible ou hébergement en établissement). On voit que l’enjeu dépasse de beaucoup la seule « gestion » des conséquences de la canicule. C’est tout un système de solidarité nouvelle et de financement adapté qu’il faut concevoir.
La loi du 30 juin 2004 pour l’autonomie des personnes âgées trace la voie. Elle crée notamment une « caisse nationale de solidarité pour l’autonomie », qui nous donne l’assurance que l’argent sera bien affecté au financement de la dépendance. Reste à alimenter la caisse. L’institution de la journée de solidarité (avec le prélèvement correspondant de 0,3% sur la masse salariale) amorce la pompe. Mais il faut avoir le courage de dire que d’autres mesures seront nécessaires si nous voulons garantir à nos anciens une fin de vie digne et même heureuse.
C’est en tout cas ce qui sera en cause lundi prochain. Je ne suis pas sûr que répondre à ce défi par des préavis de grève ou des consignes de boycott soit tout à fait à la hauteur de l’enjeu humain et social.
10/05/05

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29 commentaires pour « Quatrième âge »
  • xavier PASSERA
    Le 27 Mai 2005 à 14 h 25 min
    On peut dire effectivement que cette journée de solidarité a été un échec. Un échec quand à la mobilisation solidaire d'une grande partie des salariés, qui ont reconnu dans cette mesure un impôt déguisé et ont tout simplement décidé de passer outre. En revanche, cela n'est nullement un échec pour l'Etat étant donné que cette journée est de toute façon "facturée" aux employeurs. Donc, comme d'habitude, les chefs d'entreprise on mis la main au porte-monnaie alors qu'il était demandé aux employés un effort de solidarité.
    xavier PASSERA
  • Franck Jublot
    Le 24 Mai 2005 à 10 h 29 min
    JE ne peux que rire en voyant le message outré de M. BESSON qui souligne que les cheminots travaillent toute l'année et donc qu'ils ne peuvent travailler le lundi de Pentecôte. On ne peut que rire en effet car si M. BESSON travaille effectivement tous les jours de l'année il faut qu'il fonce à l'inspection du travail. S'il ne peut sacrifier un seul de ses sacro-saints RTT pour financer la dépendance et la viellesse, qu'il l'assume au lieu de faire retomber la faute sur d'autres. Heureusement que le ridicule ne tue pas. M. BESSON, j'oubliais, vous aurez une retraite, spéciale bien entendu, pour vous reposer de votre dur travail de cheminot. Décidemment vous êtes bien à plaindre.
    Franck Jublot
  • François BESSON
    Le 22 Mai 2005 à 12 h 41 min
    votre mauvaise foi sur cette affaire à la SNCF est évidente : vous savez comme tout le monde que fériés ou pas, les trains roulent tous les jours à la SNCF. Alors comment manifester sa solidarité autrement qu'en rallongeant la durée quotidienne du travail puisque de toute façon on travaille le lundi de pentecôte à la SNCF. On est bien obligé de répartir la solidarité sur l'année... Même un énarque brouillé avec les chiffres peut comprendre ça... Ce qui est plus grave c'est que vous utilisiez ce type d'argument pour dénigrer les Français auprès d'étrangers ; alors qu'à l'évidence c'est le cafouillage incroyable de Raffarin dans cette affaire qui a provoqué tous les soubresauts du lundi de Pentecôte.
    François BESSON
  • Jean Taillère-Marchand
    Le 21 Mai 2005 à 14 h 21 min
    On ne peut pas répondre à un problème aussi important que les personnes "dépendantes" en augmentant les impôts par des moyens cachés... Il fallait un très grand effort pour dénicher dans la presse ou sur Internet comment l'argent serait récolté, grâce à qui, à quel niveau... Quant à la solidarité, les gens l'ont montré après le 26 décembre dernier, ils savent en faire preuve! Ils faudrait leur faire prendre conscience que s'ils sont là c'est grâce aux "personnes agées", qu'ils en seront un jour... Il faudrait surement éviter de faire de la solidarité une affaire d'état!
    Jean Taillère-Marchand
  • michèle COHADE
    Le 21 Mai 2005 à 00 h 28 min
    Tout à fait d'accord pour différencier enfin le 3ème âge(60- 75)du 4ème(au delà de 75)
    michèle COHADE
  • Gérard Caville
    Le 20 Mai 2005 à 16 h 48 min
    Monsieur le premier Ministre
    Lors de notre dernier échange, vous me dites que le projet européen tel qu'il nous est proposé aujourd'hui est le meilleur possible, et que vous ne connaissez pas d'autres projets susceptibles de faire mieux.
    On aurait pu faire plus "européen" déjà en faisant voter "tous" les peuples et le "même jour". Mais on ne l'a pas fait: quelle belle unité.....
    Je suis éffaré d'entendre que Tony Blair voterait non s'il était français et qu'il est inquiet du vote des anglais en.....2006.
    Si le peuple allemand votait, il semble que le oui n'aurait que 30%.....Attendons le vote des Hollandais, des danois, des anglais, des tchèques, des polonais avant d'enfoncer la France, ou plutôt son peuple qui est aussi l'instigateur des droits de l'homme (donc mature et anticipateur).
    Cette constitution est celle des dirigeants et non celle des peuples. A terme cela va nous coûter très cher, mais il sera trop tard.
    Quand j'entends les "grands" de ce pays dire que cette constition est le mieux qui puisse nous arriver, cela me semble comparable au "non ce n'est pas vrai" des "grands de l'époque" à propos des camps de la mort. Ils savaient tous, mais aucun ne voulait le reconnaitre. Je reste éffaré par le manque de vision à moyen terme de ceux qui nous dirigent.
    Et je ne suis qu'un français moyen qui se pose plein de question sur ce monde en sur-régime et de plus en plus égoiste.
    Question: où les chinois trouvent ils tout le fric (énorme) qui leur permet de se développer à une telle vitesse. Pour moi ça sent le crack boursier à venir, mais quand?
    J'aimerais bien avoir une vraie réponse, pas une toute faite car j'ai de plus en plus de mal à gober tous les mensonges qu'on nous délivre.
    Bien cordialement
    Gérard Caville - Trigone Consult
    20 rue Vauban
    69002 Lyon
    Gérard Caville
  • Issa Camara
    Le 15 Mai 2005 à 22 h 25 min
    Est ce vrai que chez vous on peut abandonner ses parents en les envoyant dans des maisons de retraites ?
    Que peut valoir la retraite sociale?
    Issa Laye Camara
    Issa Camara
  • Mathieu Pellerin
    Le 11 Mai 2005 à 13 h 17 min
    Pour ma part, le problème est la "communauté citoyenne" pour reprendre l'expression de Dominique Schnapper qui se refuse à prendre en charge les "vieux".
    Ce qui est remarquable c'est que les premiers à critiquer le gouvernenement durant l'été 2003 sont aujourd'hui en première ligne pour citiquer cette mesure...
    Je pense qu'au delà du bienfait ou non de cette loi, il y a deux problèmes structurels à résoudre:
    - Les Anciens dérangent et qu'on le veuille ou non l'égoisme des français trouve toute sa forme dans le refus de travailler. L'Etat a alors bon dos...
    -De surcroît, cette revendication n'est qu'une démonstration de l'anarchisme social qui se met progressivement en marche depuis quelques années. Les syndicats se renferment sur les travailleurs et les négociations collectives avec le gouvernement sont inlassablement bloquées.
    Parler d'anarchisme social peut paraître déraisonné mais avec le regard d'étudiant extérieur à ce siècle dans la pratique c'est l'horizon que je vois se profiler.
    Les multiples manifestations qui ne cessent de s'amplifier depuis une dizane d'année, que ce soit par le biais des étudiants ou des travailleurs, vont aboutir il me semble à un point de non retour qui va provoquer un drame.
    J'en ai la conviction même si beaucoup ne vont sans doute pas être d'accord avec moi.
    Que faire?
    Pour ma part, ce qui me semble primordial serait de fédérer les syndicats ou tout du moins certains d'entre eux, favoriser le dialogue entre eux afin d'aboutir à un consensus qui permettent de rendre compte de la prise en compte apr l'Etat de leur revendication.
    La France a la singularité (par exemple vis à vis de l'Allemagne) d'avoir de nombreux syndicats, mais peu de syndicés... Il faut remédier à cela
    Mathieu Pellerin
  • Cyril TAROT
    Le 11 Mai 2005 à 12 h 54 min
    Monsieur le Premier Mnistre,

