Blog Notes d'Alain Juppé

Sommes-nous devenus fous?

Publié le 09/10/2013 par Alain Juppé

Le moins qu’on puisse dire, c’est que la France, aujourd’hui, n’est pas bien gouvernée.

Les cafouillages répétés sur la fiscalité et les hausses prévues au budget 2014 créent, chez tous les acteurs économiques, entrepreneurs et consommateurs, un sentiment de confusion, d’instabilité, d’imprévisibilité, bref de défiance peu propice à la reprise de la croissance.

La cacophonie ministérielle mine la crédibilité de l’exécutif,  tout particulièrement celle du Président de la République dont la côte d’impopularité bat des records. Je n’ai pas grand chose à redire, pour ma part, aux prises de position de M. Valls. Le problème, c’est que les résultats ne sont pas au rendez-vous et que la maîtrise des flux migratoires n’a jamais été aussi inefficace.

Le projet de loi de la Garde des Sceaux sur la politique pénale envoie des signaux gravement négatifs qui fragilisent l’action des autorités contre une insécurité grandissante.

Quant à notre diplomatie européenne, elle est taisante, sans capacité d’initiative sur des questions aussi lourdes que la réforme du droit d’asile et les réponses à apporter à des drames inacceptables comme celui dit de Lampedusa. L’Union Européenne doit agir, et pas seulement sur les effets (action humanitaire) mais également sur les causes. Car enfin! ces hommes, ces femmes, ces enfants ne se lanceraient pas dans d’aussi périlleuses navigations s’ils n’étaient pas martyrisés ou affamés dans leurs pays d’origine.

Devant tant de défaillances, l’opposition devrait avoir un boulevard pour reconquérir la confiance des Français. A condition de leur proposer une alternative convaincante.

Mais, au lieu de travailler ardemment au projet qu’attendent nos concitoyens, que faisons-nous? Nous nous complaisons dans les chicaïas internes et les rivalités de personne. C’est désastreux et c’est désormais la survie même de l’UMP qui est en jeu. D’un côté, nous perdons sur le flanc centriste qui s’efforce de reconstituer l’ancienne UDF. De l’autre, en nous précipitant dans le piège de nos relations avec le Front National, nous décomplexons notre propre électorat qui cède de plus en plus aisément à la tentation de préférer l’original à la copie. Et j’entends souvent cette complainte : « Après tout , pourquoi ne pas essayer autre chose… c’est-à-dire Le Pen ».

Halte au feu! Il y va de l’avenir de notre pays.

Il ne serait pas très difficile de nous mettre d’accord sur une ligne droite:

– ne pas confondre vitesse et précipitation, faire confiance aux primaires (dont le principe est de plus en plus populaire dans l’opinion si j’en crois le sondage publié aujourd’hui par Le Figaro), attendre donc 2016 pour choisir notre champion pour 2017 et d’ici là, bannir les règlements de compte et nous rassembler, nous rassembler, nous rassembler!

– lancer une campagne d’explication pour montrer à nos concitoyens les risques gravissimes que ferait courir à notre économie, à nos entreprises, à nos emplois , à notre pouvoir d’achat… l’absurde « programme » économique et social de l’extrême-droite, avec la sortie de la zone euro et le rétablissement de barrières douanières aux frontières de l’hexagone!

– et surtout travailler sur les difficiles questions de fond que nous aurons à résoudre demain : comment restaurer durablement la compétitivité de nos entreprises, et les faire entrer dans le nouveau monde et la nouvelle économie ? comment remettre de la responsabilité dans le fonctionnement de nos systèmes sociaux pour éviter les dérives actuelles ? comment « ré-inventer » l’Union Européenne et convaincre qu’à condition de changer, elle est plus nécessaire que jamais? comment rassurer les Français sur la pérennité de la France, et fonder solidement son identité sur l’idéal républicain, liberté, égalité, fraternité, laïcité, plus « moderne » que jamais, s’il faut parler modernité.

On le voit, nous avons du pain sur la planche. Il n’est pas trop tard pour nous ressaisir.

Quant à moi, je ne dévierai pas de ma ligne : travailler à Bordeaux et pour Bordeaux ; m’engager à fond dans la campagne européenne, non point comme candidat mais comme militant de la cause européenne; contribuer à la réflexion prospective de l’UMP qui , en réunissant la droite et le centre, reste à mes yeux un pôle d’équilibre vital pour la bonne santé de notre démocratie. C’est un programme de travail bien rempli pour les prochains mois. 

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Bonjour, vous avez pris le temps de me lire et me répondre.
Je tenais à vous remercier de cette forme d'engagement.
Rien que de m´apporter une réponse montre que nous partageons une passion, celle de notre pays. Pour ma part , je suis partisan du dialogue et, je vous remercie de l'avoir entamé avec moi.

Bien cordialement.
Alain Juppé
Alain Juppé 2017
5 ans pour l'emploi
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