Blog Notes d'Alain Juppé

Raymond Devos

Publié le 15/06/2006 par Alain Juppé

J’étais, je suis un « fan » de Raymond Devos.
J’aime sa stature sur scène, ses inventions de clown génial, et, bien sûr, sa passion gourmande des mots, la finesse et la virtuosité avec lesquelles il en joue. Plaisir de l’esprit et des sens à la fois. Quel artiste!

Dans le « privé », il était immédiatement chaleureux. Fascinant aussi ; au bout de quelques phrases à peine, on le sentait reparti dans le jeu, la jonglerie des mots.

Quand j’étais Premier Ministre, j’avais été heureux de le recevoir à Matignon pour le décorer et lui témoigner ainsi la considération et la reconnaissance de la Nation.

Ce matin,je suis triste.

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14 commentaires pour « Raymond Devos »
  • m ezzeddine
    Le 27 Juin 2006 à 21 h 55 min
    Ne sais-tu pas que l’éducation est de deux sortes, l’une qui vient des dieux, l’autre des hommes ? L’éducation divine est magnifique, elle est forte et souple à la fois, tandis que l’éducation humaine est mince, faible, pleine de dangers et de grandes déceptions: et pourtant, celle-ci doit nécessairement s’ajouter à l’autre pour que tout soit bien.
    La majorité des gens appellent «éducation» cette formation humaine – plutôt un enfantillage, me semble-t-il – et ils croient que celui qui connaît le plus de littérature, perse, grecque, syrienne, phénicienne, et qui a lu le plus grand nombre de volumes, est l’homme le plus savant et le mieux éduqué. Mais quand ils rencontrent parmi ces gens des débauchés, des lâches ou des avares, ils s’en tirent en disant que de tels faits n’ont pas plus d’importance que les individus en question. L’autre forme d’éducation, on l’appelle parfois «éducation», tout simplement, ou encore «virilité» et «grandeur d’âme».

    Extrait de Dion Chrysostome
    m ezzeddine
  • Joelle bonnet
    Le 23 Juin 2006 à 02 h 52 min
    bonjour,
    Les hommages rendus à ce ciseleur des mots de la langue française me conduisent à ces pensées que je souhaiterai partager avec vous qui venez de connaître un peu en profondeur la deuxième ville française dont s'enorgueillit les Québécois.
    Dans toute instance internationale, la seule "langue" utilisée, s'il n'y a pas de traductions simulatnées est l'anglais. Il y a 30 ans le français était encore parlé!
    L'hommage rendu aujord'hui à ce réveilleur des mots montre que le français est une langue qui dans une génération supplémentaire sera au Panthéon.
    Dernièrement je suis allée à Rome pour raisons professionnelles et j'ai à cette occasion visitée la Villa Médicis, fleuron culturel crée par Napoléon. Si la ville bruissait de visiteurs, en particulier américains des EU, la villa Médicis était un havre de tranquillité et de méditation au point d'en être oppressant. Qui sait ce qu'est la Villa Médicis? Qui la connaît même en France? On a le coeur serré quand on entre dans ce lieu de solitude qui peut dépeindre le vide de la culture française actuelle, et pourtant c'est un lieu de culture.
    Il n'y a guère plus que le Canada parmi les pays francophones pour imposer à ses fonctionnaires de passer un examen en français pour gravir les échelons. Nombreux pays ont abandonné l'obligation de cet apprentissage dès le plus jeune âge
    Mais la France reste encore bien connue à l'International sutout si vous parler de Bordeaux: conservons ces étiquettes en haut de l'affiche!
    J'espère que vous pourrez vous y employer en rentrant en France et à Bordeaux en particulier
    Joelle bonnet
  • Jean-Louis Rizzoli
    Le 18 Juin 2006 à 13 h 50 min
    A Raymond

    Ah, Raymond, c’est quelque chose !
    En effet, dans les faits.
    À cause de la chose, de la cause à l’effet,
    À cause de l’effet de la chose,
    Avec Raymond, c’est autre chose,
    D’autres effets, d’autres causes !