    Tout en admettant que le projet de constitution européenne comporte plus d'avancées que de reculs pour notre Pays et pour l'Union, j'éprouve néanmoins une irrépressible envie de voter NON, pour les raisons suivantes :

    Alors que la Constitution a été modifiée de manière à ce que le peuple soit consulté pour toute nouvelle future adhésion d'un pays qui en ferait la demande, j'estime que cette modification de la constitution est un peu tardive, puisque 15 pays viennent de faire leur entrée dans l'Union.

    Sur ce point, et sans pour autant exlure que des liens étroits soient tissés avec ces pays, je pense que le peuple français aurait du être consulté sur l'entrér de ces 15 nouveaux pays, dont certains ont des standards fiscaux et sociaux de nature à favoriser toutes sortes de dumpings (sans parler bien entendu de l'efficacité du controle aux frontières).

    Je pense que la force des intentions de vote en faveur du NON réside également dans cette volonté de faire savoir a posteriori qu'on est pas forcément d'accord avec l'entrée de ces 15 nouveaux membres.

    Je souhaitais connaître votre opinion sur ce point précis.

    Très cordialement,

    Cyril TAROT


    PS : Revenez, Monsieur JUPPE, beaucoup y tiennent !
    Cyril TAROT
  • robert pourchasse
    Le 11 Mai 2005 à 12 h 07 min
    Moi il y a une chose que je ne comprend pas,au lieu de ce tarabiscotage du jour travaillepourquoi as t on supprime la vignette qui etait entree dans les moeurs et qui etait bien plus juste(il est rara que les pauvres aient de grosse voitures et a l'inverse!)
    je sais qu'elle trainait derriere elle son utilisation deviee mais ca c'etait facile a resoudre ou si l'on ne sait pas donner confiance aux francais ,ce sera pareil pour la nouvelle loi
    moi j'ai un petit(tout petit)portefeuille d'action et je vous avoue qu'un prelevement de 0,...% SUR les pluvalues ne m'aurait pas fait sauter au plafond et l'impact sur la popularite du gouvernement aurait surement ete positif
    bon tout cela c'est juste mon avis

    robert pourchasse
  • Vincent Archer
    Le 11 Mai 2005 à 11 h 16 min
    Je suis, sur le principe, pour le jour de solidarité. Mais le fait que le gouvernement ait annoncé cette mesure juste après le fiasco de la canicule 2003 a totalement plombé cela : cette mesure a été vécue par la "France d'en bas" de cette manière : "moi, j'ai pas délaissé mes vieux pendant la canicule, et pourtant je vais devoir payer...". Les félicitations du MEDEF n'ont pas aidé à faire accepter cette journée.
    C'est dommage, si cela avait été proposé par un gouvernement de gauche, cela se serait passé sans problème. Il y a en fait une certaine méfiance vis-à-vis de la droite.
    Vincent Archer
  • t Box
    Le 11 Mai 2005 à 10 h 56 min
    Bonjour,

