Blog Notes d'Alain Juppé

Vive l’industrie

Publié le 05/01/2005 par Alain Juppé

Depuis des années l’industrie n’avait plus la cote en France. L’avenir semblait appartenir à une économie de services, seule créatrice d’emplois nombreux. Je crois me souvenir que tel patron de groupe industriel se fixait même pour objectif de se séparer de toutes ses usines! Quant à la politique industrielle, elle avait des relents de colbertisme gaulliste et suscitait méfiance, voire hostilité chez les zélateurs d’un libéralisme pur et dur.
Les choses sont en train de changer et c’est heureux.
Je notais récemment dans ce blog-notes que les mauvaises performances de la France en matière de commerce extérieur s’expliquaient notamment par l’affaiblissement de nos capacités industrielles dans les secteurs de haute technologie, sans oublier ceux des biens d’équipement où notre voisin allemand, malgré tous ses problèmes, continue d’accumuler de considérables excédents commerciaux.
Il faut donc réagir et lancer de grands programmes mobilisateurs. Il faut le faire d’autant plus vite que la mise en oeuvre de ces programmes s’étale sur une ou plusieurs décennies.
La difficulté est évidemment celle du choix.
Comment éviter de créer de nouvelles usines à gaz bureaucratiques d’où sortiraient des projets sans avenir parce que déconnectés des attentes du marché ? En d’autres termes, comment refaire Airbus et pas les « plans calcul » successifs?
Cette difficulté ne doit pas nous paralyser.
Le groupe animé par Jean-Louis Beffa, président de Saint-Gobain, semble tracer des pistes intéressantes; je dis « semble » parce qu’au moment où j’écris, le rapport de ce groupe n’est pas encore publié, et je n’en connais que ce que JL Beffa en disait ce matin à la radio. Mais on voit bien l’idée directrice : le succès reposera sur une étroite association public-privé , Etat-entreprises, aussi bien pour les choix stratégiques (biotechnologies, nouveaux médicaments, industries non-polluantes, voiture propre, énergies non-fossiles…)que pour les financements.
Cessons d’être naïfs, nous Français et plus largement nous Européens: les Etats-Unis d’Amérique que nous imaginons comme les champions de l’économie de marché, du libéralisme, de la libre concurrence et du capitalisme privé ont bel et bien une politique industrielle active. Ne serait-ce que par le biais des sommes gigantesques investies dans la recherche publique, notamment dans le secteur de la défense, avec des retombées en chaîne dans l’ensemble de l’industrie américaine.
Et puis, les grands projets, c’est bon pour le moral.Et le moral, c’est bon pour la croissance.
O5-O1-O5

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17 commentaires pour « Vive l’industrie »
  • P Leclercq
    Le 16 Avril 2005 à 11 h 41 min
    Mr le premier ministre
    Cher Alain.
    Vive l’industrie.
    Comment refaire Airbus et pas les "plans calcul" successifs? Voici donc une illustration a vos propos.

    Depuis très jeune, j’ai toujours été un fou d’aviation. Hélas j’ai jamais pu travailler dans ce domaine. En 1978 quand j’étais en math sup. , L’ENAC allait fermer ses portes, air France était déjà en crise….. Cependant j’ai quand même réussi a faire 200H de cmdt de bord sur petit avion prive.

    Une de mes idole a toujours été Marcel Dassault, son histoire et celle de sa firme est celle d’un ingénieur parmi les plus brillant.

    Dans le domaine de l’aviation légère, je vois bien le dynamisme américain se remettre en marche. Grace aux résultats d’études poussées de la NASA, une nouvelle génération d’avions est en train de naître avec les cirrus SR20. instrumentation écran LCD, avions en fibres Carbonne, motorisation diesel, parachute CAPS qui permet a la totalité de l’avion de descendre sous une corolle si un problème grave se pose …
    De même avec l’arrive de petits réacteurs, économiques ( avions eclispes ) qui vont envoyer les avions biturbines a hélices style King air au musée.

    Les Autrichiens sont aussi très en pointe avec Diamond aircraft. Mon ancien instructeur ex commandant UTA sur DC 10 ne tarit pas d’éloges sur ces machines.

    En France hélas, on est encore a la traîne sur ces nouvelles technos.
    Mais on voit bien la structure avec la NASA d’état, qui fait les recherches de pointes et appliquées … et après les PME PMI qui on accès a ces technos une foi qu’elles sont industrialisables. Sans avoir a supporter les risques de recherches et développement qui peuvent ne pas aboutir.

