Blog Notes d'Alain Juppé

Subir ou choisir

Publié le 02/12/2005 par Alain Juppé

Passionnante discussion, hier soir, avec deux amis québécois à qui j’avais demandé de m’expliquer la politique d’immigration de leur pays.

Je ne peux entrer ici dans tous les détails et, notamment, dans le partage des compétences entre Ottawa et Québec.

Je retiens deux points essentiels, en espérant ne pas dire d’inexactitude:

1) le Québec choisit ses immigrants.

Dans la limite d’un nombre global fixé périodiquement, le choix se fait, non pas par l’application de quotas géographiques ou encore moins ethniques, mais grâce à une « grille » de sélection qui comporte plusieurs critères: -la langue (le français en priorité)
– l’âge (plutôt des jeunes que des seniors, pour ne pas trop peser sur l’assurance-maladie)
– la présence d’enfants (on préfère les familles , pour des raisons démographiques)
– la qualification et l’expérience professionnelle (les exigences, en ce domaine, sont élevées, au point qu’on constate aujourd’hui une certaine sur-qualification des personnes issues de l’immigration et qu’on envisage d’assouplir ce critère).

On est évidemment aux antipodes de ce qui se passe en France où nous sommes, depuis 30 ans (date de la suspension de l’immigration « économique ») des adeptes de l’immigration « subie ». Heureusement,notre gouvernement essaie aujourd’hui de changer les choses.

Le système canado-québecois est d’autant plus efficace que l’immigration « économique », ainsi organisée, représente 60% de la totalité du flux migratoire (25% pour le regroupement familial et 15% pour l’asile politique)

2) Le Québec accompagne les nouveaux arrivants.

Le dispositif d’accueil et d’accompagnement est impressionnant.
Les immigrants francophones sont immédiatement pris en charge, s’ils le souhaitent, par les services officiels qui leur proposent une information en plusieurs volets: premières démarches d’installation; réalités socio-économiques du Québec; aide à la recherche d’emploi. 80% des nouveaux immigrants « économiques » suivent ce parcours.
Aux non-francophones , après un entretien individuel, il est offert 33 semaines de formation linguistique, à raison de 30 heures par semaine, le tout gratuitement, avec, en supplément, une aide financière pour ceux dont le revenu n’est pas suffisant.

Depuis quelques mois, nous avons mis en place, en France, le « contrat d’accueil et d’intégration », qui répond à la même préoccupation.

Il faut souligner qu’au Québec, la mise en oeuvre est largement déléguée au secteur associatif et éducatif.

Certes, les conditions propres au Québec sont fort différentes des nôtres: pour des raisons géographiques aisément compréhensibles, la pression de l’immigration illégale est ici beaucoup moins forte qu’en Europe.

Et tout n’est pas idyllique! Les discriminations à l’emploi existent; les taux de chômage des nouveaux arrivants est, pendant les trois premières années, très supérieur à celui des citoyns canadiens. Puis l’écart se resserre avec le temps.
Il y a des quartiers où se concentrent des populations de même origine géographique; mais la mobilité sociale y est forte et permet d’éviter les tensions excessives.

Je le répète: les situations sont trop différentes pour chercher à imiter. Mais les comparaisons n’en sont pas moins enrichissantes.

Par hasard, je tombe sur un bouquin que j’ai amené de France. Son auteur a été l’un de nos plus grands démographes et économistes, et j’ai toujours admiré son intelligence et sa lucidité. Il s’agit d’Alfred Sauvy et voici ce qu’il écrivait, en 1987, dans un livre intitulé L’Europe submergée:
« N’ayez pas peur de la bombe, le péril vient d’ailleurs: bientôt le contraste entre un jeune Sud débordant de vitalité et une Europe vieillissante sera insupportable. Inéluctablement alors, le Sud débordera vers le Nord, tandis que l’Europe, ce « petit cap de l’Asie », déclinera peu à peu. »
Malgré toute l’admiration que je porte à A. Sauvy, je crois que rien n’est inéluctable. Nous pouvons encore insuffler un nouveau dynamisme à l’Europe et éradiquer la pauvreté en Afrique. Mais il est moins cinq. Le temps du sursaut est venu.
2/12/05

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22 commentaires pour « Subir ou choisir »
  • Alexandra Barnier
    Le 28 Décembre 2005 à 16 h 57 min
    J'apprécie que Mr Faure traite mon message de "bebete" car au moins il ne l'a pas laissé indifférent. Mais dire en quoi il est bete, serait utile et prouverait qu'un débat entre générations est possible...
    Alexandra Barnier
  • Didier Blancpain
    Le 10 Décembre 2005 à 19 h 02 min
    Monsieur le Premier Ministre,

    Je partage votre réflexion sur la qualité de la politique d'immigration de nos cousins québécois et la nécessité de passer, en France, à une immigration choisie, à la condition expresse que les critères de choix soient - à l'instar de ceux existant au Québec - objectifs et clairs.

