Blog Notes d'Alain Juppé

Une seule priorité: l’emploi

Publié le 28/02/2005 par Alain Juppé

Beaucoup d’entre vous me demandent de donner mon avis sur ce qui est arrivé à Hervé Gaymard. J’ai toujours eu pour l’homme de l’estime et de l’amitié; je les lui conserve. Au delà de cette appréciation personnelle, je m’abstiendrai, comme je l’ai fait depuis le début de ce blog-notes, d’intervenir dans les questions de personne, ou dans les débats qui mettent en cause le gouvernement, les partis, la presse… J’ai pris du recul par rapport à la vie politique active et je veux m’en tenir à cette attitude.

Une de mes correspondantes me dit tout ignorer du traité constitutionnel européen qui va être soumis à referendum. Parmi tous les sites d’information et d’analyse qui se développent, en voici un : www.constitution-européenne.fr
Ou encore : www.oui-et-non.com
J’essaierai de donner moi-même quelques arguments.
Aujourd’hui, en réponse à une autre de vos interrogations, un mot sur la question des « références chrétiennes » dans la constitution. Il est vrai que plusieurs pays ( par exemple la Pologne ou l’Italie ) se sont battus pour qu’on inscrive ces références dans le texte constitutionnel. Je le comprends. Nier que les valeurs chrétiennes soient constitutives de notre héritage spirituel et intellectuel, au même titre qu’Athènes, Rome, le judaïsme, les Lumières… c’est nier l’évidence. Comment comprendre notre histoire, notre architecture, notre musique, notre peinture, notre littérature, notre philosophie, et globalement notre culture et notre vision du monde, si on fait l’impasse sur le christianisme?
Mais, de nombreux pays Européens, dont la France, étaient soucieux que l’évocation de ces racines ne brouille pas notre message d’avenir. Or pour l’avenir, nous sommes attachés à ce que la construction européenne se fasse dans le respect du principe de laîcité qui reste pour nous inséparable de la République. Dès lors, faute de consensus, le bon sens voulait qu’on se mette d’accord sur une formule de compromis. C’est ce qui a été fait avec les mots « spirituel » et « religieux » qui, à défaut de « chrétien », figurent dans le texte.

Mais je reviens à la priorité que je désigne dans le titre de ce blog-notes: l’emploi.
Les derniers chiffres sont alarmants: pour la première fois depuis longtemps, le chômage franchit à nouveau la barre des 10% de la population active.
Un tel niveau de chômage a des conséquences graves: c’est d’abord un drame humain pour tous ceux qui galèrent à la recherche d’un travail, et pour leurs familles. Il engendre précarité et exclusion et mine la cohésion de notre société. C’est aussi un facteur de déséquilibre pour les finances publiques et sociales: la meilleure manière de diminuer le « trou » de la sécu, c’est de créer des emplois qui font rentrer des cotisations. Le chômage de masse déprime la consommation et affecte le moral de la Nation, ce qui contrarie la croissance. Bref, sans exagérer, on peut affirmer que le chômage est la cause de la plupart des maux de notre société.
Que faire?
On se souvient du mot désespérant de F.Mitterrand: « On a tout essayé! »
Je n’ai certes pas de remède miracle. Mais le renoncement serait inacceptable. Il faut donc agir avec un mélange d’humilité sincère et de totale détermination.
D’abord, il faut écarter les fausses pistes:
– celle de la réduction du temps de travail. On entend évoquer ici ou là la perspective des 32h!!! Je dis « stop »! La France ne conservera pas son niveau de vie et ses régimes de protection sociale si elle travaille beaucoup moins que tous ses concurrents européens ou extra-européens.
– Fausse piste aussi que celle du retour au protectionnisme: en rétablissant des barrières à nos frontières, nous nous fermerions du même coup les marchés européens ou mondiaux qui donnent déjà du travail à plus du quart des Français.
– Fausse piste enfin que celle d’un durcissement de notre droit du travail. L’idée que la meilleure façon de lutter contre le chômage , c’est d’interdire les licenciements, peut paraître tentante. Le bon sens apparent est ici trompeur. Ce serait une absurdité économique. Empêcher l’entreprise d’adapter ses effectifs à son plan de charge, c’est souvent la mettre dans des difficultés plus graves. Nous avons mis des décennies à comprendre que le contrôle des prix ne permettait pas non plus de contenir durablement l’inflation. C’est la concurrence et pas le contrôle qui peut faire baisser les prix.
Alors, où sont les bonnes pistes?
– D’abord la formation.
Même si les jeunes dotés d’un diplôme professionnel mettent plus de temps que par le passé à trouver leur premier emploi, ils y parviennent incomparablement mieux que ceux qui n’ont aucune formation professionnelle. C’est-à-dire 150 000 nouveaux jeunes chaque année. La priorité de toute réforme de l’éducation, c’est de faire disparaître cette grave carence, en rénovant les modalités de l’orientation, en rehaussant l’attractivité des filières professionnelles et d’apprentissage, en diversifiant les parcours dès un âge précoce pour éviter d’engager trop de collégiens ou de lycéens dans des impasses.
– Deuxième piste: la baisse des impôts et charges qui grèvent le coût du travail. Cette politique, conduite par tous les gouvernements successifs depuis 1993, a donné de bons résultats. On nous dit qu’elle est en train d’épuiser ses effets. Je n’en suis pas sûr, à condition sans doute de mieux la cibler . A condition de faire preuve aussi d’imagination: pourquoi ne pas engager une réflexion sérieuse sur l’idée d’une TVA sociale qui se susbtituerait à des cotisations ou à des impots pesant sur le travail ? Cette TVA sociale aurait l’immense mérite de frapper les produits d’importation et de les remettre à égalité avec les produits que nos entreprises fabriquent sur le territoire national.
– Troisième piste: les nouveaux emplois, et principalement le gisement des emplois de services (services à la personne que le vieillissement de la population, entre autres évolutions , va rendre de plus en plus utiles). Des initiatives prometteuses viennent d »être prises en ce sens . Dans ce domaine, la technique de la déduction fiscale est très efficace.
– Quatrième piste: la stimulation de la consommation par une politique moins rigide des salaires. Dans le secteur privé, on ne peut pas ne pas s’interroger sur la politique des grands groupes qui engrangent ces temps-ci des bénéfices colossaux. Rétribuer l’actionnaire, c’est bien; partager avec les salariés dont le travail n’a pas peu contribué aux performances de l’entreprise, c’est mieux pour tout le monde, y compris pour l’économie générale.
– Cinquième piste: la croissance, et plus précisément une nouvelle forme de croissance, « la croissance par l’innovation » pour reprendre le titre d’une excellente étude de Luis Miotti et Frédérique Sachwald, pour l’IFRI.
Nous sommes ici au coeur du problème: la vraie cause de notre chômage, c’est la langueur de notre croissance; d’ailleurs, dans les années récentes, le chômage n’a diminué que lorsque la croissance s’est approchée de 3%.
Or, si notre croissance stagne derrière celle des Etats-Unis, c’est parce que nous n’investissons pas assez dans la recherche, dans les nouvelles technologies, dans l’innovation… Je vous renvoie à la lecture du document pour approfondir le sujet.
Comme l’a écrit le groupe piloté par M.Camdessus dans une autre excellent rapport, un « sursaut » français est possible. Mais il implique que recherche et innovation deviennent les priorités absolues de la France et de l’Europe. Il faudra que nous y revenions.

Personne ne détient la baguette magique, qui permettrait de régler le problème en un tournemain. Il faut une politique cohérente et persévérante alors même que l’opinion est incrédule et impatiente.
28/02/05

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23 commentaires pour « Une seule priorité: l’emploi »
  • F. Girault
    Le 01 Avril 2005 à 12 h 51 min
    Monsieur Juppé,

    L’édition du 21 mars 2005 du journal Le Monde m’apprend que, selon l’Insee, c’est en octobre 2003 et non en janvier 2005 que le taux de chômage a dépassé la barre symbolique des 10%. Peut-être comprenez-vous aujourd’hui pourquoi je m’interrogeais, en premier lieu, sur la motivation de votre alarmisme. Ignoriez-vous que les statistiques officielles minimisent systématiquement la gravité de la situation sociale, ou faites-vous semblant de ne pas le savoir, pour adopter la posture vertueuse de l’homme politique concerné par ces problèmes qui, en vérité, ne le touchent pas ? J’ai de bonnes raison de pencher pour la deuxième hypothèse quand je poursuis l’examen de vos « pistes » pour agir avec une « totale détermination » contre le chômage.