    Navigateur, capitaine aux longs discours,
    Sur ses planches, d’un air bateau,
    Avec rien, l’air de rien, il nous retient,
    Sans nous lasser on s’y attache.

    Ballottés de bâbord à tribord,
    Sur son vaisseau de l’imaginaire,
    Nous essuyons son souffle, pour de nouvelles terres,
    Sous les lumières d’un étrange univers.

    Inspiré par l’ombre de nos doutes,
    Le coeur vibrant, bouleversé par nos sens,
    Il nous attire, sans aucun doute,
    À travers les murs de l’impossible.

    Merveilleux voyages chimériques,
    Et qu’importe le cours de son essence,
    Dans ses contrées sans limite dans l’absurde,
    Où tout est en sens dessus dessous.

    Sans être toujours à la hauteur de ses sphères,
    Il nous arrive, parfois, d’en perdre la boule,
    Mais, l’habile jongleur sait nous rattraper,
    Dans ses longues cascades vertigineuses.

    Sur ses mystérieux sentiers sans fin,
    Les mains tendus comme de grands enfants,
    Nous aimons lui dire : Encore, encore, encore, Bravo, l’Artiste !!!
    Jean-Louis Rizzoli
  • Eliyakim Levenglick
    Le 17 Juin 2006 à 14 h 27 min
    Merci de votre pensée sincère pour Raymond Devos, lui, mort et pourtant toujours drôle, vous, vivant et pourtant toujours triste.
    Eliyakim Levenglick
  • ss ss du maroc
    Le 17 Juin 2006 à 09 h 14 min
    je suis vraiment que la langue francaise ait perdu un de ses plus illustre virtuose

    ss du maroc
    ss ss  du maroc
  • Jean-Pierre Chénedé
    Le 17 Juin 2006 à 07 h 51 min
    C'est la premiere fois je consulte le blog d'un homme politique, j'apprécie beaucoup le votre, étant-moi aussi un français, Bretonnant et Québecois de coeur. J'ai découvert ce pays il y a 4 ans et je suis tombé en amour avec ses gens, sa culture, son model économique, c'est pourquoi je pense sérieusement venir m'y installer définitivement. Je pense que les Français devraient davantage s'en inspirer et c'est par des hommes ouverts comme vous que ce rêve peut se réaliser. Sauf il y a juste une chose que le Québec ne fait pas mieux que la france, c'est le systeme de santé, si vous avez à l'occasion une réflexion comparative la dessus je serais intéressé de connaitre votre opinion a ce sujet.
    Cordialement, Monsieur le ministre, Kénavo.
    Jean-Pierre Chénedé
  • régine d'ailhaud-castelet
    Le 16 Juin 2006 à 18 h 12 min
    Si comme Barthes et Lacan, Raymond Devos s'est penché sur le "mot",c'est d'une toute autre maniere : il s'est rapproché du vécu de l'homme pour magnifier la petitesse de l'Humain dans le temps infini de la Création .
    Il disait:"je crois à l'immortalité et pourtant je crains bien de mourir avant de la connaitre".
    Je lui dedie une pensée en m'arrétant sur ce sujet du Bac Gironde 2006 qui lui convient :"Cela a-t-il un sens de vouloir échapper au temps?"...
    régine d'ailhaud-castelet
  • David Clérici
    Le 16 Juin 2006 à 13 h 04 min
    « On a toujours tort d'essayer d'avoir raison devant des gens qui ont toutes les bonnes raisons de croire qu'ils n'ont pas tort » Raymond DEVOS.
    David Clérici
  • Michel Sironneau
    Le 16 Juin 2006 à 10 h 35 min
    - Quand un homme se meurt, on dit qu'il s'éteint; quand il est mort on l'appelle "feu"...