    Objectifs, c'est à dire politiquement neutres, n'excluant a priori personne pour des raisons par exemple d'origine.
    Il serait en effet inacceptable pour le monde et honteux pour nous d'accepter plus aisément des immigrants américains que togolais de mêmes qualités.

    Clairs, car pour être acceptée, une politique doit être aisément comprise. Ceci est valable tant pour nos concitoyens que pour les candidats à l'émigration des différents pays.


    Bien entendu, il est également important que les critères de choix servent (ou à tout le moins ne soient pas contraires à) nos intérêts.

    Aussi, comme le fait le Québec, la connaissance de la langue française me paraît un des critères majeurs.
    Elle facilite, bien sûr, l'intégration, d'autant plus que, pour l'immigrant, son apprentissage s'est le plus souvent accompagné de celui de notre civilisation et donc de nos valeurs (Cf le travail des Alliances Françaises dans le monde).

    De plus, par effet indirect, l'affichage de l'importance de la connaissance de notre langue pour les candidats à l'émigration chez nous, contribuera à l'expension du français dans les pays du Tiers-Monde. Leurs ressortissants se diront en effet : "apprenons le français, ça peut servir".

    Les autres critères à retenir sont plus classiques et font déjà l'objet de la réflexion de l'actuel gouvernement : le niveau de diplôme, notamment.

    Je vous remercie de l'attention que vous porterez à ce que j'espère être une maigre contribution à la réflexion politique constructive et réaliste.
    Didier Blancpain
  • Suzie Guth
    Le 08 Décembre 2005 à 22 h 02 min
    lls ont raison de dire que pour eux l'émigration fut choisie puisque dans les douars du Sud Marocain on voyait circuler les camions des entrepreneurs français.En d'autres termes les futurs ouvriers d'Usinor -Sarcilor des HBL étaient choisis.Etions- nous choisis, nous les coopérants français? Oui, nos dossiers transitaient par une commission mixte et nous étions choisis au bout d'une sélection mais ni nos collègues ni le peuple marocain n'avaient été consultés à propos de la politique de coopération.De la même façon, le peuple français n'a jamais rien eu à dire concernant l'immigration, sinon il faisait le lit de l'extrême droite, disait -on ! En d'autres termes, aucun d'entre nous n'a été saisi en tant que citoyen pour approuver les flux de la coopération ou pour approuver les flux de l'immigration.
    La politique des quotas est-elle une panacée ? Non, elle donne l'illusion de maîtriser les flux. Mais il vaut mieux avoir ce sentiment de gestion des flux, être entouré de gens qui approuvent globalement cette forme d'émigration plutôt que de vivre avec des personnes qui se cachent et entouré d'une certaine forme d'hostilité.Il est certain que la plupart des gens immigrés font des efforts pour s'adapter mais:
    1) Les femmes ne pourrait-elles pas s'habiller d'une manière plus coquette ? On est dans le pays de la mode!
    2) Lorsque les gens ne comprennent pas la langue que l'on parle, on parle dans leur langue.C'est aussi la politesse arabe, alors pourquoi tous ces jeunes à l'université qui dès qu'ils vont en cours parlent dans leur langue d'origine et s'isolent ainsi des Français?
    Suzie Guth
  • maurice dubost
    Le 06 Décembre 2005 à 12 h 03 min
    Bonjour Mr Juppé.
    Je ne suis qu'un vieux plouc trés trés peu diplomé, mais avec l'expérience et la curiosité intellectuelle, on arrive à se faire quelques idées du monde... Je crois, comme Mr Sauvy, que l'aflux des peuples pauvres vers l'Europe est irrésistible; depuis les temps les plus immémoriaux, les peuples affamés ont toujours migré vers les régions plus accueillantes et plus riches, on ne peut pas résister à ce genre de pulsion irrémédiable ?
    http://vieillegarde.hautetfort.com
    maurice dubost
  • marc GHesquiere,marc
    Le 06 Décembre 2005 à 12 h 03 min
    les qualités demandées aux imigrants sont surtout la capacité d'adaptation, des ressources financières et du temps pour trouver le créneau juste . J'ai pu voir que ,de France, ce sont beaucoup les bretons qui arrivent à Montréal,mais aussi les enfants de l'émigration marocaine insatisfaite des conditions européennes .Pour ces derniers, il y a les organisations semi- religieuses qui financent l'installation, à charge pour l'
    émigrant de renvoyer l'ascenseur par la suite .
    Les Belges ? Ce sont beaucoup des ardennais, sur Montréal et à Québecville . Les seuls belges qui reviennent le font à cause du froid . Au
    niveau économique, ils réussissent presque tous .
    Ce qui me semble une constante au Québec, c'est que les résultats acquis le sont définitivement, contrairement à ce qui se passe aux Etats Unis, néanmoins très prometteurs. Enfin, leur procédure de soutien, quel que soit le type d'émigrant, est très efficace : deux petits bureaux en façade, comme dans le centre ville,à Berry-Uquam, et plusieurs dizaines de bureaux à l'arrière, où le personnel est lui-meme immigrant de fraiche date ou d'une génération . Chapeau .
    Bien à vous .