    Snas prétendre détenir la vérité, il me semble que la proposition du gouvernement doit être analysée selon deux axes :
    - la forme : la question du choix du travail d'un jour férié peut effectivement se poser : est-ce réellement le moyen le plus efficace "d'ouvrir la pompe"?
    - le fond : le gouvernement me semble tenir le discours suivant -et c'est ici que réside le véritable intérêt de cette mesure- : "vous français avez accusé le gouvernement arpès la canicule, tres bien, nous allons faire ce que vous demandez, mais cela a un coût. Ce coût est cristallisé par cette nouvelle journée travaillée."
    Et comme d'habitude, levée de bouclier : les francais veulent que "ca change", mais que "les autres" changent!
    Honte.
    Je voudrais, en marge de cette remarque, m'addresser à M Deloume. Vous soutenez que les cheminots travaillent d'ores et déjà le we et les jours fériés. Mais ne sont-ils pas rémunérés largement pour ca? Au delà, ne percoivent-il pas de nombreux avantages qui étaient justifiés lors de leur mise en oeuvre et ne le sont plus aujourd'hui. (entendons nous bien : il est hors de question de retirer des avantages à des fonctionnaires qui les ont eu toute leur vie ; la question de pose pour les nouveaux arrivant).
    N'oublions pas que tout avantage reçu est un avantage pris à quelqu'un d'autre!!! Les gens qui travaillent encore à la chaine, ou les métiers les plus pénibles ne méritent-ils pas, aujourd'hui, les avantages donnés aux cheminots?
    Posez-vous la question intimement.

    t Box
  • Gabriel fradet
    Le 11 Mai 2005 à 10 h 20 min
    tout cela est évident et archi connu...mais ce qui est aussi évident c'est la politique de l'autruche pratiquée dans ce pays par l'Etat et ses partenaires d'une part, de leur incapacité à sortir par le haut d'une exception française qui nous coule par le bas...Evidemment il nous faudrait une Margaret Thatcher mais dans ce pays si "virile" pour les coups de menton...
    Et c'est ainsi que la gouvernance moderne improvise dans l'émotion des impôts nouveaux (car un jour chômé travaillé et non payé c'est un impôt dans un pays déjà surchargé d'impôts et taxes) et des dérogations au principe de l'égalité devant la loi ...
    Belle innovation sociale et belle interprétation du mot Solidarité dont tout le monde s efait des gargarismes (il convient alors de se reporter à ce mot dans le Dictionnaire de la Spiritualité, ce monumental travail des jésuites).
    L'exception française qui nous place entre le N°15 et le N°25 des nations selon une batterie d'indicateurs internationaux a de beaux jours devant nous (je rapelle que l'on chiffre à plus de 7 millions le nombre de français "exclus" de la société et que le nombre d evrais pauvres est de l'ordre de 3 millions! Mais que l'on a un Etat obèse, obsolète, et dispendieux

    Gabriel fradet
  • Emilien Savary
    Le 11 Mai 2005 à 09 h 56 min
    Monsieur Juppé,

    Je vous envoie ce message afin que vous apaisiez mes craintes. Je suis militant UMP depuis plus d'un an et étudiant en khâgne à Lille. Aussi, ma professeur de philosophie, qui est communiste et ne s'en cachant pas, a expliqué hier pendant les deux heures de cours pourquoi il fallait voter NON le 29 mai. L'un de ses arguments étant qu'avec la Constitution, l'Ecole est en passe d'être privatisée telle une entreprise afin que l'Etat en tire d'importants bénéfices. Elle nous a également expliqué que le socle commun de connaissance de la réforme Fillon était la preuve d'une politique d'éducation dirigée par Bruxelles, et qu'avec ce socle l'Etat joue un rôle minimal et laissera bientôt la place à des écoles privées pour ceux qui désirent aller plus loin dans leurs études...Bref nos deux heures de cours se sont transformées en une attaque féroce contre la Constitution et le libéralisme en général. Je me permets donc de vous écrire afin que vous me disiez ce que vous en pensez et que vous répondiez à cette question : l'école va-t-elle à long terme être privatisée et ainsi être à deux niveaux avec les "riches" d'un côté et les "pauvres" de l'autre ?

    Je vous remercie d'avance Monsieur Juppé.

