Blog Notes d'Alain Juppé

Si vis pacem, para bellum

Publié le 15/09/2013 par Alain Juppé

Proclamer urbi et orbi qu’en aucun cas les démocraties n’utiliseraient la force pour arrêter les entreprises criminelles du régime de Damas , comme l’on fait des responsables politiques que je respecte par ailleurs, c’était évidemment se condamner à l’impuissance et laisser carte blanche à Bachar pour continuer par tous les moyens à écraser la résistance syrienne.

La France et les Etats-Unis d’Amérique ont donc eu raison, de mon point de vue, de brandir la menace d’une intervention militaire. Cette menace a été prise au sérieux par Moscou et Damas qui ont été contraints de sortir de leur immobilisme obstiné. L’initiative russe est une reconnaissance implicite du franchissement de la ligne rouge que constituait l’utilisation d’armes chimiques. Le pouvoir syrien accepte ce qu’il refusait jusqu’à présent: la destruction de ses stocks d’armes chimiques sous contrôle international.

Il fallait saisir cette première chance d’éviter une confrontation militaire dont j’ai souligné dès le début les risques énormes.

Est-ce à dire que la partie est gagnée ?

Assurément non. Certes Poutine a accepté que soit envisagé , dans le cas où le régime syrien violerait à nouveaux ses engagements, que le Conseil de Sécurité des Nations Unies  prenne des mesures sous chapitre 7 de la Charte qui autorise le recours à la force (« The UNSC should impose measures under Chapter VII of the UN Charter »). Mais il semble que, dans cette hypothèse , les Russes exigeraient une résolution spécifique contre laquelle ils pourraient toujours utiliser leur droit de veto.

Il ne faut donc pas baisser la garde prématurément. 

Il faut aussi , à mon sens , profiter à fond de cette nouvelle donne pour obtenir une relance du processus de règlement politique de la tragédie syrienne en entraînant les Russes un pas plus loin dans leur prise de distance d’avec Bachar. C’est difficile et improbable mais pas impossible.

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Bonjour, vous avez pris le temps de me lire et me répondre.
Je tenais à vous remercier de cette forme d'engagement.
Rien que de m´apporter une réponse montre que nous partageons une passion, celle de notre pays. Pour ma part , je suis partisan du dialogue et, je vous remercie de l'avoir entamé avec moi.

Bien cordialement.
Alain Juppé
Alain Juppé 2017
5 ans pour l'emploi
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