Blog Notes d'Alain Juppé

Vive l’euro

Publié le 19/01/2005 par Alain Juppé

Hier, l’euro a reculé face au dollar sur les marchés des changes. Il y a quelques semaines, il battait tous ses records de hausse.
Je comprends la perplexité des Français devant ces variations erratiques, que n’expliquent pas toujours les évolutions économiques réelles. Je souhaite que les efforts de certains gouvernements pour remettre un peu de calme sur les marchés soient couronnés de succès.

Mais regardons les choses avec un peu de recul.
On se rend compte que l’euro est, pour nous tous, une réussite et une chance.
Il a fallu beaucoup de courage pour satisfaire aux critères de Maastricht! Je me souviens qu’en juin 1995, nos déficits atteignaient 5,6% de la richesse nationale. Deux ans plus tard, grâce au travail de tous, nous en étions à 3,6%. Les gouvernements successifs ont poursuivi cette politique et la France a été exacte au rendez-vous de l’euro. Sa mise en place concrète, dans nos portefeuilles, s’est faite dans des conditions de rapidité et d’efficacité qui ont surpris tout le monde.
Aujourd’hui, l’euro est, pour nous, une chance extraordinaire .
Dans un monde globalement désordonné, voire chaotique, nous profitons d’une totale stabilité monétaire dans la zone euro, qui est, de loin, notre principal marché. Le fait que l’euro soit une monnaie qui inspire confiance permet à tous nos acteurs économiques de bénéficier de taux d’intérêt historiquement bas.
Tout ne va certes pas pour le mieux dans le meilleur des mondes.
Le taux de change très élévé de l’euro par rapport au dollar (malgré le fléchissement récent que j’évoquais en commençant) handicape assurément nos exportations. Mais, dans le même temps, il nous permet d’acheter meilleur marché à l’étranger les produits dont nous avons besoin (au premier chef le pétrole!) . J’ai déjà souligné qu’avec le même euro que nous, l’Allemagne accumulait des excédents commerciaux énormes (155 milliards, en augmentation de 2O% par rapport à 2003, +10% hors zone euro). Ce n’est donc pas le niveau de l’euro qui explique le recul de la compétitivité française.
Deuxième critique faite au système: les rigidités du pacte de stabilité et de ses critères.
J’ai moi-même demandé une réforme du pacte de stabilité et je me réjouis qu’elle soit en cours à Bruxelles. Je suis sûr que Jean-Claude Juncker, le premier ministre luxembourgeois qui préside actuellement l’eurogroupe, parviendra à dégager un consensus. Le pacte devra notamment mieux s’adapter à la conjoncture: quand il y a de la croissance, il faut accélérer la baisse du déficit pour se constituer des marges de manoeuvre quand l’économie stagne. Peut-être faut-il aussi compter à part certaines dépenses publiques , comme les dépenses de recherche.
Mais globalement, le pacte de stabilité énonce tout simplement des règles de bons sens : on ne peut pas durablement dépenser plus qu’on ne gagne, qu’on soit un Etat ou un particulier; il est blamâble de reporter, en s’endettant exagérement, le poids des dépenses d’aujourd’hui sur les contribuables de demain, c’est-à-dire sur nos enfants.Une commune, un département, une région n’ont pas le droit de présenter un budget en déficit. Ces collectivités locales n’ont pas le droit de financer par l’emprunt des dépenses courantes, par exemple les salaires des fonctionnaires qu’il faut payer tous les ans. Pourquoi les Etats s’arrogeraient-il ces droits sans aucune limite?
Réformer le pacte de stabilité, oui; s’en débarrasser, non car ce serait tuer cet euro qui fait la force de l’Europe.
19/01/05

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6 commentaires pour « Vive l’euro »
  • Jean-Baptiste Biard
    Le 27 Janvier 2005 à 23 h 53 min
    Bonsoir pour la deuxième fois !

