Blog Notes d'Alain Juppé

Volée de bois vert

Publié le 22/03/2009 par Alain Juppé

Ma réaction aux récentes déclarations de Benoît XVI m’a valu une volée de bois vert comme je n’en avais pas reçue depuis bien longtemps.

L’un de mes correspondants dénonce ma « capacité à tuer » ceux avec qui je ne suis pas d’accord (j’ai bien lu « tuer »!). Un autre me prévient que je suis « en train de vendre mon âme au prince des ténèbres ». Un troisième m’assure qu’il ne votera jamais plus pour moi tant que je n’aurai pas présenté mes excuses au pape etc.

Ceux-là même qui me reprochent d’avoir sorti une phrase de son contexte ne m’ont sans doute pas entendu rappeler qu’à mes yeux, le pape était dans son rôle lorsqu’il proclame le respect dû à la vie, et que, si lui ne le dit pas, qui le dira?

Il n’en reste pas moins que je continue à penser que lever l’excommunication d’un évêque qui nie l’existence des chambres à gaz est une mauvaise décision; qu’excommunier une mère qui fait avorter sa fillette de 9 ans victime d’un viol témoigne d’une absence  de compréhension et d’amour qui me choque (et qui d’ailleurs semble avoir choqué l’ensemble des évêques brésiliens…) ; qu’affirmer que l’utilisation du préservatif aggrave la pandémie de Sida est une contre-vérité.

Je prends donc le risque d’une nouvelle vague de messages me vouant aux gémonies. Que mes futurs correspondants me permettent toutefois de leur poser humblement une seule question: « N’êtes-vous pas en train de vous couper de la société dans laquelle vous vivez? Ne pourriez-vous pas, de temps en temps, vous poser simplement la question de savoir si quelques hommes et femmes de bonne volonté qui ne partagent pas vos certitudes (je ne parle pas de moi) ne mériteraient pas un peu d’écoute, plutôt que le rejet pur et simple? »

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32 commentaires pour « Volée de bois vert »
  • Luc
    Le 19 Avril 2009 à 17 h 34 min
    Monsieur,

    Je ne partage pas vos idées politiques, mais je crois que dans une démocratie un homme politique n'a pas être lisse et compassé, il a le droit de pousser un coup de gueule, il a le droit d'être révolté car ça commence à bien faire la pesanteur du politiquement correct pour tout et n'importe quoi.
    Vous avez bien fait de dire, de parler, d'affirmer votre point de vue.
    Ce n'est pas même un point de vue, c'est tout simplement une attitude humaine décente.
    Vous avez fait preuve de décence quand un autre fut-il pape a quant à lui été bien indécent dans ses propos.
    Je disais que je ne partageais pas vos idées, politiques s'entend, pour les reste les révoltes humaines sont les révoltes humaines, elle n'ont ni camp ni étiquettes.
    Je suis croyant mais ce n'est pas le propos, le lien au Sacré concerne la sphère intime et n'a pas à être exposé ici, tout au moins pour ce qui me concerne, malgré cette croyance j'ai été pris d'un profond écœurement face à l'excommunication d'une mère qui a fait ce que toute mère aurait fait pour son enfant de neuf ans dans ce cas.

    Alors j'espère bien longtemps encore m'opposer à vous sur le champ des idées politiques, mais vous soutenir sans réserve quant à la révolte face à l'atteinte à la dignité humaine.

    Bien à vous.
    Luc
  • montesquieu
    Le 23 Mars 2009 à 22 h 54 min
    Peu à ajouter à la plupart des propos ci-dessus.Quelle tristesse de voir un homme politique à qui j'avais prêté une certaine qualité intellectuelle et humaine hurler avec les loups et faire les mêmes amalgames approximatifs qu'un vulgaire pluumitif.Plus encore que cela vienne d'un homme qui connait bien , pour en avoir souffert ,les mécanismes du lynchage médiatique.
    Décidément,Juppé,Bayrou(mais aussi Kouchner,Delanoe et autres) ,même combat:celui du lâche acquiescement à l'air du temps sous l'apparence de l'humanitaire.
    montesquieu
  • caron
    Le 23 Mars 2009 à 22 h 44 min
    Pourr éduquer l'ignare que vous êtes (ou prétendez incarner)je vous livre ces quelques commentaires qui vous informeront si vous avez la bonne volonté (ce dont je doute) de vous informer:
    Mise au point de Mgr Tony Anatrella dans Famille Chrétienne :

    Que vous inspirent les réactions à la déclaration du pape sur le préservatif ?