    Le partenariat judicieux Etat – PME PMI est crucial !
    Airbus, ayant finalement été lance par le programme concorde, flop financier mais succès technologique …suite aux caravelles.

    Pendant ce temps, En Europe nous allons faire un doublon du système GPS américain…. Franchement, ça va nous apporter quoi en plus ? On va avoir 2 GPS incompatibles par avion, la belle affaire ?
    Au niveau défense c’est important, mais question applications civiles, pourquoi faire un tel doublon ?

    C’est ce que j’appelle l’effet J Hallyday ( avec tout le respect ), lorsqu’il chantait noir c’est noir. Ce n’est qu’une pale copie du black is black

    Amicalement votre.


    P Leclercq
  • Raphaël Ader
    Le 10 Janvier 2005 à 01 h 51 min
    Cher Monsieur,
    D'abord un peu déçu de ne pas voir apparaître le message que je vous ai fait parvenir fin décembre, je me suis raisonné en pensant qu'il y avait plus important que mon petit égo. J'y étais peut-être trop personnel et j'y comptais sur Hossegor et sur vous trop de choses qui n'ont pas à être rendues publiques. J'en suis désolé.
    Une incise pour ceux qui doutent de l'authenticité de ce journal d'Alain Time (c'est de l'humour nul...), il suffit d'un whois. Fin de la parenthèse.
    L'industrie, pour moi, évoque deux choses : la Tour Eiffel et les puces de nos ordinateurs. La Tour, son fer que fabriquèrent les aciéries de mon arrière grand-papa, à Pompey, c'est le triomphe industriel. Jusqu'à Millau et son viaduc, merveille technologique ET industrielle. Et nos puces, qui ne sont que du sable un peu travaillé... industriellement. Vive l'industrie, porteuse de concrètisation de rêves, et pas seulement génératrice d'ouvriérisme imbécile. Les services ont toujours existé, depuis l'aube des temps. L'esclave qui aérait son maître à la plume d'autruche, qu'était-ce d'autre que du service ? Bizarre que cela soit encore classé dans le tertiaire économique.
    Maman a eu soixante ans hier, vous les aurez le 15 août prochain. Les soixantenaires n'ont jamais été aussi jeunes. Votre arrivée sur la toile le prouve. Et quel bonheur de savoir que vous pouvez ENFIN vous montrer tel que vous êtes.
    Bonne et heureuse année 2005 à vous, Clara et Isabelle.
    Raphaël Ader.
    Raphaël Ader
  • Paul Fourcade
    Le 09 Janvier 2005 à 16 h 49 min
    Extraits d'une étude sur le véhicule électrique datant de 10 ans et mise à jour.
    …L’ozone stratosphérique nous protège des UV. Le “ trou ” est donc très dangereux ; il vient de nos activités.
    L’ozone troposphérique ( atmosphère), à contrario, mélangée au CO est particulièrement dangereuse pour la santé. Dans les deux cas, l’usage démentiel du pétrole et du charbon aggrave le danger pour l’humanité.

    L'échauffement de l'atmosphère a dépassé la mesure. Nous étions à la veille d'un retournement irréversible en 1988. Le mal est fait en 2004. Il est scientifiquement prouvé que la température va augmenter en moyenne de 1,4 à 5,8 ° C dans les 90 ans à venir. Principal accusé : le CO2.

    Pollution par les gaz, les tâches, le bruit ; encombrement, embouteillage ou impossibilité d'avancer.

    Les maladies de l'homme, de la nature, des animaux dûes au moteur thermique sont légion et se développent.

    La nature dépérit.

    Les murs de nos maisons et immeubles sont attaqués par cette lèpre.

    Certains métaux sont rongés.

    Les parkings sont saturés, on en construit d'autres.

    Le coût humain et économique est considérable.

    Réchauffement de la planète - mers, continents, air - entraînant :

    - Inondations, fonte de glaciers, raz-de-marée, sécheresse brutale, tempête, milliers d’arbres abattus.

