Blog Notes d'Alain Juppé

Réunion publique à Lyon le 29 avril 2012

Publié le 30/04/2012 par Alain Juppé

Voici le texte du discours que j’ai prononcé à Lyon le 29 avril :

« Je ne suis pas venu parler au peuple de droite, ou au peuple du centre, ou au peuple de gauche.

Je veux parler au peuple français tout entier, à tous les Français, à toutes les Françaises d’où qu’ils viennent et où qu’ils soient.

Ils sont le souverain, tout particulièrement au moment de voter. C’est à eux et à eux seuls de décider.

Ce qui ne veut pas dire que les dirigeants doivent renoncer à leurs convictions et considérer que toutes les idées se valent !

Non !

Mais, en revanche, chacun a droit à l’écoute ! Entre Français, il faut se garder de toute stigmatisation ou de tout mépris.

Nous avons le devoir d’écouter, de comprendre, de répondre.

Et c’est ce que nous faisons de bonne foi.

Mais hélas ! Il y a deux poids et deux mesures.

Quand M. Hollande s’adresse aux électeurs du Front National pour leur dire – un peu tard il est vrai – qu’il faut diminuer l’immigration légale, c’est de la vertu républicaine !

Quant Nicolas Sarkozy rappelle ses propositions du 1er tour, alors c’est du vice pétainiste !

Ce procès d’intention /cette hargne sectaire contre le Président /devient détestable, insupportable dans une démocratie prétendument civilisée.

Reprenons un peu de hauteur !

Le choix que les Français vont faire dimanche 6 mai sera lourd de conséquences. Il va engager l’avenir de notre pays.

C’est pourquoi je veux m’adresser à vous avec solennité et partager avec vous quelques réflexions sérieuses et sereines à la fois, à l’écart du tohu-bohu médiatique.

Et d’abord, je vous confierais que je me sens parfaitement à l’aise avec mes « valeurs », comme on dit aujourd’hui.

Tout au long de ma vie politique, je me suis guidé sur les mêmes repères, c’est-à-dire sur les principes qui ont inspiré l’action politique du Général de Gaulle. Le gaullisme n’est certes pas une idéologie ni un système. C’est une morale de l’action fondée sur deux idées-force.

La première – et je reprends ici la formulation même du Général de Gaulle – c’est une certaine idée de la France.

De Gaulle a toujours su parler de la France non pas comme d’une entité politique désincarnée mais comme d’une personne faite de chair et de sang.

On connait la distinction qu’il établissait entre le nationalisme qui est la peur et le rejet de l’autre, et le patriotisme qui est l’amour de soi et de la terre de ses pères.

Oui, le gaullisme est un patriotisme,

une idée de la France fidèle : à son histoire, à sa culture, aux valeurs qu’elle apporte au monde, bref – sans mettre d’arrogance dans ce mot – à son génie ;

une France libre, attachée à son indépendance de jugement et de décision, à sa capacité de se gouverner par elle-même et d’agir sans se laisser rien imposer.

Rester fidèle à cet idéal, aujourd’hui, au XXIe siècle, c’est construire une France forte, dans un monde radicalement nouveau, où tous les équilibres anciens sont remis en question.

· une France forte, c’est-à-dire une France qui a les moyens matériels de son indépendance politique, qui ne dépend pas de bailleurs de fonds extérieurs, qui gère donc ses finances publiques avec bon sens, qui ne vit pas au dessus de ses moyens et fait tout pour éviter le surendettement !

· une France forte, c’est aussi une France qui ne se laisse pas distancer dans la course au progrès et à l’innovation, mais qui sait anticiper et investir dans les filières d’avenir pour garder son rang dans la compétition mondiale.

· une France forte, ce n’est pas une France seule, c’est une France consciente de la communauté de destin qui la lie avec ses partenaires européens, et notamment avec l’Allemagne, mais aussi avec les pays du sud de la Méditerranée.

Aujourd’hui, je le dis sans hésitation, je ne fais pas confiance à M. Hollande et à sa coalition de partis de gauche pour nous conduire sur le chemin de la France forte.

Je n’ai cessé de le montrer dans cette campagne : son programme n’est pas la bonne réponse aux défis que tous les pays européens – et la France comme les autres – doivent relever.

