Blog Notes d'Alain Juppé

Rouyn-Noranda, en Abitibi-Témiscamingue

Publié le 23/04/2006 par Alain Juppé

L’Université du Québec est implantée en Abitibi-Témiscamingue, cette région vaste comme la France et peuplée de moins de 150 000 habitants, située au nord-ouest de Montréal, à mi-chemin du Grand Nord.
L’UQAT m’a invité à m’exprimer devant ses étudiants.
Une heure de vol environ. Le temps est très clair. L’avion survole des km2 de forêt, gorgés de milliers de lacs.
Nos hôtes nous ont préparé un beau programme: conférence-débat dès mon arrivée, sur la mondialisation. Questions nombreuses et pertinentes.
Puis réception sympathique à la mairie; à 18h30 dîner avec quelques personnalités du monde universitaire, économique et politique. Ambiance décontractée, ton direct, nous sommes tout de suite en confiance. Nous échaffaudons des projets: pourquoi pas une coopération entre l’UQAT et les centres de recherche de Bordeaux et de l’Aquitaine sur l’exploitation forestière?. Ou bien sur les multimédias, secteur en pointe ici.
Le lendemain, visite d’une mine d’où l’on extrait du cuivre, du zinc, de l’or, de l’argent. La région vit de l’exploration minière et de l’exploitation forestière.
Déjeuner à Amos, l’une des trois principales communautés de la région. Rencontre avec un ancien maire, chaleureux, plein d’idées, par exemple sur l’organisation et l’équilibre des territoires, ou encore sur le renouvellement des générations politiques.
Visite d’une « réserve » d’Algonquins, l’un des peuples autochtones, en fait un quartier périphérique d’Amos, semblable aux autres.
Puis retour à Rouyin-Noranda, sur la route 117. Vers le sud, 600km à travers la forêt quasi inhabitée, c’est Montréal; 600km au nord, la baie James et ses gigantesques barrages hydro-électriques que je n’ai pu encore visiter.

Cette escapade de deux jours nous laisse, à Isabelle et à moi, une étrange impression: d’un côté, nous nous sommes sentis, à raison, au bout du bout du monde; et d’un autre côté, nous avons rencontré des hommes et des femmes avec lesquels nous avons été d’emblée à l’aise. Ils sont chaleureux, curieux, avides de contacts avec le reste du monde.
Bref, heureux! Tel ce Français arrivé à Rouyn-Noranda avec sa jeune femme, il y a 30 ans, pour y faire son servie national en coopération, et qui n’est jamais reparti! Le couple enseigne aujoud’hui à l’UQAT, lui les mathématiques, elle la littérature (française, québécoise, canadienne… Molière par exemple)
Ou encore le professeur qui a monté ma venue, originaire du Benin, installé ici avec toute sa famille et qui se sent parfaitement chez lui. Belle leçon.

