Blog Notes d'Alain Juppé

Réforme du bac

Publié le 10/02/2005 par Alain Juppé

J’avoue ma perplexité devant l’hostilité des lycéens à la réforme annoncée du baccalauréat.
Depuis des années, j’entends critiquer ses modalités traditionnelles d’organisation.
N’était-il pas injuste de jouer toute une année scolaire et même tout un cycle d’études sur quelques épreuves regroupées en une ou deux semaines, avec les risques que cela peut comporter (méforme physique ou psychologique, voire maladie; bachotage intensif pendant le mois qui précède etc…)? Ne valait-il pas mieux prendre en compte le travail de toute l’année, en donnant une place accrue au contrôle continu des connaissances?
Ces réflexions paraissaient marquées au coin du bon sens.

On nous annonce aujourd’hui une réforme qui va dans cette direction : on conserverait un certain nombre d’épreuves finales, mais on prendrait davantage en compte les résultats obtenus en cours d’année. Je me suis dit que l’initiative allait à la rencontre des préoccupations lycéennes.
Patatras! Levée de bouclier.
J’aimerais comprendre les raisons de cette réaction .
La seule objection que j’ai entendu nettement formuler est la suivante : un bac ainsi réformé n’aurait plus la même valeur selon la qualité des établissements scolaires qui le délivreraient. Pourquoi? Personne n’a annoncé que le bac cesserait d’être un diplôme national. Ne faut-il pas une bonne dose de mauvaise foi pour nier que, d’ores et déjà, avec le bac tel qu’il est, il y a des établissements scolaires plus réputés que d’autres ? La presse ne publie-t-elle pas depuis des années des listes de lycées classés selon leurs performances?
Est-ce que je me trompe ? Eclairez-moi.
11/02/05

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57 commentaires pour « Réforme du bac »
  • marlion89 a
    Le 24 Juin 2005 à 13 h 07 min
    Etant actuellement lycéenne, j'ai beaucoup discuter avec mes amis au sujet de cette réforme. L'un d'entre eux me racontait (il est au public)qu'un prof était rentré dans leur classe et avait dit:"Je fais grêve, vous venez avec moi manifester?". Ce jour là il n'est rester que deux élèves dans leurs classe. Les autres y sont allés, même s'ils ne savaient pas de quoi il retourner,voyant là l'occasion de faire du bruit tout en restant entre amis. Une autre, actuellement en Terminale m'expliquait qu'il était bien trop difficile de travailler toute l'année et que si la réforme passait plus personne n'aurait son BAC.Déjà cette idée du travail à 18 ans ... Elle n'a pas encore fait ces premiers pas dans la vie active dans la vie active que déjà travailler paraît si compliquer et épuisant. Et pire:ce n'est pas la seule. On nous a façonner à l'image de nos professeurs ou parents. C'est pourquoi j'emet de sérieux doutes vis à vis de la capacité de notre génération à redresser la France. Pour dire vrai, je nous trouve pessimiste, manquant d'entrain, d'energie... on pourrait agir (ou du moins si préparer), mais rien aucune réactivité, aucun esprit d'entreprise, on sombre dans la passivité et le nombrilisme latant. Et moi même, jugez en par vous même je me surprends à être défaitiste.
    Pour le reste de mes connaissances (fidèle à cette description), c'était clair, sans la moindre ambiguité: ils s'en moquait éperduement.
    marlion89 a
  • alex andre
    Le 12 Avril 2005 à 12 h 20 min
    totalement d'accord avec vous
    actuellement en classe de terminale, j' aurai préféré avoir un contrôle continu au baccalauréat. Cette alternative, serait préférable au système en place actuellement, car elle ne met pas assez en évidence le travail fourni par certains élèves en dificulté, qui mériteraient amplement d' obtenir leur bac, contrairement à d' autres qui, passent cet examen en fin d'année sans gène...
    alex andre
  • Bastien Collin
    Le 10 Avril 2005 à 16 h 19 min
    Cher monsieur,

    Je m'appelle Bastien Collin ,et je suis élève au lycée Edouard Herriot à Troyes, dans l'Aube.
    Après avoir lu votre petit article sur la réforme du bac, je souhaite m'exprimer sur plusieurs points.
    Malgré que la loi soit passée (en certains termes), je pense qu'il est important de confronter les différents points de vue.

    Personnellement, je n'ai pas pu lire le projet de loi (qui ne se trouve plus être exactement à ce statut), car il est beaucoup trop compliqué pour un adolescent, à mon sens. Je n'ai donc pas participé aux manifestations pour cette raison.
    Dans tous les discours favorables à ce projet que j'ai pu entendre, un point n'a pas été abordé : la tricherie.
    Dans ma classe, je vois plus des 3/4 de mes camarades qui utilisent cette méthode pour obtenir de bons points.
    N'approuvant en aucun point, je ne triche jamais aux contrôles. Au bac, on ne peut pas "tricher", enfin, tout est relatif, les petits malins existent.

    Imaginez un seul instant les effets dévastateurs que peut ressentir un élève sérieux qui ne triche pas, échouer à son épreuve du bac, et voir un tricheur à côté de cela réussir son bac (pour mes devoirs surveillés, cela m'énerve personnellement.)

    Je pense qu'il est necessaire de réfléchir à cette question.
    Je suis désolé pour les fautes d'orthographes et les répétitions.

    Très cordialement,

    Bastien Collin
    Bastien Collin
  • Mireille Dunoyer
    Le 04 Avril 2005 à 15 h 12 min
    Une des problèmatiques de l'introduction du controle continu dans la remise du bac est, à mon sens, la fin de l'anonymat des corrections. J'entends par là qu'un professeur n'appréciant pas un élève (pour un motif personnel) aura un moyen de blocage partiel dans son cursus. Et particulièrement dans les matières à fort coefficient comme les maths/physiques en S, les matières littéraires en L. Comme dans toute évaluation au mérite (pour le bac, la vie professionnelle ou la vie politique !!) qui sera assez objectif pour déterminer la valeur intrinsèque d'une personne qu'il fréquente en continu ? Inconvénient supplémentaire incontournable : les diverses interprétations de la notion d'excellence...
    Mireille Dunoyer
  • Awadalla Pierre
    Le 15 Mars 2005 à 16 h 29 min
    Nouveau bachellier depuis Juin dernier, je me pose plusieurs questions sur cette réforme et le bac :
    - cette réforme rendra plus ou moins "facile" le bac ? Ceci en référence à la "magnifique" idée de 80% d'une classe d'age bachelier.
    - Le bac actuel (et futur) n'a plus aucune valeur en soi par rapport à celui d'il y a 30 ans. En effet avoir le bac suffisait a l'époque maintenant pour avoir le même niveau il faut avoir une mention. Dans ce cas, il ne faut plus 80% qui est 10 ou plus mais 80% qui est 12 ou plus.
    - Et enfin une question plus général, pourquoi le jeune est contre la société et veut la changer mais est contre toutes formes de réforme ? Est-ce la différence entre ados et adultes ? Sont-ils tous les deux pour le changement mais avant de gueler contre une réforme, les adultes "réfléchissent" ils?
    Awadalla Pierre
  • vincent nolibois
    Le 06 Mars 2005 à 00 h 31 min
    Les lycéens sont manipulés !! C'est le slogan favorit des défenseurs de la réforme Fillon , il peut sembler simple mais pourtant c'est la vérité.
    au début du mouvement j'ai participé en tant que lycéen à une de ces manifestations(à Mont de marsan , ville qui vous est chère) contre ce projet de loi(j'étais opposé a la supression des TPE et à rien d'autre, il faut noter que j'ai changé d'avis depuis sur les TPE)et j'étais assez mal a l'aise dans cette manifestation pour plusieurs raisons: premièrementla moitié(si ce n'est plus) des lycéens présents n'étaient là que pour sécher les cours et ignoraient totalement la raison de ce rassemblement sauf qu'il fallait critiquer ces méchants gouvernants sans savoir pourquoi!
    Ensuite j'ai entendu certains lycéens s'écriaient <>, j'attends toujours qu'on m'explique ce que ce slogant vient faire dans cette manifestation.
    D'autres levaient leurs pancartes avec marqué dessus <> , évidemment le niveau intellectuel de cette pancarte se passe de commentaire.
    On peut aussi se demander ce que les syndicats (cgt , fo ,etc...)viennent faire dans ces manifestations si ce n'est pour aliéner un peu plus les lycéens.
    Cette réforme est évidement favorable a la situation des lycéens(surtout la partie concernant le bac pour les raisons que vous dites), mais si quelques milliers de lycéens sur trois millions (ce qui est un peu faible pour craindre un grand mouvement)ont manifesté c'est bien par manque d'informations sur cette réforme , on peut regretter le manque de communication du gouvernement envers les lycéens , mais aussi le fait que les professeurs n'ont pas expliqué le contenu de cette réforme (encore faut il qu'ils en soient capables) plutôt que de voir leur classe vide sans qu'ils s'inquietent pour autant .
    Alors oui ! Cette réforme doit être adoptée(avec la partie du bac ) car les deux millions neuf cent mille lycéens qui n'ont pas pris part à cette contestation ne doivent pas voir leur avenir pris en otage par une poigné de lycéens pour la plupart totalement ignorant sur les causes de leur soi- disant mécontatement!
    vincent nolibois
  • Nicolas Martinelli
    Le 04 Mars 2005 à 12 h 12 min
    Quelqu'un a cité "Le Prince" de Machiavel.
    En substance, Rousseau disait qu'en voulant donner de grands conseils aux Rois, il en a donné de plus grands aux euples. A méditer.

    Celà dit, et pour revenir au sujet de l'article, je suis un farouche défenseur de l'examen "sanction" et le bon sens n'a rien à voir là dedans: si on admet que la meilleure solution est la plus simple et la plus transparente, alors on se rendra compte de l'extraordinaire simplicité de ce dernier. On aura toujours besoin d'exprimer le potentiel de quelqu'un sous forme de statistiques, et si l'examen sanction a ses lacunes il ne fait finalement que refléter cette réalité purement économique (et détestable, mais ceci est un autre débat).

    Par ailleurs, pédagogiquement parlant, il récompense la polyvalence et non la "gestion d'effort"... L'accumulation des épreuves en un temps réduit va dans ce sens...

    Il est donc parfaitement inutile d'y ajouter une composante continue, car elle ne ferait que compliquer une situation déjà ardue, entre les épreuves anticipées de Premiere et la multitude d'options qui differencie un Bachelier d'un autre.

    Le Rasoir d'Ockham, comme on l'emploie n Sciences.



    Nicolas Martinelli
  • François AUROUZE
    Le 02 Mars 2005 à 20 h 32 min
    Avec un rien de mauvais esprit je vais tenter de vous éclairer…

    Pour ce qui me reste de souvenirs de ma période scolaire et universitaire, j’avais admis la typologie classique, un peu réductrice il est vrai, de mes condisciples en quelques catégories principales :
    - les "polars", travailleurs réguliers ayant de réelles aptitudes pour les études
    - les élèves et étudiants "moyens"
    - les "branleurs" (doués ou non)
    Les "polars" se moquent en général du tiers comme du quart que le contenu d’un diplôme soit fait de contrôle continu ou d’épreuves ponctuelles. Sauf exceptionnelle et regrettable exception, ils l’obtiennent du premier coup !
    Les dilettantes préfèrent, et de loin, le diplôme par épreuves qui laisse la place à la chance, à l’espoir du coup de génie, au bachotage bien ciblé, voire à l’anti-sèche.