    Fidèle à vos convictions libérales, vous préconisez « la baisse des impôts et charges qui grèvent le coût du travail », et vous imaginez les remplacer par une « TVA sociale [qui] aurait l'immense mérite de frapper les produits d'importation et de les remettre à égalité avec les produits que nos entreprises fabriquent sur le territoire national. » Malheureusement, vous ne précisez nullement en quoi cette substitution ne déguiserait pas un « retour au protectionnisme », que vous rejetez comme une « fausse piste ». La France (ou l’Europe, si vous préférez) devrait sinon justifier la hauteur variable de cette taxe, donc imposer le contrôle in situ des conditions sociales de production des biens importés, et en particulier l’inspection du travail en Chine. Voilà qui n’est pas une mince affaire étrangère, Monsieur l’ancien Ministre ! Alors, pourquoi n’évoquer aucune difficulté de réalisation de vos idées, sinon par manque de cette « imagination » dont vous vous targuez de « faire preuve » ? À moins que vous n’espériez si facilement poser au stratège en économie solidaire, mais je crains une nouvelle fois qu’il vous faille ultérieurement déplorer : « c’est raté ! »

    Ensuite, vous prônez une « stimulation de la consommation par une politique moins rigide des salaires », en vous interrogeant sur « la politique des grands groupes qui engrangent ces temps-ci des bénéfices colossaux », en affirmant que « partager avec les salariés dont le travail n'a pas peu contribué aux performances de l'entreprise, c'est mieux pour tout le monde ». Vœux pieux ! Croyez-vous vraiment que les dirigeants de ces grands groupes vont écouter religieusement vos prières et les exaucer la main sur le cœur, aux détriment de leurs ambitions de croissance à deux chiffres de leur salaire, pourtant déjà monstrueux ? Pensez-vous une seconde qu’ils réduiront significativement les dividendes que leurs réclament les actionnaires – dont ils font également partie ? Quand vous devriez proposer une législation stricte pour contenir cette folie des grandeurs de l’égoïsme capitaliste, vous vous contentez de prononcer un sermon tellement inoffensif qu’il faudrait une extrême naïveté pour le croire sincère.

    Enfin, convoquant quelques experts patentés de l’économie libérale (dont l’inoxydable M. Camdessus), vous reprenez en chœur le credo de la croissance créatrice d’emplois : « la vraie cause de notre chômage, c'est la langueur de notre croissance ; d'ailleurs, dans les années récentes, le chômage n'a diminué que lorsque la croissance s'est approchée de 3%. » Comme ce mythe est déjà passablement éculé, vous voulez le recycler sous « une nouvelle forme » : « la croissance par l’innovation ». Mais quand vous déplorez que « notre croissance stagne derrière celle des États-Unis […] parce que nous n'investissons pas assez dans la recherche, dans les nouvelles technologies, dans l’innovation », je pourrais encore vous reprocher votre flagrante mollesse, surtout vis-à-vis des entreprises : ce ne sont ni les jeunes docteurs au chômage, ni les fonds qui manquent pour les embaucher, mais simplement la volonté des décideurs, qui n’ont manifestement pas l’intention d’écouter vos jérémiades. Cependant votre erreur est autrement fondamentale. Car pour peu que l’on envisage la croissance sous toutes ses coutures, notamment celle du tour de taille des citoyens, la perspective de dépasser les américains ne suscite guère l’enthousiasme.

    En fait, vous occultez totalement que, jusqu’à présent, la production de « richesses » s’est aussi soldée par celle de déchets qui polluent dangereusement toutes les conditions indispensables à la vie sur Terre ; et qu’elle ne va pas non plus sans amenuiser significativement les ressources limitées dont elle se gave. Dès lors, accélérer sa croissance ne revient qu’à réduire le petit nombre d’années qui nous sépare des catastrophes écologiques, énergétiques, économiques, sociales – et sans doute politiques – annoncées comme inéluctables par des observateurs reconnus, chaque jours plus nombreux. Même votre Gourou, à ses heures, s’en fait l’écho. Pour une fois qu’il donne le bon exemple, pourquoi ne l’imitez-vous pas ?

    Et maintenant que j’ai emprunté vos diverses « pistes », et constaté qu’elles menaient toutes au même désert de velléité et d’absurdité, j’attends toujours que vous vous donniez au moins le mal de les reprendre.
    F. Girault
  • Guilaume vandenbroucke
    Le 11 Mars 2005 à 21 h 00 min
    Cher Monsieur,

    Je suis confus. Pourquoi donc voulez vous faire de l'emploi une priorite? Supposez, un instant que nous vivions dans un monde d'abondance... qui voudrait y travailler si ce n'est pas necessaire pour satisfaire ses besoins. Le probleme n'est pas l'emploi, mais la creation de resources propres a satisfaires nos besoins. En un mot, et la, je vous rejoins, le probleme c'est la croissance. Permettez moi encore d'insister. Ce n'est pas que la croissance soit l'un de nos problemes (ou l'une de nos pistes) c'est notre seul probleme et notre seule solution. Je suis donc confus que vous sembliez conclure...une tautologie !

    Sur vos autres pistes:

    1 - La formation... C'est bien ! (ca va sans le dire, mais ca va encore mieux en le disant!) Bien entendu, la formation d'une main d'oeuvre adaptee a la demande des entreprises n'a de sens que si une telle demande existe... Une telle demande, quant a elle n'existe que si les entreprises produisent, c'est a dire qu'il y a de la croissance.

    2 - Baisse des impots et charges: La TVA "sociale." Ici, je ne vous suis plus. Il me semblait, dans votre liste de fausses pistes, que le protectionisme en faisait partie. Votre TVA sociale, cependant, avec son "grand merite" de frapper les produits d'importations ressemble a s'y meprendre a une fermeture des frontieres. Un certain Adam Smith (et bien d'autres apres lui) nous expliquait il y a fort longtemps que ce n'est pas la le meilleur moyen de s'enrichir: Pas de croissance!

    3 - Les nouveaux emplois: J'adhere a la proposition suivante: Plus il y a d'emplois, moins il y a de chomage. Par consequent, je suis d'accord, creons de nouveau emplois pour reduire le chomage. Cependant, et plus serieusement, permettez de faire la remarque suivante. Avec quoi les salaries sont ils payes?.... Avec les biens qu'ils produisent ! S'il n'y a pas plus de biens produits, on peut toujours creer de nouveaux emplois (e.g. les 35 heures), on ne fera jamais que de la redistribution et par consequent on ne resout pas le probleme fondamental qui est celui de la creation de richesse en vue de satisfaire des besoins !

    Quelques remarques:

    * "On peut affirmer que le chomage est la cause de la plupart des maux (...)" Non! Le mal c'est l'absence de resource pour un individu. Pas l'absence de travail.

    * "Le chomage (...) affecte le moral de la nation, ce qui contrarie la croissance," Serieusement... Que voulez vous dire par la? La croissance si susceptible ! Une economie, c'est comme un systeme physique (ou ecologique) il y a des choses qui y sont possibles et d'autre pas. Je ne peux pas respirer sous l'eau (content ou pas), de meme l'economie croit dans certaines conditions et pas dans d'autres, independemment du "morale de la nation". Et, je suis certain qu'au point ou en est la France, il doit exister des remedes pus efficaces que les euphorisants !

    * "Le renoncement serait innaceptable". Je suis d'accord! Mais, la croissance est le probleme des individus. L'etat peut essayer de retirer quelques batons de leurs roues. C'est tout!

    * "Un melange d'humilite sincere et de totale determination:" Bravo ! Mais si vous reussissez, vous pourrez vous dispenssez de l'humilite!

    Cordialement,
    Guilaume vandenbroucke
  • OMAR CHIBAN
    Le 11 Mars 2005 à 19 h 09 min
    Monsieur le Premier Ministre, Bonjour:

    Comme vous le savez, les marocains sont souvent à l'affut de ce qui se passe en France et, pour certains, suivent assidument les événement de France que ceux domestiques.

