Blog Notes d'Alain Juppé

Upper Canada Village

Publié le 04/10/2005 par Alain Juppé

Sur le conseil de deux amies françaises que nous avons rencontrées à Montréal à leur retour de 3 semaines de vacances au Canada, nous sommes allés passer la journée de dimanche dernier à Upper Canada Village.

Un village canadien des XVIII°/XIX°siècles, reconstitué dans l’Ontario, sur les bords du Saint-Laurent, à 160km de Montréal, nous avaient-elles dit. Je craignais beaucoup de me retrouver dans un « Disneyland » miniature. Mais la description était enthousiaste…

La journée était somptueuse. « Gorgeous day », selon la météo.
La lumière n’avait plus la blancheur parfois agressive de l’été. Elle colorait d’une chaleur douce et vive à la fois les eaux du Saint-Laurent, la forêt qui progressivement prenait les teintes jaunes et rouges de « l’été des Indiens », le bois patiné des maisons .
La reconstruction des édifices du XVIII°/XIX° était impeccable. Pas une faute de goût, pas un anachronisme.
Et nous avons commencé la balade, du moulin à farine à l’atelier de tissage, de l’imprimerie de la gazette locale à l’atelier de fabrication de chaussures… J’abrège.

Petit à petit, je me suis rendu compte que je glissais dans un autre univers, un autre temps, un autre rythme…

Etait-ce la présence de ces hommes et femmes en costume d’époque qu’aujourd’hui encore je veux continuer à prendre pour des villageois bénévoles, amoureux de leur passé?
Ils pétrissaient vraiment le pain, qu’ils cuisaient sous nos yeux et qu’ils vendaient à la boutique où nous en avons fait grande provision. Ils clouaient vraiment les semelles des chaussures, non point avec des clous de fer qui rouillent dans ce climat rigoureux, nous expliquaient-ils, mais avec des petites chevilles de bois qui résistent au gel.
Ils corrigeaient vraiment les épreuves de leur journal qu’ils avaient composées comme au temps de Gütenberg …

Etait-ce l’absence de toute rumeur « industrielle » ou urbaine? Aucun moteur de voiture ni d’avion ne nous privait des bruits du fleuve, des fermes, des conversations.

Etait-ce la lenteur de la promenade, l’absence de tout horaire à respecter, la joie des enfants?

Mais tout d’un coup j’ai respiré comme une intense goulée de bonheur et j’ai ressenti l’envie de m’arrêter.

A la fin du chemin, la sortie se fait obligatoirement par une boutique très achalandée,qui, elle, pour le coup, vous replonge brutalement dans le 21ème siècle…

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6 commentaires pour « Upper Canada Village »
  • patrick SCHMIT
    Le 17 Octobre 2005 à 22 h 33 min
    Ayant eu la chance de passer 1 mois au Canada (Montréal) entre le 15/12/95 et le 15/01/96 (cela vous rappelle peut-être quelques souvenirs du climat Français du moment), j'ai puisé dans ces gens une fraîcheur et pas seulement dûe au climat Canadien (-29°C avec "l'effet vent") et une bonne humeur qui donne une pêche d'enfer. Je pense que c'est toujours le cas car j'y ressent toujours cette joie de vivre quand j'y retourne, malheureusement pour des séjours très brefs. Le retour à Paris ressemble parfois à une douche Ecossaise...
    Profitez bien de ces moments, ils sont rares.
    Amicalement.
    Patrick Schmit
    patrick SCHMIT
  • Marie Mance Vallée
    Le 06 Octobre 2005 à 16 h 35 min
    Monsieur Juppé,
    Vous écrivez
    (...)Un village canadien des XVIII°/XIX°siècles, reconstitué dans l'Ontario, sur les bords du Saint-Laurent, à 160km de Montréal (...)
    Sauf votre respect, je trouve assez insultante et humiliante cette manière que vous avez de faire l'éloge d'un Canada ontarien du XVIIIe siècle. Connaissez-vous bien notre Histoire? Vouloir glorifier l'Ontario et par le fait même la conquête me blesse au plus haut point. En ce siècle de la conquête (1760), l'Ontario ne représentait rien de significatif. Ce n'est qu'après, et graduellement, que les Loyalistes venus des EUA, les Orangistes de Toronto encore bien vivants et aujourd'hui Bay Street ont donné naissance à l'Ontario (le Haut-Canada). L'Ontario n'existait pas. La Nouvelle-France s'étendait grosso modo de Plaisance(Terre-Neuve), en passant par la baie d'Hudson, ensuite jusqu'en Louisiane et remontait à l'est jusqu'à Port Royal. Comment peut-elle donner des leçons d'histoire? Qu'en sait-elle? C'est l'usurpation de nos symboles qui continue : vols de la feuille d'érable, de l'hymne national, du pin blanc, du castor, en fait de nos us et coutumes, et aujourd'hui, vol des idées québécoises (dossier des garderies entre autres) au profit d'un Canada unitariste et centralisateur. Le Canada est un pays qui est à la recherche d'une identité et pour cela, il utilise le Québec quand cela est nécessaire. Vous trouverez ici-même au Québec toutes ces attractions touristiques usurpées, par exemple le Village d'Antan de Drummondville, etc... Quant au «pain chaud et frais», le Québec n'a jamais cessé d'en produire et ce, depuis le XVIIe siècle, siècle de l'arrivée de mes ancêtres en Nouvelle-France; j'en consomme à tous les jours. N'oubliez pas que les véritables fondateurs de ce pays, c'est NOUS, Québécois d'origine française. Le Canada est un pays qui se cherche une personnalité et pour cela il grapille chez nous depuis 250 ans. De grâce, visitez le Québec et parlez-nous-en. Et n'allez pas comme tous ces Français qui nous visitent, vous pâmer d'admiration devant les unitaristes «canadian américains» et leurs grandes réalisations qui ne sont que de l'usurpation. D'autant plus que vous êtes notre invité après tout. Je préférerais que vous nous parliez du Québec et non de l'Ontario anglophone et francophobe, notre ennemi héréditaire Et je vous mets en garde contre les états d'âme parce qu'en ce pays, ils deviennent rapidement politiques.
    Marie Mance Vallée
    Autochtone française du Québec
    et Métisse