    A propos de l'Euro, des déficits, et de la vie à crédit :
    - si l'Etat affichait clairement que son objectif est un déficit NUL et un endettement également nul ou minimal, le message politique serait moins tarabiscotté et l'adhésion plus forte. Débarassons nous des lubies Keynésiennes inapropriées depuis que le pouvoir de création monétaire a été entièrement dévolu aux banques, pour leur plus grand profit d'ailleurs, et puisque nous souhaitons tous une inflation faible. La charge actuelle de la dette est une hérésie en temps de paix.
    - la vielle bourgeoisie provinciale s'attachait tant que possible à n'être pas endettée. C'est d'autant plus choquant de voire le gouvernement actuel faire la promotion de l'endettement des plus modestes par l'incitation aux prêts à la consommation, stimulants à court terme, mais plus déprimant pour l'économie de leurs souscripteurs et de la nation juste après. Il ne s'agit que d'un "boost" temporaire, et qui ensuite coute trop cher.
    - que les entreprises empruntent, soit ! Très bien ! Mais on ne peut pas dire que les banques (La Poste en ce qui me concerne) fasse la promotion de FCP destinés à financer les moins grosses dans une optique "père de famille"... On propose surtout des placements dans les monstres du CAC 40 qui sont "créatifs" en matière comptable. L'information finanacière semble désespérément bidon, totalement suiviste, nourie de "seuils de résistance" fantasmagoriques, de modes irrépressibles et fugaces... Hum !
    - en ce qui concerne la parité Dollar-Euro et le différentiel de croissance entre les deux blocs, je suis sidéré que nul ne signale que la croissance américaine, depuis des années, et nourrie par un endettement massif des particuliers et de l'état, aidé par des taux avantageux, produits de la géopolitique et de l'histoire. A un moment, ça va casser. Et pourront-ils alors financer leur armée, leurs retraites, et quelle sera leur croissance ? Les anglais sont plus intéressants je crois...
    - l'information sur les soldes des échanges comerciaux existe. Celle sur les flux financiers est infiniment plus rare. Existe-t-elle seulement ? Elle serait pourtant cruciale. Quel est le montant des bénéfices produits par les entreprises établies en Europe (ou ailleurs), apparetenant à des américains et rapatriés aux USA ? Ca aiderait à y voir plus clair... Actuellement : opacité complête.

    C'est un sujet éminemment politique, encore autorisé en Europe, assez brûlant je pense, et jamais abordé sérieusement par les politiques français. Dans le cadre de la "ownership society" prônée là bas, de la confusion totale entre "liberté" et "libéralisme" (au sens français du terme) c'est un débat qui ne peut avoir lieu aux Etats-Unis actuellement. Ce qui ne nous empêche pas de nous en prendre plein le nez, bien sûr.

    Haut les coeurs !
    Jean-Baptiste Biard
  • claude marquet
    Le 26 Janvier 2005 à 11 h 35 min
    les politiques sont décidément toujours les mêmes (critique amicale )

    Vous qui avez des connaissances certaines en finance, gèrez vous votre budget personnel avec 3 % de déficit chaque année depuis 20 ans?

    Bien sûr le contribuable peut en cas de problème combler le déficit de l'état;mais si on ne fixe pas des règles strictes, on arrive un jour avec la situation américaine des déficits jumeaux abyssaux qui ne doivent pas tout à Busch.

    Je vous recommande sur le site "financial sense online" un article
    de Eric englund "Should the US Goverment's Sovereign Credit Rating be Downgraded to Junk?"
    (24 janvier )

    Bien cordialement
    claude marquet
  • Alexis Moniotte
    Le 20 Janvier 2005 à 21 h 21 min
    Cher monsieur,
    Tout d'abord bravo pour votre blog, on sent beaucoup d'enthousiasme de votre part a communiquer avec le peuple de cette maniere.