    Marc Ghesquiere .
    marc GHesquiere,marc
  • Nadia RAVEL
    Le 06 Décembre 2005 à 00 h 31 min
    Bonjour Monsieur Juppé.

    Certains éléments de la politique d'immigration du Canada sont pertinents et mériteraient d'être institués chez nous. D'autres, par contre, ont échoué.

    Il est un fait qu'une immigration se doit d'être choisie, si on ne souhaite pas déstabiliser son propre pays du point de vue économique, et par ricochet du point de vue social. C'est un principe élémentaire que le peuple ressent de manière intuitive, mais que les politiques ne commencent à comprendre qu'après des crises graves comme celles que nous connaissons actuellement en France.

    Sur le point de l'intégration qui est très important pour la paix sociale, le Canada est lui aussi en voie d'échec, malgré les efforts méritoires qu'il a déployés. Certes, même si les voitures et les symboles des institutions n'y ont pas encore brûlé, il n'en demeure pas moins que nos amis canadiens étaient très préoccupés de ce qui vient de se passer chez nous. Certains de leurs journaux allaient jusqu'à titrer: « Cela pourrait-il se passer chez nous? ». Au Canada comme en France et dans la majorité des pays occidentaux, les enfants et petits-enfants d'immigrés s'intègrent moins facilement que leurs ascendants, et cela devient dangereux!

    Je souhaite vous apporter mon propre éclairage. Je suis une femme française éduquée dans une double culture, occidentale et arabe. J'ai vécu en immersion totale de nombreuses années dans un pays arabe. Les hommes politiques français connaissent la culture occidentale, puisqu'ils en sont issus. Ils connaissent bien la culture chrétienne, qui a modelé l'inconscient des peuples occidentaux et qui a engendré des us, coutumes et traditions. Par contre, ils connaissent peu, et souvent très mal, la culture musulmane. Naturellement, ils appréhendent donc mal les politiques à mettre en oeuvre pour les populations d'immigrés issus de cette culture. Ils sous-estiment dangereusement le poids de la culture dans un groupe social donné.

    Le tort de nos hommes politiques est de ne pas avoir su s'entourer des conseillers capables de les éclairer sur les différences fondamentales entre la culture occidentale et la culture musulmane, tout en servant les idéaux de liberté et de respect de l'individu, qui sont des valeurs essentielles aux yeux des peuples occidentaux. Ces valeurs de liberté n'ont pas le même sens dans la culture musulmane! Au lieu de cela, ils se sont largement entourés de personnes qui sont restées sous l'emprise d'un inconscient façonné par une culture où l'on transmet, malgré soi, des principes qui rendent difficile l'intégration de ses enfants dans une société occidentale. A cet égard, les propos d'un de nos ministres cautionnant la polygamie constituent un exemple édifiant!

    Les immigrés primo-arrivants ont comme impératif la satisfaction de leurs besoins primaires, qu'ils ne pouvaient satisfaire dans leur pays d'origine. Ils assouplissent donc leur pratiques religieuses et leurs croyances, de sorte qu'elle leur permettent de vivre dans le pays d'accueil. Mais leurs descendants, eux, n'ont plus cette nécessité!

    Nombreux en France sont les Musulmans qui ont accompli cette démarche volontaire d'adaptation de la pratique et de la croyance religieuse. Il faut saluer cet effort, car il est extrêmement difficile à accomplir. Les Catholiques et les Protestants ont eux aussi, naguère, effectué les concessions minimales, qui leur ont permis de vivre ensemble, dans un espace public commun et pacifié.