    Emilien Savary
    Emilien Savary
  • annick cousseran
    Le 11 Mai 2005 à 09 h 23 min
    Que dire de la sclérose d'un pays quand on observe que pour l'entreprise on est vieux à 50 ans,improductif à 20 ans!Et,plus grave,quand de jeunes diplômés de grandes écoles peinent à trouver un emploi!Que d'energie,d'intelligence,d'enthousiasme ignorés d'une part et que d'expérience,d'énergie maîtrisée et de reflexion perdues d'autre part!Quant aux trente-quarante ans,ils ont été laminés et supportent à eux seuls la nation.Enfin....surtout ceux du secteur privé!
    annick cousseran
  • Yves RICHARD
    Le 10 Mai 2005 à 23 h 45 min
    bonsoir,
    ce soir, comme promis, la suite du précédent mail qui n'a peut-être pas retenu votre attention, ou a été noyé sous un flot de messages, que vous avez certainement reçus pendant votre absence. Dans ce mail, j'évoquais une certaine façon de procéder à des réformes, que je qualifiais de "chimique", pour signifier un déroulement au niveau élémentaire ("moléculaire") de la société. Les réformes pourraient commencer par un très petit nombre d'individus, et évoluer de façon plus ou moins spontannée suivant l'adhésion qu'elles rencontrent. Pour clarifier les idées, on peut illustrer ce type d'action publique par la construction Européenne. La fameuse stratégie des "petits pas", consiste à faire grandir l'interdépendance des Etats, par la "chimie" des échanges économiques, de façon spontannée. L'efficacité, la spontannéité de ce fonctionnement sont tels que le plus dur aujourd'hui est de limiter l'étendue de cette construction, de suivre le mouvement (cf. le problème des frontières de l'Europe). Pourquoi ne pas essayer ce type d'action à l'échelle nationale ? pourquoi ne pas tenter des réformes qui seraient portées par...ceux qui sont motivés et qui y croient, en espérant que, voyant les effets, les autres y soient peu à peu acquis par la force des choses (si la réforme est bonne, bien sûr).D'une certaine façon, c'est une idée en vogue, si on en juge par l'avidité avec laquelle l'Etat a proposé de financer des associations. mais cette stratégie ne me semble pas satisfaisante: il n'y a rien de plus inhumain que de nationaliser la morale des gens, les relations humaines. Je penserais plutôt que le domaine d'action privilégié de ce genre de réforme serait les services publics. Par exemple l'éducation nationale. Vous suggériez à juste titre de remobiliser les établissements autour des chefs d'établissement. Mon idée serait de recentrer toute l'administration, les rectorats etc... pour favoriser l'éclosion des projets sérieux, portés par des proviseurs (et des enseignants motivés), pour peu que ces projets prouvent qu'ils sont en conformité avec le fameux socle commun. En gros, l'Etat se charge de ce qui est garanti, le plus c'est la créativité des gens qui l'apportent, s'ils en ont la motivation. S'ils e veulent rien faire de plus, libre à eux. s'ils ont un projet, s'ils pensent que les crédits qu'ils reçoivent ne sont pas oportunément dirigés, s'ils sont porteurs d'une ambition...et suffisamment motivés pour monter le dossier, alors il faut qu'ils savent que l'Etat sera à leurs côté. Le ministère quand à lui peut faciliter un certain type d'initiatives pour orienter l'ensemble dans les grands axes, et lancer le mouvement. On peut imaginer la situation suivante: j'ai donné dans ma jeunesse des cours de soutien scolaire à des élèves dans le cadre d'une association humanitaire. J'ai constaté qu'il y avait un véritable gâchis de talents, car les élèves doués n'avaient même pas l'idée de se battre pour essayer de réussir à l'école :ils n'avaient aucune idée de l'existence des filières de sélection et de promotion par l'école. Aussi, si j'étais proviseur dans un lycée de banlieue, j'essaierais de me débrouiller pour informer très tôt les élèves, et de mettre en valeur ceux qui réussissent grâce à l'école, par les métiers manuels ou intellectuels. Mon projet pourrait aller à des actions régulières de "retape" jusqu'à la création de classes sélectives si la zone géographique en est dépourvue. Ainsi j'aurais rendu visible un moyen républicain de promotion sociale à bien des enfants doués qui en ignorent l'existence (l'idéal serait de promouvoir notamment les -vraies- études littéraires, à mon avis mais c'est une digression). Si j'emporte l'adhésion des enseignants à mon projet, et que je chiffre mes besoins, je monte un dossier, et je le présente à l'administration qui me soutient (ou me retoque), car c'est son rôle, en plus de coordonner ces projets. Mes bonnes idées seront reprises par mes collègues (auquels j'ai emprunté les leurs). Les modes de fonctionnement astucieux peuvent, comme les lois porter le nom de leur inventeur, ce qui n'est pas une petite rétribution.
    Comme d'habitude, c'est plus facile à dire qu'à faire, mais les réformes récentes peuvent conduire à ce type d'organisation, qui ne gènerait pas ceux qui n'y croient pas, et permettrait aux autres de faire avancer les choses.
    Avec mes excuses pour la longueur du texte.
    bien à vous
    Yves RICHARD
  • Michael Wemmersch
    Le 10 Mai 2005 à 17 h 57 min
    je comprends bien vos arguments, mais alors pourquoi le gouvernement n'a t il pas tout simplement dit cela au lieu de nous "culpabiliser" en faisant comprendre que la canicule, c'était de notre faute!!
    Arrêtons de prendre les Français pour des débiles et au lieu de langue de bois ou pire de culpabiliser les Français...et vos amis sont champions, qu'ils aient un discours rationnel tel que le vôtre.

    Je suis sûr que cela fonctionnera mieux.

    De plus vous évitez soignement de nous dire pour quelles raisons, c'est un jour férié qui doit passer à la trappe et pas quelques boîtes aux énormes bénéfices.

    Le libéralisme, j'y crois à partir du moment où tout le monde joue le jeu. Total and co le font-ils? Non, elles préfèrent licencier, ne pas investir et par ce fait ne créent plus de richesses!!
    Michael Wemmersch
  • CLAUDE DELOUME
    Le 10 Mai 2005 à 17 h 30 min
    Dire que vous êtes à mille lieues de la réalité des gens est un euphémisme...
    Que vos auditeurs Québécois aient eu le sourire en vous entendant décrire les mesures prises à la Sncf pour "la journée de solidarité" n'a rien d'étonnant, surtout si j'en juge par les arguments que vous développez...
    Et c'est bien là que se situent les lieues qui vous séparent de l'immense majorité des Français : vous n'auriez donc pas compris qu'ils ne veulent pas de cette journée "bidon" ? Que chez les Cheminots (vos amis de 1995...), - dont une partie travaille pour assurer le service public, les dimanches et jours fériés - le phénomène de rejet était tel que la Direction n'avait plus qu'une solution : faire disparaître cette "journée" et la "remplacer" par les fameuses 1mm 52s !
    Bien sûr, vous pouvez vous échinez à démontrer ce que tout le monde sait déjà : l'évolution démographique... etc, vous vous gardez bien d'évoquer, par exemple, les formidables progrès de la productivité du travail qui font augmenter le PIB - duquel il ne me paraît pas absurde de tirer quelques points pour pallier le déséquilibre des caisses de retraite - ; vous vous gardez bien d'évoquer les profits considérables engrangés par la plupart des entreprises ces dernières années (notamment grâce à cette augmentation de productivité) ; vous évitez soigneusement d'évoquer le manque à gagner, pour ces caisses, que représente le chômage de millions de gens, jetés à la rue par lesdites entreprises dont une des autres sources de profit est basée sur les licenciements en masse, bonheur des grands actionnaires...
    Mille lieues ? Des millions d'années-lumière du vécu de l'immense majorité des gens de ce pays, qui eux, sont conscients de ce que je viens de dire et qui, partant, ne veulent pas être une nouvelle fois les dindons de la farce pentecôtiste.
    A moins, Monsieur Juppé, à moins que vous ne soyiez plutôt parfaitement au courant de cela mais que vos qualités et votre vocation de pédagogue ne vous persuadent de votre capacité à faire prendre les vessies pour des lanternes ! Ou alors votre Foi : j'ai lu que vous CROYEZ au OUI au projet de constitution Giscard !
    Salutations citoyennes.
    CLAUDE DELOUME
  • Pierre Bouchacourt
    Le 10 Mai 2005 à 17 h 17 min
    Le sujet évoqué est plus qu'honorable. L'analyse des causes et des moyens l'est également et j'y souscris totalement. Il est vrai que je suis un travailleur de plus de 65 ans !!!
    Mais qu'avec délicatesse et mesure ces choses là sont dites.
    Si je comprends bien votre pensée, vous dites en fait deux choses, que je me permets de tenter de traduire plus brutalement:
    1- Citoyens, remettez vous au travail
    2- Citoyens, préparez-vous a mettre la main a la poche.
    Je suis totalement favorable a la première recommandation. Il faut réinculquer aux Français le goût du travail plutôt que celui sacro-saint des droits "zaki". Les 35 heures et les RTT furent le coup de grace qui a mis a mort la volonté de travail nationale. Revenir sur ces mesures relevera d'un tour de force politique qui nécessitera une force de conviction et de persuasion qu'aucun homme politique, en activité a ce jour, ne semble posséder.
    Mettre la main a la poche ne se fera pas de gaité de coeur, mais sera moins difficile que de résoudre le point précédent. Ceci a la condition primordiale de restaurer la confiance sur la destination des fonds collectés. La vignette automobile de Mr Ramadier est encore dans toutes les mémoires.
    Ensuite et surtout, a la condition que cette taxation complémentaire soit effectuée de manière totalement équitable. Ce qui aujourd'hui, avec cette triste pantalonnade du lundi de pentecôte, est loin d'être le cas.
    Tout autant que de vouloir garantir une dignité de fin de vie, il faudra avoir le courage, non seulement de dire, mais aussi de faire, ce qui évitera a la France de reculer plus encore qu'elle ne l'a deja fait.