    - Canicule, niveau des mers en hausse, Camargue, Bengladesh recouverts, disparition de 50 % de la Hollande.…
    • 70 % des émissions d’oxyde de carbone (CO). Asphyxie, cancers du poumon.
    • 45 % du dioxyde de carbone (CO2).
    • 30 % des monoxydes d’azote (NOx). Maladies coronariennes, œil.
    • 80 % des composés organiques volatils (hydrocarbures et solvants).
    • 35 % des émissions de poussières.
    • Par ailleurs, l’essence sans plomb - dite verte - contient jusqu’à 10 % de benzène (produit cancérogène - leucémie), et que le pot catalytique, totalement inefficace à froid, (agglomérations), rejette aussi du gaz carbonique C’est tout juste moins mal que l’essence au plomb. Le dioxyde d'azote (NO2) et le CO interviennent au niveau du métabolisme cérébral (agressivité, dépression et altérations immunologiques).…
    Notre parc de centrales nucléaires produit plus de 75 % de l'électricité, l'hydraulique produisant 15 %. À noter que le nucléaire civil (comme le militaire d'ailleurs) n'a été remis en question - malgré les gesticulations électorales - par les différents pouvoirs politiques, une fois les vérités physique, industrielle et économique reconnues. L'électricité française est non polluante, économique et rendant la Nation indépendante des pays du Golfe.
    Les déchets à durée de radioactivité longue poseront des problèmes à partir de 2010. Ils sont provisoirement entreposés dans des fûts d’acier et béton. Ils seront ensuite enterrés dans l’attente d’un recyclage futur que la science saura découvrir – qui sait déjà -.
    Il y aura le nucléaire propre : fusion du deutérium qui doit venir au milieu de notre siècle : Energie propre et quasi gratuite.
    On n’oublie pas les autres sources : Eolien dont le prix de revient moyen est de 0,038€ /kWh ( acheté 0,055 € / kWh par EDF pour des raisons d’incitation et dont le prix diminuera avec le développement de l'off-shore – mais qui ne saurait remplacer plus de 3 centrales nucléaires , sites possibles recouverts et attention à la bonace ( calme plat avant ou après tempête ) et à l’absence de vent –. Solaire, dont les techniques évoluent mais attention à l’absence de soleil ! Pompes à chaleur etc.…
    2. Nous pensons que le moment est venu.

    La France est à la pointe de la recherche et des réalisations de laboratoire. Plus : depuis de longues années, des véhicules mus par l'énergie électrique sillonnent nos rues et c'est l'industrie française qui les a conçus et construits de façon confidentielle il est vrai.

    L'accumulation de l'électricité est le nœud du problème. On fait des batteries au plomb et au Cd.Ni de plus en plus performantes dont la durée de vie augmente, et dont le rapport prix / poids diminue constamment. ( La très grande série ferait s'écrouler les prix). Mais on n'était pas encore rendu à l'énergie massique du pétrole. Les études sur les nouvelles techniques et technologies d'accumulation de l'électricité avancent. Notamment avec des batteries au Lithium-ion qui vont permettre une autonomie de 400 km, avec une vitesse de 160 kmh. Ford a construit un premier véhicule mû par ces batteries. Pour les pressés : 0 à 100 kmh en 3,5 secondes ( Porche dito). En Chine, quinze usines de fabrication sont en construction !Un grand industriel breton se lance dans la bagarre.

    L'électronique fait des miracles. La gestion économique de la capacité des batteries en est un parmi tant d'autres. On récupère l'énergie au freinage et aux décélérations (freinage moteur). Ces dernières années, les avancées ont été particulièrement importantes.
    Comme mon étude comporte 7 pages, j'arrête. Mais je peux l'adresser par courriel à ceux qui pourraient être intéressés.
    Alain, il s'agit là d'une grande cause et d'un immense chantier industriel. J'ai 81 ans. je n'attends rien de mes propositions ; elles sont libres de droits.
    Il y a peut-être des idées à glaner.
    Cordialement.




    Paul Fourcade
  • Olivier R.
    Le 09 Janvier 2005 à 12 h 11 min
    Monsieur Juppé,