    Reste la catégorie centrale, prédominance de la courbe de Gauss et représentative du plus grand nombre.
    Il y a trente ans, ces élèves militaient pour une plus grande prise en compte du contrôle continu des connaissances, et maintenant ils militent pour le contraire. Qu’a t’il bien pu se passer entre temps pour que la majorité se déplace, sur ce sujet, de la première vers la troisième catégorie ?
    Si l’on considère que l’élève moyen est celui qui, sans être un surdoué ni un bourreau de travail, a les capacités reconnues pour faire des études et est en mesure d’effectuer un travail régulier, force est de conclure que :
    - soit l’élève moyen est moins intelligent que celui d’il y a trente ans, ce que j’ai peine à croire,
    - soit la quantité de travail fournie a suffisamment baissé pour lui faire craindre le verdict du contrôle continu.
    (Il n’y a de ma part aucun jugement de valeur dans cette appréciation et les raisons de cet état de fait sont autant endogènes qu’exogènes à l’Education Nationale)

    On trouvera le raisonnement probablement un rien abrupt, mais qu’il me soit permis, pour me disculper d’une accusation de nostalgie passéiste, de préciser que je me situais dans la catégorie des "branleurs".
    En guise de clin d’œil final j’ajouterai que j’ai deux fils ados qui font malheureusement aussi partie de cette catégorie. L’effectif de la catégorie dans ma statistique familiale a donc été multiplié par deux en 30 ans… C.Q.F.D.

    P.S. : Pardonnez-moi d’avoir peut-être encombré votre "blog", destiné sans doute à un public plus jeune, mais, sans être un féal de vos options politiques, j’ai toujours été admiratif de la pertinence de vos analyses.
    François AUROUZE
  • Clara Gresser
    Le 02 Mars 2005 à 17 h 16 min
    M. Juppé, je suis à la fois en accord et en désaccord avec votre article. Certes, la réaction disproportionnée déclenchée par ce projet est fâcheuse et totalement inacceptable. Ce qui est intéressant, c'est de constater à quel point les français, et tout particulièrement les jeunes sont prompts à descendre dans la rue à chaque fois que quelque chose r=ne convient pas. M. Fillon n'aurait pas du retirer sa réforme, c'est une preuve de faiblesse. Ne croyez-vous pas que pour faire avancer les choses dans un pays qui marche de plus en plus à reculons, il faudrait faire des réformes importantes sur le plan de l'éducation? La réforme de M. Fillon contient d'après moi quelques erreurs, particulièrement celle du contrôle continu au bac. Le bac ne sera donc plus un examen, puisqu'il sera étalé en quelque sorte sur toute une période,et il n'en sera que plus partial. Les professeurs ne sont pas tous aptes à assurer un contrôle continu juste et tout à fait impartial comme le fait un examen corrigé par des professeurs ne vous connaissant pas. Je sais bien ce que je dis, car je suis moi même dans un lycée, privé certes, mais dans lequel l'impartialité et la justesse ne semble pas être à la mode.
    Bref, cependant, je crois qu'il faut être réaliste : sans grande réforme, on n'aboutit à rien du tout. Et je trouve SIDERANT la façon dont les lycéens et les syndicats ont abusé de leur droit à la manifestation. On peut contester certes, mais je trouve que les banderoles du style "Fillon dehors" sont tout à fait hors de propos. Comment voulez-vous que l'on fasse avancer les choses dans un éducation qui va mal en changeant de ministre tout les deux mois? Ministre de l'éducation, ce n'est pas un travail qui se fait en quelques semaines, il faut du temps pour créer et proposer une réforme ! Et c'est un gâchis immense que de fiche à la porte un ministre dès que les lycéens descendent dans la rue. Je suis lycéenne, et pourtant je trouve l'attitude de mes camarades injustifiée et surtout stupide. Et j'ai l'impression que cet engouement pour la contestation immédiate pour quoi que ce soit devient de plus en plus grand. C'est vraiment manifester pour le plaisir de manifester. Et le gouvernement devrait réagir face à tout celà. C'est tout d'abord un dialogue qu'il faut instaurer, avec tout les principaux concernés : les professeurs, les élèves. Ensuite, il faut faire preuve de fermeté. Car si on retire chaque projet de réforme, on recule à chaque fois un peu plus et tend vers la stagnation générale de la situation. Des réformes intelligentes doivent être proposées, et si elles ne semblent pas convenir aux lycéens, il faut les garder. Les retirer ça n'avance à rien. La révolution française a été brusque, et certainement pas acceptée par tous. Mais si on avait arrêté de révolutionner parce que certains étaient mécontents (pour de mauvaises raisons de surcroît), aujourd'hui, nous ne serions pas en démocratie. Alors il faut que les gens comprennent (et ce n'est pas valable que pour les lycéens par ailleurs) que même si les réformes ne leur semblent pas juste sur le moment, c'est pour leur bien qu'on les fait, et pas juste pour le plaisir de sortir un texte de loi.
    Il faut changer l'esprit contestataire de cette France qui se sent mal et qui apparement ne trouve pas d'autre moyen de le manifester que par un rejet de tout projet politique, un désintérêt total pour la vie citoyenne et politique. C'est dommage, la France peut mieux faire. Beaucoup mieux, mais pour celà il faut changer les mentalités. Accepter les sacrifices pour une vie meilleure dans le futur proche. Qu'ils lisent une fois Le Prince de Machiavel, ils comprendront peut-être ce que je veux dire.
    En attendant, il faudrait peut-être que les lycéens admettent qu'ils ont agit de façon stupide, qu'ils ont grand tort de manifester juste pour avoir l'impression d'exister ou pour le simple fait de rejeter tout ce qu'on leur propose pour exprimer un malaise plus profond.
    Mais ça, ils ne l'ont pas compris. ET ça n'améliorent pas les choses. Ils veulent donenr une image de jeunes préoccupés par leur avenir, moi je pense qu'ils ne font qu'aggraver leur cas en faisant passer la jeunesse française pour "jeune et conne" mais surtout inconsciente. Ils ne savent rien et font comme s'ils avaient tout compris. Laisser moi rire...ou pleurer en constatant que c'est bien mal parti pour l'éducation une fois de plus, et à cause de ceux qui tiennent le plus à sa réforme, les lycéens...
    Clara Gresser
  • Inès Makri
    Le 26 Février 2005 à 16 h 23 min
    Monsieur,
    Je ne suis âgée que de 15 ans et, à ce titre, je ne peux peut-etre aps m'exprimer avec une aisance telle que la votre. Cependant, permettez-moi de répondre à vos interrogations. Vous ne comprenez pas l'opposition des lycéens à un BAC plutôt basé sur une évaluation continue que sur une épreuve. Seulement voila, l'évaluation continue n'est pas pour arranger les lycéens. En effet, il suffit qu'un professeur ait une mauvaise opinion d'un élève pour le noter en-dessous de ce que cet élève vaut, ce qui pourrait compremettre les chances de l'élève en question. De plus, le niveau, vous devez le reconnaître, n'est pas le même dans tous les lycées: venant d'un quartier assez mal vu (les Minguettes) et étant dans un lycée privé qui obtient de bons résultats, je connais la différence. Le travail qu'on me demande d'effectuer est souvent beaucoup plus conséquent que celui qu'on me demandait et noté plus sévèrement. Mon niveau au sortir du BAC sera donc logiquement plus important que celui d'un élève ayant obtenu la même note que moi mais venant d'un établissement moins exigent.
    Mais la question du BAC n'est pas le seul problème de la réforme proposée par M. Fillion.La quasi-suppression des langues mortes, par exemple, me révolte, car j'ai eu la chance d'étudier le latin et le grec, et je pense que ne plus dispenser ces cours aux élèves serait une perte considérable, et équivaudrait à supprimer une partie de notre histoire. D'autre part, le fait de considérer le sport et la philosoplie en tant qu'options est un autre pont négatif. A l'heure où l'on nous dit que l'obésité devient un réel problème en France, supprimer le sport n'est pas, je pense, une idée de génie. Quant à la philosophie, c'est ce qui nous permet de réfléchir sur nous-même, notre société, et de ne pas faire "bêtement" ce qu'on nous dit, de ne pas devenir de simples machines au pouvoir de personnages plus "puissants".
    En attendant votre réponse, monsieur, je vous présente mes respects (et vous assure que ce message reflète mes convictions et utilise mes paroles, pas celles de mes parents.).
    I.M.
    Inès Makri
  • Pascal LAURENT
    Le 19 Février 2005 à 18 h 41 min
    A cela comme a tout projet de reformes engagé par la gauche comme par la droite, la france dit toujours non.
    Pourquoi? A mon sens la France a un amour de la révolution. Si quelque chose doit changer alors cette chose doit être complètement réformé.
    la modification et le changement n'ont pas de sens pour 90% des français. La conséquence de tout cela c'est qu'il faut soit stagner (ce que préfèrent les français sans jamais oser se l'avouer) soit révolutionner le système.
    En effet les avis les plus diverses ont été recueuillis: réforme trop profonde, réforme trop timide; on entend comme a chaque reforme du gouvernement, tout et n'importe quoi dans l'incohérence la plus totale et la plus française. Helas cet esprit contradictoire n'est plus contrebalancée par le courage politique des réformateurs. j'eus éspéré que Fillon ne retire pas sa réforme...

    Passons à la réforme en elle-même: bac régional ou national? Il faut être bien candide pour ne pas distinguer les établissement, surtout pour les CPGE qui font les couvertures de la presse étudiante!
    Le contrôle continu; il ressemble à la vie active, il est le reflet même de la vie qui n'est qu'une continuité d'actes... Je suis à 100% pour. Pourquoi le rejeter? première solution: je suis français et donc immobiliste de confession et je dis non. deuxième solution: je suis fainéant ou mauvais en classe je préfère m'accorder deux ans de repos et tenter un coup de poker durant le bac.

    Enfin pourquoi tant de manifestations? une tradition française encore une fois agrémentée d'une erreur stratégique totale. ce genre de réforme se passe l'été ( de préférence après le bac) et non maintenant. Les étudiants le disent eux-mêmes il aurait été bien plus dur de se mobiliser à cette période.Traduction: je manifeste en période scolaire pour moins aller en cours, mais je ne sacrifierais pas mes vacances pour mon système scolaire.