    " Je les trouve atterrantes ! M. Juppé et Mme Bachelot ont-ils seulement lu ce qu’a dit Benoît XVI. Le pape n’a jamais dit que l’Eglise interdisait aux personnes contaminées par le sida (souligné par nos soins) d’utiliser un préservatif. C’est vraiment le prendre pour le dernier des imbéciles ! Ce qu’a simplement dit Benoît XVI - et qui ne fait d’ailleurs hurler que les Occidentaux - c’est que le problème du sida ne se résoudra pas uniquement avec le préservatif. La pandémie du sida est aujourd’hui avant tout un problème de comportement et d’éducation des consciences avant d’être un problème sanitaire. Évidemment l’utilisation du préservatif est utile quand la vie est en jeu, mais le rôle de l’Église est avant tout de répéter que la meilleure prévention contre le sida c’est d’éveiller les consciences à une sexualité adulte et responsable. Cela n’exclut pas le discours sanitaire, ça le complète. L’Eglise appelle à une « humanisation » de la sexualité », à prendre conscience que la sexualité doit être ordonnée à sa fin : le don de la vie de l’homme à la femme, de la femme à l’homme et à des enfants. A cause de cela, elle pense que la sexualité doit s’exprimer dans le cadre d’une relation amoureuse engagée dans une vie conjugale et familiale. Le discours du pape n’a rien de régressif, il est prophétique !


    L’Eglise n’interdit donc pas systématiquement l’usage du préservatif ?

    Dans un livre que j’avais publié en 1995 qui s’appelait L’amour et le préservatif et qui vient d’être réédité chez Flammarion sous le titre L’Église et l’amour, je cite un texte du cardinal Ratzinger, publié en 1989, dans lequel - après avoir rappelé que le vrai problème c’est la question de l’éducation à la responsabilité - il explique que le préservatif est une question secondaire et de « casuistique » ; c’est-à-dire qui doit être traitée au cas par cas. Autrement dit, s’il l’on n’est pas capable de vivre dans la fidélité, dans l’abstinence ou encore s’il l’on a une sexualité impulsive et immature, mieux vaut utiliser un préservatif que de recevoir ou donner la mort. Vous savez, contrairement à ce qu’on voudrait nous faire croire le pape sait très bien de quoi il parle ! (...). Les réactions françaises et même européennes sont au contraire symptomatiques d’une réelle ignorance sur le sujet ! Quand j’entends des ministres ou des secrétaires d’État dire qu’on ne peut pas s’appuyer sur des « critères théologiques » pour faire une politique sanitaire, je suis effaré ! Le pape se situe d’abord sur un plan humain. Aujourd’hui, dans la plupart des pays d’Afrique touchés par le sida, il y a une forte réaction contre les modèles sexuels occidentaux accompagnés de moyens de protection puisqu’ils génèrent des conduites à risque, et qui envahissent leur population et contrarient leur sens de la fidélité et de la famille. La promotion de l’abstinence, de la fidélité conjugale et d’une éducation à une sexualité responsable font partie intégrante des politiques publiques ! Nos dirigeants savent-ils de quoi ils parlent ! "
    caron
  • jérôme cazaumayou
    Le 23 Mars 2009 à 22 h 30 min
    Lâche, calculateur et démago - mais est-ce étonnant dans la bouche d'un énarque ? - voilà les seuls qualificatifs que m'inspirent vos propos sur des sujets qui mérîtaient d'être traités avec une toute autre hauteur de vue... A croire que cette élévation de l'esprit n'est décidemment pas à la portée de nos carrièristes politiques !
    jérôme cazaumayou
  • la cour
    Le 23 Mars 2009 à 22 h 12 min
    Bonjour Mr Juppé
    Votre commentaire montre une fois de plus que vous n'avez pas lu la déclaration du pape sur le Sida avant de clamer: "ce pape commence à poser des problèmes!". En effet si vous voulez faire croire aux hommes qu'en utilisant le préservatifs ils sont protégé contre le Sida, vous risquez bien en effet de contribuer à agraver l'épidémie. Car un préservatif ne protège jamais à 100%. Dans certains pays les préservatifs sont utilisés par plusieurs personnes successivement à cause de son côut, de plus certains préservatifs distribués sont de mauvaises qualités. Certaines femmes qui normalement refuseraient d'avoir des rapports avec des hommes porteurs du virus se croyant protégées par le préservatif acceptent et se font contaminer.
    Sortez un peu de la socité Bordelaise et partez visiter quelques pays à problèmes, vous changerez vite votre vue nombriliste des rapports humains. Vous comprendrez alors que ceux qui ne pensent pas comme vous ont raison de vous le dire car ils veulent vous aider à sortir de votre petite société moderne et confortable dans laquelle vous êtes trop bien empêtré.
    La société dans laquelle nous vivons ne se limite ni à Bordeaux,ni à la France, ni même à l'Europe occidentale, mais à l'ensemble du monde. Si on ouvre les yeux il apparait alors clairement que seule la fidélité pour les couples non contaminés et l'abstinance pour les personnes malades sont les uniques comportements qui permettent de luter à 100% contre la propagation de la maladie.
    Un personne malade du Sida qui a des rapports sexuels avec une personne saine en prétextant que le préservatif protègera la personne saine est un criminel en puissance, et ceux qui alimentent cette croyance sont des complices.
    Bien fraternellement.
    la cour
  • En_Vérité
    Le 23 Mars 2009 à 22 h 07 min
    Monsieur le Premier Ministre,