    D'après vous, comment une politique industrielle doit elle prendre en compte les délocalisations qui, me semble-t-il, sont de plus en plus nombreuses ?
    Je travaille dans une filiale d'un groupe industriel français du CAC 40. Pour notre activité, tous les projets de développement industriel concernent les pays de l'est et ne laissent que peu d'espoir à moyen terme pour la survie de nos usines en France et en Europe de l'Ouest.
    Nos clients pour des biens d'équipements sont eux aussi dans la même optique : ne plus investir en France dans des moyens de production modernes et transférer en République Tchèque, en Pologne... Ces pays ont une productivité moindre mais une main d'oeuvre tellement moins chère !
    Peut-on éviter ces délocalisations, ne sont elles qu'un epiphénomème ou bien un mal profond qui pourrait mettre en danger notre économie ? Enfin, légiférer si c'est possible (et efficace !) ne serait-il pas considéré comme une entrave à la liberté d'entreprendre et un nouveau frein pour les entreprises ?
    Olivier R.
  • Léo Challier
    Le 09 Janvier 2005 à 10 h 20 min
    On ne peut qu'être d'accord avec vous, Vive l'industrie!Ne gagnerait-on pas beaucoup de temps si l'on voulait bien regarder de près le modèle EADS?Tout est parti de la privatisation de fait d'Aérospatiale qui a permis sa fusion avec Matra, enfin le partenariat avec Dasa, filiale de Daimler et la réussite que l'on connait aujourd'hui.
    Si on veut faire une EADS maritime qui conjuguera haute technologie et capacité à exporter, mettons le plus rapidement possible un certains pourcentage d'actions de DCN sur les marchés financiers.Cela facilitera les rapprochements, avec Thalès et d'autres, pourquoi pas les Chantiers de l'Atlantique pour faire un champion du naval, civil et militaire en partenariat avec des chantiers navals allemands.
    Si on veut avoir en France et en Europe un champion de la production d'électricité, il faut aussi accélérer la privatisation d'Aréva pour permettre au partenariat avec Siemens d'aller plus loin que la construction de l'EPR.
    Les réactions à votre blog note sur ce sujet sont encourageantes.
    Autre sujet, Alexandre. Allez voir le film pour l'énergie, la vitalité, le don de mobilisation des soldats de ce personnage historique. Pour la leçon de l'histoire que la Révolution et Napoléon ont apprise à leur détriment. Alexandre mobilise ses troupes pour chasser l'ennemi hors de son territoire, ici les Perses, ne sait plus se limiter et ça se termine mal.Après la belle victoire de Gaugamèle,il s'enlise dans la jungle indienne. Bucéphale ne peut rien contre les éléphants de guerre.Le retour vers Babylone à travers les déserts de Perse annonce une fin de règne aussi prévisible que celle de Napoléon après la retraite de Russie.
    Léo Challier
  • H-J Le Meillour
    Le 08 Janvier 2005 à 00 h 25 min
    Excusez-moi ?
    "Colbertisme " bon , mais "gaulliste" ?
    Q'est-ce cela ? S'il vous plaît de bien vouloir m'éclairer ?

    Quant à la désindustrialisation de la France , n'est-elle pas "bien due" à la libre invasion des marchés par les productions de dumping social ... "pierre angulaire" , voire but de cette Europe et de ce Mondialisme voulus par les Libéralistes "primaires" ?

    La France ramenée au niveau d'une colonie touristique ( j'exagère peu )... ou sciemment amenée à ce "profil" ? ... en n'ayant plus que 28% d'emplois de production indutrielle ?
    H-J Le Meillour
  • Bruno Edelist
    Le 07 Janvier 2005 à 06 h 29 min
    Bonjour.

    Je regarde très peu la télévision. Je considère "l'étrange lucarne" comme un outil d'abaissement culturel, d'abêtissement systématique, et de prosélytisme du vulgaire.

    C'est donc par hasard que j'ai intercepté lundi ou mardi dernier un reportage sur les évolutions de la SNCF et de l'usage du réseau ferré Français. Le sujet traitait plus particulièrement du transport des grumes, depuis les lieux d'abattage / traitement, aux usines de transformation parfois distantes de plus de 600 Km.
    De brillants économistes de la SNCF (??!) nous ont exposé que l'exploitation de ce service n'étant pas suffisamment rentable, la vieille danseuse sclérosée et vorace y mettait fin, purement et simplement. ..
    Certes, je conçois que les distances à couvrir, l'excès de consommation d'énergie due à l'importante dénivellation existant entre les sites de production et la destination des géants éhoupés, comme la trop grande spécificité de ce transport, sont moins faciles à rentabiliser que l'exploitation des déplacements des Français, dont il suffit d'augmenter sans cesse la tarification jusqu'à des sommets bientôt inacceptables !

    Mais puisqu'on a séparé le transporteur SNCF de l'aménageur RFF (Réseau ferré de France), pourquoi ne pas mettre (sur appel d'offres) à la disposition de transporteurs privés cette infrastructure ?