    L'initiative que vous avez prise de donner votre avis et d'exposer vos idées ou reflexions sur des sujets et des thèmes par lesquels vous etes, ou vous vous sentez, interpelé est à féliciter.
    C'est dans ce cadre que je me permets, tout en m'excusant d'oser, de faire quelques commentaires suite à l'article que vous avez soumis à lecture sur l'emploi.
    Après avoir rappelé le désespoir des uns et mentionné les mesures qui vous paraissent improductives et sans portée, vous proposez cinq pistes.

    Mon attention a été attirée par la deuxième piste où vous préconisez une TVA sociale.
    Pour alléger les charges des entreprises, vous proposez d'instituer une TVA-S sur les importations de produits qui arrivent au marché français moins chers que les produits domestiques;
    Cette mesure tend à pénaliser le consommateur puisqu'elle fait des ponctions sur son revenu en mettant la main à sa poche.
    Elle pénalise également les pays en développement qui présentent, pour diverses raisons, plus de compétitivité dans certaines branches de production.
    Elle limite l'accès au marché français et dope les entreprises domestiques en leur permettant de continuer à produire plus cher.
    En adoptant cette mesure, on pourrait etre tenté de considérer que la France n'est pas pour l'ouverture des frontières et qu'elle réinstitue des barrières douanières qu'elle demande aux autres de démanteler. La TVA-S s'apparente à une mesure de protection commerciale et rentre dans son esprit en conflit avec les regles de l'OMC.
    N'y a t il pas là une grande contradiction, ou plutot un grand ecart entre les engagements, les discours et la pratique.
    En y regardant de plus près, on peut dire aussi que cette mesure pourrait, si elle venait à etre adoptée et appliquée, participer au transfert de valeurs des pays en développement vers les pays developpés, notamment la Françe: le différentiel de prix à l'entrée des frontières française s'explique en général par la non application des normes sociales dans les pays d'origine. En conséquence, ce qui devait revenir à la force du travail dans les pays exporteurs compétitifs se retrouverait dans les caisses de l'Etat français par un tournemain par le biais du consommateur français.
    L'idée serait séduisante et en meme temps genereuse si son produit était proposé à la promotion, par des mécanismes judicieux, des normes sociales dans les pays d'origine.

    Vous avez évoqué également les profits colossaux des grands groupes en suggérant un meilleur partage des fruits de l'activité à laquelle la force de travail a contribués. Vous vous etes interrogé sur la politique de ces groupes en la matière. Certains analystes français, pensent, à ce sujet que la solution est "d'actionariser" le salariat. En matière de politique, n'est-il pas plus judiciable d'investir ces énormes profits dans des activités spécifiques, des niches de prospérité et de richesse à dimension humaine. Je pense notamment aux PME PMI qui sont relativement plus productives d'emplois, plus adaptées au respect de la culture, des traditions et des habitudes sociales de vie en communauté.
    L'anonymat des grands groupes déshumanise le salarié, traite la force de travail comme un facteur de production sans ame ni esprit. Ces groupes licencient au détoure d'une décision du Conseil d'Adminisyration et laissent derrière des espaces de désolation et de tristesse.

    Concernant "LE CLIMAT" et la problèmatique complexe de l'environnement, je pense que l'humanité devrait resviser son modèle de consommation, copié sur l'occident et de plus en plus mondialisé. Elle devrait également et en concommitance maitriser les phénomènes démographiques .

    En souhaitant que vous lirez ces lignes avec indulgence, veuillez recevoir, Monsieur le Premier Ministre, l'expression de ma considération distinguée.

    OMAR CHIBAN
  • Rémi F.
    Le 10 Mars 2005 à 16 h 51 min
    Monsieur,

    merci tout d'abord d'avoir ouvert cette interface, c'est une riche idée, permettant de (re)construire un lien direct entre l'homme politique, que vous restez à mes yeux, et le citoyen lambda, que je suis.

    Je tiens ici à parler de l'emploi des jeunes, notamment des jeunes diplômés, parce que, égoistement cela me concerne, mais aussi parce que le constat est saississant.

    D'aprés une étude de l'APEC, au bout d'un an, 50 % des diplômés (bac +4,+5 - niveau cadre) sortis en 2003, étaient encore au chomâge. - le constat est certainement encore plus sinistre pour ceux sortis avec peu ou pas de diplômes -[source: http://aa.esiea.fr/IMG/pdf/resume_present_apec_4_octobre_2004.pdf]-

    Comment ne pas se poser de questions sur l'avenir d'un pays qui n'arrive pas à employer convenablement sa jeunesse !?

    Comment croire en "une société", au(x)Politique(s) qui vous disent "faites des études", que vous faites consciencieusement, pour ensuite se retrouver à faire des stages sous payés, sans statut et ne débouchant sur rien, que vous acceptez puisque, bien sur, vu la situation de l'emploi, "on ne doit pas faire le difficile"!?

    Que dire aprés 2 ans de Prépa, une Ecole de sciences politiques (il y a la même dans votre chère ville de Bordeaux d'ailleurs), un troisième cycle, et un master, lorsqu'on vous propose dans les agences d'intérim de cadre de faire du télémarkéting puisque, venant d'un milieu modeste, vous avez fait ce genre de travail pendant vos études (bien sur il n'y a pas de jugement de valeur sur les personnes faisant du télémarketing!)!?

    Que dire à votre conseillère en recrutement de l'APEC, qui à la lecture de votre CV, vous dit sérieusement : "que font vos parents!? " , qui malheureusement, ne connaissent personne et n'ont pas de réseau, alors même qu'ils se sont ruinés la santé pour vos études !?

    Que dire à ma compréhensive banquière (sa fille est exactement dans la même situation que moi) pour les remboursements des emprunts que j'ai du faire pour mes études et que je ne peux rembourser!?

    Que dire à mes parents qui ont toujours valorisé la méritocratie, que celle-ci ne paye pas ou peu!?

    Que dire à mon patron, qui m'emploie en stage pour 600 euros par mois (aprés 7 ans d'études et le niveau de vie sur Paris ce n'est pas lourd!) , alors même que la société fait 500 000 euros de bénéfice par an pour un effectif de 7 personnes, et qui enchaîne à mon poste des stagiaires !?

    Bien sur, je vous prie d'excuser ce billet d'humeur, qui, au fur et à mesure de son écriture a perdu beaucoup de son caractére généraliste (quoique je pense que beaucoup de personnes se retrouveront dans mes interrogations). C'est juste un billet d'humeur d'un jeune assez désespéré (même si j'ai parfaitement conscience que d'autres souffrent autrement plus que moi), mais comme je me refuse à pleurer, écrire me soulage,

    merci de votre compréhension,

    Respectueusement,

    Rémi F.
    Rémi F.
  • Frédéric NEUPERT
    Le 07 Mars 2005 à 22 h 27 min
    J'ai longtemps cru que le profit était créateur d'emplois.Malheureusement, ce quelles que soient les vociférations du patron du MEDEF, tel n'est plus ou pas le cas : la mainmise des "fonds de pension" (étrangers en majorité) et des financiers, plus généralement,sur les profits empêche que lesdits profits aient une répercussion sur la croissance et l'emploi.Ils ne sont pas créateurs d'investissement, du moins en France.Oui à la formation, oui à l'aménagement de la fiscalité mais oui, aussi, à l'Entreprise créatrice d'emploi et non des seuls dividendes des actionnaires.Nous aimerons de nouveau l'Entreprise lorsqu'elle retrouvera ses valeurs humaines qui en ont disparu.Signé :Un "libéraliste déçu".
    Frédéric NEUPERT
  • solange saint-arroman
    Le 05 Mars 2005 à 15 h 36 min
    Pour développer l'emploi et aider à endiguer le chomage, vous avez mentionné des solutions. Mais il faut aussi observer les dispositions irresponsables prises par le gouvernement en ce qui concerne la création d'entreprise et les TPE. "la sarl à 1€" c'est irresponsable. pas une banque n'ouvre un compte, personne ne facilite le développement, c'est l'échec garanti. Mais c'est une fabuleuse promesse. Qui mord ? Les jeunes qui s'endettent, les seniors qui portent préjudice à leur futur. ceux à qui on ne prête pas...
    Il faut comme en angleterre ne payer que ce qui est du et à terme échu, pas payer d'avance (exemple des charges qui grèvent tous les budgets d'entreprises)
    En France, le pays des idées et des innovations, nous savons qu'il vaut mieux exporter ses idées ou s'exporter soi-même, sous peine de ne jamais y arriver.
    Quand aux prêts bancaires, aux facilités, c'est une vaste plaisanterie. La formule "on ne prête qu'aux riches" est toujours d'actualité. Le reste c'est peanuts. Nous sommes devenus un pays de frileux, le pays de l'innovation réservée aus grands groupes, et je sais de quoi je parle, j'ai travaillé avec les DRIRE,et je travaille aujourd'hui dans ce domaine. Il faut parler et développer l'économie des réseaux, créer des mesures spécifiques à ce développement à fort potentiel.
    Il faut réformer le système bancaire, revoir les critères. Dans les autres pays, cela ne se passe pas ainsi...Dommage pour notre économie, et dommage pour l'emploi.
    Et puis on pourrait parler du manque de motivation...qui est une conséquence.