    Malheureusement, aujourd'hui en France, nous préférons avantager ceux qui refusent l'intégration. Nous amalgamons, avec une certaine légèreté qui sera lourde de conséquences, ceux qui ne respectent pas la République, car ils n'en veulent pas et la combattent, et ceux, majoritaires, qui en respectent les lois. Non, les Musulmans de France ne méritent pas qu'on ruine leurs efforts d'insertion pour sauver une poignée d'individus qui, par leur actions non citoyennes, véhiculent une image catastrophique de la communauté musulmane. C'est cette image désastreuse qui rend difficile le recrutement des membres de ces communautés, et non un « racisme » supposé des Français. Les dirigeants d'entreprises sont, par essence, pragmatiques. Si un jour la communauté d'origine musulmane venait à renvoyer d'elle une image de professionalisme, de compétitivité et de respect de neutralité de l'espace public, les entreprises se précipiteraient pour les embaucher.

    Il faut avoir le courage de le dire: l'intégration doit être une démarche volontaire. Nul gouvernement ne pourra dispenser la communauté musulmane du chemin qu 'elle doit parcourir pour se faire accepter par le peuple français qui les accueille. Les clés de l'intégration, ce sont les populations issues de l'immigration qui les détiennent.

    Monsieur Juppé, je pourrais vous parler longtemps encore de ce sujet pour vous en exposer les ressorts sociologiques profonds. Résumer est un exercice difficile.

    Je vous souhaite bonne continuation dans vos réflexions.
    Nadia RAVEL
  • Marc Traverson
    Le 05 Décembre 2005 à 23 h 53 min
    Cher Monsieur,

    Je trouve assez étrange la persistance de cette réthorique du sursaut. Elle correspond à une vision héroïque de la politique, une vision terriblement datée je le crains. Bien sûr, le "sursaut" est le pendant naturel du "déclin", son antithèse. Et comme ce dernier semble avéré...

    Je me demande si les hommes politiques, d'une manière générale, ne gagneraient pas à incarner une manière plus modeste, et plus opérationnelle, de s'investir dans le service public. Quelque chose de plus simple, de plus honnête, de plus direct dans la forme. Le public est suffisamment adulte pour ne pas demander à ses édiles d'incarner une "grandeur" qui recouvre bien souvent une enflure du moi malheureusement répandue dans le personnel politique français.

    Bonne continuation à votre blog, qui est un excellent moyen, simple et direct, de communication. Le début de la politique modeste ? :)
    Marc Traverson
  • David Collin
    Le 05 Décembre 2005 à 17 h 42 min
    Bonjour M. Juppé,
    un élément important également dans l'intégration des immigrants à la société canadienne est la possibilité d'aller chercher en trois ans sa nationalité canadienne et devenir ainsi un citoyen à part entière. On débat en France sur la possibilité de faire voter aux élections municipales des immigrés depuis plus de 10 ans, je pense qu'il s'agit là d'un faux débat. Je suis personnellement contre le fait que des non-citoyens votent aux élections, par contre je suis pour un plus grand assouplissement de l'obtention de la citoyenneté. En effet, être citoyen, donc impliqué dans la vie de la République, participe à rendre leur fierté aux personnes concernées.
    Sur ce point, je trouve le Canada en avance sur notre pays. Bien évidemment, cela s'inscrit dans un ensemble de mesure telles que la sélection à l'entrée dont vous parlez.
    Je vous souhaite une excellente fin de journée.
    David Collin
  • Clara Du BEARN
    Le 05 Décembre 2005 à 17 h 25 min
    En optant pour une immigration basée sur le choix des immigrants en fonction de leurs compétences professionnelles, le Canada n'est-il pas en train d'instaurer une nouvelle forme de colonnialisme moderne. Ce pays accueille avant tout les compétences des immigrants des pays pauvres qui pourraient aider ainsi leur propre pays à se développer.Ces pays d'origine, dépourvus de leurs cerveaux ne peuvent que s'enfoncer encore plus dans la précarité.
    Qu'en est-il des relations Nord-Sud et de l'aide aux pays en développement dans ces conditions? Je pense particulièrement aux nombreux Haïtiens vivant au Canada (ce n'est qu'un exemple). Y a t-il des programmes humanitaires éducatifs ou alimentaires canadiens tournés vers Haïti ? Je ne connais pas la réponse mais je me permets d'en douter...
    Ceci dit, bravo au Québec pour les efforts d'intégration en matière d'apprentissage de la langue, de ce côté là, la France à tout raté ou presque. Je cotoie quotidiennement des maghrebins qui travaillent en usine depuis 30 ans et qui ont encore beaucoup de difficultés à parler français, sans compter leurs épouses...
    Il y a encore du pain sur la planche !...
    Cordialement
    Clara Du BEARN
  • fabrice malaise
    Le 05 Décembre 2005 à 15 h 09 min
    Très bonne réflexion, notamment sur la différence européenne quant à la pression naturelle des pays du Sud. Cependant lorsque vous parlez d'une politique d'immigration québécoise sans quotas, c'est officiellement exact, mais dans les faits vous pourrez constater que les missions à l'étranger peuvent ouvrir ou fermer au grè de contingences moins transparentes. Par exemple, les pays du Maghreb ne bénéficient plus d'un délai de traitement habituel (12 mois), et ce depuis la fermeture de la mission du Québec... En outre les pays d'Europe centrale sont à l'origine depuis quelques temps d'un fort taux d'immigrants francophones ou non.
    fabrice malaise
  • Charline Taboni
    Le 05 Décembre 2005 à 15 h 02 min
    bonjour Monsieur le Premier Ministre ;