    - Pourquoi, lorsqu'on veut avoir de l'argent "devant soi", faut-il en mettre "de côté" ?

    - Pourquoi un bruit "transpire"-t-il avant d'avoir couru ?

    - Pourquoi "lave"-t-on une injure et "essuie"-t-on un affront ?

    Exemples cités dans la revue Défense de la langue française ( 2005 ) ...
    Michel Sironneau
  • Bernard SANTE
    Le 16 Juin 2006 à 10 h 18 min
    Simplement je veux dire que je suis triste aussi, comme la plupart des Français qui aiment les mots, Raymond DEVOS était le seul dans son genre et restera pour longtemps encore le seul jongleur des mots de la langue française. Il est à jamais irremplaçable. Salut l'artiste.
    Bernard SANTE
  • Jean Mercherz
    Le 16 Juin 2006 à 09 h 47 min
    Le départ de l'exceptionnel Raymond Devos, jongleur unique de notre langue, me pousse vers une reflexion sur l'impérieuse nécéssité de maintenir le français vivant et actif partout dans le monde. Je rentre d'un voyage d'étude en Turquie avec quelques chefs d'entreprise (nous voulions nous faire une idée "sur pièce" de la Turquie et l'UE) et j'ai été frappé, plus que nul par ailleurs, de la cission entre les jeunes élites et les plus agées. Même si Gallatasaray et les institutions religieuses françaises qui survivent, restent la référence en terme de formation à Istanbul, le français ... et la France ne le sont plus. Trés brièvement, car le sujet est énorme,mon sentiment est, qu'au delà des moyens humains mis en place à l'étranger, le plus important est l'image politique et culturelle que notre pays véhicule. Nous manquons cruellement de média forts et attractifs, ... et le non du 29 mai 05 nous a fait perdre une des rares préemminences politiques qu'il nous restait.
    Rien n'est perdu, la conviction et l'action déterminée peuvent beaucoup dans la société humaine.
    Jean Mercherz
  • Gilles WADDINGTON
    Le 15 Juin 2006 à 23 h 29 min
    Par cette magie de l'assemblage très spécial des mots qu'il pratiquait, par la profondeur poétique et mélancolique des situations dans lesquelles il mettait ses personnages, par la qualité enfin de sa pratique de la langue française trop souvent malmenée aujourd'hui, Raymond DEVOS était à la fois un philosophe, un artiste et un professeur.
    Comme beaucoup je suis orphelin de ce belge définitivement plus français que nature, plus inventif et plus élégant que nous tous.
    Surprenant sans être jamais vulgaire, il nous a tous fait rire aux larmes, nous rendant comme il le disait lui-même, un peu grotesque mais jamais ridicule.
    Nous ne t'oublierons pas, Raymond.
    Gilles WADDINGTON
  • Claude Simonnet
    Le 15 Juin 2006 à 21 h 55 min
    Raymond DEVOS aura marqué sa génération. Magicien des mots, on ne pouvait qu'admirer son habileté. La télévision lui a rendu hommage en diffusant un extrait de sa conjugaison du verbe ouir. Je regrette la disparition de l'homme et de son talent.
    Claude Simonnet
  • Philippe Thiébaut
    Le 15 Juin 2006 à 21 h 31 min
    Monsieur Raymond Devos ;jongleur de mots ..dégaine de clown ... grace corporel d'un colosse ...énorme talent! il nous laisse ce gout précis de la variation et de la poésie dingo !
    Chapeau l'artiste .
    Philippe Thiébaut

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Bonjour, vous avez pris le temps de me lire et me répondre.
Je tenais à vous remercier de cette forme d'engagement.
Rien que de m´apporter une réponse montre que nous partageons une passion, celle de notre pays. Pour ma part , je suis partisan du dialogue et, je vous remercie de l'avoir entamé avec moi.

Bien cordialement.
Alain Juppé

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