    Ceci dit, pour Hervé Gaymard, je me demande pourquoi il n'a pas simplement dit : "Je suis fils de marchand de chaussures, j'ai beaucoup travaillé et cela a porté ses fruits. Pour l'appartement, il n'y avait pas d'appartement de fonction, j'ai pris ce que l'on m'a proposé, la prise de fonctions au gouvernement se fait rapidement et on s'occupe dès lors de l'état et pas de ces question, même si c'est un tort". La vie trépidente et épuisante de nos ministres n'est pas percue, pas assez expliquée.
    On pourrait faire un jour un reality show puisque c'est la mode, Monsieur Trucmuche commence sa journée de Ministre à 6h et on ne le lâche plus jusqu'à 2h du mat. Et on verra si les lambris et les dorures lui donnent encore la force de protester et de s'occuper des questions domestiques.
    Pour une fois, ce type d'émission que je n'apprécie pas aurait une utilité.
    Je crois que la vérité coupe court aux histoires, mais pas toujours...Alors on se demande si ce n'était pas l'arbre qui cachait la forêt. On "crée des histoires" pour détourner l'attention, on sacrifie quelqu'un...La politique c'est aussi ça. c'est le côté le plus dur.
    Après on s'étonne qu'il y a une désaffection de la politique, mais ramener de l'intégrité et de l'authenticité dans ce monde là, aiderait à entrer dans un futur meilleur.
    Cordialement.SSA
    solange saint-arroman
  • eric carnaud
    Le 05 Mars 2005 à 15 h 10 min
    M. Juppé, travaillant dans le domaine de l'emploi, je ne pouvais pas manquer l'occasion de réagir à votre article et aux réactions de vos lecteurs. Je considère que le nombre de demanderus d'emploi est un paramètre mais il faut aussi regarder du côté de la durée du chômage. Si le turn-over était rapide, cela ne serait pas dramatique...
    Je n'ai pas le talent d'écriture de vos correspondants ou de vous même, aussi je ne ferai que quelques réflexions...

    1/ la formation est en effet un réel problème et les métiers manuels ont été totalement méprisés ce qui ne va pas sans poser problème pour les années qui viennent. Le slogan 80% d'une classe d'âge au bas a été dévastateur pour tous métiers qui nécessitent un Cap; Réhabilitons ces diplômes! Acceptons la sélection, tout le monde n'est pas capables de faire des études et pour faire quoi derrière???
    2/ l'apprentissage est bon moyen de formation mais à mon sens dévoyé par certaines entreprises qui n'acceptent que des jeunes de 16 ans pour ne quasiment rien payer et laissent sur le carreau des gamins de 19-20-21 ans qui après avoir galéré sont prêts à travailler dans le domaine concerné et eux ne trouvent pas de solution....
    3/ la formation des adultes n'est pas mieux traitée. Il y a là 2 formes de développement des compétences , une en interne de l'entreprise par le biais de stage et une participation financière symbolique en sachant qu'il faut que l'entrepruise joue le jeu. Et rares sont celles qui le font malgré les discours... L'autre est la formation en organisme, et là le parcours du combattant démarre pour trouver un financement...
    4/ le manque d'anticipation des entreprises. Beaucoup de PME ne veulent pas anticipé, formé, préparé leur personnel dans la perspective du "papy" boom.
    5/ Des zones rurales en désertification complète, les entreprises ferment, quelques familles pour espérer retrouver un emploi déménagent, les autres s'enkystent dans un chômage de longue durée ou dans des reprises d'emploi précaires ce qui les entrainent dans une spirale de pauvreté. Vous pourrez constatez qu' à quelques kilomètres des zones d'emploi, vous trouvez des secteurs vidés, appauvris.
    6/ des discours publics, des mesures ne poussant pas les demandeurs d'emploi à bouger, déménager (un déménagement coûte très cher pour un français modeste et au chômage...)
    7/des entreprises (et oui elles ne sont pas les chevaliers blancs...) refusant d'embaucher les personnes de plus de 48 ans sous je ne sais quel prétexte, mais s'obstinant dans ce refus. Les mêmes refusent d'embaucher des jeunes sans expérience et ont souvent des exigences abracadabrantesques...Et bien entendu ce sont elles que l'on entend pour dire que les chomeurs sont paresseux, qu'elles ne trouvent pas et j'en passe des meilleurs
    8/ il faudra bien un jour que chacun comprenne que les compétences disponibles parmi les chercheurs d'emploi ne sont pas celles recherchées par les entreprises pour des raisons diverses.
    Voilà, ce sera tout pour aujourd'hui même s'il y a encore beaucoup à dire. Il s'agissait des réflexions d'un français d'en bas confronté aux entreprises tous les jours.
    Pour finir, vous évoquez le problème des salaires du privé dans votre article, quid du public? Je connais l'état déplorabled es finances publiques mais, je dirige une équipe de 23 personnes, gère un budget de l'ordre de 600.000 euros et je gagne 2300euros par mois avec 8 ans d'expérience...
    eric carnaud
  • patrice Leclercq
    Le 05 Mars 2005 à 04 h 09 min
    Monsieur le premier ministre .

    Je suis ingenieur d'une grande ecole scientifique francaise , et je travaille depuis 20 ans pour une compagnie multinationale americaine qui est en train de quitter lentement mais surement l'hexagone malgre la tres grande qualite des ingenieurs Francais .

    Pourquoi ?
    Bien sur , pour de multiples raisons ,
    mais la raison majeure est ce qu'on appelle le cost total du people Year ....
    c'est a dire le cout d'une personne travallant en france toutes charges comprises compare evidement a ce cout dans un autre pays ....
    Hey bien ce calcul simplet sous excel montre que la France n'est pas competitive par rapport a plein d'autres pays ....

    Et , cerise sur le gateau , Bruxelle a offert a ma multinationale 5 millions d'euros pour ouvrir un centre en IRLANDE . ce qui a permis a ma multinationale preferee de se payer un batiment grand comme un stade de football qu'elle a remplit avec de brillants ingenieurs venus de pays Hors CEE qui sont en train de nous remplacer petit a petit .

    La France helas ne profite pas d'aides de la CEE ( hors agriculture ) et doit se frotter a des economies anglo saxones qui fonctionnent suivant des regles autres que celle de la France.

    Ceci fait que notre pays est en train de rester bloque devant l'obstacle qui est en train de se dresser devant lui , et reclame des reponses.

    Bien sur que ceux qui s'en sortent bien ne veulent rien abandonner de leurs privileges et ceux qui sont exclus payent cette situation de la non
    adaptation de l'economie Francaise au fonctionement a l'anglo saxone ...
    Alors , que se passe il ? et bien le bateau coule lentement mais surement .

    Les riches partent en suisse ou belgique , les classes moyenes travaillent en voyant leur niveau de vie fondre comme la neige au soleil , la classe ouvriere trinque , et les RMIstes continuent leurs activites.

    Quand au plus dynamiques ils sont partis en californie ou 50 000 francais travaillent en font prosperer la vallee du silicium ....

    Je pense franchement que la 5 eme republique est devant son defit le plus important apres la decolonisation realisee par le general en 1960

    Je pense que vous aviez raison d'essayer d'aller au canada une annee.