    Alexandra Barnier écrit :" si la France ne fait pas son travail d'intégration" et si certains ne souhaitent pas s'intégrer ?
    Chaque samedi à Strasbourg où j'habite depuis 19 années, défilent à grand renfort de klaxons et de drapeau algérien ou turc des jeunes mariés et leur défilé, sont-ils français, intégrés ? "La France" fait ce qu'elle doit et même plus avec ceux qui cassent, brûlent, revendiquent sans cesse, en prenant en otage les usagers, ceux qui travaillent dans les banlieues.
    Monsieur Juppé je suis fatiguée d'entendre toujours la même rengaine ; la colonisation, l'esclavage et maintenant Napoléon et bien d'autres maux et mots encore " c'est notre faute !" non ! je ne me sens aucunement responsables des siècles passés. Quand entendrons nous des français responsables parler d'avenir ? pour cela il faudrait que les médias leur donnent la parole.
    Charline Taboni
  • LUCIEN FAURE
    Le 05 Décembre 2005 à 10 h 06 min
    Alexandra Barnier,
    Je ne sais pas si vous êtes intelligente.... etc.....
    mais votre réaction à l'rticle de Mr JUPPE est plein de "bétises" et devient presque incompréhensible si bien que, même si vous êtes sincère votre position en devient "bébête" !!
    désolé....
    LUCIEN FAURE
  • Sylvain de Mullenheim
    Le 04 Décembre 2005 à 22 h 17 min
    Intéressante, cette mue en cours de la société française : nombreux sont les thèmes à faire l'objet d'une relecture. De l'immigration à l'Europe, du traitement de la délinquance à la défense, les Français abattent quelques vaches sacrées. Je ne crois pas à l'effet d'une précampagne présidentielle. On dirait plutôt que la France a digéré certains messages des néo-conservateurs au pouvoir aux Etats-Unis. Tout comme le "politiquement correct" de l'administration démocrate est arrivé chez nous quatre ou cinq ans après l'élection de Bill Clinton, certaines des thèses de Georges Bush ont franchi l'Atlantique. Cerise sur le gâteau de la thèse du modèle culturel dominant : il devient question de supprimer le poste de Premier ministre. Les déductions ne sont pas forcément évidentes : il est trop facile d'incriminer nos éventuelles oeillères et rigidités. Et puis la France continue envers et contre tout de représenter quelque chose de spécial dans le monde. Ce dernier n'a pas forcément tort. Alors quoi ? Alors réformons l'Etat. En France il est le père et la mère. Le point nodal. La seule masse capable d'entraîner l'ensemble. Il a simplement vieilli. Cela lui arrive une à deux fois par siècle. Donnons lui la souplesse dont il a besoin. Ne perdons plus de temps. Soyons pragmatiques. Copions le meilleur des autres. A ce jeu, nous avons souvent su gagner. Cela m'ennuierait de devenir gallo-romain sans même passer par Alesia.
    Sylvain de Mullenheim
  • béa viterbo
    Le 04 Décembre 2005 à 18 h 39 min
    J'ai trouvé un couturier sénégalais installé à Paris formidable. Il s'appelle Sadio-Bee. Je cherchais depuis longtemps quelqu'un qui ait assimilé les coupes européennes et les reproduise dans des tissus africains. Et bien c'est lui le messie de la mix-couture. Sur son site (www.sadio-bee.com) le premier ensemble est très très chic avec les teintes Armarni rehaussées de parements ethniques. Surprenant avec son petit air de déjà vu. Quant à la robe rouge, avec des volants dans le dos, on dirait un des tout premiers modèles de Lacroix. Moi je ne sais pas si j'aime l'Afrique mais décidèment j'aime les Africains. Autant te lâcher en beauté. Passe donc le verre, Honoré!
    béa viterbo
  • Henri-Philippe BAPTISTE
    Le 03 Décembre 2005 à 21 h 53 min
    Monsieur le Premier Ministre,

    Je suis content que le Québec vous plaise. Des universités qui ressemblent à quelquechose, un système de santé pas si mauvais que cela, une défense de la langue française (de là bas...) agréable à constater, des gens pas trop complexés.