    J'ai été abasourdi par votre déclaration et apparemment vous maintenez votre position. Il ne s'agit donc pas d'une intervention saisie sur le vif ou séparée de son contexte qui ne refléterait pas votre pensée.

    Trois sujets vous préoccupent donc:

    1) La levée de l'excommunication des évêques ordonnés par Mgr Lefèvre:
    Jean-Paul II a levé l'excommunication touchant les orthodoxes, à ma connaissance les orthodoxes ne font toujours pas, hélas, partie de l'Eglise catholique (ou les catholiques de l'Eglise orthodoxe). Il n'y a qu'un seul Christ et n'est-il pas naturel pour chaque chrétien de vouloir se retrouver dans une même et seule Eglise, celle du Christ. Cela n’empêchera pas à chacun d’apprendre la tolérance et à vivre avec d’autres qui n’ont pas forcement les mêmes opinions tant quelles ne sont pas contraire à la Vérité. Question: Qui avait intérêt à saboter ce désir brûlant du Pape de rassembler les brebis égarées? Réponse: Cela profite aux négationnistes y compris Mgr Wiliamson qui a lui-même provoqué cette polémique. Je me demande si tous ceux qui sont tombés à bras raccourcis sur le Pape n'ont pas tout simplement porté main forte à Mgr Wiliamson contre le Pape. Delà à penser que quelqu’un a essayé de torpiller un retour dans l’Eglise des dizaines de milliers de fidèles de Mgr Lefèvre ! ! ! Ne nous trompons pas de cible.

    2) L'excommunication brésilienne:
    Il parait clair qu'elle n'a pas été prononcée par le Pape alors évitez de l'imputer au Pape, à moins qu'à travers lui vous ne vouliez mettre en accusation l'Eglise dans son ensemble ? Mais admettons votre approche car très probablement l’Eglise ne refuserait pas de l’affronter. La vraie question est alors: Qui a le droit de disposer de la vie d'autrui? Vaste sujet auquel les hommes et les femmes politiques des pays démocratiques ont dû faire face depuis une quarantaine d’année. Ils ont généralement tranchés dans le sens de la pente et vous le justifiez très justement: « N’êtes-vous pas en train de vous couper de la société dans laquelle vous vivez? » ; avertissement que vous adressez certainement à celui qui aurait une voix discordante de celle de la « société ». Mais oui, l’Eglise, à temps et à contre temps, aura cette voix discordante car elle se préoccupe d’abord du plus faible et non pas seulement de la majorité des adultes électeurs. Il me semble que Jésus avait déjà une voix profondément discordante par rapport à celle de la « société » ! Dans le cas présent et dans l’état des informations fragmentaires qui nous sont données par les médias à notre disposition, cette décision peut paraître à contre temps (voir cependant le témoignage rapporté par un de vos correspondants).
    J’ai envie de dire et alors !
    Au moins cela permet que nous débattions sur ce sujet si important que la « société » considère pourtant comme définitivement réglé. Etes vous si sûr que, d’ici quelques années, votre position ne deviendra pas un jour inadmissible pour la grande majorité des électeurs des pays démocratiques. Défendre les plus faibles, même ceux qui n’ont pas de droits de vote, pourrait devenir une exigence imprescriptible et pour cela nos gouvernements pourraient avoir comme priorité impérative de mettre place tout ce qui permettrait d’accueillir chaque être humain tout en prenant en compte, sans limites, matériellement et moralement les difficultés exprimées par les futures mères. Un peu comme l’école obligatoire et gratuite pour tous ! (Qui l’eut cru possible il y a deux siècles !)