    Bien sur , les clef du probleme francais actuel sont a checher dans les differences avec le monde nord americain ....
    Le modele economique nord americain est en train de dominer le monde entier
    Et nous ,francais sommes en train de vouloir essayer d'imposer note modele Francais.
    MAis il est trop tard , la france doit le mettre a l'unison de ce modele economique le plus vite possible sinon nous allons etre balayes et mis au rencart , c'est pour moi ce qui est en train de se passer ....

    si ceci a ete utile , j'aurais pas perdu mon temps .
    cordialement
    La France d'en bas .

    patrice Leclercq
  • Claude-Christian PIERRE
    Le 04 Mars 2005 à 20 h 58 min
    J'entretiens moi-même deux blogs depuis plusieurs mois et je sais que la gestion de ce nouveau média fait la place belle à l'immédiateté; ainsi un commentaire sur votre post sur l'emploi daté du 28/02 et de surcroit venant après de nombreux autres, parfois très pertinents, a peu de chances de retenir votre attention passé le 3 Mars!. Ce n'est pas une raison pour ne pas le faire!
    Concernant donc le problème de l'emploi.
    Je rappelerai le principe des niveaux logiques (Korsinsky et Dilts) selon lequel on ne traite pas efficacement un problème au niveau où il se pose. Il s'applique parfaitement au problème posé par l'emploi en France depuis des décennies vu sous un angle politique.
    (Balayons au triple galop ces niveaux, une étude plus fine de chaque niveau serait plus efficace mais réclamerait carrément un bouqin!)
    Le premier niveau logique à considérer est celui de l'environnement. Le chômage en France est-il un problème d'environnement économique? Non! Certes nous avons connu quelques embellies (plus virtuelles que réelles) lors des périodes économiquement favorables ces dernières années mais rien de significatif et surtout de durable. Du reste pourrait-on accepter comme définitives des solutions qui seraient tributaires de la conjoncture? Non nous voulons retrouver un niveau d'emploi acceptable dans toutes les situations économiques.
    Le second niveau logique à considérer est celui des compétences et/ou capacités. Le chômage en France est-il dû à un manque de compétences de nos concitoyens? Certes non! Nous sommes un pays éduqué même s'il existe un hiatus entre les compétences acquises dans l'enseignement et celles utilisées dans le monde du travail. De fait l'adaptation des employés à leur job se fait assez rapidement . Si l'on avait besoin d'une preuve à ce sujet il n'y aurait qu'à se reporter aux excellents résultats obtenus par notre pays en matière de productivité des français.
    Le troisième niveau logique est celui des croyances. Là on commence à entrevoir un soupçon. Pérénité de l'emploi,linéarité des carrières, sécurité donnée par les diplômes, avantages acquis, etc., autant de croyances devenues obsolètes et limitantes qui font pourtant le fonds de commerce de la plupart des "défenseurs" de l'emploi, alors que le monde nous montre que le changement est la seule constante de nos sociétés et l'adaptabilité une vertu cardinale.
    Le niveau logique juste au dessus est celui de l'identité. Et là on touche le niveau où se situe les solutions. Or ce niveau, avec le précédent, est éminemment celui du politique. Ce niveau de l'identité est celui de la "mission", mission de chacun d'entre nous et de la communauté nationale à laquelle nous appartenons.
    Vous le remarquiez vous-même dans votre texte en citant François Mitterand :"on a tout essayé". En effet tout ce qui est du même niveau que le problème du chômage a été essayé. Globalement les mesures que vous préconnisez sont toutes bonnes en elles-mêmes et - pardonnez-moi - aucune n'est franchement nouvelle, alors pourquoi "ça n'a pas marché"? Parce que plus de la même chose amène plus du même résultat.
    La politique est un besoin en soi pour la vie en société et je déplore que l'essentiel des hommes et femmes qui disent en faire se bornent à faire de la gestion, parfois désastreuse.
    Revenons en au problème de l'emploi. Les mesures que vous et d'autres préconisez ne sont pas en cause par elles-mêmes mais elles sont de mon point de vue du domaine de la gestion et il faut en rendre responsables ceux qui sont en place pour gérer (chefs d'entreprises, enseignants, administrations diverses et variées, etc...). Sauf que c'est insuffisant et que les politiques, ceux qui ont en charge la conduite et l'adaptation de notre pays aux réalités du moment, ceux qui ont en charge de définir des visions pour demain, de précéder les évolutions des mentalités ... doivent assumer leurs vraies responsabilités. Il s'agit de décripter, puis décrire et accompagner les changements de la société en faisant des choix pertinents mais surtout en fixant des idéaux mobilisateurs et non pas en donnant des recettes. Parlez des ambitions pour les français dans leur vie personnelle et aussi en tant que membre d'une région d'un pays, d'un bloc européen. Evidemment c'est difficile, très difficile, de convaincre si l'on s'en tient à des paroles creuses, c'est difficile de trouver autre chose que la "grandeur de la France", le Concorde ou le paquebot France, ou même la construction européenne, mais c'est là, dans l'énoncé d'ambitions mobilisatrices, que réside l'action politique et sa noblesse. Cette action peut être déclinée à tous les niveaux: du maire de la petite commune au président du conseil général et au Président de la République en passant bien entendu par tous les députés. Je pense qu'il n'appartient pas vraiment aux politiques de dire comment faire mais quoi faire et surtout pour quoi (en deux mots). C'est à eux de donner du sens à l'action citoyenne (expression galvaudée peu agréable à l'oreille je le reconnais). Bien sûr ce ne peut être l'apanage que d'un petit nombre, cela réclame l'exercice de talents exceptionnels, des vertus de grandeur d'âme, d'altruisme, et bien d'autres ... peu communes, mais c'est là la grandeur et la nécessité du politique. Il y a pour moi une véritable différence de mission entre le meilleur PDG du meilleur groupe international et un grand homme politique. Je pense que la situation particulière dans laquelle vous vous trouvez en ce moment est pour vous une opportunité fantastique de réflexion sur la dénaturation du politique qui ne sait semble -t'il que réagir en mode gestionnaire. Crise d'identité des "politiques"? Sûrement!
    Félicitaions pour votre blog! Je lis également celui de vos "concurrents" et je préfère votre ton ... de loin!
    Claude-Christian PIERRE
  • stephane vedrenne
    Le 03 Mars 2005 à 15 h 42 min
    Au lieu de baisser des impôts sans contrepartie, ainsi que les plus-values boursières, pourquoi ne pas... être plus incitatif en terme de consommation pour encourager la consommation.

    Je m'explique : aujourd'hui, il n'y a jamais eu aussi peu de réductions fiscales pour ceux qui consomment et donc créent des emplois. Par exemple, au lieu de réduire les impôts, j'aurais volontiers dit "oui" à un "retour de la juppette" (ou baladurette...), autrement dit une prime à la casse auto. De même, au lieu d'accorder des réductions d'impôts à ceux qui font poser un hammam (!!!) chez eux, pourquoi ne pas accorder un avantage à ceux qui améliorent leur habitat, achétent un ordinateur ou que sais-je encore.

    Bref, oui à moins d'impôts, mais uniquement pour ceux qui font tourner l'économie de notre pays !
    stephane vedrenne
  • robert roecklin
    Le 03 Mars 2005 à 15 h 33 min
    dévelloper le service aux personnes est certes louable. Mr borlo agit dans ce sens apparemment.
    Néanmoins les TPE commerciales de quartier du type repasserie, pressing, laveries... seront concurrencées de façon assez déloyale puisqu'elles paient, elles, leurs salariés, la TVA 19,6%, l'IS, La taxe professionnelle, les fournisseurs qui eux aussi ont des salariés et paient des charges diverses etc...bref ces TPE ne déduisent rien de leurs charges et impôts et elles subissent déjà la concurrence du travail au noir et celle des chèques emploi-service. Créer des emplois de services (que je crois précaires) qui aggraveront la situation et
    entraineront pour ces entreprises une perte de chiffre d'affaires , des suppressions d'emploi etla disparition d'entreprises me parait une fausse bonne idée.