    Il y a plus de dix ans j'avais pris ma carte au RPR en rentrant de là-bas après des études et de longs mois de vacances. Un peu naïf j'avais commencé à perler d'un systéme de retraite différent, d'une politique d'immigration choisie, d'une énergie pas chère.

    Inutile de vous dire que je donnais l'impression d'être un extra terrestre.

    Imaginez le dynamisme québecquois associé à la PME française. Un Crédit Agricole devenant une caisse Desjardin
    un rêve obscène quoi!

    En 1995/96 vous étiez Premier Ministre et je me souvient que j'avais abandonné le RPR parce que je trouvais indécent qu'on vous tire dessus en interne, alors que vous ne l'aviez pas très facile.

    N'avez vous pas peur lorsque vous reviendrez en France (en tant que politique ou simple citoyen) de vous trouver complètement décalé vis à vis du microcosme franco/français, et peut-être même de l'UMP?

    Accepteriez vous, maintenant que votre emploi du temps est moins "volumineux" de converser avec un français d'en bas?

    (via MSN vidéo par exemple?)

    Si je me souviens bien l'université de musique MC GILL (ses étudiants)donne des concerts de musique classique régulièrement. Je ne sais pas si vous êtes un amateur, mais étudiant je trouvais cela pas mal du tout.

    Cordialement,

    Un français de France

    Henri-Philippe BAPTISTE

    Henri-Philippe BAPTISTE
  • Max CAPDEVILLE
    Le 03 Décembre 2005 à 10 h 03 min
    Eradiquer la pauvreté en Afrique. Tout est là en effet. Il faut éradiquer la pauvreté en Afrique, mais comment ? Par quels moyens ? Par l'intermédiaire de quel(s) organisme(s) ? L'Afrique, dans son intégralité, a été pillée, spoliée, souvent martyrisée (génocide inouï de l'esclavage) depuis que "l'on" a mis les pieds sur ce continent. Il ne faut pas nous voiler la face - les grands pays reconnaissent leurs erreurs - la France a souvent eu, en Afrique, un rôle peu glorieux, de colonisateur, à exploiteur en passant par cette velléité sans cesse affirmée de vouloir en être son "gendarme", son "tuteur", son "protecteur". Actuellement une lutte sans merci se livre, en coulisse et loin des médias, entre les Etats-Unis, la France, la Chine, l'Inde et d'autres pays pour faire main basse sur de colossales concessions pétrolières (enjeu capital pour les 30 prochaines années)et emporter les marchés du gaz et du brut de ce continent. La France met tout son poids, jette toutes ses (ultimes ?) forces pour continuer à jouer son rôle de "grand frère", pour, en réalité, permettre à TOTAL de continuer à rester à l'avant-poste. Et les chefs d'Etats africains dans tout ça ? Voyons le résultat de récentes élections, observons le comportement de bon nombre de responsables africains, que faut-il en penser ? Il faut bien reconnaître un constat trop souvent caricatural, trop souvent affligeant, trop souvent pitoyable ! Où sont la place de la démocratie, du bien-être social, du développement durable des peuples africains ? Où sont les africains dans toute cette comédie... tragique ? La seule solution pour un avenir, un devenir, pour une véritable émergence politique et économique de l'Europe passe en effet par l'éradication de la pauvreté en Afrique. Par la mise en place de structures, de moyens - qui ne seraient pas détournés - pour que les peuples africains puissent vivre et prospérer, librement, démocratiquement dans leurs propres pays. Pour qu'ils ne s'empalent plus sur les barbelés de Ceuta & Mellilla, ne soient plus "ghettoisés" dans les métropoles de l'Europe de l'Ouest. Comment cela sera-il envisageable, possible ? Comment ? Tout d'abord par un changement d'attitude de ces pays qui se jettent, par "world-compagnies" interposées, sur les richesses africaines. Leurs griffes doivent se transformer en pattes de velours. La cupidité à court et moyen terme doit impérativement se transformer en juste réflexion, en changement obligatoire de politique, en prévisions objectives à long terme, car sinon.... l'Europe "explosera" dans un premier temps et le reste du monde suivra dans un second temps, Etats-Unis compris. En conclusion, il faut rendre l'Afrique aux africains, il faut installer la démocratie partout en Afrique et pour ce faire, mettre en place tous les moyens, toutes les volontés politiques et commerciales. Notre avenir en dépend. Oui, l'avenir du monde dépend de l'éradication de la pauvreté en Afrique et ce n'est pas un mauvais scénario à la Orwell...
    Max CAPDEVILLE
  • Viven Chiu
    Le 03 Décembre 2005 à 02 h 46 min
    La fait que le taux de chomage des nouveaux immigrants est supérieur a la moyenne ds les premieres années est le fruit de discrimination reste a démontrer :