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10 commentaires pour « Rouyn-Noranda, en Abitibi-Témiscamingue »
  • Brigitte Passalacqua
    Le 09 Mai 2006 à 17 h 40 min
    Bonjour Monsieur Juppé, merci beaucoup pour votre blog, c'est une idée de votre femme, je crois ? Une si bonne idée... qui a changé le cours des choses ! Je partage avec mes compatriotes ce même mal-être dans un pays, le nôtre, devenu triste mais aussi l'espoir d'un RENOUVEAU pour la FRANCE et pour l'EUROPE. Je vous souhaite ainsi qu'à votre famille un bon retour en France et beaucoup de courage pour l'avenir, mais vous ne serez pas "seul" cette fois, de toute évidence... Cordialement
    Brigitte Passalacqua
  • François THIEUZARD
    Le 08 Mai 2006 à 16 h 15 min
    Monsieur
    Vous avez raison ,il y a de grandes causes à défendre autrement que la simple politique de l'affrontement négatif.
    La Mairie de Bordeaux, cela fait partie d'une noble cause.Le sud ouest à besoin de votre expérience.
    Il y a les exclus ,ceux que l'on rejette a cause de maladie.Vous avez ne tache immense pour changer le regard dans la cité, lever le tabou séculaire sur la peur du " Fou ".
    Votre expérience ethumilité pourrait servir cette noble cause.
    François THIEUZARD
  • Jean-Pierre Garcia Jean-Pierre
    Le 08 Mai 2006 à 13 h 18 min
    Bonjour Mr Juppé,
    C'est avec une satisfaction non dissimulée que j'ai suivi les 3 reportages vous concernant sur FR3 Aquitaine et les articles dans Sud-Ouest. Il me semble que nous sommes nombreux à nous réjouir de l'annonce de votre retour.
    Comme j'ai déjà eu l'occasion de vous l'écrire, je suis adhérent à l'UMP depuis sa création dans la 6ème circonscription Mérignac. J'ai 67ans et n'ai aucune ambition politique personnelle, je me contente de donner de mon temps à la permanence des chartrons pour que le parti auquel j'ai adhéré puisse gagner.(malheureusement ce que nous vivons actuellement n'est guère réjouissant). Je suis convaincu que,aprés la victoire de Christophe Duprat à St-Aubin, si la majorité UMP que VOUS avez fait élire à la mairie de Bdx démissionne, avec vous à leur tête vous devriez retrouver votre poste avec l'enjeu d'une majorité plus importante en septembre. La "timbale" à décrocher étant le contôle de la CUB.
    Je crois que vous avez raison de penser qu'un mandat national n'est pas indispensable, concentrons nous (UMP) sur la mairie de Bordeaux, la reprise de la CUB et de la Région Aquitaine. Bonne fin de séjour dans "la Belle Province" et à bientôt chez nous ou "adichats". JP Garcia
    Jean-Pierre Garcia Jean-Pierre
  • Jacques BEYL
    Le 08 Mai 2006 à 07 h 19 min
    Je ne sais si vous persisterez dans votre décision de ne plus vous investir dans la politique nationale (je vous approuve...et le regrette),mais il faut avouer que nos dirigeants actuels nous laissent avec un sentiment de malaise qui ne réhausse pas l'estime que je pouvais avoir pour certains d'entr'eux.A 68 ans dans 2jours,j'ai mal...très mal.. pour mon pays.
    Merci de rester en contact avec nous..
    Jacques BEYL
  • Patrik TANNEAU
    Le 07 Mai 2006 à 22 h 28 min
    Bonsoir Monsieur Juppé,
    Je suis un professeur d'histoire et de géographie de 36 ans.
    Je viens de découvrir votre blog, sans avoir eu le temps de tout consulter... pour l'instant.
    Je me permettrai donc quelques commentaires par rapport à votre tout nouveau message intitulé "Mexico", sans suivre nécessairement l'ordre de vos idées.
    Tout d'abord, vous dites que les Mexicains éprouvent un vif intérêt pour l'Europe et la France. Comme vous le remarquez bien, il semble que notre pays n'ait pas encore engagé la réciproque, sauf peut-être à promouvoir quelques séjours touristiques. Quoi de neuf dans les relations franco-mexicaines depuis le voyage du Général de Gaulle à Mexico (et son fameux discours en espagnol) en mars 1964 ? : "Marchemos la mano en la mano." Comme nous en sommes bien loin !
    Ensuite, au risque de vous importuner sur un sujet hexagonal, votre absence d'ambition politique nationale, à votre prochain retour en France, signifie-t-elle un renoncement à des ambitions politiques locales (la mairie de Bordeaux, la députation) ? J'ose espérer que non. Bordeaux a besoin d'un homme de votre stature. Je ne suis pas Bordelais, mais m'apprête à quitter l'autre grande ville du sud-ouest, Toulouse, pour Montauban. Installé en Midi-Pyrénées il y a quatre ans, le Breton que je suis s'est peu à peu acclimaté à sa nouvelle région. J'ai pu remarquer, sans vraiment le comprendre, qu'il existe une certaine rivalité entre Toulousains et Bordelais, moi qui pensais que l' "esprit de clocher" était une spécificité bretonne.
    Enfin, je terminerai en affirmant avec vous que, si tout ne va pas forcément bien dans notre pays, les opérations de dénigrement font un tort considérable à la France. Cela est d'autant plus dommageable que le dénigrement, le pessimisme ambiant est presque exclusivement interne. Je ne sais à qui cela peut bien profiter. Mais je suis sûr, et partage avec vous cette analyse, que cela ne peut pas nous faire du bien.

    Avec toute ma sympathie.

    Patrik TANNEAU


    PS : Je viens de commander la "Correspondance de Napoléon Ier" (en 16 volumes), jamais rééditée depuis 1869. Est-il indiscret de vous demander quel(s) regard(s) vous portez sur Napoléon ?