    Néanmoins, Bravo pour votre blogue, continuez !
    La politique c'est un peu comme la météo. un jour il fait froid, un jour il pleut, il grêle, il gèle, puis le soleil revient et la froidure est oubliée.
    robert roecklin
  • Nicolas Chabert
    Le 03 Mars 2005 à 01 h 09 min
    M. Juppé,

    Je viens de découvrir votre blog et j'en apprécie les qualités. Vos remarques sont réfléchies et brillament expliquées et c'est un réel plaisir pour moi de pouvoir correspondre avec vous. Cependant, je me permets d'émettre des réserves sur vos solutions et pistes à étudier pour résorber le chomâge :

    1)Votre idée sur la formation me semble intéressante mais je ne suis pas sûr de bien comprendre ce que vous voulez réellement... S'il s'agit d'améliorer la communication entre le monde de l'éducation et l'entreprise notamment en terme de débouchés et par-delà réduire le chômage des jeunes, cette première piste me semble intéressante car il y a trop souvent des décalages entre les aspirations des jeunes (inculquées par l'éducation nationale et les universités) et le marché du travail. Pour autant, la professionnalisation de l'éducation ne résout pas tout ! Moi même étant jeune diplômé d'une école de commerce et d'un DESS de gestion, j'ai à mon actif 2 ans d'expériences professionnelles. Pour autant il m'a été très difficile de trouver un travail car les entreprises souhaitent embaucher des personnes immédiatement opérationnelles avec des compétences précises et rechignent souvent à les former (trop chères disent elles!).

    D'autre part, les médias n'en parlent pas beaucoup, mais trop souvent les grosses entreprises ont tendance à abuser du système des stages (aucune charges sociales et aucunes obligations de rémunération!) en remplaçant des poste salariés (et donc une embauche définitive!) par des stagiaires successifs peu chers et malléables à merci. Voilà le revers de la médaille : on réduit a là fois les embauches et les salaires.

    Peut être suis je hors sujet car faisiez vous référence aux études professionnelles courtes mais je tenais tout de même à aborder ce point avec vous et vous faire prendre conscience qu'être jeune diplômé français en 2005 ce n'est pas une sinécure! La vérité c’est que le diplôme protège de moins en moins.

    Ce n'est d'ailleurs pas une nouveauté en France : le taux de chômage des jeunes est largement supérieur à la moyenne européenne et ce, quelque soit le niveau d'études.

    Quelles solutions concrètes préconisez vous pour endiguer ce fléau ?



    2) Les autres point que vous évoquiez tels les nouveaux emplois dans les services et "la croissance par l'innovation" ne me posent pas de problèmes. Ce sont également pour moi de bonnes pistes à explorer. Cependant, la réduction du coût du travail et une plus grande flexibilité de l'emploi sont pour moi des thèmes vus et revus. Depuis les années 90, nous menons une politique libérale de réduction du coût du travail. Quels en sont les effets? les chiffres le prouvent : plus de chômage et de précarité. Beaucoup d'entreprises profitent de "cet effet d'aubaine", réduisent leurs coûts et n'embauchent pas pour autant. Les groupes français annoncent des résultats records alors que les salariés (ceux qui ont la chance d'avoir un emploi!) se voient imposer une austérité salariale depuis les années 90. Pourquoi ne changerions nous pas de politique en rétablissant un état providence fort ? Qui n'hésiterait pas à mettre en place une politique de relance? L'Europe pourrait être la solution en coordonnant nos économies et nos orientations politiques?

    Pour conclure, comme vous le disiez si bien, personne ne détient la baguette magique qui permettait de régler le problème. Pour moi, la solution viendrait de l'Europe politique mais à l'allure où celle-ci se monte bien des choses se seront passées. Le problème n’est pas tant moins économique que l’absence d’une véritable volonté politique. L’Etat serait il en crise ?

    J'espère que vous lirez mon message et que celui-ci vous fera réagir.

    Cordialement,

    Nicolas, un jeune diplômé qui veut vous alerter sur la rudesse du marché du travail envers les jeunes
    Nicolas Chabert
  • T. T.
    Le 02 Mars 2005 à 01 h 23 min
    Bonsoir monsieur,

    Je vois (avec plaisir) que vous lisez certains rapports publiés récemment. Ceux-ci proposent quelques idées « innovantes » pour résorber le chômage, idées que vous semblez partager en partie (développer l'emploi dans le domaine des services aux particuliers, baisse du coût du travail mieux ciblé,etc.). Bravo. Reste à convaincre vos amis politiques (de droite, évidemment, mais de gauche aussi, peu m'importe) d'appliquer pleinement ces idées. Si le projet vous tente, j'aimerais vous conseiller la lecture du livre de Pierre Cahuc et André Zylberberg Le chômage, fatalité ou nécessité ?, qui avancent des idées neuves et rafraîchissantes sur le chômage. Gageons que ces idées sauront vous convaincre et que vous aurez envie de les faire circuler.

    Vous dîtes qu'il « faut »investir dans la recherche. J'aurai une question et une remarque à ce sujet. Tout d'abord, qu'entendez vous par « recherche » ? Pensez-vous à la recherche fondamentale ou à la recherche appliquée, qui sont deux choses assez différentes ? La France souffre aujourd'hui de son retard en matière de recherche en générale. Ce retard nous sera à l'avenir d'autant plus préjudiciable qu'il pèse essentiellement sur la recherche fondamentale. Les raisons en sont multiples et complexes. Vous êtes un universitaire, je suis sûr que vous les connaissez. Cela m'amène à la remarque suivante : la recherche n'est pas qu'une question de moyens, c'est aussi (surtout ?) une question d'hommes (et de femmes bien sûr). J'aurais donc deux questions. A votre avis : 1) s'est-on déjà posé la question, en France, de savoir quel était le meilleur système/moyen pour « produire » des chercheurs de très hauts niveaux ? 2) dans la mesure où ces derniers sont (potentiellement) « produits », nous donnons nous les moyens de les inciter à poursuivre dans cette voie ? Merci pour vos réponses et à très bientôt sur votre blog.
    T. T.
  • Florent MACHABERT
    Le 01 Mars 2005 à 22 h 12 min
    Je suis d'accord avec la plupart des pistes de sortie de crise que vous proposez.
    Toutefois, je ne partage qu'à moitié la façon dont vous suggérez de s'y prendre en matière de baisse des charges.
    En effet, le budget de l'Etat est criblé de dettes, à cause - en large partie - de 20 ans de plombage socialiste.
    Ne serait-il pas plus judicieux qu'un gouvernement ait enfin le courage pendant 5 ou 10 ans d'assainir entièrement les finances publiques, en obtenant un budget équilibré ? Une fois ce préalable réalisé, oui à une baisse des charges qui à mes yeux ne fait sens que sur un budget équilibré ! Celle-ci doit cependant - je vous rejoins à ce stade - être ciblée sur les plus jeunes et les plus anciens d'entre nous, au chômage, pour éviter le danger des corporatismes, et non par secteur d'activité, ce qui serait de toute façon politiquement injustifiable...

    En la matière, laissons la Grèce loin derrière nous et tâchons de nous inspirer du modèle belge.