    Il ne fait pas de doute qu'un ou plusieurs industriels du transport sauraient, eux, organiser et rendre rentable une telle exploitation.
    Au lieu de quoi, la filière du bois va devoir maintenant mettre sur les routes d'énormes camions pollueurs et accidentogènes , chargés en limite de poids d'énormes billes, pour véhiculer la matière vers ses transformateurs.

    Cerise double sur ce gâteau immangeable : pour chaque wagon abandonné, on va devoir exploiter DEUX tracteurs de 35 tonnes et leur gigantesque remorque … Grotesque, immoral, incompétent, ahurissant !

    Je n'ai aucune sympathie pour le pseudo-écologisme bêlant, stupide et hétéroclite assemblage de penses-vide et de marxistes peints en vert, qui m'empêchent de chasser raisonnablement et tentent d'exister en jouant les trublions du coche.
    Mais on ne peut que dénoncer ce péché contre l'environnement et le bon sens.

    Question à votre intention :

    - N'y a-t-il pas ici l'occasion de lancer enfin une vraie réflexion d'envergure sur le fer-routage ?
    - RFF et SNCF sont propriété de l'Etat : Ou est la manifestation d'une volonté politique et économique saine et courageuse dans le laisser-faire ainsi avoué ?
    - Combien de temps va-t-on poursuivre l'alimentation de ce gouffre sans fond qu'est le transport ferroviaire en France, exemple étalon du laxisme social, premier preneur d'otages Européen ?

    En suisse, qui est je crois une démocratie, ou il y a aussi des montagnes et ou on exploite aussi le bois, les grumes sont tractées sur le chemin de fer, puis livrées sur de courtes distances par des camions à leurs transformateurs.

    En France, si j'entends bien de récentes déclarations du Président et du gouvernement, on cherche un équilibre sain entre libéralisme et régulation étatique.
    Apparemment, pas dans le transport, pour l'instant.

    Au fait, savez-vous pourquoi le fer-routage n'est pas sérieusement considéré chez nous ?
    Regardez donc quel est le volume de matière véhiculée par les transporteurs routiers dont le capital est contrôlé par … La SNCF …

    Je vous souhaite une excellent journée.
    Bruno Edelist
  • Un libéral convaincu :-)
    Le 06 Janvier 2005 à 15 h 00 min
    "Quant à la politique industrielle, elle avait des relents de colbertisme gaulliste et suscitait méfiance, voire hostilité chez les zélateurs d'un libéralisme pur et dur."

    "les Etats-Unis d'Amérique que nous imaginons comme les champions de l'économie de marché, du libéralisme, de la libre concurrence et du capitalisme privé ont bel et bien une politique industrielle active."

    Ce n'est pas le premier message dans lequel vous semblez associer libéralisme et absence de règles.

    Il ne me semble pas qu'il puisse y avoir de démocratie sans régulation. Or nous pouvons dire, je crois, que nous sommes libres. Non ?

    De fait, gageons que le libéralisme tel que vous le présentez dans ces extraits n'est pas un libéralisme "vrai".

    Plutôt, (il me semble qu')il consiste en la liberté d'agir dans un cadre équitable.

    D'où la nécessité de réguler et d'intervenir pour éviter/limiter les excès. Ce que les Etats-Unis ont, à leur façon, me semble-t-il, intégré. Le libéralisme y reignerait donc effectivement !

    Meilleures salutations.


    Un libéral convaincu :-)
  • Daniel COLOMBANI
    Le 06 Janvier 2005 à 06 h 48 min
    A part quelques exceptions (Arte,Planéte..),croyez-vous encore aux vertus éducatives et culturelles de notre télévision.
    Daniel COLOMBANI
  • Cédric RAT
    Le 05 Janvier 2005 à 23 h 32 min
    Français patriote, j'ai 26 ans et je crois en l'avenir.

