Blog Notes d'Alain Juppé

Vive l’UMP

Publié le 01/07/2012 par Alain Juppé

L’UMP est une grande formation démocratique et il est normal qu’il y ait pluralité de candidatures à sa présidence lors de son congrès de l’automne prochain. Je dirais même que c’est un signe de bonne santé.

Mais je ne suis pas sûr que le match qui s’annonce entre François Fillon et Jean-François Copé soit de nature à renforcer notre mouvement.

D’abord parce qu’il s’ouvre sur fond de règlement de comptes post-présidentiel. Ce qu’il est convenu d’appeler poliment « le droit d’inventaire ». C’est sans doute inévitable, mais c’est tout à fait contre-productif. Pour ma part, pendant la campagne présidentielle, j’ai répété que nous pouvions être fiers de l’oeuvre accomplie pendant le quinquennat de Nicolas Sarkozy. Je n’ai pas changé d’avis.

Ensuite, on voit bien que ce qui se joue dans la tête des protagonistes, c’est 2017 : il s’agit de se placer dans la course à la prochaine élection présidentielle. Cette compétition là est, à mes yeux, inutile et dangereuse. Inutile parce qu’elle n’est pas de saison. Après deux défaites électorales, les Français ne nous demandent pas de nous lancer dès aujourd’hui dans une nouvelle campagne présidentielle. Notre tâche prioritaire est d’organiser, et d’abord au Parlement, une opposition constructive certes, mais vigilante et pugnace. Et puis de renforcer l’UMP qui doit se mettre sans tarder en état de marche pour préparer les échéances électorales décisives de 2014 (municipales, territoriales, européennes, sénatoriales). Match dangereux enfin parce que la confrontation risque d’être dure, si l’on en juge par la défiance qui règne dans chaque camp. Il en restera des traces dans le parti qui en sortira affaibli. Il est à craindre que le perdant n’organise la guérilla pour préparer sa revanche dès 2015, date d’un nouveau congrès, mais surtout dans la perspective de 2017.

Or nous avons besoin, plus que jamais, d’une UMP forte. Quand j’ai fondé, avec d’autres, l’UMP, j’avais la conviction que la démocratie française avait besoin d’une grande formation regroupant les sensibilités de la droite républicaine et du centre. Certes pas un parti unique – il y a place pour d’autres – mais un large rassemblement uni sur un socle de valeurs communes et respectueux de ses différences. L’entreprise a réussi. Même au premier tour des dernières élections législatives, comme le montrent les chiffres publiés à la une du Monde daté du 12 juin, l’UMP et ses alliés ont pesé 34,10% des suffrages, le PS et apparentés 34,43%. Ma conviction n’a pas changé: une UMP forte est plus que jamais nécessaire à la vie démocratique de notre pays. Voilà pourquoi je veux combattre tout ce qui peut l’affaiblir.

Dans cet esprit, quel pourrait être le bon agenda de notre prochain congrès?

– D’abord ré-affirmer solennellement que, si nous voulons vivre ensemble dans la même Union, c’est que nous partageons un socle de convictions communes. Ce travail est en cours. Ce devrait être le premier acte du congrès.

– Ensuite, faire fonctionner ce qui est inscrit dans nos statuts depuis 2002: l’existence de mouvements de pensée à l’intérieur de l’Union, à condition qu’ils ne se transforment pas en écuries ou en chapelles, réduisant l’UMP à n’être plus qu’une confédération de petits partis, mais qu’ils deviennent de vrais centres de réflexion et de proposition, permettant de construire notre projet commun pour la prochaine décennie.

– En troisième lieu, décider d’organiser en 2016, des primaires ouvertes pour désigner, le moment venu , notre candidat à l’élection présidentielle de 2017. En prenant cette décision maintenant, nous ferons la démonstration que nous ne confondons pas l’élection à la présidence de l’UMP et l’élection à la présidence de la République. Le signal serait encore plus fort si le futur président de l’UMP s’engageait à ne pas être candidat aux primaires. C’est ce que je suggère.

– Enfin, rompre avec la culture du chef et proposer  au congrès d’élire non point un  champion pour 2017  mais une équipe dirigeante. Nos statuts prévoient d’ailleurs que l’élection porte non pas sur un nom, mais sur trois, président, vice-président, secrétaire général, ce triumvirat étant censé représenter les diverses sensibilités de l’Union. Cette équipe pourrait en outre s’engager à s’entourer, en amont du bureau politique qui, compte tenu de son nombre, fonctionne comme une instance délibérative et pas exécutive, d’un comité stratégique d’une dizaine de membres où l’on retrouverait nos principaux responsables et qui participerait activement au gouvernement de l’Union.

Une telle initiative, consensuelle, a-t-elle des chances de prospérer? Je la propose en tout cas.

Certains me pressent de déclarer ma propre candidature. Entendons-nous bien. Je n’ai pas l’intention d’ajouter de la confusion  à la confusion en ajoutant ma candidature aux candidatures déjà déclarées ou qui vont l’être. Ce serait en totale contradiction avec ce que je viens d’écrire. En revanche, je suis prêt à m’associer à une initiative du type de celle que je viens de proposer. J’ai l’avantage de ne pas être dans la course pour 2017, ce qui en rassurera plus d’un. Et d’avoir une certaine expérience de la bonne manière de rassembler les forces de l’UMP. Je propose à François Fillon et à Jean-François Copé, qui sont tous deux mes amis, d’en parler directement ensemble.

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Bonjour, vous avez pris le temps de me lire et me répondre.
Je tenais à vous remercier de cette forme d'engagement.
Rien que de m´apporter une réponse montre que nous partageons une passion, celle de notre pays. Pour ma part , je suis partisan du dialogue et, je vous remercie de l'avoir entamé avec moi.

Bien cordialement.
Alain Juppé

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