Par l’accumulation de promesses budgétaires coûteuses, et le refus de révéler la moindre piste d’économie sérieuses dans les comptes publics, il s’expose/et nous avec lui/, à une forte aggravation de nos déficits et à l’accélération de notre endettement.

Sa conception étatiste et passéiste de l’économie, sa méfiance et celle de ses alliés envers l’entreprise privée et l’économie de marché, l’impasse totale qu’il fait sur la question cruciale de la compétitivité de notre secteur productif/sans oublier sa remise en cause des accords passés avec nos partenaires européens/, tout cela éloignera la perspective d’un retour à une croissance durable.

Pour moi, seul Nicolas Sarkozy a la crédibilité requise pour faire progresser le chantier de la France forte.

Fier – à juste titre – du travail accompli depuis 5 ans, il peut maintenant fixer des objectifs clairs, à la fois ambitieux et réalistes.

® une politique efficace de maîtrise des finances publiques dont il est en mesure de donner un chiffrage précis

® une politique globale de renforcement de la compétitivité de notre pays, qui porte sur tous les facteurs de reconquête de nos parts  de marché

® une politique innovante de croissance en Europe qui s’inspire du modèle de notre programme d’investissements d’avenir et qui convie la Banque Centrale européenne à coopérer avec le gouvernement économique de la zone euro pour assurer à la fois stabilité et croissance.

Oui, la politique économique de Nicolas Sarkozy marche sur ses deux jambes : la stabilité et la croissance. M. Hollande refuse les efforts qui garantissent la stabilité et du même coup se prive de toute chance de renouer avec la croissance.

Permettez-moi de revenir (un instant) aux principes.

Le gaullisme, c’était aussi, c’est toujours une certaine idée de l’homme.

Comme le gaullisme est un patriotisme, c’est en même temps un humanisme, c’est–à-dire une vision de la société qui fait de la personne humaine, de sa dignité, du respect qui lui est dû, sans discrimination d’aucune sorte, le cœur de tout projet politique.

Humanisme de la responsabilité individuelle, bien sûr, construit autour des valeurs de la République telles que le résume notre devise nationale.

Rester fidèle à cet idéal humaniste, c’est vouloir une France forte qui permette à chaque homme, à chaque femme de s’épanouir pleinement en garantissant à tous le plein accès aux 3 vertus cardinales de l’humanisme républicain :

la liberté, qui est inséparable de la tranquillité et de la sécurité

l’égalité qui donne à chacun les mêmes droits et, indissociablement, les mêmes devoirs

la fraternité qui est incompatible avec l’assistanat et la déresponsabilisation de l’individu.

Je ne fais pas confiance à M. Hollande et à la coalition de partis qui l’enferment dans leur dogmatisme arrogant pour construire une France juste.

Ils sont en effet les artisans/et les victimes à la fois/ du terrorisme intellectuel qui amalgame depuis tant d’années, toute politique volontariste de sécurité, toute politique de maîtrise efficace des flux migratoires/ avec l’idéologie de l’extrême-droite. C’est bien connu : « Qui veut faire l’ange fait la bête » et les échecs qu’ils ont essuyés dans ces domaines quand ils étaient au pouvoir en apporte l’éloquente démonstration.

De même, leur conception très étatique de la création d’emplois (par exemple le recours à la vieille recette des emplois jeune financés par de l’argent que l’Etat n’a pas) ou de la distribution d’un pouvoir d’achat fictif à coup de primes et d’allocations publiques, tout cela est complètement décalé par rapport aux exigences d’une économie moderne ouverte sur l’Europe et sur le monde.

La France forte de Nicolas Sarkozy est aussi une France juste parce qu’elle fait du travail le moyen de l’émancipation durable de notre jeunesse et de l’amélioration du pouvoir d’achat de l’ensemble de la population. Parce qu’elle fait de la rénovation de notre système éducatif le meilleur vecteur de justice et de progrès social.

Tout doit tendre, dans les politiques publiques, à la promotion de l’emploi car c’est  le chômage qui mine l’équilibre des comptes publics, qui angoisse la jeunesse, qui sape le moral de la nation et distend le lien social.