    Voila ma lecture des évènements depuis qques années (époque des manifestations vs Claude Allègre)
    Pascal LAURENT
  • Fanny T
    Le 18 Février 2005 à 22 h 11 min
    Je pense qu'il ne faut pas éxagérer l'enthousiasme des lycéens: pour avoir été moi-même lycéenne jusqu'à l'année dernière je pense que beaucoup de lycéens qui ont défilé ces dernières semaines dans les rues étaient plus motivés par le désir de sécher les cours, de se mêler à l'enthousiasme général et à l'atmosphère si particulière, entrainante et satisfaisante que procure toute révolte (surtout à l'age de l'adolescence) que par la réelle envie de protester contre cette réforme! Je ne dis pas qu'il n'y a pas certains vrais noyaux de résistance, mais il ne faut pas se laisser aveugler par cette déferlante de jeunes qui pour la plupart ne sont là que pour se défouler et pouvoir en toute légalité (et même avec l'appui des médias) "foutre le bordel" et avoir ainsi l'impression d'exister.
    Fanny T
  • patrice petiot
    Le 18 Février 2005 à 12 h 59 min
    bonjour, en effet la reforme du bac semble paraitre du coté du bon sens, ce qui ne semble pas etre la reaction des lycée, qui semble plutot etre conduit par un mouvement politique que par l envie de fairez avancer les choses. je pense que les lycéens poussés par les professeur s en prennent a la droite plutot qu a une reforme qui leur semblerait injuste.$

    c dommage, les forces du progres ne semblent pas etre du coté qu on croit.

    un citoyen qui croit au bon sens.

    patrice petiot
  • Julien Mary
    Le 18 Février 2005 à 12 h 08 min
    Il semble clair qu'une réforme semblait nécessaire mais pas telle que la veut M.Fillon. Le contrôle continu n'est pas forcément une mauvaise idée mais il n'est pas applicable dans notre pays.
    Pourquoi?
    Tout simplement car il existe trop d'inégalités dans notre pays et elles ont une répercussion au niveau de l'éducation. Peut-on vraiment pensé qu'avec le contrôle continu un bac aura la même valeur s'il est obtenu dans un lycée réputé que s'il est obtenu dans un lycée de banlieue?
    Si c'est ce que vous pensez, je pense que vous ne vivez pas dans le même pays que moi.
    Au lieu de s'intéresser au contrôle continu, il vaudrait mieux d'abord aller vers plus d'égalité sociale.
    Pourquoi ne pas s'occuper plus en profondeur du probleme des ZEP pour aller vers plus d'égalité. Il faut des moyens supplémentaires pour les lycées en difficulté.
    Pour une réforme du Bac, une mise en place de partiels qui s'étaleraient lur les classes de première et de terminale ne serait-elle pas mieux qu'une mise en place d'un contrôle continu.
    Julien Mary
  • Chris D
    Le 17 Février 2005 à 22 h 10 min
    Le fait de réformer l'éducation est une bonne chose, car l’éducation évolue au fils des années, et des nouvelles lois s’imposent afin qu’il n’y ai pas un fossé entre la société actuelle, et les lois en vigueur.
    La réforme du bac va dans ce sens. Pourtant, elle n'est pas parfaite.
    Le bac en contrôle continu peut sembler une bonne idée, car il permettrait de pouvoir juger des qualités de l'élève sur une longue période et ainsi voir ce qu’il vaut vraiment. Le bac actuel ne montre que le travail de l’élève sur un point et un moment bien précis. Il ne reflète donc pas précisément de ce qu’il vaut vraiment. Les accidents sont vites arrivés, et si l’élève rate son bac, cela veut-il vraiment dire qu’il n’avait pas les connaissances nécessaires ?
    Mais ne nous voilons pas la face. La mise en place du contrôle continue ne fait qu’appuyer les inégalités déjà présentes :
    -Dans un lycée où les moyens sont plus importants que dans d'autres, la qualité de l'éducation n'est pas la même. C’est bien connu, les établissements privés ont de meilleurs taux de réussite grâce à une éducation suivie et qui met tout en œuvre pour que chaque élève puisse réussir, et cela n’est possible que par des financements conséquents.
    -A fortiori, un bac décroché dans un lycée dit réputé a donc beaucoup plus de valeur qu’un bachelier issu d’un lycée populaire. Dans ce dernier cas, il est évident que les conditions scolaires sont moins bonnes que celle d’un lycée réputé, et, de surcroît, ne mettent pas les élèves sur un même pied d’égalité.
    Le bac doit être le même pour tous, issus ou non d’un lycée populaire ou réputé, où le bachelier, issus de parents n’ayant pas les moyens de pouvoir le placer dans des grandes écoles, ait les même chances de réussir qu’un autre.
    Bien sûr, il ne faut pas oublier que les élèves peuvent être « saccés »par les professeurs. Cela existe, il ne faut pas le nier ; et que chaque professeur n’a pas la même méthode de travail.
    C’est pourquoi le bac en contrôle continue nous effraie tant. Nous voulons avoir les mêmes chances de réussites que les autres lycées disposants de moyens plus élevés. Nous ne voulons pas nous sentir exclure, et pouvoir espérer accéder aux grandes-écoles quelque soit notre milieu.
    Avouons le, ce bac, dans cette perspective ne fait qu’accentuer les inégalités scolaires que Bourdieu présentait déjà. Afin que le fossé ne se creuse plus entre les classes populaires et favorisées, laissons cette inégalité des chance pour perpétuer cette mobilité sociale qu’auront les futurs bacheliers.
    En somme, d’après moi, la méthode la plus judicieuse serait d’instaurer plusieurs examens au cours de l’année, au niveau national, afin de se faire une réelle opinion des qualités de l’élève au cours d’une année scolaire, et « ignorer » l’appartenance ou non à un lycée côté ou populaire comme il en est le cas dans le bac actuel.
    Enfin, supprimer des postes n’est pas la solution, bien au contraire. Sans nuls doutes, les élèves seront plus performants et les difficultés scolaires (violence, inégalités…) diminueront dans des classes d’un nombre restreint d’élèves, car les professeurs les suivront de plus près, et les élèves ne se sentiront pas exclus, voire abandonnés.
    Les jeunes sont l’avenir du pays, alors pourquoi les frustrer dès maintenant dans des réformes qui ne répondent pas à leurs attentes ?
    Chris D
  • Alexis PS
    Le 17 Février 2005 à 15 h 53 min
    Bonjour

    pour etayer l'exemple de mon collègue ci-dessous, je vais mettre en avant un exemple très simple

    Cette année, en classe de terminale S option Science de l'Ingenieur, nous sommes 20 élèves. Les autres classes de terminale (5 au total) ont 35 ou 36 élèves (ma classe n'a que 20 élèves car il y a eu des redoublants de premiere a la terminale, et car certains élèves ne se sont pas présenté en début d'année, notre classe, du fait de son option très lourde au point de vu de l'emploi du temps, 8H d'SI par semaine, n'a pas été dédoublée).

    la moyenne de ma classe, toutes matières confondues, est aux alentours de 10/20, comme dans toutes les classes.

    mois de décembre, DS commun de math. moyenne de la classe: 12.5, moyenne des autres classes: entre 5 et 9.5 sur 20.

    pourtant, toutes les classes ont a peu pret la meme moyenne en math sur le premier trimestre.

    D'où le probleme, pour entrer en SI, il y a une selection tres dure à l'entrée en premiere, et nous sommes les "meilleurs" élèves en math et en physique-chimie du lycée, à de rares exceptions prêt. pourtant, en contrôle continu, nos notes ne sont pas meilleures que dans les autres classes. Comment se fait-ce?? notre proffeseur nous donne des devoirs à notre niveau, et nous aurons donc, sans hésitation, de meilleures notes au bac. Il est fort probable que tous les élèves de ma classe et le bac, et que 3/4 au moins aient la mention.

    Pourtant, sur les notes en contrôle continu, 6 des 20 élèves n'auraient pas le bac, et 4 seulement la mention.

    Vous pouvez comprendre facilement ce que représente pour nous la mise en place d'un contrôle continu au bac, il nous pénaliserait énormément.

    Vous allez me rétorquer "vous êtes une exception", mais tout est affaire d'exception!!!

    Par ailleurs, un élève qui ne bosse pas, qu'il soit en contrôle continu ou non, n'aura pas le bac. Un élève qui bosse l'aura, peut etre pas avec la mention qu'il esperait, mais il l'aura. Cette reforme du bac ne peut être bénéfique qu'à une minorité d'élèves ceux qui sont à chaque conseil de classe définit par "fait des efforts, mais tarde à être récompensé", qui ont des notes avoisinant 10/20, et qui sous le coup du stress, peuvent passer à coté de leur bac.

    J'ai pris le temps, cette après-midi de vacance, pour essayer de vous répondre, et j'éspere que vous comprendrez plus facilement la colère des lycéens maintenant.

    J'éspere que vous repondrez a mon message
    Alexis PS
  • Christian DREHER, lycéen
    Le 16 Février 2005 à 21 h 03 min
    Bonjour,
    Etant lycéen, en classe de terminale Scientifique, je ne peux que m'interresser à ce sujet, et cela meme si une possible réforme a peu de chances de m'affecter, puisque je passe le BAC cette année. Je suis personnellement contre tout contrôle continu pour l'épreuve du Baccalauréat, et ce quelque soit son importance, parcequ'il se baserait alors sur les notes de l'établissement, et nous savons tous que tous les lycées ne portent pas la meme appréciation au travail. On pourrait alors attribuer des coefficiens aux établissements pour remettre les élèves sur un pied d'égalité, mais dès lors, comment établir ces coefficiens ? Et il ne faut pas non plus omettre qu'à l'interieur d'un meme établissement les notations peuvent varier en fonction du professeur (meme s'ils affirment avoir des écarts négligeables en corrigeant la même copie, ils ne font justement pas le meme contrôle). Nous ne pouvons oumettre le diplôme du baccalauréat à plus de subjectivité pour créer cette nouvelle estimation.
    Il est vrai que l'examen seul connait également ses limites, mais certaines, comme le bachotage, ne peuvent etre supprimées qu'en supprimant entierement l'examen, ce qui n'est évidement pas envisageable.
    Je ne connais point le contenu de la réforme, et je n'ai également pas eu la patience ni le courage de lire toutes les contributions fournies à ce sujet ici même, mais je me permet de m'opposer à la présence de contrôle continu au baccalauréat, pour les raisons que j'ai exposé. Je ne suis certainement pas le seul à avoir ces idées, puisqu'il en est question dans le sujet suivant, mais je pense qu'il est important de s'exprimer, meme si on dit la meme chose que d'autres.
    Christian DREHER, lycéen
  • Christophe Birge
    Le 15 Février 2005 à 18 h 06 min
    Le système français privilégie clairement le "concours" ou "l'examen" au "contrôle continu". L'argument majeur en faveur d'un tel système est l'égalité des chances. Certes, cela incite au bachotage, peut générer ponctuellement des injustices (il ne faut pas être malade le jour de l'épreuve), etc. Mais c'est anonyme et place tout le monde sur un pied d'égalité. En plus, cela fait clairement apparaître quels sont les "bons" et les mauvais "lycées" (à condition de penser que les résultats ne sont pas manipulés a posteriori pour éviter que tel lycée de Sarcelles ne brille avec un superbe 30% de réussite au bac...).

    J'ai bachoté, et cela m'a plutôt réussi... Je n'aurais pas aimé confier mon avenir à certains profs orientés, injustes ou tout simplement absents dont je garde le souvenir... Je reste intimement persuadé que le système actuel reste le moins mauvais de tous, car le plus pragmatique...

    Et j'espère que la focalisation actuelle sur ce point de la "réforme" est une manoeuvre habile pour faire passer habilement des changements essentiels en faisant mine de reculer. Sinon, cela aura été encore beaucoup de temps et d'énergie dépensés pour rien...
    Christophe Birge
  • Jean-Luc Bereda
    Le 15 Février 2005 à 14 h 24 min
    Ils ont peur de l'avenir, c'est normal, ils sont a l'affut et la peur de sortir du systeme scolaire pour aller dans l'inconnu du chomedu et de la galere ca fout les jetons croyez moi, surtout a cet age.
    En 1986 j'etais dans les manifs, etudiant a l'epoque. Je n'ai pas oublie Malik Oussekine, je ne risque pas de commettre une 2ieme fois l'erreur de voter Chirac...mais Sarko n'aura pas ma voix non plus.
    Je n'ai jamais regrette le conseil de mon grand pere instituteur socialo qui avait beaucoup d'amis de droite d'ailleurs. Un tete bien faite avec des doigts d'or et une caisse a outils ca vaut mieux que tous les diplomes...
    Jean-Luc Bereda
  • joanna ********
    Le 15 Février 2005 à 14 h 10 min
    comme tout le monde, je vais expliquer que si le bac dépend du lycée, les grandes écoles pourront dire 'ah non toi tu viens de tel lycée, c'est nul on t'accepte pas!'
    et bien sur les eleves refusés viendront des zones défavorisées, comme toujours...
    le fossé entre riches et pauvres va encore se creuser et c'est innacceptable
    avant de proposer des réformes soit disant en faveur des lycéens, messieurs les politiques, ayez au moins l'honneteté de dire que ces réformes sont uniquement faites pour votre propre bien.
    joanna ********
  • Gaël Vallade
    Le 14 Février 2005 à 15 h 25 min
    Bonjour M. Juppé,
    Bien sûr cette réforme allait dans le bon sens et semblait dénuée de (trop) de démagogie. Mais l'éducation nationale, une fois de plus, noyautée par des extrémistes trotskistes refuse tout mouvement. Une fois de plus, ces dinosaures qui nous frustrent et entraînent nos enfants mettent leur véto à tout changement. Cet esprit corporatiste protégé et protecteur est vraiment minable. Vraiment. Ni la gauche ni la droite ne sont arrivés à ralentir la lente agonie du système scolaire français doucement distancé par les fonctionements universitaires des autres pays "riches".
    Que faire ?
    Gaël Vallade
  • isabel lapuyade
    Le 13 Février 2005 à 21 h 40 min
    Bonjour,

    En temps qu'ex lycéenne, fraichement émoulue de la session 2004, je ne suis pas à 100% d'accord avec cette réforme.