    3) les paroles tronquées du Pape sur le préservatif :
    Que vous ayez réagi à chaud est une chose, que vous mainteniez votre position me choque car c’est vous qui êtes, à mon avis, cette fois ci, à contre temps. Je me demande d’ailleurs si vous avez véritablement la liberté de nuancer vos propos maintenant que vous les avez prononcées pour un sujet aussi explosif politiquement.
    Je ne disserterai pas plus et préfère vous copier un dossier qui me semble suffisamment éclairant pour ajouter une part de vérité dans tout cela. Je vous fais suffisamment confiance pour conclure vous-même :

    Etape numéro 1 : lisez cette phrase, source du lynchage mondial
    « (…) on ne peut résoudre ce fléau en distribuant des préservatifs : au contraire, cela risque d’augmenter le problème. »

    Etape numéro 2 : lisez l’ensemble du texte suivant (question et réponse de la conf. de presse de B XVI dans l'avion)

    Philippe Visseyrias, France 2 : Saint-Père, parmi les nombreux maux dont souffre l’Afrique, il y a en particulier la propagation du sida. La position de l’Eglise catholique sur les moyens de lutter contre le sida est souvent considérée irréaliste et inefficace. Allez-vous aborder ce thème durant votre voyage ?

    Benoît XVI : Je dirais le contraire. Je pense que l’entité la plus efficace, la plus présente sur le front de la lutte contre le sida est justement l’Eglise catholique, avec ses mouvements, avec ses réalités diverses. Je pense à la communauté de Sant’ Egidio qui fait tellement, de manière visible et aussi invisible, pour la lutte contre le sida, je pense aux Camilliens, à toutes les sœurs qui sont au service des malades… Je dirais que l’on ne peut vaincre ce problème du sida uniquement avec des slogans publicitaires. S’il n’y a pas l’âme, si les Africains ne s’aident pas, on ne peut résoudre ce fléau en distribuant des préservatifs : au contraire, cela risque d’augmenter le problème.
    On ne peut trouver la solution que dans un double engagement : le premier, une humanisation de la sexualité, c’est-à-dire un renouveau spirituel et humain qui implique une nouvelle façon de se comporter l’un envers l’autre et le second, une amitié vraie, surtout envers ceux qui souffrent, la disponibilité à être avec les malades, au prix aussi de sacrifices et de renoncements personnels. Ce sont ces facteurs qui aident et qui portent des progrès visibles. Autrement dit, notre double effort pour renouveler l’homme intérieurement, donner une force spirituelle et humaine pour un comportement juste à l’égard de son propre corps et de celui de l’autre, et notre capacité à souffrir, à rester présent dans les situations d’épreuve avec les malades. Il me semble que c’est la réponse juste, l’Eglise agit ainsi et offre par là même une contribution très grande et très importante. Remercions tous ceux qui le font.

    Verbatim des déclarations de Benoît XVI lors de la conférence de presse dans l’avion vers l’Afrique
    Source : salle de presse du Saint-Siège (traduction La Croix)

    Etape numéro 3 : répondez aux questions suivantes
    1. Recevez-vous les propos du pape exactement de la même manière après l’étape 1 et après l’étape 2 ?
    2. Qu’arrive-t-il lorsqu’on isole un morceau de phrase d’un propos global ?