    Patrik TANNEAU
  • Philippe Memain
    Le 24 Avril 2006 à 20 h 57 min
    "toute sa famille et qui se sent parfaitement chez lui. Belle leçon."
    J'ai eu comme un vague à l'âme en lisant cet article une envie plus précisément de partir de la France(j'ai du mal à dire de partir de mon pays) je me sens locataire en France on me donne le droit de survivre mais pas de m'appropprier ma vie, d'être créateur d'avoir envie...Je suis fatigué des méandres d'une administration arrogante, des prérogatives insensées d'un secteur protégé qui se sert lui même et à la moindre occasion prend le pays en otage et met en danger notre économie. Je suis là de l'agressivité, de l'individualisme de l'incivilité, d'une gauche idéologique qui défait sans vergogne ce que les gouvernement de droite construisent dans la difficulté. Je suis désabusé des réformes qui ne se font pas
    de la méconnaissance de l'économie et de l'entreprise savamment entretenue par une éducation nationale qui fabrique des militants. Alors oui aujourd'hui comme nombreux de mes amis, nous ne nous sentons pas chez nous et commençons à lorgner derrière nos frontières pour pouvoir se sentir "chez soi".
    Philippe Memain
  • yves diksha
    Le 24 Avril 2006 à 00 h 27 min
    Je suis votre blog depuis votre arrivée au Canada et je constate avec plaisir que le côté chaleureux des Nord américains vous impressionne.

    Ils ont l'attitude de gens qui ont à lutter contre les éléments extérieurs et qui ont compris ce que la solidarité entre les hommes voulait dire.

    Nos petits Français sont arrogants parce que on leur a trop répété qu'ils étaient le centre du monde (la patrie des Droits de l'homme :D !)et on les a tellement assistés qu'ils en sont devenus égoïstes.

    Ne pensez-vous pas que tous les futurs dirigeants devraient s'expatrier pour à la fois élargir leur vision et mieux ancrer leurs racines ?
    yves diksha
  • RICHARD Yves
    Le 23 Avril 2006 à 23 h 59 min
    bonsoir,
    les tensions internationales étant ce qu'elles sont (ainsi que les "élections" à la CGT), on peut s'attendre à une baisse de tension sur le front social en France. Dans ce contexte, dominé à nouveau par un contexte international, je serais intéressé par votre vision de la position de la France, et de son devenir, un an après la victoire du "non" au référendum. En fait j'aimerais connaître votre avis sur plein de choses (notamment en politique intérieure, car c'est important aussi ...). Bref il faudrait que j'assiste à une de vos conférences. Un seul problème: j'habite en France, dans les Hauts-de-Seine. Que faire ?
    Bien à vous
    P.S.: merci d'avoir rouvert le Bistrot, je commençais à trouver le temps long.
    RICHARD Yves
  • nicolas albrespy
    Le 23 Avril 2006 à 23 h 39 min
    Il y eu le rêve américain, il y a bien longtemps déjà. L'histoire, la réalité et les médias, pour beaucoup, l'ont fait disparaitre. Pourtant, aujourd'hui, pour tant de français, le rêve est québecois. Le nouvel eldorado... Pour quelle raison étrange le continent américain reste t il cette terre si fascinante vers laquelle tout converge? Les grands espaces? La jeunesse de sa civilisation? L'éloignement de notre continent? Une des raisons est surement la bonne, mais l'attraction persiste et le rêve existe toujours...
    nicolas albrespy
  • Normand Cloutier
    Le 23 Avril 2006 à 20 h 58 min
    Ahhh Rouyn... J'ai le souvenir d'une raclette servie dans un restaurant suisse et d'avoir terminé la soirée dans un "Scotch et Cigare" situé tout à côté à refaire le Québec et le monde avec mes hôtes locaux. Oui, les gens de cette région sont reconnus pour être braves, chaleureux et forts accueillants.

    Souvenirs également de la route 117 bordée d'épinettes grises entrecoupée parfois soit par un chemin forestier soit par l'entrée d'une mine. Sûrement une région qui aurait avantage à être mieux connue.

    Pour les paysages par contre vous devez absolument aller à la Baie James. C'est à couper le souffle. La nature dans toute sa puissance et sa grandeur. On ne peut faire autrement que de s'y sentir fort humble. On finit par conclure que cette nature s'en tirerait fort bien sans nous. Par moment je me croyais sur une autre planète. Je suis pourtant de Montréal!!

    Par contre, à partir de mai-juin la région est envahie par une horde, que dis-je une armée de bestioles aillées fortement attirées par le sang de l'homme. Puisons dans le vocabulaire québécois pour vous nommer les mouches à chevreuils, les mouches noires, les mouches vertes, les brulots et les moustiques de toutes les grosseurs et couleurs.

    Ce souvenir là est également impérissable... hélas.
    Normand Cloutier

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Bonjour, vous avez pris le temps de me lire et me répondre.
Je tenais à vous remercier de cette forme d'engagement.
Rien que de m´apporter une réponse montre que nous partageons une passion, celle de notre pays. Pour ma part , je suis partisan du dialogue et, je vous remercie de l'avoir entamé avec moi.

Bien cordialement.
Alain Juppé
Alain Juppé 2017
5 ans pour l'emploi
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