    Marie Mance Vallée
  • Denis Wallez-Maskay
    Le 04 Octobre 2005 à 20 h 33 min
    Cela fait bien longtemps que vous ne vous etes pas exprime' sur la Turquie en UE. Difficile pour vous de dire desormais que la Turquie n'est pas la bienvenue, peu dans votre nature de marquer votre distance avec la legitimite' de Jacques Chirac, mais tout de meme: ne trouvez-vous pas qu'il manque comme un minimum de respect democratique ces jours-ci ? Le Royaume-Uni imposant ses idees a Bruxelles, au mepris de la reserve qui sied a la presidence tournante; le peu de respect de Chipre (trop petit) et les negociations pas forcement louables avec l'Autriche... Clairement un manque de majorite' au sein des citoyens de l'Union quant a la question turque. Et neanmoins, on continue ? Et, non, ce n'est guere responsable de continuer sans convaincre au prealable les citoyens... ce n'est pas responsable de preparer un rejet lors du refendum sur l'adhesion turque, actuellement impose' par la constitution, en n'ecoutant guere les craintes exprimees... Quelle que soit la vision de l'UE, elle doit etre expliquee. Si possible sans les mensonges stupides d'E. Guigou qui nous dit que les filles turques sont aussi libres que les francaises ! A croire qu'elle n'y est jamais allee sans que le terrain soit preparee pour sa visite officielle... Bref, donnez votre vision s'il vous plait, donnez nous des elements de lecture qui puissent nous aider a avancer (ou a rejeter la droite aux prochaines elections puisqu'elle n'ecoute pas, mais ce n'est guere mon option preferee).
    Je sais, tout ca est bien loin du Canada, mais peut-etre la distance donne t elle de la profondeur de champ...
    Denis Wallez-Maskay
  • Charles-Alexis Chene
    Le 04 Octobre 2005 à 14 h 59 min
    Bonjour.
    Je me permet de réagir pour signaler que dans nos contrés un peu reculé, le charme de l'authenticité opère. Il existe une multitude de petits villages en France qui essaient, le temps d'une journée, de faire revivre tout les us et coutumes de nos ancêtres. De maniere générale, nous ne sommes pas obligé d'aller bien loin pour gouter à ces petits moments de vie qui permettent de nous cultiver, et d'apprecier notre patrimoine. J'ai eu l'impression en lisant votre message que vous étiez étonné que de telles choses puissent etre fait, et qui plus est, par des bénévoles. Je suis surpris aussi de lire les réactions et de voir que ces "fêtes" soient convoitées...! Et pourtant, ces fêtes de village souffrent d'année en année d'un manque de visiteurs.... Epoque étrange dites-vous ?
    Charles-Alexis Chene
  • gabriel fradet
    Le 04 Octobre 2005 à 12 h 05 min
    je connais cet emballement sentimental. Je reconnais les battements du coeur, les saveurs, les odeurs, le temps suspendu mais ce ne sont que révâsseries. Ce temps d'hier est aseptisé...il était aussi celui des sorcières de Salem et pire!
    Alors...je préfère Ouro Preto aux mythes canadiens qui ne résistent pas à la vérité historique, celle de l'homme tout court! Ouro Preto ne cache rien. Et Paraty non plus!
    Il n'y a pas d'érables mais une senteur vraie et non reconstituée du temps!
    gabriel fradet
  • Arthur de Kerpezdron
    Le 04 Octobre 2005 à 09 h 13 min
    Bonjour, je suis touché par l'expérience que vous avez vécu parce que je vis la même chose en ce moment. Après 30 ans sur Paris, ma femme et moi, en train de fonder une famille, avons fais le choix d'aller vivre sur la terre de nos ancêtres : la Bretagne.
    Nous avons posé nos valises à Saint-Brieuc et c'est vraiment un autre espace-temps. Sans croiser comme on pourrait le voir au Japon des anachronismes vestimentaires (bigouden, etc...), il y a une sorte d'ambiance générale qui fait que l'on est plus détendu.
    Une chose toute simple : vous voulez traverser une rue, et bien les voitures s'arrêtent dès que vous êtes en vue du passage piéton tandis que sur Paris, vous êtes obligé de vous engouffrer en espérant que la voiture qui arrive est équipée du dernier abs.

    Une chose qui m'a frappé également, ce sont les marchés... et bien en dehors du coup de la vie qui est moindre en milieu rural, on sent nettement ce côté plus familial qui fait que ces ambiances sont chaleureuses : tout le monde se connaît. Ce qui peut devenir un mal pour un citadin qui ne saurait pas s'intégrer...

    En tout cas j'ai l'impression que ces ressentis évoquent toujours en nous quel que chose de serein, de tranquilisant, comme si, hommes et femmes actifs dans une société en perpétuelle mouvement se souvenions, que, finalement, c'est ce à quoi on aspire...
    Arthur de Kerpezdron

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Bonjour, vous avez pris le temps de me lire et me répondre.
Je tenais à vous remercier de cette forme d'engagement.
Rien que de m´apporter une réponse montre que nous partageons une passion, celle de notre pays. Pour ma part , je suis partisan du dialogue et, je vous remercie de l'avoir entamé avec moi.

Bien cordialement.
Alain Juppé
Alain Juppé 2017
5 ans pour l'emploi
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