    Pierre Bouchacourt
  • Daniel G.
    Le 10 Mai 2005 à 17 h 02 min
    Quand je vois la levée de bouclier pour le lundi de pentecôte je me pose la question de la solidarité.
    Tout le monde a le mot solidarité à la bouche, il vient par ci par là, mais finalement il vient surtout quand on doit être destinataire de cette solidarité.
    On l'a vu lors de la reforme des retraites. Chacun voulait tirer la couverture à soit et demandait plus de taxes sur les entreprises pour avoir plus de retraite plus tot.
    Les réformes de l'éducation on voit des choses similaires ce sont toujours les bénéficiaires qui demandent.
    Je ne dis pas que leur revendications ne sont pas justifiées. Mais je considère que quand on appelle à la solidarité nationale pour ses propres besoins, ce n'est pas de la solidarité mais de l'égoisme.
    Au final, on a un grand vent d'égoisme, de corporatisme et d'individualisme qui souffle sur la france en se drappant dans une apparance de solidarité.
    Et l'histoire du lundi de pentecote en est une illustration pour moi. Je pense qu'un certain nombre de gens qui ont toujours payés leurs impots par solidarité, qui ont voté plutot à gauche, vont finir par se dire que peut-être certains ne le méritent pas. Que la solidarité de gauche n'est finalement encore que de la lutte de classes déguisée, et dans la lutte de classes il n'y a pas de solidarité. Qui en sortira gagnant de tout cela, je me le demande.

    Personnellement, la vie a été assez sympathique avec moi, et j'ai payé des impôts mais toujours avec le sourire. Je n'ai PAS voté chirac (au premier tour) malgré ses promesses de baisse d'impôts, j'ai toujours voulu voter par conviction et non par intérêt.
    Mais pour une fois je vais me lancer dans le mouvement général, j'en appelle donc à la solidarité nationale, que chaque français me verse 1€, 1€ c'est rien.
    65millions d'€ ... j'en trouverais l'usage, et je suis même prêt à payer des impots.
    Daniel G.
  • Adrien Cubertafond
    Le 10 Mai 2005 à 16 h 38 min
    Monsieur le Premier Ministre,

    Vous avez raison de souligner qu'une "bonne question" est sulevée par l' "affaire du lundi de Pentecôte".
    Et j'adhère également à votre analyse, à vrai dire je conçois mal qu'on ne puisse y adhérer.
    Bien entendu on peut tout faire dire aux chiffres, vous rétorquerons certains : ceux-là le savent bien, qui ne s'en privent pas quand l'envie leur vient !

    Il n'empêche qu'à cette bonne question, je ne crois pas que la réponse qui a été faite de "sucrer le lundi de pentecôte" soit vraiment adéquate.

    J'en approuve le côté symbolique : après tout, en effet, nous pouvons bien faire un petit sacrifice pour les personnes, et le fait que nous le fassions TOUS pourrait être interprété comme un beau geste de FRATERNITE : n'oublions pas que c'est ce non, et non celui de solidarité qui figure dans notre devise.

    Malheureusement, et c'était prévisible, TOUS ne sont pas prêts à faire ce geste. Je ne les en blâme pas, ils ont dieu merci la LIBERTE d'avoir leur opinion et même celles de contourner la loi tant qu'ils ne la violent pas.
    Malheureusement encore, pour qu'il prenne toute sa portée symbolique ce geste se devait d'être universel et donc d'impliquer tous les citoyens, en vertu du principe d'EGALITE. Autrement dit, il fallait que ce jour là, tous, de l'écolier au PDG, se fasse un devoir de vaquer à ses occupations habituelles.
    Las, nous avons vu revenir à toute vitesse les petites inégalités qui tous les jours divisent les français : en fonction de leur entreprise ou de leur administration, en fonction de leur région, en fonction de ceci ou de celà un grand nombre de citoyens ne participera pas.

    Le beau symbole est donc mort : c'était prévisible mais ça n'a pas été prévu.
    Nul conseiller ministériel ne s'est avisé que mettre en place cette journée l'année même où les jours fériés sont rares, c'était jouer avec le feu.
    Nul autre n'a réfléchi que les français ont la mémoire courte, et que deux ans après la canicule ils auraient oublié ce qui s'est passé...
    Nul autre encore ne s'est dit que le français, à tort ou à raison, n'entend pas être responsabilisé de quelque manière que ce soit et rejette d'avance tout ce qui lui est imposé et impose un petit sacrifice.
    Et j'en passe...