    Florent MACHABERT
  • Sylvain VALE
    Le 01 Mars 2005 à 17 h 09 min
    Je termine à l'instant la lecture d'une histoire contemporaine d'Anatole France. C'est un vrai plaisir de redécouvrir l'œuvre d'Anatole France à travers les quatre romans qui forment cette Histoire contemporaine. L 'Orme du mail, Le Mannequin d'osier, L'Anneau d'améthyste et Monsieur Bergeret à Paris nous offrent un remarquable tableau panoramique et satirique de la société française à la fin du 19ème siècle. François Taillandier, dans son intelligente préface, note que si l'ensemble vise à la fresque, l'architecture reste souple. France se tient entre la chronique et le roman.
    La personne de M. Bergeret, fin lettré, esprit libre, traverse allégrement ces quatre livres qui furent d'abord publiés en feuilleton. Bergeret, le porte-parole d'Anatole France, est incontestablement le personnage le plus proche de lui.
    Professeur de lettres anciennes, malheureux en ménage, Bergeret est plongé dans un monde pittoresque où se croisent un général républicain, un sénateur corrompu, un évêque magouilleur, un préfet, un libraire, un orfèvre... Et une ribambelle de personnages calculateurs, hypocrites, intrigants, courtisans. Toutes les classes de la société se côtoient ici, ecclésiastiques et militaires, francs-maçons et hommes politiques. Aujourd'hui, si les figures de la vie provinciale ont changé, le jeu social est grosso modo le même.
    Anatole France, certes, n'est pas Balzac. Il n'en possède ni férocité ni la puissance inventive; il nous offre toutefois une Comédie humaine en réduction fort réjouissante. France a du style, de l'élégance, de la finesse, de la légèreté. Un fond de sagesse et de lucidité qui réconforte. C'est un humaniste. Il ne manque pas d'une certaine verve pour décrire la France du 20ème siècle qui s'annonce.
    Il a le cœur à gauche et dénonce la bêtise humaine. Sa clairvoyance moqueuse ne va jamais sans une certaine mansuétude. C'est l'écrivain du bon goût, plus proche de Giraudoux que de Barrès. Son domaine est la raison, la probité, la pudeur. Il fuit l'outrance. Les excès, la boursouflure, le cri, la rage, la véhémence, les abîmes lui sont étrangers. Il est sceptique avec indulgence. Il sait qu'il est illusoire de rechercher l'adhésion de tous. "Les jugements des hommes sont divers et il n'est pas un seul endroit au monde sur lequel se fasse le consentement unanime des esprits." Il nous peint une société engluée dans sa médiocrité. La vie d'une petite ville de province, les machinations autour d'un fauteuil épiscopal, le portrait de Bergeret, ses ennuis conjugaux, ses relations professionnelles ou amicales, ses opinions, forment une chronique plutôt éclairante de la France d'alors.
    Parce qu'il ne dissimule rien des faiblesses humaines, on a reproché à France son scepticisme. Pourtant le scepticisme n'est pas synonyme de négation et d'impuissance. Etre sceptique n'empêche pas de se passionner pour le sort de l'homme et du monde, ni de lutter contre l'intolérance, le fanatisme, la haine, la cruauté, ni même de s'engager dans les luttes sociales ou religieuses. Pour Anatole France, "les hommes ne sont pas bons naturellement mais ils sont moins féroces quand ils sont moins misérables".
    Faut-il le rappeler? Anatole France est mort à 80 ans, il y a 80 ans. Après l'avoir beaucoup louangé de son vivant, on commença par cracher sur son cadavre avant de l'oublier. Les raisons de ce rejet? Claude Aveline, ardent et fidèle défenseur d'Anatole France, en a avancé quelques-unes: "En 1924, le monde intellectuel se débarrassa rageusement d'une œuvre illustre qui n'avait cessé de servir l'intelligence, la logique, la clarté jusque dans ses plus extrêmes conséquences révolutionnaires. Elle était de forme traditionnelle: on décida qu'elle ne pouvait être vivante d'aucune manière. Elle semblait accessible au grand public: on l'estima bourgeoise. Elle préférait l'ironie aux éclats: on la jugea méprisable." Pour ma part, je considère que l'œuvre d'Anatole France apporte à la cause de la liberté une contribution non négligeable.
    Par les temps qui courent, où il est beaucoup question de "citoyenneté", c'est une œuvre qui pourrait être utilement recommandée à la jeunesse.
    Sylvain VALE
  • Antoine Siffert
    Le 01 Mars 2005 à 13 h 36 min
    Bonjour monsieur Juppé,

    Quel serait l’impact de la mesure économique suivante ?
    Si pour toutes les petites entreprises qui passent de n à n+1 employés, on exonèrerait de toutes charges sociales l’emploi n+1 ? De façon ponctuelle on rend gratuit ce dernière emploi avec un mécanisme de contrôle qui permettrait de mettre fin à cette exonération quand l’entreprise repasse à n employé.
    La perte de recette par la sécurité sociale est compensée par le nombre décroissant de chômeurs et l’effet d’aubaine semble, peut important si cette possibilité est limité dans le temps (un peu comme une période de soldes).
    Quant au coût politique, favoriser l’entreprise quand ce n’est pas au détriment du service public semble ne pas poser de problème.

    Amicalement,
    Antoine Siffert
    Antoine Siffert
  • Charles-Alexis CHENE
    Le 01 Mars 2005 à 10 h 53 min
    Bonjour Mr Juppé.
    Je ne peux que réagir a votre article sur les éventuelles solutions pour enrayer la hausse du chomage.
    En fait, je suis un peu dégouté par ce qui se passe en France, je dirais en "off line"
    J'écoute comme tout les matins Europe 1 et j'entends quoi? Que 360 francais avec des grosses fortunes partent en Suisse, à Monaco etc etc.... Moi, je dis stop! Y'en a un peu marre que les francais moyens payent des impots pour payer des infrastructures, des écoles, mais aussi, se serrent la ceinture pour améliorer la santé de leurs entreprises (ne soyez pas étonnés, mais je pense qu'il y'en beaucoup plus qu'on ne veut le croire, des personnes comme ca.)
    Et le malheur dans tout ca, c'est que ces grosses fortunes profitent directement ou indirectement des succées des réalisations des francais moyens.... Je suis tellement révolté que je suis du coup, peut etre plus tout a fait clair...! Donc, j'ai eu une idée... Je me suis dit, je me met a la place de ces gens la, et je me dis que, si on me montrait que l'argent que j'investis sert directement a quelque chose, peut etre que je donnerais plus volontier...!
    Alors, pourquoi ne pas attribuer par exemple, la totalité des recettes de l'ISF a la recherche et aux developpement des nouvelles technologies.
    Ces francais seraient alors flattés de participer aussi activement au dévellopement de la France...
    Pour conclure, je voudrais juste dire que j'aimerais un jour, pouvoir payer beaucoup d'impots.... Je pense que certains qui veulent garder "leur liberté de penser" feraient mieux, a votre maniere, apprendre ce qu'est l'humilité...!
    Bonne journée
    Charles-Alexis CHENE
  • sébastien ditleblanc
    Le 01 Mars 2005 à 10 h 46 min
    Je partage votre analyse et les pistes que vous préconisez.
    J'ajouterai qu'il est urgent de réussir. D'une part, parce que d'autres pays ont des résultats et que nous ne saurions rester ainsi indéfiniment à la traîne. D'autre part, parce que l'absence de résultat entretient l'idée qu'en la matière la gauche et la droite sont également impuissantes. Dieu sait vers qui se tourneraient alors les Français.
    sébastien ditleblanc
  • Marc Bellet
    Le 01 Mars 2005 à 00 h 46 min
    M.JUPPE, je suis d'accord avec vous pour dire : "une seule priorité, l'emploi". Elle doit faire partie des responsabilités premières de nos dirigeants. Le fait que ce problème reste la préoccupation principale des Français suffirait à le justifier.
    Mais votre démarche va bien au-delà.
    Parce qu’elle est intimement liée à celle du travail, la question de l’emploi est au coeur de la contradiction que vous pointez en concluant votre réflexion par : "Il faut une politique cohérente et persévérante alors même que l'opinion est incrédule et impatiente."
    C’est tellement vrai que nous retrouvons, si j’ose dire,l’emploi à chaque « coin de rue ».
    Voulons-nous parler de l’avenir des systèmes de retraites et de leur financement ? L’emploi est le coeur du sujet.
    Voulons-nous aborder l’avenir de la sécurité sociale, de l’assurance maladie ou plus généralement des systèmes de protection sociale ? L’emploi en est la clé.
    Débattons-nous de la montée de la pauvreté ? Du désespoir vécu par un trop grand nombre de jeunes dans les cités populaires face à un avenir qu’ils perçoivent comme bouché ? Nous retrouvons encore l’emploi et la nécessité absolue d’éradiquer le chômage.
    Mais ce n’est pas seulement vrai dans le domaine social.
    Le champ politique est profondément imprégné de cette réalité.
    C’est bien sur leur incapacité à s’attaquer structurellement au chômage de masse que les gouvernements sont désormais sanctionnés à chaque consultation électorale en
    France et en Europe.
    Cela nécessite avant tout, une vision globale et profondément novatrice
    pour aborder l’ensemble des questions de l’emploi.
    Ne faut-il pas considérer globalement que le travail doit devenir le moyen de
    créer les richesses au service du progrès social et humain?
    Dans l'affirmative le travail devient donc précieux pour la socété. Aussi je pense que l’emploi doit être sécurisé jusque dans ses évolutions.
    La formation doit être intégrée comme outil majeur de cette sécurisation et de l’élévation nécessaire des qualifications. Elle doit être le vecteur d’une conception civilisée et choisie de la mobilité, indispensable
    à l’ère de la révolution informationnelle. C’est donc un processus inovant du marché du travail
    que nous devrions enclencher en même temps qu’un processus d’éradication du chômage.
    Comme on le voit, cette conception globale, cohérente,réellement transformatrice, permet de décliner et de concrétiser cette démarche sur de multiples dimensions. Conçue avec cette ambition et en prenant en compte les quelques pistes que vous avancez , vous ne pouvez qu'insister sur l’importance de l’innovation nécessaire en matière de conception et d’élaboration du politique,dans une période où son rôle est tant contesté.
    Vous dites avoir " pris du recul par rapport à la vie politique active et je veux m'en tenir à cette attitude." Rester à lécart de ce défi à relever (que vous définissez vous-même comme "la seule priorité") ne vous ressemble pas et serait nuisible pour l'avenir de la France et pour celui l'Europe.Personne n'a "de baguette magique", mais certains ont de grands desseins pour leurs concitoyens encore faut-ils leur rester fidèle et répondre présent dans les moments où le "bateau tangue". Nelson Mandela est rester 27 ans en prison sans jamais quitter la barre du gouvernail qui a conduit son peuple à mettre à bas l'apartheid. Alors....