    je suis un jeune diplome de 23 ans, je souhaite vous transferer ci-dessous un article interessant paru dans le Monde il y a quelques jours parlant de la ''sinistrose'' des francais.
    Je fais parti de ces jeunes diplomes issus d'ecole de commerce qui partent faire leur carriere a l'etranger.
    Je me demande parfois si les politiques de notre pays realisent le nombre de personne de ma generation qui partent. Certes notre pays est fabuleux mais force est de constater que lorsque l'om voyage un peu, on se rend compte de la qualite de vie et du pouvoir d'achat superieur que l'on peut avoir ailleurs ( Australie nottament mais il y en a plein d'autres ). Pourauoi n'y a t'il pas de politique volontariste aupres des jeunes gens comme moi afin de les aider a retser au pays ? Actuellement je me sens dechirer entre l'envie de rester dans mon pays aupres de ma famille, de mes amis et de l'autre cote, d'avoir la certitude d'avoir une vie meilleure ailleurs au point de vue de l'epanouissement et du point de vue financier. Il n'est plus a demontrer la baisse dramatique du pouvoir d'achat depuis l'euro et je n'ai que faire de toutes ces statisitiques, chacun voit ce qui lui reste dans son porte monnaie a la fin du mois par arapport a il y a quelaues annees.
    C est pour cela qu'il faut que notre gouvernement OSE faire de rapides reformes sur le pouvoir d'achat, certe il parait avoir eu une legere baisse des prix avec la reforme Galland mais cette baisse n'est que symbolique et ne se sent pas. Il devient quasi impossible pour un jeune comme moi d'acheter un appartement a PAris, on nous refuse et meme le prix est prohibitif. En esperant que vous trouverez des solutions au probleme majeur de toute une generation.
    Voici l'article du monde ci-dessous.
    En esperant avoir un message reconfortant de votre part,

    Alexis

    La "sinistrose" à la française inquiète les politiques
    LEMONDE.FR | 18.01.05 | 14h55
    Les syndicats ont appelé à des grèves dans les services publics cette semaine, mais les Français paraissent plus prêts à une "grève par procuration" qu'à une véritable mobilisation. Leur pessimisme fait craindre au gouvernement que le référendum sur la Constitution européenne ne serve d'exutoire.
    C'est une note de quelques lignes, extraite d'un rapport de synthèse des préfets, en date de décembre 2004. On peut y lire: "Les Français ne croient plus en rien. C'est même pour cela que la situation est relativement calme, car ils estiment que ce n'est même plus la peine de faire part de son point de vue ou de tenter de se faire entendre.




    " Puis, un peu plus loin, "l'immigration, les délocalisations restent des thèmes ravageurs dans l'opinion. Le Front national continue à s'en nourrir et continuera à faire de très bons scores".

    Atonie, résignation, sinistrose, angoisse. Jamais les expressions pour désigner le moral des Français n'ont été aussi empreintes de pessimisme. Et pourtant… Alors que plusieurs grèves sont programmées dans les services publics cette semaine, aucun des acteurs - politique, syndical ou patronal - ne se risque à un pronostic sur l'ampleur et les effets de la mobilisation sociale. Comme si ni les préavis de grève (à La Poste, à la SNCF, à EDF, dans les hôpitaux) ni les manifestations annoncées ne pouvaient fonctionner comme un véritable indice de la mobilisation. En revanche, tous semblent s'accorder sur la cause du malaise : "la peur de l'avenir".

    "Les angoisses sociales sont devenues prioritaires", estime Stéphane Rozès, directeur de l'institut CSA-Op! inions. Tous les élus disent la montée d'un mécontentement sur la baisse du pouvoir d'achat. Les études d'opinion européenne traduisent un pessimisme collectif très fort doublé paradoxalement d'une relative confiance individuelle. On croit en soi sans plus croire dans ses dirigeants politiques, économiques et syndicaux. Le président de l'UDF, François Bayrou, évoque franchement "une crise de la société".

    Sympathie des Français. Une fois de plus, le mouvement social part avec les faveurs de l'opinion. Comme depuis décembre 1995 - et les manifestations contre le plan Juppé de réforme de la Sécurité sociale -, les fonctionnaires passent souvent pour les porte-parole de tous les salariés. L'expression de leur mécontentement serait celui de Français inquiets de l'avenir des services publics ou encore de l'inégalité devant les soins.

    D'où vient, cependant, qu'ils continuent de se contenter, notamment pour les salariés du privé, de cette "grève par procuration" dont on constate le phénomène depuis maintenant dix ans ? ! "Dans l'essentiel des études confidentielles que nous réalisons, explique M. Rozès, nous observons que les Français ont de la sympathie à l'égard des mouvements sociaux, mais qu'ils ont parfaitement intégré l'offre politique : le maintien de Raffarin au gouvernement et une opposition qui ne semble pas peser sur le cours des choses." Ils renoncent, du coup, à réagir eux-mêmes.