    Le symbole est donc envolé, reste l'argent.

    Outre l'inquiétude quant à son utilisation, je crois que beaucoup de gens ne comprennent pas comment il sera récolté ni même d'où il viendra. Je crois aussi que beaucoup sont furieux de l'usine à gaz inventée sans doute par quelque énarque -pardonnez-moi- ennemi de la simplicité, qui risque de coûter plus cher à collecter qu'elle ne rapportera. Sans parler des frais de fonctionnement de la nouvelle caisse.

    Et surtout, pour revenir -enfin- à votre analyse, à qui peut-on faire croire que cette mesurette va régler les problèmes démographiques à venir ?
    N'est-ce pas celà, plutôt, qui inquiète les français : ils se rendent bien compte que ça ne suffira pas et que ce sacrifice n'est pas le dernier.
    Alors, pourquoi ne pas enfin prendre le teaureau par les cornes et expliquer aux français qu'on ne peut pas, et qu'on ne pourra pas avant longtemps payer 20 ans de retraite en n'e cotisant que 40 -et je ne parle pas des 25 premières années de vie, également subventionnées par l'état- ! Qu'il faut travailler plus pour avoir plus d'argent !

    Ils ne sont pas près à l'entendre, et ça ne va pas leur plaire, c'est sûr.
    Donc il vaut mieux ne rien dire et laisser courir.
    Tant pis alors.
    J'ai 30 ans, je sais ce qui me reste à faire : me préparer ma retraite personelle tout en cotisant aux régimes obligatoires.
    Et tant pis pour ma pomme, tant pis pour l'argent que j'économise au lieu de consommer...
    Adrien Cubertafond
  • Christian DOUCET
    Le 10 Mai 2005 à 15 h 54 min
    "L'institution de la journée de solidarité (avec le prélèvement correspondant de 0,3% sur la masse salariale) amorce la pompe"
    C'est me semble-t-il le problème, combien de pompes l'Etat Francais a t'il ouvert ? pour les jeunes, les vieux, les sans boulots, l'éducation, la santé, la retraite... j'en passe...
    Arrêtons de penser qu'il suffit d'ouvrir des pompes (donc des impôts) sans en fermer d'autres, la France crève de çà...d'autres part ma maman 65 ans veuve petite retraite d'ouvrière (1000 euro/mois), est propriètaire de son logement (20 ans de crédit), a réussie en + à économiser quelques peu (plan en action), a adhérée à une assurance dépendance (au cas ou, comme elle dit),
    pourquoi je dit cela? parce que c'est la preuve que tout à chacun peu si il le veut prévoir et éviter de faire supporter à la collectivité ses propres errances....

    Cela dit bravo pour le Blog

    Christian Doucet
    Christian DOUCET
  • Jack Garon
    Le 10 Mai 2005 à 14 h 38 min
    C'est bien de vouloir faire travailler les gens au moins jusqu'à 60 ans, mais que dire des entreprises qui virent les vieux de 50 ans car trop chère....
    ou non assez performant ou maléable ...
    au choix .
    Jack Garon
  • Charles A
    Le 10 Mai 2005 à 14 h 27 min
    M. Poutine, nous a fait une belle démonstration à la soviétique. J’ai lu que lors des parades les drapeaux à l’effigie de Staline avaient fleuri ou refleuri, ceux avec un marteau et une faucille flottaient comme aux plus belles heures de la propagande communiste (au plus grand plaisir de M. le président Hu probalment...), et M. Poutine de vanter les mérites des forces soviétiques.
    Il y une différence entre être le chef d’un Etat qui a succédé à l’Union soviétique et se situer dans la continuité de l’union soviétique. M. Poutine contrairement à M. Eltsine, qui a contribué à la chute de l’URSS, se situe à l’évidence dans la seconde configuration. Les allemands au lendemain de la chute du Nazisme ont choisi de condamner à juste titre le régime hitlérien. M. Poutine, lui, a choisi une autre approche. Il l’a précisé récemment à la télévision russe. Pour lui la chute de l’Union soviétique était la plus grande tragédie de la Russie moderne. Au-delà des arrières pensées électorales qu’une telle affirmation comporte, elle dénote l’éminente difficulté de faire reconnaître au même M. Poutine la nature criminelle du régime ou même d’une quelconque reconnaissance de responsabilité de l’Etat soviétique dans l’occupation des pays d’Europe Centrale.
    En résumer M. Poutine nous dit, nous –les soviétiques- avons vaincu les Nazis, donc le soviétisme a été une bonne chose même si les politiques appliquées étaient perfectibles... il fait de la victoire contre les Nazis une cause soviétique, il réhabilite le soviétisme et par voie de conséquence implicitement son leader de l’époque, Staline.

    Devant ce challenge que constitue l’apparente inflexibilité du Président russe, la méthode douce de MM. Berlusconi et Chirac paraît bien illusoire voire même dangereuse. Les soviétiques ne connaissent pas la méthode douce, souvenez vous du combien de divisions de Staline sur le Vatican. Vladimir Poutine a été élevé à la méthode soviétique…Notez comme il cite volontiers le mot « soviétique ». Lisez donc ce commentaire de Poutine lui-même “Le bon sens a pour un temps été dépassé par les ambitions, par l'espoir illusoire de «rester planqué», d'«amadouer» Hitler en sacrifiant les intérêts d'autres pays. Et, sous ce rapport, la nature du pacte Molotov-Ribbentrop ne se distingue en rien de l'idée des accords de Munich.” in Le Figaro 07 Mai 2005.
    Dans ce commentaire assez réaliste et attendu de M. Poutine réside aussi l’explication de l’échec de la realpolitik franco – italienne à l’égard de lui-même aujourd’hui. Cette politique consiste à dire que puisque Poutine est dans une posture hostile à toute critiques sur le rôle d’URSS en Europe centrale, MM Chirac et Berlusconi préfèrent ne pas lui en parler… En étant softs, MM. Chirac et Berlusconi ne parviendront donc évidemment pas à infléchir la position de M. Poutine, pire, ils le conforte dans l’idée qu’il peut continuer dans cette voie. Ainsi MM. Chirac et Berlusconi se trompent-ils en tentant d’arrondir les angles et de ne pas parler de ce qui fâche. Ils essaient un peu de faire avec M. Poutine ce que Tony Blair a fait avec M. Bush, à la seule différence que les américains n’ont pas à s’expliquer sur un passif soviétique…