    Evidemment cela permettra de donner le bac à encore plus de monde et donc de devaloriser encore un peu plus ce diplôme qui si il est desormais obligatoire n'est guére plus utile que pour continuer des études car sinon l'armée, qui recrute directement aprés le bac?

    Le fait de faire un controle continu pour certaine matiére, signifiera forcement, pour la section S par exemple, mettre les langues en contrôle continu.
    Comme l'on ne peut parler correctement que de ce que l'on connait, je vais prendre mon exemple.
    J'ai eu une prof d'allemand (coefficient 2) avec qui je ne m'entendait pas du tout. J'ai donc eu 8 toute l'année ce qui ne m'a guére aidé à savoir mon niveau dans cet langue. Le jour du bac, l'épreuve LV2 d'allemand s'est révélée être du même type que les differents devoirs que j'avais eu lors de l'année scolaire.
    J'ai eu 14.
    C'est une des raisons qui me poussent à penser que cette reforme ne sera pas forcement un bien pour les élèves.
    Les professeurs sont sensés, être impartiaux, nous noter de maniére desinterressé. Malheureusement pour les quelques professeurs qui ne notent pas de cette maniére, plusieurs élèves peuvent être désavantagés au final.

    Cette réforme n'empechera en rien le bachotage.
    Elle ne sera, à mon sens, qu'une autre maniére de favoriser les bons élèves et de decouragés les moins bons ainsi que ceux qui tentent de faire de leur mieux sans pour autant y arriver.

    A mon sens, toutes les matiéres, quelque soit la section doivent être mises sur un pied d'égalité et donc doivent être presenté à l'examen et non en contrôle continu pour certaine et à l'examen pour d'autre.

    Et puis le bac est une maniére de nous préparer à des concours que nous seront susceptible de passer plus tard.

    Voilà pour mes reticences et j'éspére avoir repondu à votre questionnement.

    Amicalement,

    IL
    isabel lapuyade
  • micheline André
    Le 13 Février 2005 à 15 h 32 min
    Contradictions des lycéens, contradictions des enseignants aussi. ceux qui manifestaient avaient-ils lu les textes ou seulement les tracts distribués à l'entrée des lycées par des adultes qui les avaient "interprétés" pour eux?
    Ces derniers n'avaient-ils pas déjà protesté contre de la mise en place des TPE qui, contrairement à ce que disaient certains manifestants interviewés, ne sont pas , à mon avis,une préparation aux études universitaires mais plaisent parce qu'ils représentent un espace de liberté : thèmes imposés certes mais suffisamment vastes pour que les groupes de travail - que les lycéens constituent eux-mêmes- puissent traiter l'aspect qui les intéresse comme ils le souhaitent, possibilité de travailler autrement, de sortir de la classe, voire de l'établissement, de créer quelque chose, de faire appel aux enseignants qui deviennent une ressource parmi d'autres,...

    Quant au baccalauréat,rares sont les élèves et les parents qui savent exactement comment il est organisé. Quelques éléments ( seulement) pour nourrir la réflexion sur l'égalité dont on parle tant:
    1) Les commissions d'harmonisation sont composées à l'échelon académique et leurs membres ont la possibilité de modifier - légèremment certes - le corrigé type qui leur est soumis avant que le Rectorat ne le fasse parvenir à tous les correcteurs.
    2) Les épreuves orales ne sont pas anonymes et les candidats présentent à l'examinateur la liste des documents étudiés au cours de l'année, liste sur laquelle figurent obligatoirement le nom de l'établissement d'origine du candidat( public ou privé) et la signature de son professeur.
    3) Au cours des conseils de classe du 3ème trimestre des avis sont portés sur les livrets scolaires ( P = doit faire ses preuves, A F = assez favorable,avis sur lequel les avis des enseignants divergent et qui peut être différemment interprété par les conseils de classe- ( faut-il le réserver aux élèves appliqués qui n'ont pas tout à fait le niveau exigé?) - , F = favorable et TF= très favorable).
    4) Lors de l'examen des livrets scolaires par le jury, les professeurs peuvent ajouter les quelques - leur nombre peut varier d'un jury à un autre!- points qui manquent à un(e) candidat(e) pour pouvoir se présenter aux épreuves du second groupe, obtenir le baccalauréat ou le baccalauréat avec mention - et cela vaut pour toutes les mentions. Et il n'est pas rare qu'avant de prendre une décision, les professeurs( correcteurs) regardent de près le pourcentage d'avis favorables attribués dans la classe du candidat.

    On pourrait multiplier les exemples. Et pourtant,jusqu'à ce jour nul n'a contesté ce système. Les réformes proposées par M. Fillon étaient-elles fondamentalement différentes de ce qui se fait actuellement? Avaient-elles une incidence sur la poursuite d'études ou l'avenir de ces jeunes?
    micheline André
  • Stanislas Deverre
    Le 11 Février 2005 à 12 h 43 min
    Bonjour,

    Si j'en crois le texte débattu, seule une partie des matières (vraisemblablement les moins "significatives") passera en contrôle continu suivant des modalités à définir.

    En ce sens on allège un processus qui était devenu un rien trop complexe et cela est sain.

    Cependant nous savons tous qu'ouvrir la boite de Pandore du passage du Bac est toujours dangereux.

    Il aurait mieux fallu retirer tout simplement les dites épreuves de l'examen (à la manière des cours optionnels de français en terminale scientifique qui sont de pures moments de plaisir pour ceux qui les ont choisis, la motivation des participants étant élevée).

    On voit bien que le projet a bien saisi la nécessaire cure d'amaigrissement des matières avec la fin de certaines options au lycée.

    Mais je suis d'accord avec vous sur le fond : une réforme qui essaye de faire l'effort minimal pour plaire aux deux parties (ceux qui veulent une baisse des exigences inutiles du bac final et ceux qui souhaitent préserver son caractère national)n'est pas malsaine.

    Ce qui est en effet plus regrettable c'est de laisser les journalistes répéter sans contaduction les propos idéologiquement douteux sans cesse affichés par des militants un rien manipulateurs et démagogiques.

    Certes le fait est coutumier (combien de fois la moindre missive d'un pseudo terriste par internet est répétée telle quelle par la presse et les journaux télévisés).

    Mais quand même un recul minimal est nécessaire.

    Ensuite, la réforme ne devrait pas toucher au mode d'attrbution du Bac car en effet cela est dangereux. Par contre le nombre de matières donnant droit à un enseignement sanctionné par un bac (continu ou final) devraient clairement être revu à la baisse.

    La réforme intelligente, et donc infaisable, serait de se concentrer sur les fameuses 6 matières fortes, mais en doublant les enseignants pour les 2 ou 3 matières principales . 2 profs différents par classe. Même si seul l'un des 2 ferait 3/4 du travail. Histoire d'avoir deux approches complémentaires sur le travail des élèves tout au long de l'année et d'éviter les évidents problèmes de tête-de-turc dont nous avons toujours été témoin lors de notre scolarité (en particulier et c'est finalement étonnant, dans les "grands" lycées).