    La difficile réaction syndicale. Dans ce contexte défavorable, les syndicats cherchent à se rassurer sur leur capacité de mobilisation. Depuis 2003 et l'échec de la contestation de la réforme des retraites, ils redoutent une nouvelle défaite. François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, reconnaît ainsi que "l'inquiétude des Français est difficile à traduire en termes de mobilisation". Mais Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO, assure que "la question du pouvoir d'achat de tous les travailleurs et les inquiétudes sur l'avenir du service public seront au ! coeur de la contestation. Dans ces conditions, notrecapacité de mobilisation, émoussée depuis 2003, semble revenir seulement maintenant". C'est aussi l'analyse de Jean-Christophe Le Duigou, membre de la direction de la CGT, qui estime que "la situation salariale des fonctionnaires et les interrogations sur la fonction publique et l'hôpitaloffrent un nouveau contexte susceptible de provoquer une plus grande convergence syndicale".

    Denis Gautier-Sauvagnac, dirigeant du Medef, balaie cependant tout cela d'un revers de main. Ces mouvements sociaux sont, selon lui, "des manifestations tout à fait traditionnelles, dans le sens le plus conservateur qui soit. Avec la réforme des 35 heures, nous sommes peut-être au début d'un tournant. En parlant de temps choisi, le gouvernement a utilisé le bon vocabulaire, ce qui rend très difficile la réaction syndicale".

    Inquiétude au sommet. Quoi qu'il en soit, l'atonie, réelle ou supposée, des Français inqu! iète même au sommet de l'Etat. Pour Jean-Pierre Raffarin, seul! e l'inversion de la courbe du chômage permettra aux Français de retrouver un meilleur état d'esprit. En attendant, les ministres sont priés d'afficher leur optimisme. Nouveau ministre de l'économie et des finances, Hervé Gaymard explique qu'il mènera en 2005 "une politique économique déterminée, loin de la sinistrose entretenue par certains quant aux marges de manoeuvre des politiques économiques nationales".

    Toutefois les indicateurs compliquent pour l'instant la tâche du ministre. Le taux d'épargne des Français - un des plus élevés au monde avec 16% des revenus - traduit la crainte constante de l'avenir économique du pays.

    L'idée, pourtant, circule ouvertement au sein du gouvernement : "La sinistrose sera vaincue par la psychologie", résume le secrétaire d'Etat à l'insertion des jeunes Laurent Hénart. Toute la communication du ministère de l'emploi, du travail et de la cohésion sociale, que dirige Jean-Louis Borloo, va donc être centrée sur ! les patrons, afin de les convaincre de tirer profit dès maintenant des dispositions du plan de cohésion sociale (apprentissage, allégements de charges, etc). Les patrons accepteront-ils l'aubaine? M. Gautier-Sauvagnac tempère l'enthousiasme de M. Borloo : "Le dynamisme des chefs d'entreprise reste intact mais, depuis quelque temps déjà, les perspectives de croissance sont faibles. Les entreprises françaises ne réclament pas les salaires du Bangladesh ou la protection sociale chinoise, mais elles veulent être à armes égales au sein de l'Europe."

    L'enjeu du référendum. C'est sur cet arrière-plan d'une "société déprimée" que s'engage la campagne pour le référendum sur la Constitution européenne. Malgré les efforts du gouvernement pour redonner le moral aux Français, ce climat risque d'être défavorable aux partisans du "oui". C'est le danger que pointe M. Chérèque, pour qui le "gouvernement crée une attente énorme en expliquant qu'il suffit de travailler plu! s pour gagner plus. La déception sera à la hauteur des espéran! ces. Gare à l'abstention aux prochaines élections". "On ne sait pas, reprend M. Rozès, si les électeurs vont, ou non, instrumentaliser les échéances électorales pour exprimer leur mécontentement. Ils l'ont fait pendant les régionales. Vont-ils le faire lors du référendum?"