    Un ami iranien, directeur des achats dans une grande compagnie d’autobus de son pays, se plaignait de ne pas trouver de poste équivalent au Canada. Honnêtement, en tant qu’employeur, quels sont les outils que vous avez pour juger de la qualité de la formation reçu et de l’adéquation des pratiques professionelles iranienne avec celle canadienne pour confier une telle position à un nouvelle arrivant? Est-ce de la discrimination que de preferer confier ce poste à quelqu’un issu d’une université et avec une expérience professionnelle plus directement évaluable?

    Le nouvel immigrant est confronté à cette dure réalité, et cela touche aussi le francais lorsqu’il s’éloigne du Québec, dans la mesure ou le système éducatif français est largement incompréhensible au monde anglo-saxon.
    Le problème est un de reconaissance de diplome et de validation d’expérience professionnelle par l’employeur, lorsque l’immigrant acquiert une expérience professionnellee reconnu (càd au Canada), il devient plus attractif sur le marché de l’emploi, et la diminution du taux de chomage pour ne plus constater de différences avec la population de « souche » dès la seconde génération montre que le sous-emploi des immigrants n’est pas un problème de discrimination mais de validation des acquis à l’étranger par le marché du travail. C’est un des talons d’achille de la politique d’immigration canadienne (et de fait le nouvel immigrant trouvera emploi plus facilement ds sa communauté, comme nous avons, dans mon entreprise donné un job à un jeune X, alors que son résumé serait passer à la poubelle dans les mains d’un non initié du système éducatif français). Il n’en reste pas moins que le modèle immigratoire canadien est un modèle du genre.
    Viven Chiu
  • Bertrand SIMON
    Le 03 Décembre 2005 à 01 h 31 min
    Fidèle lecteur de votre blog, je tenais simplement à porter à votre connaissance et à celle de vos lecteurs l'existence du site http://www.cec-elections.org, consacré aux élections, sur lequel figurent quelques unes des communications faites au Sénat le 22 novembre 2005 dans le cadre d'un colloque consacré au processus électoral. En espérant avoir l'honneur de vous compter au nombre de nos visiteurs.

    Cordialement

    Bertrand SIMON
    Bertrand SIMON
  • hifi diksha
    Le 03 Décembre 2005 à 01 h 14 min
    M.JUPPE

    ayant moi-même vécu plusieurs années en Amérique du Nord,je constate que l'on revient toujours plus riche de cette expérience,car la mentalité "pragmatique" et pionière des américains ou canadiens font que ces pays osent des réformes,alors que la France reste sclérosée,parce que la représentation nationale développe une mentalité de fonctionnaires frileux.

    Elle n'est d'ailleurs pas représentative ni du corps social français,ni du corps électoral,ce qui pose question de la vraie démocratie dans note pays...

    Si les réformes sur l'immigration vous paraissent bonnes actuellement,et si la loi sur le rapprochement familial vous semble une erreur,pourquoi ne pas les avoir modifiées plus tôt ?

    En espèrant ne pas être à nouveau censuré,en l'occurence non publié,d'autant que votre blog est effectivement riche de réflexion et de sensibilité.

    Bon séjour dans ces jeunes nations !
    hifi diksha
  • P Leclercq
    Le 02 Décembre 2005 à 23 h 06 min
    Mr le premier ministre
    Cher alain

    A signaler un billet très bien documente d’alain Lambert sur son blog :
    Réforme de l'Etat : le cas suédois pourrait-il inspirer la réforme en France ?
    http://www.alain-lambert-blog.org/

    Mais personnellement dans leur approche des problèmes , j’en reviens toujours a cette fameuse théorie de Max Webber qui établissait en 1905 une relation entre protestantisme et développement du capitalisme.

    Dans un pays de tradition historique catholique, les mentalités, les réflexes naturels sur beaucoup de problèmes, immigration, structure de la societe, rapport a l’argent etc , ne sont pas les même que dans un pays a tradition historique protestante .