    Simple réflexion gartuite et inutile.
    Stanislas Deverre
  • damien jacquier
    Le 11 Février 2005 à 12 h 31 min
    Le bac n’a pas aujourd’hui une valeur très reconnue, c’est un passage obligatoire pour une poursuite d’étude. La seule valeur qu’on peut lui donner c’est son mode d’examen national et équitable pour tous. Si demain le bac est donnée en fonction du positionnement d’un élève par rapport non plus a la nation mais a son établissement, quelle en sera sa valeur. Un mauvais élève d’Henri IV n’aura pas son bac, un élève moyen d’un lycée moyen, lui l’aura. Quel est la représentation objective du niveau ? Si maintenant on reprend le même exemple en remplaçant Henri IV connu de tous par le nom de mon établissement de province: Sainte Barde, quelle valeur lui donnez vous ? Le diplôme ne sera plus représentatif d’un niveau objectif et national. Ceci me rappel un ami qui après un baccalauréat moyen, à été refusé dans toutes les universités national qu’il avait demandé. Il a finalement été retenu dans une université corse qui avait du mal à faire « le plein » et se retrouve aujourd’hui avec le même diplôme qu’un autre. Le baccalauréat reste la seule référence objective. Gardons la.
    damien jacquier
  • Viviane Lucas de Moüy
    Le 11 Février 2005 à 11 h 58 min
    Cher Monsieur le Ministre, ravie de vous lire régulièrement ; jusqu'alors je n'avais osé intervenir... en ce qui concerne les notes pour le bac prises en compte durant l'année scolaire, j'ai entendu à la radio un argument qui vaut pour mon fils : il est dans une école privée réputée de Boulogne, et les notes sont très basses, voire dérourageantes ; il est fort probable qu'au bac il aura plus de la moyenne et si on prend en compte celles de l'
    Viviane Lucas de Moüy
  • Jean-Michel PERRIN
    Le 11 Février 2005 à 11 h 39 min
    Si je suis bien renseigné et si les choses n'ont pas changés, les notes de l'année en Terminale sont déjà utilisées pour constituer le dossier d'inscription en classes préparatoires. Ces notes sont d'ailleurs pondérées et il est possible de les mettre en relief en la complétant avec la moyenne de la classe. Je suis personnelement assez hostile à un changement sur le moyen d'obtention du baccalauréat. Un examen doit rester un examen et il se passe dans une période donnée permettant de toute facon de sanctionner le travail réalisé sur une année. Le principe de l'égalité des chances me parait remis en question par l'introduction de la prise en compte du contrôle continu. Cette réforme ne me parait pas aller dans le bon sens. C'est somme toute mon avis personnel et je crois que je peux bien comprendre le mouvement lycéen actuel.
    Jean-Michel PERRIN
  • etienne Richard
    Le 11 Février 2005 à 10 h 22 min
    Cher Monsieur Juppé, étant issu de l’enseignement « privilégié » des lycées parisiens, je ne me sens pas très représentatif pour parler de l’attente des lycéens…cela dit, je trouve que l’intérêt du bac résidait justement dans le fait que c’était un examen…mais je voulais réagir sur un sujet qui me préoccupe en tant qu’étudiant : l’attractivité universitaire des US et l’absence d’un pôle d’excellence, clairement visible, toutes filières confondues, en Europe. En effet, M Lafforgue dans un article récent du monde plaide pour que l’on n’abandonne pas l’élitisme à la française… mais pourquoi ne pas créer une véritable élite européenne cohérente ? Un ami autrichien reçoit 20 000 dollars par an pour aller étudier au MIT ou Harvard. Non seulement les universités américaines sont réputées comme étant les meilleurs mais elles payent les bons éléments pour aller étudier chez eux, dès lors, comment résister ?Il faut pouvoir proposer aux étudiants une université européenne, par exemple à Bruxelles, dotée de moyens à la hauteur, cofinancé par des entreprises et l’UE ou que sais-je, centralisant les meilleurs enseignants d’Europe dans les différentes disciplines, et étant capable d’attirer enfin les élites mondiales en Europe ! Un pôle de l’intelligence du vieux monde ! Est-ce si utopique voire naïf ?
    etienne Richard
  • Gilles Margotton
    Le 11 Février 2005 à 10 h 08 min
    J'ai une réponse suite à votre interrogation sur le tollé déclenché par cette réforme du bac.
    Vous avez raison bien sur lorsque vous soulignez qu'un bac passé à Henri IV sera certainement plus coté qu'un bac passé à Sevran ou Aulnay; mais il faut s'interroger sur le fond du problème. Un nombre encore important d'élèves des banlieues ne vont pas atteindre le bac; (qui n'est pas une finalité obligatoire rappellons le tout de même!)
    Que penser de ce nombre d'établissements "quotés" qui recrutent leurs élèves sur dossier? N'est ce pas une première selection et cela ne va t il pas à l'encontre d'une éducation équitable? Je m'explique; Si vous habitez une ZUP, vous allez être confronté à un univers bien peu propice aux hautes études et vous allez vous battre (c'est le mot juste) contre le manque de moyen de votre établissement (professeurs peu motivés, locaux délabrés, ambiance "morose", élèves parfois dangereux et prêts à tout pour mater les premiers de la classe).
    Comment dès lors être "curieux de tout" et poursuivre normalement sa scolarité?
    Comme je le disais les premiers sont dénigrés et les derniers sont abandonnés, dans ces établissements. Pensez vous vraiment qu'un controle continu pourra y changer quelque chose avec en fin d'année un BAC en poche?
    Je pense que ce système creera en fait plus de "laissés pour compte", et de plus en plus tot ; aujourd'hui il n'est question que de statistique, de culture du résultat. Que pensez vous que les établissements vont faire?
    Ils vont "écremer" tout au long de l'année, laisser certains sur le carreau en étant toutefois obligés de les scolariser mais en les "réorientant" avant la fin de l'année; vers ou? vers la porte!
    L'examen de fin d'année laisse une chance à ceux et celles qui, en cours d'année vont peut être prendre conscience de leur avenir.
    L'examen est stressant?
    Que penser alors du concours? Tout au long de leur vie ce ne sera que rivalité, concours , stress , j'en passe et des meilleurs. J'ai pour ma part passé quelques concours en fonction publique et je trouve ce système dur mais indispensable pour mieux se connaitre soi même.
    Revenons enfin sur "l'après bac"; si notre brillant bachelier décide d'intégrer une université, il a toutes les chances d'abandonner la première année. Pourquoi? Il aura pourtant été evalué tout au long de l'année mais si il fait une fac d'histoire de droit, il ne va pas trouver de débouchés et aura une fois de plus des locaux dans un état déplorable; (n'avons nous pas été malmené par l'autorité europééenne à ce sujet?). Nos universités ne sont pas non plus très en forme.
    On pourrait bien sur faire intervenir le privé mais je ne mesure pas encore bien les effets d'une telle décision.
    A très bientôt sur votre blog!
    Gilles Margotton
  • laurent lataste
    Le 11 Février 2005 à 08 h 56 min
    bonjour!!!!
    Il est vrai que le bac doit être réformé . Mais avec cette réforme je me pose une question : comme vous le dites, il existe divers classements des lycées français....mais ces classements ne risquent t-ils pas d'être sacralisés avec le contrôle continu ? Le contrôle continu ,prévu dans la réforme, pourrait peut-être, être remplacé par un système de partiel dont les épreuves seraient les mêmes dans chaque académie? qu'en pensez vous ?
    laurent lataste
  • Jean Piere PANGAUT
    Le 11 Février 2005 à 08 h 52 min
    Les pauvres lycéens ne sont mobilisés que par des professeurs "socialistes" des lycées d'enseignement général qui ne savent pas que le CCF ( Controle en Cours de Formation ) à été mis en place dans les formations de l'enseignement Teechnique dans les années 80 par un ministre socialiste........sauf erreure de ma part......
    Pour avoir pratiqué le CCF en tant que CET ( Conseillé de l'enseignement technologique ) membre de jurys d'examens tels que BEP ou BAC PRO je peux témoigner que cela demande un gros travail de mise en place de la part des enseignants........Peut étre que cela est la raison de la pression des professeurs sur les lycéens...........
    Jean Piere PANGAUT
  • Jérôme Betoulle
    Le 11 Février 2005 à 08 h 20 min
    A lire les réactions ou les réponses à vos interrogations sur la réforme du baccalauréat, deux arguments principaux sont avancés contre le projet Fillon :

    1° le caractère national et anonyme de l'épreuve garantit contre une notation à la tête du client et contre des différences de sévérité des notateurs ;

    2° l'absence de contrôle continu, en évitant qu'une partie des épreuves ne soit confiée à tel ou tel établissement, permet de ne pas "labelliser" le diplôme et de ne pas avoir un bac Henri IV surclassant le bac obtenu dans un obscur établissement.

    Ces arguments sont inégalement convaincants.

    Tous ceux qui, comme moi, ont eu à organiser un concours national et anonyme d'entrée dans un corps de la fonction publique savent que les différences de sévérité des notateurs existent également dans ce type d'épreuves, même avec une double correction, et que les subtils systèmes de péréquation éventuellement mis en place pour pallier ces différences sont finalement assez inéquitables.

    Par ailleurs, la "labellisation" existe déjà car l'endroit où s'est déroulée votre terminale compte souvent au moins autant que vos résultats au baccalauréat, alors surtout que nombre de "présélections" pour les études supérieures se pratiquent sur dossier dès avant les épreuves du bac.

    Demeure l'anonymat garantie incontestable d'impartialité de l'examinateur.

    Que cet anonymat concerne 100 % des épreuves écrites d'un concours est normal et tout à fait dans la tradition française.

    Mais, que je sache, le bac n'est pas un concours, mais un diplôme, inscrit dans un cursus comme d'autres diplômes. Dans cette perspective, que l'anonymat ne concerne plus que 80 % des épreuves est parfaitement admissible.

    Car, en définitive, tout n'est-il pas question de dosage, la réforme Fillon n'instaurant un contôle continu que pour une partie, minoritaire, des épreuves ?

    Jérôme Betoulle
  • Pierre Contet
    Le 11 Février 2005 à 00 h 58 min
    Enseignant à la fois en lycée et à l'université, je vois un peu tous les niveaux du "système" avec ses grandeurs et ses servitudes. Je suis surtout étonné par le manque de confiance qui règne dans notre pays où chacun a tendance à penser que l'autre lui ment toujours, travaille moins que lui, et s'imagine qu'il est le seul à avoir des contraintes tandis que les autres ne mettent dans leurs actions qu’une mauvaise volonté destinée à lui nuire. Lorsque j’entends dire, par exemple, que les gouvernements successifs aggravent volontairement le chômage, je ne puis me retenir de demander : « Pourquoi cela ? Ne seraient-ils pas certains de remporter toutes les élections à venir s’ils éradiquaient ou amélioraient sensiblement la situation de l’emploi ? » Manque de confiance, manque de dialogue, d’écoute et de vraie générosité aussi. Cela provoque des blocages absurdes et coûteux. Encore un ministre de l’Éducation nationale qui serait contre l’école, contre les parents, contre les élèves, contre les profs ? Mais pourquoi donc ? Le manque de curiosité et de connaissance est souvent la source de bien des malentendus. D’un service à l’autre, par exemple, dans un même établissement : prenez l’hôpital et vous verrez que les médecins s’opposent à l’administration, que les infirmières se sentent utilisées et sous-estimées par tous les autres ; dans les établissements scolaires, vie scolaire, direction, intendance et professeurs s’imaginent chacun leur tour, être en bute aux mauvaises intentions de tous les autres, parfois même, les professeurs entres eux, selon les filières ou les disciplines, et je ne vous parle pas de l’Université…

    Alors effectivement, on peut être perplexe. Lorsque les TPE ont été créés, nombre de professeurs et de chefs d’établissements étaient contre. Les mêmes, sans doute, qui sont aujourd’hui contre… leur suppression ! On peut certes reprocher au ministre une mauvaise maîtrise de ses dossiers lorsqu’il déclare, dans une émission télévisée : « Je supprime les TPE en terminale mais je les maintiens en seconde et en première. » Il n’y a jamais eu de TPE en seconde ! A titre personnel, je trouve improductif de les supprimer en terminale aujourd’hui, juste au moment où cela commençait à porter ses fruits. Les équipes enseignantes ont travaillé pour faire de ces TPE une réussite en encourageant, avec les moyens du bord (pas de crédits de fonctionnement), les élèves à faire preuve de créativité, d’esprit critique et d’une réflexion personnelle plus poussée que dans le simple « bachotage ».

    En ce qui concerne l’introduction d’une dose de contrôle continu au bac, là, j’avoue ne plus rien comprendre. Tous les enseignants devraient y être favorables. Ils se plaignent sans cesse de leur manque d’autorité fonctionnelle sur les élèves, du caractère injuste du bac « tout ou rien », etc. Le contrôle continu est exactement ce qui attend les futurs étudiants qui seront notés en TD (et TP selon les filières), et qui plus est par des « chargés de TD » (anciens assistants) qui sont le plus souvent des enseignants novices. Ils seront notés anonymement par le professeur qui fait le cours magistral. Mais l’anonymat est levé lors des délibérations n’est-ce pas ? Ici, aucun fantasme de « magouille » ou de « favoritisme » ne doit être encouragé. Pour participer depuis des années à ces jurys, je peux vous dire qu’il s’agit toujours de rajouter des points à ceux qui s’approchent des limites, jamais d’en enlever. Les lycéens qui déclarent aujourd’hui s’opposer au contrôle continu (limité) au bac parce qu’ils craignent le favoritisme des profs ont une piètre opinion de leurs maîtres et de cette profession. Je ne développerai pas ici tous les arguments soulevés pour ne pas ajouter encore de la longueur à mon propos mais je puis encore faire remarquer que le livret scolaire – qui dépend entièrement des équipes pédagogiques – prend une importance majeure dès que les élèves veulent intégrer une filière sélective (classes prépas, iut, etc.). Il serait donc logique que les résultats de l’examen en soient aussi, au moins en partie, le reflet.

    Tout le monde serait gagnant à voir un peu de contrôle continu contribuer à l’obtention du baccalauréat (premier diplôme universitaire, faut-il le rappeler ?) : les professeurs, qui retrouveraient un poids et une écoute qui font trop souvent défaut ; les élèves eux-mêmes parce que le « risque » inhérent à l’aspect roulette russe de tout examen serait atténué et aussi parce que les « profs » aiment bien voir leurs élèves réussir, et enfin l’administration qui pourrait alléger un peu la charge considérable des épreuves du bac en consacrant plus d’énergie et de moyens sur chacune de celles qui seraient maintenues. Quant aux inégalités entre établissements prétendument favorisées par le contrôle continu, c’est un argument qui s’autodétruit dès que ceux qui le professent commencent à citer les noms des lycées concernés : ils énoncent une situation existante qui ne doit donc rien au contrôle continu.
    Pierre Contet
  • stéphane charbit
    Le 11 Février 2005 à 00 h 35 min
    tout à fait d'accord avec vous dans votre analyse , néanmoins 2 critiques me semblent également être formulées :

    1) par les élèves des lycées plus réputés qui affirment , et sans doute est ce vrai , que le système de notation est beaucoup plus exigeant dans ces lycées plus sélectifs donc cela crée un biais dans l'évaluation .

    2) d'autre part , il me semble que l immense majorité des élèves sont attachés à la correction anonyme des copies et ne veulent pas être évalués par des professeurs dont ils contestent l'objectivité . Certains redoutent en réalité qu'une mauvaise opinion d'un de leurs professeurs , réelle ou imaginaire , se retourne contre eux .