    Fils d'ingénieur Arts et Métiers, j'ai connu mon père directeur de l'usine Sediver de St-Yorre (Allier) (il y a 10 ans) récemment médiatisée suite à un enième plan de licenciement désastreux pour le bassin de Vichy déjà sévèrement sinistré. Héritée du XIXème siècle, cette verrerie qui employait encore 600 salariés il y a 20 ans a réduit ses effectifs années après années. Aujourd'hui elle doit fermer pour délocaliser non pas entièrement en Chine, mais pour majorité en Italie ... De même la verrerie Danone fabriquant les bouteilles de Perrier à quelques km a suivi la même évolution même si aucune fermeture n'est à l'ordre du jour aujourd'hui. Industries du siècle dernier, où l'on imaginait travailler génération après génération, industries lourdes intégrées dans la ville avec une voie ferrée dévolue, avec des rues et des maisons au sein même de l'usine ...
    Quelques années après, nouvelle expérience à Cholet dans l'industrie de la chaussure, développée historiquement sous forme de petites usines et tanneries en bord de cours d'eau dans cette région des pays de la Loire, petites usines utilisant au XIXème siècle la force hydrolique des roues à aube pour faire tourner les machines-outils, installées sur la Sèvre, la Moine, et autres affluents de la Loire. 1500 personnes dans le groupe il y a 4 ans puis 1000 puis 500... à la faveur de délocalisations progressives en Tunisie et au Maroc...
    Aujourd'hui, mon père travaille pour une entreprise florissante... mais affectée à un marché de niche ...

    Jeune médecin des Hôpitaux de Nantes et doctorant en Sciences -spécialité éthique médicale et droit de la santé-, je constate de mon côté la multiplication des entreprises de biotechnologies à très forte valeur ajoutée. L'implantation par exemple à Nantes d'un laboratoire privé de cytogénétique réalisant les fameux tests ADN à visée d'identification criminelle autorisés par Sarkozy en 2002, ceci par transfert de toute une équipe du CHU sous l'égide de son chef de service (... un bon transfert public-privé). Toutefois, le plein développement de cette industrie des biotechnologies est parfois freiné par les lois qui nous encadrent comme c'est le cas pour l'exploitation des embryons surnuméraires en génétique. De la même façon, principe de précaution signifie parfois retard prévisible pour l'industrie agro-pharmaceutique lorsqu'on pense au développement des futurs alicaments où les USA avancent forcément plus vite que nous (polémique sur les OGM).
    L'industrie pharmaceutique enfin -très rentable elle-aussi bien qu'en complète restructuration- se montre cependant frileuse aujourd'hui à investir dans la recherche clinique (gage de pérennité de son activité), favorisant l'exploitation de quelques "blockbusters" (4 à 5 médicaments dont les ventes mondiales colossauropeles assurent la vie financière des groupes)...

    Au total, si je pense entrevoir certains des marchés de demain, je suis certain que nombre de nos industriels les connaissent très bien. J'accueille donc avec un grand enthousiasme l'annonce d'une politique industrielle volontariste. Car pour avoir été vivre 2-3 ans aux USA, j'en suis certain : individuellement, ils ne sont pas meilleurs que nous !... alors croyons en nous !

    Bien à vous,

    Cédric RAT

    PS : toujours prêt à vous servir, je ne peux que m'exalter à l'idée que je vous écris !
    Cédric RAT
  • Vincent Le Biez
    Le 05 Janvier 2005 à 21 h 27 min
    Monsieur Juppé,

    J'ai une proposition qui me trotte dans la tête depuis un certain temps. Tout est parti d'un constat : le contrat social tel que l'évoquait Rousseau, dans nos sociétés démocratiques est au mieux tacite au pire inexistant. Je m'explique : à aucun moment de la vie nous ne prenons véritablement la décision d'accepter un quelconque contrat avec l'Etat qui consiste à céder une part de sa liberté personnelle pour recevoir en échange sa protection et pour former une nation à proprement parler. Jamais nous n'acceptons officiellement la redistribution qu'opère l'Etat afin de diminuer les inégalités.

    Voici ma proposition : je suggère qu'à l'âge de la majorité, chaque français et chaque française souscrivent avec l'Etat un "Contrat social" procédant en un certains nombres de droits et de devoirs. En préambule, un tel contrat stipulerait l'existence d'un intérêt général supérieur à l'intérêt particulier, la primauté de la nationalité française sur toutes les autres identités qui nous composent (religion, région, association, parti ...). Il indiquerait également que, conjointement à son développement personnel, chaque souscripteur d'un tel contrat doit œuvrer, autant que faire se peut, au développement de son pays. Concrètement voici des idées de droits et de devoirs qui pourraient être dans ce contrat : Droits : un traitement fiscal avantageux par rapport à ceux qui ne souscrivent pas au contrat (de manière sensible), possibilité de se présenter aux élections présidentielles, législatives et sénatoriales (que les autres ne possèderaient plus)... (Cette liste est bien évidemment à étoffer) Devoirs et contraintes : obligation du droit de vote, obligation de payer la majorité de ses impôts en France, augmentation des sanctions en cas de délits causant des dommages à l'Etat (fraude fiscale ...), obligation de parler la langue française et la culture française (histoire, institutions ...) (là encore cette liste n'est donnée qu'à titre indicatif).