    Hôtes de l'Elysée, les chefs de partis favorables à la ratification ont tous averti Jacques Chirac du risque que faisait peser le climat social sur le "oui".
    Alexis Moniotte
  • lionel lindemann
    Le 19 Janvier 2005 à 23 h 23 min
    les dépenses de recherche sont contenues dans les 3%. ces 3% de déficit autorisés étaient initialement destinés à de l'investissement à long terme, dont la recherche fait bien entendu partie.

    demander d'exclure la recherche, c'est sous-entendre que les 3% de deficits sont normaux, et peuvent sans problème être utilisés pour les dépenses courantes.

    l'emprunt pour investir dans le futur a un sens. l'emprunt pour faire tourner la machine est une facilité qui devient vite une mauvaise habitude et qui vous fait (vous hommes politiques) généralement prétendre qu'il n'y a pas de marge de manoeuvre.

    il serait plus clair de se mettre d'accord sur une ligne de déficit spéciale en période de croissance faible ou de récession, à éponger dès la reprise.

    bien sûr un compromis est rarement aussi lisible :-)
    lionel lindemann
  • Victor Tremblot de la Croix
    Le 19 Janvier 2005 à 19 h 50 min
    je vous suis parfaitement quant à vos deux critiques de l'euro même si je n'ai guère apprécié la légèreté avec laquelle notre pays s'est écarté des règles de co-propriété et si je suis encore persuadé que des sacrifices nécessaires, des réformes douloureuses mais inévitables nous auraient permies et de retrouver la croissance et d'épurer les comptes ...
    Mais je voudrais vous suggérer une troisième critique ou plutôt un effet pervers de la monnaie unique. en créant une vaste zone de stabilité interne, la monnaie unique ne nous a-t-elle pas anesthésiés quant à la compétitivité de notre territoire ? je m'explique: jadis, une mauvaise gestion, de mauvais budgets étaient rapidement sanctionnés par les marchés financiers via le franc ce qui conduisait à une dévaluation mais constituait une alerte indéniable forçant à agir. aujourd'hui, libérés de la contrainte financière, nos gouvernements n'ont-ils pas trop tendance à se croire l'abri et ne prennent-ils pas la situation trop angéliquement, naïvement, refusant de voir le décrochage qui nous guette pour reprendre l'expression de monsieur camdessus??

    bien à vous,
    Victor Tremblot de la Croix
  • Marc BELLET
    Le 19 Janvier 2005 à 14 h 52 min
    " Le Monde est un Jeu de Go dont les règles ont été inutilement compliquées "
    (poète chinois)

    Dans le silence relatif des médias, la Chine a, en septembre 2004, menacé d’utiliser son droit de veto au Conseil de sécurité de l’ONU pour éviter au Soudan des sanctions pétrolières – moyen de pression envisagé par la communauté internationale sur le président El Beshir pour qu’il mette un terme aux exactions des milices musulmanes Jinjaweed au Darfour. Quand on sait que le pétrole soudanais représente presque 7 % des importations du brut chinois, la position de la Chine reçoit un début d’explication : il lui faut assurer et diversifier un approvisionnement indispensable en période de forte croissance quand elle entre en concurrence avec les autres grands consommateurs, Europe, Etats-Unis, Japon, Inde. En 2003, la Chine est devenue le deuxième consommateur mondial après les USA (demande de 5,56 millions de barils/jour), devant le Japon. L’Afrique représente environ 10% des ressources mondiales. Les Chinois y sont présents depuis longtemps. Ils ont développé, avec plus ou moins de succès, une politique alternative à celles de l’Ouest comme de l’URSS pendant la guerre froide. Réaliste, la Chine sait, comme elle l’écrit dans son livre blanc publié le 27 décembre 2004 “ La défense nationale de la Chine en 2004 ” qu’elle engage une partie difficile : « en tant que grand pays en développement, la Chine a devant elle une tâche ardue de modernisation, qui demande de travailler avec ténacité dans la durée ».

    Ténacité, prudence, sens de la durée : maîtres mots du jeu chinois.
    Marc BELLET

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Bonjour, vous avez pris le temps de me lire et me répondre.
Je tenais à vous remercier de cette forme d'engagement.
Rien que de m´apporter une réponse montre que nous partageons une passion, celle de notre pays. Pour ma part , je suis partisan du dialogue et, je vous remercie de l'avoir entamé avec moi.

Bien cordialement.
Alain Juppé
Alain Juppé 2017
5 ans pour l'emploi
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