    De façon plus générale , je pense que les critiques se polarisent sur la réforme du bac mais leurs griefs portent sur la réforme de l'enseignement secondaire dans sa globalité . De la pédagogie me semble nécessaire.
    stéphane charbit
  • Jacques Mascart
    Le 11 Février 2005 à 00 h 30 min
    C’est un sujet très au dessus du bac…
    Demander à de grands adolescents ce qu’ils pensent du bac (ou tenir compte de leurs éternuements sur le sujet ce qui revient au même) n’est pas réaliste.
    Il est plus réaliste de penser qu’ils sont manipuler sans qu’il soit d’ailleurs ni très difficile ni compliqué de le faire étant donner leur statut de « grands ados ». C’est d’ailleurs quelque part rassurant car une jeunesse qui ne réagirait pas « inconditionnellement » et « au quart de tour » à une mesure d’un gouvernement de droite les concernant ce ne serait plus une « jeunesse »
    Excusez-moi jeunes de l’UMP ! Mais vous, vous avez peut-être déjà dépassé le cap « ado » !
    Monsieur Chirac n’a-t-il pas dit avoir été (plus jeune) de gauche ?
    Donc : pas étonnant et même rassurant !
    Passons sur ce sujet de la « réaction des lycéens » pour aborder le sujet beaucoup plus crucial du bac !
    Vous avez raison Monsieur Juppé sur un point : jouer son avenir sur un exam c’est extrêmement frustrant …en cas d’échec… et cela s’accompagne de réactions de toutes sortes dont les conséquences sont, n’en déplaisent à tous nos grands penseurs, totalement imprévisibles pour l’individu.
    En ce qui concerne le « contrôle continue » cela devrait être la règle idéale puisque cela suppose évidemment le « travail continu » ce qui, dit en passant, un peu méchamment, doit quelque part déplaire à certain si non à beaucoup, élèves comme profs : et oui le réalisme c’est épineux !
    Mais à propos de réalité il en est tout autrement du contrôle continu en tant que règle idéale : Aucun Lycée n’est semblable aucune classe n’est la même et au final tout dépend des profs : d’où une grosse dose d’aléatoire s’insinue dans ce « contrôle continu » et on peut se demander si là encore il ne s’agit pas de quelque chose de très frustrant.
    Je n’ai pas la solution. Et ce n’est pas ces « petites pensées » qui feront vraiment avancer les choses ; j’en conviens.
    Cependant la réforme Fillion me semble apporter un correctif qui va dans plus d’équilibre entre ces deux aspects que sont le contrôle continu personnalisé et différencié et l’examen justicier et aveugle pour la délivrance du Bac. Cette recherche d’équilibre est salutaire pour le bac.
    Mais au fait : pas de réactions à propos de la lutte contre l’illettrisme ?
    Je croyais que c’était cela le centre de la grande réforme !
    Tolstoï a raison : les croyances ne sont que des illusions.
    .

    Jacques Mascart
  • Benjamin Moreau
    Le 10 Février 2005 à 23 h 03 min
    Bonjour, J ai 20 ans je suis en maitrise de droit.Chaque année quand je vois à la télévision les manifestations lycéennes , je me souviens qu à mon époque,il n y a pas si longtemps donc,les lycéens faisaient ça parce que c'était "Fun"une sorte de passage obligé au lycée.Au lycée je m interessais déjà à la chose publique et je me rendais compte que j étais l un des seuls à savoir pourquoi il y avait manifestation quelle était la réforme.Les autres aimaient se ballader,insulter le ministre et se "révolter" de 10h à 15h!
    Sur le fond déjà à l époque tous les lycéens voulaient du contrôle continu pour les raisons avancées aujourd hui par le ministre et la diminution de la tension de l épreuve finale!Je pense même que s il on avait sondé en début d année les premieres et Terminales sur leur demandes, le controle continu serait arriver en premier! Et aujourd hui ils manifestent en reprenant les slogans donner par les syndicats lycéens,souvent les memes,en passant,mais là n est surement pas l important. Je pense que les journalistes qui veulent donner un vrai message de contestation à ces manifestations à mon avisne sont aps dupes et ne veulent que se parer d un certain jeunisme et puis être "contre" comme d habitude!
    Benjamin Moreau
  • Simon Billouet
    Le 10 Février 2005 à 22 h 58 min
    En tant que lycéen engagé (et ayant participé aux manifestations contre la réforme Fillon aujourd'hui à... Bordeaux), je tiens à répondre à vos interrogations :
    "Ne valait-il pas mieux prendre en compte le travail de toute l'année, en donnant une place accrue au contrôle continu des connaissances?" >Nous estimons justement que c'est cela qui favoriserait la différenciation des baccalauréats selon les lycées, et même selon les professeurs ; car il est évident que différents professeurs donnent différentes notes ; et avoir comme prof un professeur classé "sévère" ne donnerait pas les mêmes conditions de réussite au baccalauréat qu'un professeur plutôt "gentil"...
    L'UNI propose une réforme qui me semblerait extrêmement adaptée : l'instauration de partiels, en classes de première et terminale.
    Nous nous battons également contre le maintien des Travaux Personnels Encadrés, qui nous permettent d'avoir une vue plus globale de l'interdisciplinarité de notre section (ainsi, élève de section scientifique, j'ai pu découvrir un nombre étonnant de rapports entre la physique, la géologie et les mathématiques, en étudiant "le mascaret").
    Et, enfin, nous réclamons une augmentation des crédits, essentielle lorsqu'on sait que le budget de l'Education est en baisse encore et toujours avec le gouvernement en place...
    Amicalement
    Simon Billouet
  • Cédric Barennes
    Le 10 Février 2005 à 22 h 41 min
    Je partagerais bien volontiers votre perplexité si je ne soupçonnais pas fortement certains marionnettistes appartenant au corps professoral de nous faire un numéro dont ils gardent le secret bien gardé avec les élèves dont ils ont la charge...

    Il n'en reste pas moins que cette réforme du bac, par l'introduction d'une dose de contrôle continu, romperait pour partie la dimension anonyme qui sied à tout examen et génèrerait ainsi une certaine inéquité : une même note attribuée dans deux lycées différents ne pourra être le gage d'une égalité de "traitement" (qui ne connaît l'exemple de lycées où l'habitude tout à fait défendable est de noter "sévèrement" ses élèves toute l'année afin de maintenir une certaine pression qui, si elle est bien gérée, tire ceux-ci vers le haut ?) Elle introduirait par ailleurs un risque supplémentaire : les lycées pourraient être tentés de se lancer dans une course à l'échalote et surnoter leurs élèves pour les matières relevant du contrôle continu de telle sorte que leur moyenne générale au bac augmente et leurs statistiques de performance que vous évoquez avec elle...

    Je considère pour ma part que ces éléments contrebalancent l'argument répandu que vous citez quant au risque de méforme, maladie ou autre bachotage...qu'il demeure 5 ou 8 épreuves bloquées sur une semaine ne me semble pas devoir modifier réellement la donne...
    Cédric Barennes
  • un lyceen
    Le 10 Février 2005 à 22 h 17 min
    Je suis un lycéen quelconque je ne connais pas toutes les modalités de la réforme mais il y a quelques points déje qui me révoltent: le laisser pour compte de certaines matières. Ainsi des disciplines comme le sport ou l'économie serait laissée de côté. je ne devellpoerais pas car je n'en sais pas assez pour ça. Pour ceux qui est du bac en controle continu la raison pour laquelle personnellement je suis contre c'est parce qu'il y a pleins de facteurs qui entrent en jeu. Une grave maladie qui fait rater plusieurs semaines de cour, une absence de but concret pour la fin de l'année et surtout vous allez surement trouvé cet argument stupide mais le coté humain. Il est clair que tous les professeurs notent différemment et sans vouloir vous paraitre méprisant il y en a qui sont complétement dépassés voire même psychotique. Je prendrais exemple avec ma professeur d'anglais qui distribue des zéros à chaque contestation toute fondée soit elle. Il y a des profs qui notent à la tête du client, il y a des classes ou tout trvail est rendu impossbile etc...
    Viola pourqoi tous ces facteurs entrant en compte le bac perderait son sens équilibraire(?). J'espère vous avoir éclairé et qui sait aidé pour une meilleure réforme si réforme il y a besoin car les principaux problèmes dans l'education nationel sont avant tout sociaux (manque d'effectif, d'aide).
    un lyceen
  • T. T.
    Le 10 Février 2005 à 21 h 40 min
    Il n'est pas tout à fait vrai de dire qu'un 14 en ZEP vaut autant qu'un 14 dans un grand lycée. Un enseignant participant à un jury du bac dans une zone "sensible" me racontait récemment qu'au moment d'uniformiser les notes, ils étaient obligés de toutes les remonter. Selon lui, s'il avait du noter ses copies du BAC comme les copies de bacheliers d'une zone "favorisée", la moyenne aurait été inférieure à 5...
    La question qu'il faut alors se poser est de savoir si cet exemple est représentatif de ce qui se passe dans les jurys du bac. Si ce n'est pas le cas, alors les notes obtenues au bac devraient en moyenne refléter le niveau réel d'un candidat, et ce indépendamment de son centre d'examen. Dans le cas contraire, on peut émettre de sérieux doutes quant à la valeur comparative du bac. La réalité se situe certainement entre ces deux scénarios... mais je pense qu'elle est plus proche du second que du premier.
    Peu importe à vrai dire, la vraie question me semble être de savoir à quoi sert le diplôme du bac dans sa forme actuelle. Faisons l'hypothèse qu'il sert à sélectionner (du moins pour le baccalauréat général) les étudiants les plus aptes à poursuivre des études supérieures. Qu'en est-t-il en pratique ? Les meilleurs élèves de lycée s'orientent naturellement vers les classes préparatoires aux concours des grandes écoles. Pour ceux là, la messe est dite bien avant le bac puisque la sélection se fait sur dossiers. Pour tous les autres, le diplôme du bac sert de sésame à l'entrée à l'université (et encore, dans certaines facs, l'admission ne nécessite même pas d'avoir le bac...). Autrement dit, pour certains étudiants le système continue à être très sélectif et pour d'autres... il l'est beaucoup moins (sauf pour certaines filières de l'université). Or, en France, ce qui donne de la valeur à une formation, c'est certes son contenu mais surtout la manière dont la sélection est faite à l'entrée. Force est de constater que le bac ne joue en ce sens à peu près aucun rôle. On peut alors légitimement se demander quelle est son utilité.
    Il faut, à mon avis, admettre que le bac ne peut plus jouer aujourd'hui le rôle discriminant qu'il avait hier. L'allongement générale de la durée des études retarde à plus tard le moment où la sélection a lieu. Or, pour beaucoup d'étudiants, cette sélection n'arrive jamais. La conséquence en est que bon nombre de filières de l'université ont perdu de leur prestige et de leur valeur (les sciences humaines en particulier...).
    T. T.
  • Vincent Le Biez
    Le 10 Février 2005 à 20 h 55 min
    Aujourd'hui, j'ai assisté à des manifestations de lycéens. Le slogan était "Non aux nouvelles réformes", ce qui a l'avantage de ne pas citer le contenu des réformes (que la plupart des lycéens en grève ne connaissent pas du tout, pour avoir parlé avec eux) et ce qui, d'autre part, est révélateur d'une hostilité à toute modification (surtout quand elle vient de la droite). La modification du bac, telle que le prévoit la nouvelle loi apporte deux avantages conséquents : le contrôle continu est plus "juste" que l'examen, il évite les excès de stress, la méforme au moment de l'examen,... ensuite, cela permet de faire des éocnomies substantielles : aujourd'hui le bac coûte très cher alors que sa valeur est surtout symbolique. On dit "la valeur du bac va dépendre du lycée où on l'a passé", mais qui est embauché aujourd'hui uniquement en présentant son bac, l'intérêt majeur du bac est de permettre la poursuite des études, et là, on ne demandera pas le lycée d'origine. L'opposition vis à vis de cette réforme est l'exemple typique de l'hostilité systématique d'une partie du monde de l'éducation à tout changement. Et qu'on ne se méprenne pas, la plupart des manifestants (en tout cas ceux que j'ai rencontré) profite de cette occasion pour sécher les cours, les autres sont des idéologues de gauche ou d'extrème gauche.
    Vincent Le Biez
  • Luc
    Le 10 Février 2005 à 20 h 05 min
    M. Juppé,
    Je lis votre blog depuis 2 ou 3 mois maintenant, et je le trouve de plus en plus intéressant. Je préfère être franc, je n'adhère pas à vos idées en ni aux idées de l’UMP, et je me situerai plutôt à l’autre coté de la sphère politique. Je me permet cependant de vous écrire car je suis un lycéen de terminal au lycée Montaigne à Bordeaux. Je fais moi aussi des fautes d’orthographes, et je ne sait pas écrire écueil(au grand damne des « journalistes » de TF1). Au sujet de ces manifestations monstres d’étudiants, je pense que la réaction des politiciens en place est disproportionnée. J’ai lu hier dans un article du Monde la réaction de M. Jack Lang, du « philosophe » M. Ferry, ou encore de M. Allègre. Tous trois on peur des lycéens et de leurs réactions soudaines autant qu’incontrôlables. Si en effet les politiques en générales sont bien loin de la jeunesse, comme a dit Jack Lang, ce n 'est pas dans le même sens que je l’entend. En effet je me suis amusé aujourd’hui à circuler dans la manif tout en questionnant des lycéens sur leurs motivations et sur leurs convictions personnelles. Croyez moi, les trois quarts des manifestants ne savent rien sur les enjeux de la réforme et ne viennent à la manifestation dans le seul but de passer une journée sympas avec des amis tout en séchant les cours sous couvert d’une bonne excuse. Évidemment, je ne dit pas là que les manifs sont bidons et qu’il ne faut pas y faire attention, mais ces manifs ne reflètent pas l’avis de bon nombre de personnes. Je suis moi même opposé à nombres de points dans cette réforme, telles la suppression du sport et de langues rares au lycée, mais je suis entièrement pour le contrôle continu et je pense qu’une harmonisation Européenne est nécessaire aujourd’hui. Une chose importante à savoir aussi est le fait que quoi qu’on touche dans le système de l’éducation, des lycéens vont défiler dans la rue. Il existe une sorte de leitmotive au sein des lycées qui est que toutes réformes est nuisible, cette idée passe de générations en générations de lycéens, et nombreux sont les ministres qui en ont fait les frais.
    Le faux engagement de ces 5000 manifestants m’horripile, et je me rend compte que M. Fillon va céder à des milliers d’imbéciles. Étrangement nous nous rendons compte aujourd’hui que les réformes sur les universités, tant critiquées il y a quelques années, sont utiles et que les arguments lancées par les lycéens de l’époque sont totalement infondés. Et nous nous rendrons compte dans 4 ans que les raisons avancées par les manifestants (« un bac ainsi réformé n'aurait plus la même valeur selon la qualité des établissements scolaires qui le délivreraient. ») sont pareillement stupides.

