Blog Notes d'Alain Juppé

Sous le charme

Publié le 27/08/2005 par Alain Juppé

Toute la famille est sous le charme de Montréal.
Il faut dire que la météo y contribue largement: depuis notre arrivée, le 2 août, l’été est somptueux. En ce moment les journées sont lumineuses et chaudes, les nuits fraîches, bref le rêve.
La ville est animée: hier nous sommes allés flâner sur le boulevard Saint-Laurent, grande artère qui sépare l’Est et l’Ouest de la ville; la circulation automobile y était interdite, les commerçants avaient installé leurs étalages sur la chaussée, les piétons étaient nombreux. Tout d’un coup, j’ai ressenti un petit pincement au coeur: la vue de la foule, dans la perspective de cette longue voie , m’a rappelé la rue Sainte-Catherine, à Bordeaux, un samedi ensoleillé…
Le sandwich à la viande fumée de chez Schwartz est un point de passage obligé. Succulent!

Près de chez nous, nous ne comptons plus les parcs, squares, jardins qui parsèment le quartier. Il ne faut certes pas juger du tout Montréal sur la seule partie Outremont. Mais on sent partout la nature très proche.

Multiculturalisme, mot compliqué. Réalité perceptible dans la rue, au café, dans les magasins: on passe à tout moment du français à l’anglais, on entend des conversations en espagnol, en langues asiatiques, et beaucoup d’autres. Babel, mais dans la décontraction, sans tensions perceptibles. C’est une première impression. On dit que c’est celle qui compte. A voir.

J’ai maintenant bien en tête l’itinéraire qui conduit à l’ENAP. Les premières réunions de rentrée m’ont permis de mieux connaître l’équipe. Le programme de travail du GERFI (Groupe d’études, de recherches et de formation internationales) au sein duquel je vais travailler, est stimulant.

Nous partons pour Régina, capitale administrative de la Saskatchewan, où je dois participer au colloque annuel de l’Institut d’Administration Publique du Canada. Thème choisi cette année : « Un monde sans frontières » ? (C’est moi qui rajoute le ?)
A bientôt.
27/08/05

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6 commentaires pour « Sous le charme »
  • Serge Buj
    Le 30 Aout 2005 à 15 h 53 min
    Sous le charme de votre évocation (à laquelle la presse ne manque pas de faire écho) d'un Montreal où le bonheur simple est de mise, je vous donne quelques nouvelles d'ici:
    7 personnes de plus mortes dans un immeubles vétuste de Paris après les 17 de la semaine dernière;
    le chômage continue à dépasser les 10%, la croissance n'est plus qu'un souvenir (0,1% au second trimestre 2005 après les 0,4% du premier);
    les loyers grimpent (4,75% en moyenne depuis le début de l'année)...
    Nos enfants, diplômés ou pas, ne trouvent pas de travail ou dans des conditions humiliantes, ni de logement non plus d'ailleurs.
    Mais nous bénéficions d'une fin de mois d'août ensoleillée et chaude, Paris sous ce soleil est une merveille...
    Je vous souhaite de passer un bon séjour au Québec,
    Amicalement
    Serge Buj
  • antoine Rivieccio
    Le 29 Aout 2005 à 21 h 27 min
    à vous lire, je revis ma propre découverte de "Moont.ril" en 1974 -mais en janvier par - 25 c°... même émerveillement mais avec l'indispensable bonnet couvrant la tête et surtout les oreilles....
    Monsieur le Maire, prévoyez un équipement adapté pour les mois d'hiver, quand la navigation sera bloqué sur le Saint-Laurent! A moins que le réchauffement général de la planète vienne trahir mon souvenir!!

    A.R à Bordeaux
    antoine Rivieccio
  • Henri Laban
    Le 29 Aout 2005 à 19 h 31 min

    Français, de mère bordelaise, je comprends votre comparaison avec la rue Ste Catherine! Je suis heureux de vous savoir parmi nous. Vous m'aviez, à l'époque, "premierministré" avec beaucoup d'espoir.
    D'ici, je vois la politique française avec inquiétude, gaspillant ses ressources, faisant des lois d'opportunités pour traiter les problèmes quotidiens... et ne les appliquant qu'avec parcimonie. Le blocage, le passéisme, le rôle ambigu de l'état, l'opposition molle et verbeuse, la majorité qui oublie ses électeurs, on s'ennuie à en mourir. Politique ringarde, les enjeux mal expliqués dans un temps qui demanderait une clarté, une cohésion, une rapidité de décision, une révision des alliances. Mélange de morale, d'utopisme et d'ambition personnelle.