    Enfin en tentant d’amadouer Valdimir Poutine MM. Chirac et Berlusconi risquent de sacrifier l’unité européenne ou l’idéal européen de liberté et démocratie, puisque accepter que la Russie renie les crimes du régime soviétique et/ou l’occupation de l’Europe centrale revient à nier la signification de la chute du mur de Berlin. D’une part ils n’ont pas compris (ou feignent de ne pas comprendre) que les pays d'Europe centrale n’admettront jamais une politique étrangère européenne commune fondée sur l’absence de reconnaissance par la Russie des crimes et de l’occupation communiste. D’autre part M. Poutine n’est pas prêt d’admettre la culpabilité du régime soviétique si on ne lui force pas la main. Son utilisation à tort et à travers du terme soviétique le montre bien. On ne fait la publicité d’un régime si on à l’intention de le condamner plus tard. Poutine admet tout juste que Staline fut un despote, mais en rien comparable à Hitler.

    Le résultat de cette alliance objective et contre productive entre MM. Chirac et Berlusconi, qui ne se sont probablement pas consultés mais mènent une politique similaire, pourrait bien avoir une double effet, d’un côté renforcer le négationnisme communiste en Russie* et de l’autre sonner le glas d’une politique étrangère européenne commune avant même qu’elle ne soit née.


    *par négationisme communiste, j’entend la négation des crimes communistes.
    Charles A
  • Ahmed REZGUI
    Le 10 Mai 2005 à 13 h 46 min
    Bonjour Monsieur Le Premier Ministre.

    J'ai travaillé au coté de la Compagnie I.B.M. et j'ai cotoyé différentes personnalités de cette entreprise de l'ingénieur au STAF.

    Auparavent, lors de mon passage à l'E.P.H.E., j'ai eu l'occasion d'étudier en profondeur la vie de cette Compagnie,c'était au début des années 1970.

    Dans son plan de restructuration, I.B.M.
    a mis en place une planification sur 20
    ans dés le début des années 1980.

    De 500.000 à 400.000 personnes, et puis peut-etre
    à 250 ou 200 mille personnes dans l'élaboration du plan sans aucun licensiement.

    Le secret, c'est que depuis fort longtemps, "LES WATSON'S" l'interessement, l'achat et
    vente des actions en interne par le personnel était la norme.

    80% du capital d'I.B.M. est entre les mains du personnel, capitalisme et liberalisme, mais aussi le partage dans
    la responsabilté.

    Un exemple pour certains projets ?

    Je ne comprend pas quand le Président de
    la République a parlé de la "Class'Action", l'idée a fait sursauté certains patrons du CAC40.

    Bien à vous
    Amicalement.
    Ahmed REZGUI

    WWW.CULTURE.FR "Calligraphe-Typographe"

    Ahmed REZGUI
  • M Courtecuisse
    Le 10 Mai 2005 à 13 h 28 min
    La démographie se base sur des certitudes certes mais il ne faut pas oublier des aspects inédits en matière de concurrence entre les Etats sur le plan migratoire. En effet, le monde n'a jamais été aussi libre en matière de circulation des personnes et c'est une conséquence forte à intégrer en matières fiscale et sociale, car l'individualisme de notre société d'aujourd'hui et la solidarité ne font plus bon ménage : on peut le regretter mais c'est une réalité.

    La concurrence entre Etats s'exercent déjà en matière d'immigration qualitative sur les pays émergents mais il ne faut pas mettre de côté par ailleurs les phénomènes migratoires entre pays développés, encore marginaux mais qui vont s'accroître en ce qui concernent les personnes les plus qualifiées (de mémoire, 50.000 français quittent définitivement la France par an, pourtant jugés à haut potentiel de revenus). Les Etats-Unis ont un profil démographique nettement plus équilibré que le nôtre, et dans cette compétition aux cerveaux, il s'agit d'une arme redoutable, sans parler de leur machine à intégrer, qui surperforme largement celle de la France et de l'Europe en général. De plus, la concurrence entre pays européens va inévitablement s'enclencher : les individus les plus éduqués et bilingues (contrairement à MAM, cf. reportage Envoyé Spécial absolument tordant !) seront de plus en plus amener à opérer des arbitrages entre qualité de vie / revenu net disponible. N'oublions pas nos 250.000 français en Angleterre et nos autres 250.000 aux US (plus qq milliers dans notre cher Québec, qui mène une politique très agressive sur les francophones). A ceux-là vont s'ajouter probablement la Belgique, l'Allemagne et l'Espagne qui représentent une offre alternative potentielle aux pays anglo-saxxons.
    Une branche dépendance, soit : mais s'agit-il de prélèvements sociaux additionnels, qui viennent à nouveau à enchérir le coût du travail, déjà particulièrement défavorable à la France ? En celà, le financement de la mesure solidarité n'est probablement pas la plus opportune car il eut mieux valu expérimenter le principe de la "TVA sociale" plutôt que à nouveau taxer le travail (ce qui permet de taxer les importations chinoises du textile...). Autour de l'évolution démographique, il faudra donc (i) réadapter les services publics de l'Etat à cette nouvelle donne démographique (en supprimant ceux qui sont obsolètes !), (ii) confirmer l'option de fiscalisation du financement des dépenses sociales initiée par la csg mais qui doit être complétée par des instruments de type TVA sociale, (iii) définir (enfin !) une politique d'immigration par quotas s'insérant dans un contexte concurrentiel mondial mais aussi européen et enfin (iv) ne pas oublier de mettre en oeuvre une politique de rétention sur notre territoire des plus jeunes et des personnes les plus mobiles. Plutôt challenging !
    M Courtecuisse
  • Olivier Lacroix
    Le 10 Mai 2005 à 13 h 14 min
    Bonjour,
    il est vrai que personne ne peut contester le constat sur l'évolution démographique de nôtre pays.