    Ce contrat ne se substituerait pas à la nationalité française, mais si on y adhère, cela pourrait figurer sur la carte d'identité. Il ne créerait pas de discriminations puisque par définition les discriminations sont subies alors qu'un tel contrat serait librement choisi. Vous le comprenez bien, ce qui importe ce n'est pas tant le détail des droits et des devoirs qu'un tel contrat instaurerait mais bien l'idée même de Contrat social.

    Que pensez-vous, monsieur Juppé, de cette proposition qui n'est encore qu'à l'état embryonnaire et qui nécessiterait d'être développée.

    Merci de bien vouloir me répondre,

    Vincent Le Biez (19 ans)
    [email protected]
    Vincent Le Biez
  • Sylvain de Mullenheim
    Le 05 Janvier 2005 à 17 h 16 min
    Voilà des paroles de miel, qui rasséréneront sans doute une de mes connaissance, qui se bat depuis 10 ans pour éviter que son usine de 60 personnes ne ferme, et qui a entendu en 2002 Christian Pierret, alors en charge des PME et de l'industrie, expliquer que, l'industrie étant "foutue", mieux valait délocaliser. J'en avais déduit que la déindustrialisation avait entre autre motif des ratés dans son principal moteur, l'Etat.

    L'idée qu'il prenne en charge le destin industriel du pays va encore faire frémir dans les chaumières les plus éloignées du monde industriel. Après tout l'Etat est à l'origine de notre histoire industrielle. Il l'a façonnée, construite et entretenue. Pas d'Airbus sans l'Etat. Ni de Total, de Saint-Gobain ou d'Arcelor. Pas même de PPR. Alors, plutôt que d'aller contre un fait culturel et historique, autant en tirer parti. Cela fonctionne même au niveau régional. En France, pas d'industrie sans l'Etat.

    On peut dès lors imaginer que chaque préfecture et chaque ministère soit doté d'une personne ou d'une équipe spécifiquement en charge des aspects industriels de son territoire ou de son domaine. Que chaque préfet soit aussi noté sur sa capacité à dynamiser son tissu industriel, ou à porter des projets. Et surtout que soit donné aux entreprises le moyen (portail internet, réunions mensuelles, guichet unique) d'identifier puis d'entrer facilement en contact avec le personnel étatique adéquat. Bref, d'utiliser un atout de notre culture, en se servant habilement de l'interpénétration état-industrie, pour la renforcer encore.
    Sylvain de Mullenheim
  • Michelle DIEU
    Le 05 Janvier 2005 à 13 h 28 min
    Nous lisons très souvent vos coup de coeur vos propositions vos coup de gueule vos réflexions,sur votre Blog-notes aucune ne parle du sport.

    Le sport n'est t'il pas une culture noble pour nos enfants et nous même ?