    Vraiment plus la bonne façon de parler à des électeurs.

    Ici nous faisons un peu de mêmes sottises, mais calmement avec des petits nombres, et on s'arrête bien vite si ça gronde poliment. Mais la structure provinciale, fédérale est presque une réussite. (Songez, une monarchie constitutionnelle dans une structure fédérale et provinciale avec des paliers de gouvernement qui descendent jusqu’aux « Commissions scolaires ». Bien sûr ça rouspète –surtout au Québec- mais ça fonctionne assez bien.)

    Je vous souhaite la paix et la considération de vos concitoyens pour votre fidélité et votre probité qui ne sont plus à démontrer.
    Henri Laban
  • vincent durand
    Le 28 Aout 2005 à 20 h 50 min
    monsieur
    suite à un mail que je vous avais envoyé vendredi , je vous propose la suite tirée du journal "libération"Papa va mourir». Monsieur Jammeh, un Gambien d'une soixantaine d'années dont toute la famille est sauve (il a quinze enfants), raconte dans un français difficile : «Il était minuit, nous revenions de la bibliothèque (Bibliothèque François-Mitterrand, à 200 mètres de l'autre côté du boulevard Vincent-Auriol). On avait laissé les enfants avec les femmes. On a entendu des cris.» Il interrompt son récit pour expliquer la colère qui anime les hommes regroupés autour de lui. «ça fait quatorze ans que je suis là, que je demande un autre logement. Je paye 500 euros de loyer et la CAF paye 500, pour 6 pièces. Il y a des fuites d'eau, et des rats qui ont mordu les enfants d'une Ivoirienne. Les escaliers sont en bois, et les murs sont recouverts de bois pour empêcher les enfants de manger les peintures pleines de plomb.» Aux alentours de minuit il a couru chez lui. «J'ai dit aux enfants de se calmer, ma femme les a poussés dans l'escalier, ils pleuraient "papa va mourir", j'ai mis une couverture mouillée sur la porte pour protéger l'appartement.» Sur le trottoir, il les a alignés et comptés. Tous ses enfants y étaient. «Les pompiers sont arrivés bien plus tard.»

    Quand le sinistre s'est déclaré, il semble, d'après plusieurs témoins, qu'il y avait peu d'hommes dans les appartements. «Des femmes se sont retrouvées prises au piège, avec plusieurs bébés dans les étages du haut, des gosses de 5, 6 ans étaient tout seuls aux fenêtres, à crier. Une Ivoirienne a sauvé les siens en les empêchant de sauter. Une autre est morte avec ses enfants, le mari est rentré ce matin», raconte Mohammed, Malien, dont la soeur vivait ici. Un médecin du quartier parle d'un fait divers annoncé : «ça craignait, tout le monde dans le quartier savait que dans les caves, ça dealait, ça se prostituait, la nuit c'était un coupe-gorge.» Un de ses collègues raconte que des armes circulaient, ce qui terrorisait les commerçants : «Les ados sont livrés à eux-mêmes, certains ont été vus avec des armes. La plupart des familles sont polygames, les femmes s'occupent des tout-petits et il y a une grande violence intrafamiliale à cause du bruit, de l'entassement et des différends entre épouses.» Marie-Dominique, orthophoniste qui s'occupe de plusieurs enfants de l'immeuble, explique qu'il est difficile de comprendre, de l'extérieur, l'organisation de l'immeuble. «Dans la famille d'une petite fille, une épouse a cinq garçons, l'autre cinq filles, mais il y a quatre ou cinq enfants en plus dont personne ne dit clairement à qui ils sont.»

    «Jeunes cons». Plusieurs commerçants accusent «les jeunes cons qui traînent toutes les nuits dans le bas de l'immeuble» d'avoir provoqué l'incendie. Dans ce quartier autrefois populaire, où le prix des appartements explose, le versant chic et branché du boulevard Vincent-Auriol (côté Grande Bibliothèque) regarde avec de moins en moins de solidarité le côté pair. Le patron du restaurant-café kabyle qui jouxte l'immeuble incendié pleure les petits D. Il glisse à un client africain : «J'ai pas le moral.» L'autre lui dit : «C'est pas ta famille.» Le patron le reprend : «Tu te trompes, les petits D. je les ai tous vus naître.»