    Néanmoins, je pense qu'il aurait fallut mettre la charue avant les boeufs.

    Au jour d'aujoud'hui l'entreprise n'est pas un lieu de vie, je dirais même que pour beaucoup c'est le lieu de la corvée dans lequel "le grand méchant patron" ne perd pas une occasion d'abuser de sa position hierarchique ce qui ajoute parfois à la pénibilité physique, une pénibilité psychologique.

    Peut-être y a t-il quelque chose à faire de ce côté(d'ailleurs je pense que ce problème va se régler dans les années à venir puisque c'est la nouvelle mode aux états-unis que de remettre l'homme dans la liste des préoccupations de l'entreprise).

    Concernant ce fameux rallongement de l'éspérance de vie, permettez moi d'avoir un doute, je ne vois absolument pas sur quoi on pourrait se baser pour l'affirmer.

    Certes, la médecine avance,mais la médecine ne fait pas tout, avez vous pris en compte l'action de la dégradation des conditions de travail sur la santé?
    Avez vous pris en compte l'impact de l'augmentation inéluctable des frais médicaux?

    Enfin, je tiens à attirer vôtre attention sur un dernier point qui pourrait se résumer de la manière suivante :
    les jeunes en ont assez de payer les pots cassés par la génération du baby-boom (qu'il conviendrait d'appeller la génération "gachis")
    Cette génération insouciante qui aura connu les 30 glorieuses(pas de chômage), cette génération qui aura profité au maximum des avancées techniques et sociales des ces dernières années, cette génération qui aura contribué grandement aux problèmes environnementaux, énergétiques, économiques(délocalisations, chômage), politiques(mon petit doigt me dit que la prochaine éléction présidentielle se jouera sur celui ou celle qui draguera le mieux les jeunes retraités).
    De cette génération qui aujourd'hui fait ce qu'elle peut pour s'assurer de vieux jour du mieux qu'elle peut

    Rassurez-vous, sur ce registre, le pire reste à venir avec la génération des quadra que je pourrais qualifier de génération "prédateur" qui à toutes les questions qu'on leur pose ne savent répondre que "parce que d'autres le feront".

    Bien amicalement.
    Olivier Lacroix
  • Laurent Barthélemy
    Le 10 Mai 2005 à 12 h 53 min
    Il est clair que la décision de la SNCF concernant le lundi de pentecôte est aussi absurde que scandaleuse (je l'avais déjà écris dans une réponse précédente qui n'a pas été mise en ligne, je ne sais pourquoi); aussi absurde à mes yeux, la mise sur la touche de plus en plus "structurelle" des 45-50 ans, considérés comme vieux alors même que la durée de vie s'accroît ... on marche sur la tête ! Atteint-on une limite du système libéral ? Du principe naturel de l'offre et de la demande ? Ne faudrait-il pas réformer, en même temps que la durée légale du travail, le mode de fonctionnement interne des entreprises ? Il y a une chose qui me choque profondément et depuis longtemps : au sein d'une entreprise, les "cadres", au fur et à mesure que leurs responsabilités augmentent, consacrent toujours plus de temps à se protéger, ou à flinguer l'autre, plutôt qu'à se soucier de faire prospérer l'entreprise qui les emploie et les fait vivre. Ces pratiques - fondamentalement puériles, si l'on y songe un peu - n'encouragent-t-elles pas, au bout du compte, un dégoût de la vie professionnelle ?
    Laurent Barthélemy
  • Nicolas Gascoin
    Le 10 Mai 2005 à 12 h 39 min
    j'apprécie l'analyse et y adhère. En revanche, attention a deux points:

    * Si les jeunes de 16 à 25 ans ne sont occupés qu'à 24% contre 44% ailleurs, cela n'est peut-etre pas du au marché de l'emploi mais plutot à la scolarité. La France est probablement un des seul pays dans l'OCDE a s'etre fixé comme objectif: le bac pour 80% d'une classe d'age. Et puisque sans le bac, on ne fait rien, il faut compter encore quelques années d'etude (ou de reconversion plus modeste...). Avec un bac à 18ans et au mieux 2ans d'etude superieure, un jeune ne peut travailler avant 20ans...impossible! Ceci explique alors en partie cela. Pour l'anecdote, etant en these, je ne debuterais mon metier que vers 27 ou 28 ans. Les statistiques en prennent un coup...

    * second point, la "caisse nationale de solidarité pour l'autonomie" semble, d'apres vous, garantir que les fonds recoltés iront au bon endroit et serviront uniquement à cela. Peu de gens y croient...C'est bien la qu'est le probleme je crois (plus qu'un egoisme aigue des Francais). Dans le cas contraire, si cet organisme est une vraie assurance que l'argent n'ira pas ailleurs, une explication est necessaire, pour nous tous. Un effort de pedagogie est a faire pour expliquer en quoi cette caisse est l'assurance que l'argent sera bien employé pour ce à quoi il est destiné. Si les Francais sont convaincus de cela, il y aura probablement moins d'opposition et plus d'adhésion au projet. Mais les mensonges du passé (vignette auto) auront du mal a faire accepter les "vérités" d'aujourd'hui.
    Nicolas Gascoin

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Bonjour, vous avez pris le temps de me lire et me répondre.
Je tenais à vous remercier de cette forme d'engagement.
Rien que de m´apporter une réponse montre que nous partageons une passion, celle de notre pays. Pour ma part , je suis partisan du dialogue et, je vous remercie de l'avoir entamé avec moi.

Bien cordialement.
Alain Juppé
Alain Juppé 2017
5 ans pour l'emploi
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