    Michel Dieu
    Bordelaise


    Michelle DIEU
  • Patrick Lefebvre
    Le 05 Janvier 2005 à 13 h 19 min
    Je suis très admiratif de votre action pour la paix en Bosnie quand vous étiez Ministre des affaires étrangères.
    Je suis persuadé que c'est grâce à vous que les événements ont commencé à évoluer favorablement.
    Patrick Lefebvre
  • Gilles P
    Le 05 Janvier 2005 à 13 h 01 min
    Je me réjouis profondément que vous teniez ce discours économico-volontariste et pragmatique ! Cela m'amène à plusieurs réactions.
    1-L'investissement dans de grands programmes industriels répondant non seulement à des attentes du marché et à des réalités économiques (ex: nanotechnologies, génétique, etc.) peut être générateur de croissance et d'emplois de haute-technologie pour peu que l'on tienne compte des externalités positives et que l'on mette en place des incitations efficientes.
    2-Les externalités positives générées par de tels programmes sont la clé de voute d'un système performant. Ainsi Airbus a engendré une forte sous-traitance et permis d'essaimer alors que les externalités générées par Bull (malgré de continuelles injections de l'Etat) sont pour le moins ténues. Vous avez justement souligné le rôle de la recherche militaire qui en fournit un exemple patent.
    2-Ces externalités ne se décrètent pas mais peuvent être facilitées par le biais de mécanismes incitatifs qui permettent une coopération public-privé. Les entreprises n'ivestisseront que si elles y ont un intérêt qui se traduit notamment de façon pécuniaire. Cela fonctionne entre autres au Généthon.
    3-Vous avez raison à mon sens de souligner l'exemple des Etats-Unis. Il n'est évidemment pas question d'importer tel quel leur modèle, mais on peut néanmoins se dire que tout n'est pas mauvais dans un pays où la productivité ne cesse d'augmenter, où le taux de chômage est très bas, où on accède plus qu'en France à l'enseignement supérieur (et oui !) avec une qualité de réputation mondiale, enfin qui est un leader dans les hautes technologies.
    L'une des raisons qui me semble intéressante est que les Etats-Unis sont essentiellement pragmatiques et non pas dogmatiques du style "on a un problème, voyons comment le régler", alors qu'en France c'est plutôt "ce serait bien de le régler de telle façon".
    Gilles P
  • Nicolas Gascoin
    Le 05 Janvier 2005 à 11 h 52 min
    Bonjour,
    Vous evoquez la recherche, les problemes industriels, les Etats-Unis. Cela m'inspire une reflexion dont je discutais il y a quelques jours avec des proches. Le probleme en France est que l'Etat finance mal les projets industriels de recherche. En effet, quand la DGA par exemple souhaite lancer une etude, elle finance la recherche amont. C'est normal. L'industriel ne peut (ne doit?) supporter un cout elevé sans certitude sur les débouchées de ses recherches. Mais là ou on commet une erreur (que les Etats-Unis ne font pas), c'est qu'on ne donne pas suffisamment. On partage les sommes allouées avec le développement. L'entreprise propose quelques solutions (souvent 2) et la DGA ne choisit pas. Elle finance donc le développement des 2 solutions (a fond perdu puisque l'une sera mise de coté). Il aurait plutot fallu tout mettre sur la recherche amont et laisser a l'entreprise prendre le developpement a sa charge (puisque c'est elle qui en retire les benefices). Plus d'argent en recherche, ce sont des solutions mieux abouties et reflechies, un developpement moins couteux ensuite (une seule piste à etudier). C'est ce que font les Etats-Unis. Quand privilégierons-nous l'efficacité de l'investissement et non pas le contentement de certaines personnes? A moins que ce financement etendu ne soit qu'un moyen de faire vivre chercheurs, ingenieurs et techniciens et non pas de créer une richesse à long terme.
    Nicolas Gascoin
  • vincent bocher
    Le 05 Janvier 2005 à 11 h 36 min
    cher alain c'est grace à toi que j'ai commencé ma vie syndicale!
    j'étais interne en geriatrie en 1997, un an après le vote des ordonnances nous nous sommes reveillés à la lecture de la convention médicale... la suite nous la connaissons. bien sur il s'agissait de la reforme barrot et pas juppé mais bon c'etait toi le patron avec jacques...
    le plus fort c'est que j'ai quand même voté à droite aux legislatives qui suivaient mais sans conviction...
    bref parlons surtout d'avenir, quel est ton regard critique sur le reforme de la santé 2004-2005?
    la logique "dite comptable" est une reussite en angleterre ( sans humour, c'est vrai d'un point de vue comptable ils sont meilleurs que nous), elle penalise les patients et repose sur une approche utilitariste difficilement defendable quand on est médecin français. les anglais font ça à merveille, mais les patients s'en plaignent...
    est ce que l'approche maitrise médicalisé moins efficace mais qui se souvient qu'il y a des patients derrière les chiffres, te convainc?
    je suis generaliste pres de nantes, j'ai 35 ans et je milite à la csmf.
    je tutoie , par la proximite du net ...
    je serais attentif à ta réponse concernant la santé , la médecine et les soignants...et bien sur les patients. merci pour ton blog. vincent
    vincent bocher

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Bonjour, vous avez pris le temps de me lire et me répondre.
Je tenais à vous remercier de cette forme d'engagement.
Rien que de m´apporter une réponse montre que nous partageons une passion, celle de notre pays. Pour ma part , je suis partisan du dialogue et, je vous remercie de l'avoir entamé avec moi.

Bien cordialement.
Alain Juppé
Alain Juppé 2017
5 ans pour l'emploi
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