    PARIS coupe gorge , PARIS tiers mondisé ,PARIS qui brule....merci à 30 ans d'immigration folle , merci à tous les politiques pour cette folie ordinaire.

    un parisien en voie de déménagement
    vincent durand
  • Denis COLLET
    Le 28 Aout 2005 à 17 h 51 min
    Vos nouvelles sont agréables à lire, et je vous souhaite de poursuivre dans cette impression aussi positive. Nous revenons également de vacances à l'étranger : 15 jours de croisière en Espagne, et 15 jours de balade au Maroc. Nous avons eu à chaque fois la sensation d'un pays très dynamique, projeté vers l'avenir. Aucun fait objectif pour soutenir cette impression, mais la seule ambiance de la rue et de la vie au quotidien. Je veux bien croire que cette première impression est la bonne, sans cependant sous estimer les problèmes qui existent certainement.
    En Espagne comme au Maroc, j'ai eu véritablement honte du non à l'Europe voté par les Français. La flagrante réussite espagnole est un argument indiscutable en faveur de l'Europe. Les Marocains s'inquiètent en outre de l'hégémonie américaine qui ne se heurte à aucun contre pouvoir européen pour l'instant. Faut-il d'autres preuves pour relancer la construction de l'Europe ?
    Au delà de la question de l'Europe, je m'inquiète de l'état d'esprit qui règne en France, à l'opposé de ce que nous avons rencontré cet été, comme vous même au Canada également. J'ai de plus en plus l'impression que la France est malade, et n'a pas encore entamé sa convalescence. A sous estimer la réalité, les responsables politiques risquent fort de l'aggraver en laissant filer les choses. Faudra t-il attendre que la France soit en queue du peloton européen pour commencer à s'en inquiéter ?
    Autour de moi, de nombreux amis, patrons de PME, professions libérales, ou du service publique s'exaspèrent de ne pas avoir les moyens d'exprimer leur dynamisme, dans un pays étouffé dans le noeud gordien d'un système de réglements dont nous détenons le triste record.
    C'est aux responsables politiques entre autres (ils ont déja fort à faire) de susciter le mouvement de reprise en main sans lequel nous irons droit dans le mur.
    Profitez bien tout de même de cette très belle ville de Montréal.
    Toutes mes amitiés
    Denis COLLET
  • stéphane astier
    Le 27 Aout 2005 à 17 h 48 min
    Moi, en tant que jeune, j’aurais bien quelques rêves pour mon pays. Mais pour l’instant ma seule ambition est de trouver un travail, d’avoir un peu d’argent, de rencontrer ma femme (la lune) et de lui faire de beaux enfants. En ce qui concerne la politique par exemple, je cumule trop de handicaps et j’ai eu un parcours beaucoup trop minable pour m’essayer à cet exercice.
    En effet j’ai quelques idées, notamment en matière de politique monétaire, pour faire avancer les choses. Et j’aimerais bien vous soumettre ces idées pour que vous me disiez ce que vous en pensez Malheureusement j’ai consigné toutes ces idées sur un cahier qui se trouve dans mon appartement et je me vois mal tout réécrire au clavier d’autant plus que contrairement à vous je ne suis pas à l’aise avec l’écrit ( je fais beaucoup de fautes d’orthographe).
    En fait dans l’absolu l’idéal serait que vous soyez « connecté à mon cahier ». Mais là je ne vois pas comment faire pour résoudre ce problème.
    De plus je n’ai jamais étudié l’économie ce qui me rend un peu réticent à vous livrer mes réflexions en la matière. Mais j’aimerais tellement vous faire par de ma vision des choses
    pour que l’on puisse en « discuter ».
    stéphane astier

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Bonjour, vous avez pris le temps de me lire et me répondre.
Je tenais à vous remercier de cette forme d'engagement.
Rien que de m´apporter une réponse montre que nous partageons une passion, celle de notre pays. Pour ma part , je suis partisan du dialogue et, je vous remercie de l'avoir entamé avec moi.

Bien cordialement.
Alain Juppé
Alain Juppé 2017
5 ans pour l'emploi
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