Blog Notes d'Alain Juppé

Rapport Gallois

Publié le 05/11/2012 par Alain Juppé

Il faut lire le rapport Gallois.

D’abord parce qu’il présente un grand intérêt.

Ensuite pour éviter d’en parler par « ouï dire »…

Je connais bien Louis Gallois. Je connais sa compétence, acquise à la fois dans le service public et dans l’entreprise privée. Je connais sa rigueur intellectuelle et morale. Je ne suis donc pas surpris par la qualité de son travail. C’est lucide, courageux, cohérent.

Premier mérite : il affirme sans aucune précaution oratoire que la reconquête de la compétitivité, en premier lieu industrielle, « doit être considérée comme la priorité économique de notre pays ». Si, enfin, cette ambition pouvait faire l’objet d’un consensus national, ce serait un grand pas en avant… et une belle rupture avec la période de campagne électorale au cours de laquelle le candidat socialiste prononçait à peine le mot de compétitivité.

Deuxième mérite: le rapport traite de tous les facteurs de compétitivité, qu’il s’agisse de la recherche et de l’innovation, de la formation des hommes, du financement des entreprises et notamment des PME, de la sécurisation de l’emploi qui implique des « souplesses nouvelles » et moins d’insécurité juridique… et bien sûr du coût du travail.

Ses 22 propositions vont faire l’objet de nombreuses analyses et commentaires. Je ne les reprendrai pas en détail ici. Pour ma part, je les trouve toutes pertinentes.

Deux commentaires seulement: d’abord le nombre de celles qui reprennent ou valident des mesures prises par les gouvernements précédents est impressionnant! (crédit impôt-recherche, dispositifs Dutreil, réforme de la taxe professionnelle, mesures en faveur de l’investissement dans les PME, pôles de compétitivité, programme des investissements d’avenir… j’en oublie sans doute)

Ensuite, si elles étaient prises ensemble et rapidement, elles constitueraient bien ce « choc de compétitivité » qui semble faire hésiter le Président Hollande. La mesure la plus forte et la plus nécessaire est évidemment l’allégement de 30 milliards des cotisations sociales patronales et salariales que préconise Louis Gallois. Si le nouveau gouvernement n’avait pas absurdement annulé ce que la précédente majorité avait décidé, le tiers du chemin serait accompli depuis le 1er octobre. Il est vrai que le financement en était assuré par une hausse de la TVA. C’est encore un tabou. Fort prudemment Louis Gallois ouvre plusieurs pistes. Il va bien falloir maintenant décider.

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Bonjour, vous avez pris le temps de me lire et me répondre.
Je tenais à vous remercier de cette forme d'engagement.
Rien que de m´apporter une réponse montre que nous partageons une passion, celle de notre pays. Pour ma part , je suis partisan du dialogue et, je vous remercie de l'avoir entamé avec moi.

Bien cordialement.
Alain Juppé

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