Je me bornerai à citer quelques-unes des têtes de chapitre de la stratégie que nous allons devoir développer pour combattre le chômage et promouvoir l’emploi :

· l’initiative de croissance européenne qui se prépare  à Bruxelles à notre demande

· les mesures en faveur de la compétitivité de nos entreprises qui doivent être encouragées non seulement à produire mais aussi à vendre français

· la rénovation profonde de notre système éducatif, déjà bien engagée dans l’enseignement supérieur mais qu’il faut étendre au collège et au lycée, à l’enseignement professionnel, à la formation en alternance, à la formation des demandeurs d’emploi eux-mêmes

· la simplification des normes qui asphyxient les initiatives

· l’incitation massive à la recherche et à l’innovation

Et puis, soyons lucides.

Quand nous disons que le travail est libérateur, tout le monde ne le ressent pas ainsi.

Il y a ceux – ils sont nombreux – que leur travail intéresse, épanouit, comble de bienfaits.

Et il y a ceux qui le subissent comme une contrainte, voire comme une souffrance.

Voilà pourquoi, quand nous parlons de la « valeur travail », nous ne devons pas seulement penser quantité mais aussi qualité.

Chaque travailleur doit pouvoir s’affirmer comme partie prenante de son entreprise, comme acteur d’une histoire et pas seulement rouage d’une mécanique.

C’est affaire de rémunération bien sûr, de conditions de vie au travail… mais je crois que c’est aussi affaire de considération et de responsabilité.

Les méthodes existent pour améliorer la relation de travail et beaucoup d’entreprises conscientes de leur responsabilité sociale les mettent en œuvre.

Ne rejoint-on pas ici la vieille ambition gaulliste qui porte le beau nom de participation – pas seulement l’intéressement aux résultats de l’entreprise mais aussi la participation aux responsabilités qui retrouve aujourd’hui, sous des formes nouvelles, une étonnante modernité ?

Or nous avons besoin, dans les années qui viennent, de croire à la modernité et d’être conduits par un Président moderne dans un monde qui est un monde nouveau.

Parfois, ce nouveau monde fait peur.

Il est vrai qu’il bouscule toutes les habitudes et toutes les certitudes.

Nous avons pris peu à peu conscience que nous n’en sommes plus le centre et que d’autres puissances globales ont émergé.

C’est aussi un monde dur, où la compétition exige en permanence travail et innovation.

Mais c’est un monde plein de magnifiques promesses :

· promesse de croissance sous l’impulsion des pays en plein développement en Afrique, en Asie, en Amérique latine.

· promesse de progrès scientifiques qui /s’ils sont maîtrisés / changeront pour le meilleur notre vie quotidienne et notre santé.

· promesse de nouveaux comportements sociaux avec des entreprises plus conscientes de leur responsabilité sociale, et l’essor d’un nouvel entreprenariat social…

· promesse d’un nouveau modèle de croissance, plus économe des ressources rares, plus respectueux de notre environnement, porteur d’une économie sociale et solidaire dont le profit n’est pas le seul objectif

Bref de ce que j’ai appelé, avec d’autres, la sobriété heureuse.

Or la France a tous les atouts pour entrer dans cette modernité

· elle est la 5e puissance économique du monde

· ses chercheurs comptent parmi les meilleurs du monde

· sa jeunesse est nombreuse et entreprenante

· nous sommes un peuple qui a toujours été à la pointe des changements du monde !

Alors, confiance !

Dimanche prochain, il faut faire le choix de la modernité et non de l’archaïsme ; de la responsabilité et non pas de l’assistanat ; de l’esprit d’entreprise et non pas de l’étatisme.

Il faut voter Nicolas Sarkozy.

Nous allons gagner…et pour gagner :

· mobilisation 1er mai/2 mai/la semaine entière

· unité : règle d’or de la vie politique

· confiance dans la France, dans son bon sens, dans sa clairvoyance.

Entre Hollande et Sarkozy, il n’y a pas photo, c’est Sarko qu’il nous faut !

En avant vers la victoire! »

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0 commentaires pour « Réunion publique à Lyon le 29 avril 2012 »

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Bonjour, vous avez pris le temps de me lire et me répondre.
Je tenais à vous remercier de cette forme d'engagement.
Rien que de m´apporter une réponse montre que nous partageons une passion, celle de notre pays. Pour ma part , je suis partisan du dialogue et, je vous remercie de l'avoir entamé avec moi.

Bien cordialement.
Alain Juppé
Alain Juppé 2017
5 ans pour l'emploi
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