    En espérant vous avoir un peu éclairé avec mon point de vu de l’intérieur,
    Luc

    Ps : En tant que Bordelais il serait dommage de ne pas vous remercier pour le travail incroyable de remise en vie de notre ville. Vous et votre équipe avez fait un travail gigantesque et touts les Bordelais aujourd’hui ne peuvent que vous en être reconnaissant.
    Luc
  • Boris GUIBERT
    Le 10 Février 2005 à 19 h 12 min
    Sans connaitre les détails de la réforme du Bac, je m'interroge sur la valeur qu'il a pour un employeur ( aucune pour les généraux et faible pour les techniques) et pour les écoles supérieurs. En effet pour intégrer ces écoles il faut préparer des dossiers avec les bulletins trimestrielle, les avis des profs .... et tout cela en avril bien avant le bac. Du coup le Bac se résume à une validation des acquis pour accéder au niveau supérieur ce qui se fait entre profs toutes les autres années de la scolarité. La valeur du Bac a change beaucoup plus que sa formule.
    De plus pour reprendre les commentaires précédent en effet les profs notent différemment ce qui peut créer des différences de notation entre éléves, mais ce sont ces meme profs qui corrigent le Bac tout aussi différemment ainsi comme cela a été mon cas on peut obtenir des notes au bac tout à fait supérieur à son niveau réél grace à un travail de deux semaines et l'indulgence de certains correcteurs, donc je ne pense pas que la nouvelle formule augmente les inégalités.
    Boris GUIBERT
  • Cyril Girard
    Le 10 Février 2005 à 18 h 42 min
    En effet en effet, étrange que ce mouvement des lycéens qui s'insurgent soudain contre une idée que tout le monde semblait partager. Mais quel manque d'indulgence dans les réactions des lecteurs blamant ces jeunes gauchistes en puissance ruinant leur temps et leurs espoirs de carrière, suivant les yeux fermés des guides spirituels peu fréquentables ! Il y a toujours, partout, une petite part de vérité. Et il est vrai que le contrôle continu au Mureaux sera sans doute moins pointu que celui de Louis Le Grand, que le bac obtenu aux Mureaux, aura donc sans doute moins de valeur qu'un bac obtenu à Louis Le Grand, contrairement à aujourd'hui ou une mention "très bien" a la même valeur partout.
    Trêve de choses sérieuses, certains dénoncent ces lycéens qui battent le pavé ici ou là à seules fins de prendre un peu de récréation avant les vacances. Et alors ? Lequel d'entre-vous ne s'est jamais réjoui de l'absence d'un prof, d'un devoir reporté, d'une grève surprise au sein de l'éducation nationale ?
    Je dois ici le confesser (aïe, pas sur la tête), j'ai moi-même pris un malin plaisir à déambuler dans des rues envahies par la foule, séchant avec un bonheur sans borne, la fleur au dent, des cours parfois magistralement chiants. (C'était mon sentiment à l'époque). C'était il y a tout juste 10 ans. Je suppose que l'hôte de ce site en garde quelques souvenirs. Les miens, faits de sonneries de corne de brume, d'odeurs de sandwich à la merguez et de gentils slogans repris à tue-tête avec quelques cégétistes autour d'un petit verre de vin (ayé, ça va bien les clichés là ?) sont excellents !
    Allez, sans rancune !
    Cyril Girard
  • Lionel CHOUCHELAMANE
    Le 10 Février 2005 à 18 h 42 min
    Mr Juppé, Bonjour,

    Plusieurs points m'oppose à l'augmentation de l'importance du contrôle continu dans le diplôme.

    Tout d'abord d'un point de vu scolaire : chaque professeur à son système de notation qui lui est propre, chacun à ses préferences phisionomiques et je ne pense pas que devant le trombinoscope, en début d'année chacun reste serein et apprécie de la même façon chaque élève. L'interêt du bac tel qu'il est aujourd'hui vient du fait que chacun est anonyme que l'on soit beau ou pas, sympa ou non, Français ou non. De plus le barème est le même dans chaque établissement.Aussi, le fait que le bac soit un examen à part entière avec un sujet qui lui est propre oblige d'une part les élèves à une certaine discipline et une assiduité accrue tout au long de l'année, mais cela oblige aussi le professeur à s'organiser pour boucler son programme avant la date butoire. On ne peut pas faire grève pendant un mois et, pour ne pas lèser les élèves les surnoter pour compenser (c'est un exemple au hasard). Ayant connu des professeurs distribuant des photocopies de cours 15 jours avant l'examen pour boucler le programme et certains le surchargeant pour en faire plus qu'il n'en faut, allant plus vite que l'on arrivait à assimiler les leçons, je ne pense pas qu'ainsi on aidera les élèves pour cet examen.

    Ensuite d'un point de vue externe : Comment feront les gens qui souhaitent passer l'examen en candidats libres?

    Bien que l'examen ne porte pas sur la totalité du programme comment être sûr que les notions fondamentales seront traîtées sérieusement si le contrôle continu est sur-représenté, de plus, pour des matières à gros coefficient?
    Ne donne-t-on pas trop de confiance dans les professeurs? N'y aura-t-il pas plus de menaces des élèves pour avoir de meilleures notes? Je vois la porte ouverte à quelques abus...


    En fait je crains plusieurs choses :

    Que les professeurs se sentent épris de liberté pour bloquer les rues plus longtemps pendant l'année en pouvant compenser en partie le préjudice (par les notes, pas par le contenu) car pourquoi les professeurs des classes préparatoires aux grandes écoles n'ont pas le temps de faire grève?

    Que l'étudiant ne soit pas préparé à la suite de sa vie étudiante (il n'est déja pas prêt à devenir autonome à la fac) et qu'il n'ait pas l'expérience "concours" comme il le rencontrera s'il continue (CPGE, ou autres concours d'admission).

    Que l'élève soit tenté d'absenthéisme pour arrangé sa moyenne en fonction des contrôles ou qu'il soit handicapé à cause d'une absence prolongée; qu'il soit tenté de faire des menace à des professeurs déjà en difficulté sur ce terrain là.

    Ce n'est pas évident d'organiser ma pensée sur un si petit carré pour composer mais je pense que quelques- unes de mes idées sont là.
    Je vous remercie pour votre intérêt et je vous encourage vivement à continuer ce que vous faites et je voulais vous transmettre mes amitiés.

    A bientôt.
    Lionel CHOUCHELAMANE
  • Cécilie C
    Le 10 Février 2005 à 18 h 37 min
    Je ne comprends pas non plus la réaction de quelques milliers de lycéens. D'ailleurs, dans mon lycée, la réforme n'a pas fait de bruit, puisque toutes les manifestations ont été passées sous silence par les élèves. Aucune réaction allant contre la réforme n'est à noter.

    Je suis totalement pour cette réforme, pour les raisons que vous évoquez dans votre message. Le contrôle continu doit avoir sa place, parce que jouer une année de lycée et un passeport pour faire ce que l'on aime sur une semaine (ou deux) d'examen fait peur. Il peut se passer des tas de choses à l'approche du bac, des affaires personnelles peuvent altérer nos capacités à répondre correctement aux sujets, etc. C'est pourquoi l'annonce de la réforme m'était apparue comme un progrès : valoriser le travail sur le long terme, quoi de plus avantageux ?

    Je suis devant la même incompréhension que vous quand j'entends certaines lycéens dire que le bac perdrait de sa valeur. Je ne me souviens pas avoir vu que le bac ne serait plus un diplome national. Peut-être me suis-je mal renseignée, mais visiblement vous ne l'avez pas vu non plus, alors je pense que cela n'a pas été annoncé.

    Cette réforme du bac est tout à notre avantage (enfin pas au mien puisque je passe le bac cette année, mais bon), tous les lycéens devraient s'en réjouir ! Il y aurait à redire si le bac devenait un diplome par académie, mais ce n'est pas le cas. Un bac prenant en compte le contrôle continu et restant un diplome national ne peut qu'être bénéfique et faciliter l'accès à des études que nous aimons (car beaucoup de lycéens ne sont intéressés que par l'après-bac, c'est mon cas d'ailleurs, et l'obtention du baccalauréat est le seul passeport).