    Ainsi en France, la libre concurrence n’est pas un mécanisme naturel, qui va de soit … on préfère parfois s’arranger entre amis. Alors que dans un pays de tradition protestante c’est naturel.
    Essayer d’importer un mode de fonctionnement spécifique de l’une dans l’autre et toute la société se lèvera debout pour crier au scandale. Ainsi en France le mot libéralisme est hérétique alors qu’aux USA il est le fondement de l’économie.

    voir :

    (http://www.ac-rouen.fr/hist-geo/doc/fig/2002/08_construction.htm

    extrait : La construction européenne : modèle catholique ou modèle protestant
    Le modèle protestant, Il est plus citadin, plus attaché à la liberté individuelle et moins ancré dans le collectif. Cet individualisme s’inscrit dans le domaine politique dans lequel on n’essaie pas d’imposer ses vues et principes à l’ensemble de la population. La théorie de Max Weber qui établissait une relation entre protestantisme et développement du capitalisme reste marquée. La relation libéralisme politique/libéralisme économique est importante pour les protestants.

    Voir aussi sur le même thème le livre de A Peyrefitte << la société de confiance >>.
    ( www.amazon.fr/exec/obidos... )
    << la condition essentielle ne se trouve pas dans les deux facteurs capital et travail, mais dans l'évolution des mentalités qui, loin d'en découler, en est à l'origine. Le ressort du développement, c'est la constitution d'une société de confiance, confiance que l'État accorde à l'initiative individuelle, et surtout confiance que les individus accordent à l'État, se reconnaissent entre eux et se font à eux-mêmes. Contrairement à la société de défiance gagnant-perdant, "société propre à la lutte des classes (...), la société de confiance est une société en expansion gagnant-gagnant, société de solidarité, de projet commun, d'ouverture, d'échange, de communication">>

    avec debut de débat sur ce thème : livres a lire … sur le blog de Mr Bilger.
    http://www.blogbilger.com/blogbilger/2005/11/livres_lire.html
    amicalement
    P Leclercq
  • Philippe Thiébaut
    Le 02 Décembre 2005 à 22 h 14 min
    Bonsoir Alain , Beaumarchais disait à propos de la vie qu'elle était "comme une montre ....tout est question de ressort"!Amicalement.T.p
    Philippe Thiébaut
  • Alexandra Barnier
    Le 02 Décembre 2005 à 18 h 16 min
    Bonjour,
    c'est assez surprenant de voir que je vous ai écrit une dizaine de fois, que j'ai réagi à vos articles et que je ne suis jamais publiée. Je n'attends pas de réponse de votre part mais je ne m'attendais pas à être censurée à ce point. Peut-être ne suis-je pas assez intelligente ou que ma pensée vient vous contredire trop souvent? En tout cas, je fas de la résistance... Effectivement, le temps du sursaut est arrivé, je dirais même qu'il serait temps d'en prendre conscience et de se montrer proactif. Pour ce qui concerne l'immigration au Canada, il faut bien sûr s'inspirer mais n'oublions pas aussi que le système sélectif connaît aussi des problèmes. Ainsi, on rapporte que 85% des chauffeurs de Taxi à Montréal ont un diplôme universitaire. De plus, 23% des immigrants quittent la province au bout de 15 ans...
    Pour la France, n'oublions pas non plus notre passé colonial et les conséquences que nous devons à notre tour assumer...l'histoire est également à prendre en compte comme nous le avons tous. Pour la suite, on sait très bien que le gouvernement actuel prendra des mesures: actuellement en France on vote des lois très rapidement pour contrôler, renforcer, punir et on crée des associations, des comités pour lutter contre la discrimination...il y a deux poids de mesure, on met du pénal dans ce qui devrait être du social...N'oubliez tout de même pas Mr Juppé que les jeunes en colère sont justement jeunes et peut-être que vous ne serez jamais concerné par le problème mais un jour (dans 20 ou 30 ans) si la situation des ces gens ne s'améliorent pas, si la France ne fait pas son travail d'intégration, d'égalité et de fraternité envers ses enfants et bien ça risque de sauter à la figure et ce sera la nouvelle génération (pas vous) d'assumer votre aveuglement. Comme le slogan d'une émission sur Radio Canada, un bon politicien doit être leader, beau parleur et visionnaire...Nous avons besoin de visionnaire mais la sphère politique ne serait-elle remplie que de beaux parleurs?

    Au plaisir de me faire censurer une fois de plus...

    Alexandra Barnier

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Bonjour, vous avez pris le temps de me lire et me répondre.
Je tenais à vous remercier de cette forme d'engagement.
Rien que de m´apporter une réponse montre que nous partageons une passion, celle de notre pays. Pour ma part , je suis partisan du dialogue et, je vous remercie de l'avoir entamé avec moi.

Bien cordialement.
Alain Juppé
Alain Juppé 2017
5 ans pour l'emploi
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