    Marc Bellet
  • Olivier Lacroix
    Le 28 Février 2005 à 23 h 04 min
    Je pense aussi que la recherche est le meilleur investissement que nous puissions faire.
    Il y a certaines pistes à explorer :
    Une meilleure utilisation des ressources humaines.
    Je ne comprend pas pourquoi tant d'ingénieurs X, A&M ou Centrale occupent des postes qu'ils ne devraient pas occuper, pourquoi les "meilleurs" ne s'investissent que trop peu dans la recherche.
    Tout au long de mon parcours j'ai été amené à rencontré des passionnés bien meilleurs que certains polytechniciens mais qui n'avaient malheuresement pas les diplomes pour exercer.Que faisons nous de ces gens ?
    -Le métier de chercheur n'est pas assez prisé par les gens et notamment les jeunes, comment le rendre plus attractif que les sportifs et autres acteurs? N'y a t-il pas moyen de récuperer le systèmes des clubs de foot qui s'échangent les joueurs au mercato car ils correspondent mieux aux attentes de l'équipe?
    -La culture et en particulier les sciences ne sont pas assez proches des citoyens et en particuliers des jeunes.Je vais être assez rude mais aujourd'hui un jeune a plus facilement accès à une barette de haschich qu'à la loi de la gravitation dans son temps extra scolaire.
    N'y aurait-il pas moyen de faire d'une pierre deux coups en rendant la culture plus attractive, donc plus lucrative que la drogue et l'alcool pour ces jeunes qui par définition n'ont une vision de la vie qu'à très court terme ?
    Ne serait-ce pas le meilleur moyen de suciter des vocations ?
    Olivier Lacroix
  • Yves RICHARD
    Le 28 Février 2005 à 21 h 39 min
    bonsoir,
    Je viens de lire vos réflexions sur la croissance et l'emploi, et je me range (qui ne le ferait?) pour l'essentiel à vos analyses. Toutefois, dans vos réflexions futures, faites un noeud à votre mouchoir, pour ne pas oublier de réserver une place active dans notre société pour ceux qui ne deviendront pas ingénieurs ou chercheurs. Quand je dis active, cela signifie qu'ils puissent être partie prenante, et non seulement employés à domicile, d'un projet industriel ambitieux, d'une économie conquérante.
    Parfois, je me demande s'il est possible d'avoir des ambitions à long terme en abandonnant, comme nous le faisons, l'industrie de production. N'est-ce pas un moyen de fuir le combat, en nous reposant sur les efforts de nos gand-parents ? n'y a-t-il pas de la naïveté à croire (ou de la démagogie à faire croire) que nous serons en mesure de maintenir une telle avance technologique (à supposer qu'elle existe) qui nous mette hors de portée des puissances émergentes ?
    en tous cas n'oublions pas que l'économie est aussi l'expression d'un projet national, et qu'il est important que tous puissent y prendre part, chacun avec ses capacités. La création, à votre initiative, des zones franches urbaines me semble d'ailleurs aller dans le bon sens...
    Par ailleurs, au sujet de la recherche, je pense qu'il est urgent de remobiliser les entrepreneurs qui se sont un peu laissés aller au court-termisme des acquisitions tous azimuts en délaissant leurs savoir-faires, leurs ingénieurs, et en négligeant les investissements technologiques. Pourquoi ne pas créer des "établissements de droit privés" comme l'école polytechnique, mais financés par des entreprises, une sorte de mécénat scientifique (réservé à la recherche fondamentale). Ces établissements pourraient offrir à des chercheurs de haut niveau un cadre de travail privilégié et attractif, et leur prestige rejaillirait sur lesdites entreprises. L'état pourrait adopter des mesures incitatives (genre baisse d'impôts).
    bien à vous
    Yves RICHARD
  • jean-claude turcq
    Le 28 Février 2005 à 21 h 18 min
    bonjour,

    je suis RMISTE depuis plusieurs années, je me bats pour obtenir une formation qualifiante depuis des années (contrat qualif, etc..) et jusqu'à présent les services sociaux n'ont rien de mieux qu'à m'offrir de passer mon BAFA pour trouver du travail en entreprise (faut dire que le maire est socialiste). sans rien, sans avenir jusqu'à présent!

    bref, je galère depuis des années, et pourtant j'utilise internet pour récupérer des documents sur les math et la physique pour conserver un niveau d'étude "suffisant" dirons-nous.

    Ne croyez vous pas que si "un gouvernement" au lieu d'inventer contrat divers nommé à gauche ou à droite faisait un peu plus confiance aux "français" (je me pose continuellement la question de savoir si mon pays me considère comme tel ou comme un envahisseur!) dans mon genre en leur donnant les moyens d'exprimer leur talent et leur créativité au lieu de les emfermer dans des solutions débiles du PS/PC (RMISTE, Asso divers et j'en passe) la france baisserait largement son taux de chomage ??

    ne trouvez vous pas que la france d'aujourd'hui cherche un peu beaucoup trop à dire aux gens ce qu'ils doivent faire et penser pour s'en sortir dans la vie, plutot que de leur donner "réellement" les moyens de s'exprimer ?? (formation, ambition)

    si un smicard (par l'intermédiaire de son entreprise) pouvait faire valoir sa passion au bénéfice de son patron et de lui-même, une sorte de "donnant-donnant", l'économie forcerait, peut-être à ne pas s'enfoncer la tête dans l'eau !! non ??

    dire que mon rêve était de devenir développeur informatique et de créer ma propre boîte pour en faire une grosse, une vraie, à l'américaine !!...
    jean-claude turcq
  • Bruno Edelist
    Le 28 Février 2005 à 20 h 14 min
    Bonsoir.

    Votre analyse est très intéressante.
    Je voudrais juste rebondir brièvement sur l'une des pistes que vous développez pour la réduction du chômage : le retour de la croissance.

    Il me semble que votre exposé ne mentionne pas l'un des moteurs essentiels qui permette de stimuler cette dernière : la confiance.
    Comment voulez-vous que cette confiance s'instaure, quand chaque réforme entreprise recule au premier cri poussé par la rue peuplée de syndicalistes agrippés à leur privilèges ? Quand la pression fiscale - et non pas la seule fiscalité sur les revenus - ne cesse de croître ? Quand la réforme de l'Etat, cent fois promise et cent fois différée, n'est toujours pas sérieusement entamée afin de réduire le poids invraisemblable qui pèse sur notre économie ?
    Le problème à résoudre avant tous les autres, est de rendre aux Français l'espoir d'un avenir meilleur pour eux et pour leurs descendants. Si on y parvient, une partie de l'épargne (qui est considérable)reviendra rapidement dans le circuit de la consommation.
    Croissance, donc.
    Mais sans confiance, pas de salut ... Ni économique... ni électoral!

    Bruno Edelist

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Bonjour, vous avez pris le temps de me lire et me répondre.
Je tenais à vous remercier de cette forme d'engagement.
Rien que de m´apporter une réponse montre que nous partageons une passion, celle de notre pays. Pour ma part , je suis partisan du dialogue et, je vous remercie de l'avoir entamé avec moi.

Bien cordialement.
Alain Juppé
Alain Juppé 2017
5 ans pour l'emploi
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