    Pour moi, vous ne vous trompez pas. Je suis pour cette réforme et je suis tout à fait d'accord sur le fait que les lycées sont déjà classés avec le système actuel du bac.
    Cécilie C
  • jérôme ripouill
    Le 10 Février 2005 à 18 h 27 min
    De mon bureau, je voyais cet après-midi les lycéens défiler dans les rues de Perpignan. Ambiance décontractée, slogans orduriers et banderoles anachroniques : "non à la marchandisation de l'éducation nationale". Bref, les syndicats ne sont pas loin pour ne pas dire très proches.
    Je ne crois pas qu'il faille chercher des raisons objectives. La grève est l'une des étapes initiatiques de la vie lycéenne et étudiante. Ma femme, agrégée d'éco, me dit : "2 évènements arrêtent les grèves le mauvais temps et les examens". Il y en a une troisième : la lassitude des gouvernements. Gageons que celui-ci tienne sa ligne
    jérôme ripouill
  • Bertrand Born
    Le 10 Février 2005 à 18 h 12 min
    Le probléme du contrôle continu, c'est que si vous êtes un élève mal perçu par le corps enseignant de votre lycée, vous serez défavorisé. Le jugement à la tête du client, ça existe.
    Avec des epreuves écrites et des copies anonymes l'égalité de traitement est bien mieux respectée.
    Je suis parent d'elèves et j'ai connu des problémes pour un de mes enfants qui n'aurait jamais eu son bac la premiére fois si l'on s'en était tenu à l'appréciation de certins de ses professeurs.
    Un motif de greve peut en cacher d'autres.
    Bertrand Born
  • Pierre Devautour
    Le 10 Février 2005 à 17 h 42 min
    Moi meme lycéen il y a quelques années (cinq), je me demande si l'on considère réellement les réactions lycéennes telles qu'elles sont prononcées, ou si il y a réellement conscience dans les millieux politiques que ces "grèves", bien placées à quelques jours des vacances, en pleine période de relachement, ne sont que prétexte à l'école buissonière ??

    Bien sûr que le projet va dans le sens de la logique, le président l'appuyant lui même, mais comment le faire comprendre à des étudiants somme toute peu concernés puisque peu d'entre eux seront touchés par ces réformes ??

    J'ai bien peur que la réponse à vos interrogations ne se trouve dans le traditionnalisme du corps professoral et de sa peur face à tout ce qui peut provenir d'un gouvernement (surtout de droite !).

    Mais au fond, les dirigeants actuels ne savent-ils pas tout cela ?? Pourquoi le gouvernement continue-t-il de réagir face à ces objections absolument voire ouvertement infondées ???
    A votre tour de m'éclairer, en réalité, n'y a-t-il pas manipulations derrière ces jeunes manipulables ???
    Pierre Devautour
  • Calmann Bellity
    Le 10 Février 2005 à 17 h 42 min
    Monsieur Juppé,
    Vous ne vous trompez pas ! Loin de là ! Moi-même étudiant en 1ère année de droit à l'Université Paris I (j'ai passé mon baccalauréat en Juillet dernier, à Paris) je n'arrive pas à comprendre (ni à supporter !) la mauvaise foi de mes amis qui manifestent contre un projet de loi qui comporte pourtant des dispositions qu'ils appelaient de leurs voeux depuis leur entrée au lycée ! Ô combien de fois ai-je entendu : "t'imagine, Calmann, notre vie se joue en une semaine !! Tous ces mois de travail [en terminale] n'auront servis à rien en cas d'échec à l'examen" ! Et voilà que maintenant, je vois ces mêmes personnes distribuer des tracts incitant à aller manifester contre un projet de loi qu'ils n'ont même pas pris la peine de lire ! Ceci m'a été confirmé ce matin même, lorsque l'un de mes amis m'a dressé un catalogue des "faiblesses" du projet de loi ! Que de mensonges, de non-sens... Mon ami semble s'être trompé de projet de loi... Mais combien de fois allons-nous leur prouver leur erreur ? Leur mauvaise foi les empêchent d'accepter la critique... je dirai même, d'accepter la vérité.
    Calmann Bellity
  • Thomas Leroux
    Le 10 Février 2005 à 17 h 36 min
    M. Juppé,
    Vous avez écrit:
    "Ne faut-il pas une bonne dose de mauvaise foi pour nier que, d'ores et déjà, avec le bac tel qu'il est, il y a des établissements scolaires plus réputés que d'autres ? La presse ne publie-t-elle pas depuis des années des listes de lycées classés selon leurs performances? Est-ce que je me trompe ?"
    Probablement, mais d'institutionnaliser le contrôle continu ne fera, à mon sens, qu'aggraver cette inégalité. Certes le contrôle continu semble favoriser les élèves et leur éviter une somme de travail trop importante à un moment donné de l'année et leur éviter de chuter au mauvais moment et sur la mauvaise épreuve, mais ne soyons pas hypocrites vous savez comme moi que dans la totalité des cas ou presque, les résultats au bac reflètent les résutats obtenus dans l'année.
    Et puis à force de préserver nos lycéens après avoir préservé nos collègiens ne les conduisons nous pas à un echec de plus en plus certain au moment de rentrer à l'université? Et n'en ferons-nous pas des moutons de Panurge incapables de réfléchir par eux-mêmes et se lançant potentiellement dans les bras de n'importe quel démagogue passant?
    Les Français sont attachés au bac comme un passage obligé de la scolarité mais aussi de la vie.Ne devriions nous pas lui redonner une valeur plutôt que de le dévaloriser de plus en plus.
    PS : petite reflexion assassine, je sais que le bac coûte très cher et que dans cette période de récession chaque sou économisé compte...
    Qu'en pensez-vous ?
    Cordialement.
    Thomas Leroux
    Jeune Professeur d'histoire - Géographie
    Thomas Leroux
  • sébastien ditleblanc
    Le 10 Février 2005 à 17 h 05 min
    Je partage votre perplexité. J'ai entendu le vice-Pdt d'une organisation étudiante ce matin sur RTL. Il n'avait pas d'autre argument que celui que vous mentionnez, à savoir la crainte que la réforme aboutisse à des "bacs aux rabais".
    Incompréhensible. Si même les réformes les plus évidentes font l'objet de grèves massives ...
    Cette proposition figurait-elle dans les conclusions du rapport Thélot ?
    sébastien ditleblanc
  • nicolas le léon
    Le 10 Février 2005 à 16 h 54 min
    Comment pouvez vous considérer Monsieur le Premier Ministre que les lycéens ont eu une lecture objective de la réforme qui sera appliquée à leurs successeurs?
    En france, lorsque la droite est au pouvoir, chaque occasion est bonne pour s'opposer au gouvernement dans la rue,à défaut d'avoir su triompher par les urnes.
    Les manifestations d'aujourd'hui ressemblent à celles de samedi dernier à la diffrence toutefois qu'il est plus facile de manipuler politiquement des organisations lycéennes que les salariés du secteur privé.
    Sans mépris aucun, il me semble que les lycéens profitent plus d'une journée de détente qu'ils n'expriment un point de vue politique.
    Je ne serai d'ailleurs pas étonné qu'à l'instar de leurs aînés, on retrouve les leaders d'aujourd'hui au sein du parti socialiste, de la ligue communiste révolutionnaire ou d'un syndicat contestataire.
    Cela devient d'ailleurs un principe pour la gauche française de faire l'amalgamme entre une minorité manifestante et une majorité votante.
    nicolas le léon
  • Damien JASSERON
    Le 10 Février 2005 à 16 h 52 min
    Enfin une réforme du Bac où l'on pense davantage à récompenser le travail, le mérite et la régularité plutôt que la chance et le bachotage. En tant qu'ancien enseignant (pendant 4 années), je ne comprends pas que des lycéens puissent manifester contre ce projet. Il s'agit certainement plus d'une manipulation de la part des professeurs qui leur font peur avec des idées bien orientées (façon de parler...) pendant leurs cours.
    Bien sûr que ce projet va dans le bon sens et je suis entièrement d'accord avec vous sur la délivrance actuelle du Bac par des établissements qui n'ont pas tous la même réputation. C'est ainsi, quoiqu'il arrive, il y aura toujours des établissements mieux réputés que d'autres.
    Damien JASSERON
  • Helene Flohic
    Le 10 Février 2005 à 16 h 46 min
    J'avoue que j'etais aussi tres sceptique quant aux motivations des lyceens a manifester contre la reforme du bac. On se dit qu'ils veulent juste trouver une raison de rater des cours. Mais j'ai lu l'argument d'un de ces lyceens sur un site d'information et il m'a plus ou moins convaincu.
    Tout d'abord, il y a le fait que certains lycees seront plus cotes que les autres. Il est vrai que deja aujourd'hui il y a des lycees qui sont "des machines a bac" mais quand on a son bac avec 14/20 de moyenne, c'est un point de repere solide qui ne varie pas selon qu'on etait dans une machine a bac ou un lycee en ZEP. Avec un conrole continu, un 14 d'un lycee en ZEP pourra valoir moins qu'un 11 d'une machoine a bac.
    Ensuite la note que l'on recoit au controle continu depend de notre professeur. Il a des profs qui notent dur et d'autres facile. Ma meilleure amie avait 5 de moyenne en biologie toute l'annee de terminale alors qu'elle meritait bien mieux mais sa prof notait dur. Le jour du bac, elle a fait une performance equivalente qui lui a valu un 12. Mon prof de philo m'aimait bien car je recrachait ses opinions sans formuler les miennes alors j'avais un 18 de moyenne sur l'annee (pas vraiment merite) mais le jour du bac je ne pouvait pas brosser mon prof dans le sens du poil alors je n'ai eu qu'un 12... Il y a des centaines d'exemples de ce genre que chaque personne qui a passe son bac peut raconter.
    Le bac (sans controle continu) reste le moyen le plus sur d'avoir une note equitable qui peut etre comparee directement avec toute autre personne en France sans appliquer de "taux de change" en fonction du lycee ou on etait.
    Helene Flohic
  • Sylvain de Mullenheim
    Le 10 Février 2005 à 16 h 28 min
    Navré, je suis incapable de vous éclairer, car moi-même perdu et admiratif devant ce mouvement des lycéens. Comment des jeunes de 17-18 ans à peine parviennent-ils s'organiser comme cela ? Après tout ils sont indépendants ! Comment trouvent-ils autant de mégaphones ? Et autant de banderoles rutilantes ? Comment savent-ils où et comment déposer une demande d'autorisation de manifestation ? D'où tirent-ils leur connaissance en matière de communication politique ? Ou de gestion d'une organisation fédérale ? Comment financent-ils leur campagne ? L'enseignement est finalement merveilleux en France, lui qui apprend ces choses-là aux lycéens.
    Sylvain de Mullenheim
  • D. L.
    Le 10 Février 2005 à 16 h 05 min
    Aujourd'hui, les lycées sont effectivement classés, et donc nous pouvons savoir quels sont ceux qui préparent le mieux les élèves au BAC. Le diplôme étant national (les mêmes sujets à Henri IV - Paris et Bertran-de-Born - Périgueux), il a la même valeur partout. A la limite, l'avoir en l'ayant préparé à Bertran-de-born n'en donne que plus de mérite ...

    Par contre, si on l'obtient en controle continu, cela voudra dire que ceux qui l'obtiennent à Henri IV ont le niveau moyen d'Henri IV, et ceux qui l'obtiennent à Bertran-de-born ont le niveau moyen de bertran-de-born. Et là, ils n'ont peut-etre plus la meme valeur ...

    Donc je pense que oui, vous vous trompez (je pourrais dire un jour à mes petits-enfants que j'ai contredit un premier ministre ! je ne préciserai pas que c'est via son blog)
    D. L.

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Bonjour, vous avez pris le temps de me lire et me répondre.
Je tenais à vous remercier de cette forme d'engagement.
Rien que de m´apporter une réponse montre que nous partageons une passion, celle de notre pays. Pour ma part , je suis partisan du dialogue et, je vous remercie de l'avoir entamé avec moi.

Bien cordialement.
Alain Juppé
Alain Juppé 2017
5 ans pour l'emploi
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