    Etape numéro 4
    Sachant que :
    - L’Eglise catholique est l’une des institutions internationales qui a le plus d’expérience de la réalité du Sida sur le terrain, parce que 26 % des malades du Sida dans le monde sont pris en charge par des institutions catholiques.
    - L’homme qui s’exprime ici n’est pas un hurluberlu un peu simplet, mais un homme de très haut niveau intellectuel et spirituel qui connaît très bien à la fois la pâte humaine et la question du Sida.
    Répondez à la question suivante :
    Les propos du pape ne méritent-ils pas qu’on leur accorde un minimum de considération et de réflexion ?


    ... et encore :

    Le président du Burkina Faso Blaise Compaoré :
    Vous présidez personnellement le Comité national de lutte contre le sida. Pourquoi ?
    C'est un engagement moral quand on est responsable d'une communauté de 12 millions de personnes. En Afrique de l'Ouest, le sida menace la vie de millions d'hommes et de femmes. Son impact sur la société est considérable. Le chef de l'Etat doit être à l'avant-garde. Le Burkina a développé un cadre stratégique classique avec les éléments clés de la lutte contre le sida : la prévention, le suivi épidémiologique, et la prise en charge des malades. Nous commençons à enregistrer des résultats - le taux de prévalence est passé de 7% en 1997 à 4% en 2003. [...]
    Face aux organismes internationaux, il faut savoir résister . On peut nous conseiller, mais pas faire à notre place. [...] Les Européens n'éprouvent pas le danger du sida de la même manière que nous. Pour les Burkinabés, le danger est immédiat. La pandémie est une réalité visible, elle frappe votre famille, vos amis les plus proches. En Europe, vous avez peut-être le loisir de faire des thèses pour ou contre la morale. Au Burkina, nous n'avons pas le temps. [...]
    Il y a souvent un gouffre entre ce que disent les médias et ce qui se passe sur le terrain. En Afrique, nous vivons avec le sida au quotidien . Le débat sur le préservatif, tel que vous le présentez, ne nous concerne pas. Les Français aiment la polémique, c'est leur côté gaulois ! Certains critiquent la position de l'Eglise en prétendant défendre les Africains. Soit. Mais la plupart n'ont jamais mis les pieds chez nous ! Je leur conseille de venir faire un séjour au Burkina. Chez nous, l'imam, le prêtre et le chef coutumier travaillent de concert : tous ont l'ambition d'affronter le même mal. Se focaliser sur le préservatif, c'est passer à côté du problème du sida. [...]
    Beaucoup de gens ignorent le travail de l'Eglise en Afrique . En France, l'intelligentsia ne comprend pas cette proximité avec les responsables catholiques. Chez nous, l'Eglise est d'abord synonyme d'écoles et de dispensaires. Le débat sur le sida n'est pas théorique, il est pratiq ue . L'Eglise apporte sa contribution. Si l'abstinence est un moyen de prévention, nous n'allons pas nous en priver ! [...] L'Eglise n'a pas le monopole de l'abstinence ! En tant que chef de l'Etat, j'ai pris des engagements dans ce sens depuis 2002 dans le cadre de la campagne "C'est ma vie". L'objectif était de mettre les gens devant leurs responsabilités. Parmi les engagements proposés, certains faisaient directement appel à l'abstinence : "J'ai décidé de m'abstenir de tout rapport sexuel quand mon mari (ma femme) est absent(e)", et "J'ai décidé de m'abstenir de toute relation sexuelle jusqu'au mariage"."

    ! Mgr Slattery, de Tzaneen, en Afrique du Sud, présente (http://www.zenit.org/article-17020?l=french)
    l e documentaire intitulé «Semer dans les larmes», qu'il vient de réaliser avec le producteur Norman Servais, sur l'épidémie du SIDA dans son pays. Ce documentaire vient de gagner le «Grand Prix» au 22ème festival international multimédia catholique «Niepokalanow 2007» :
    "En dépit de la promotion qui est faite dans les écoles pour le préservatif, il y a un taux de grossesse élevé parmi les filles en âge scolaire, parfois jusqu'à 20%".
    Mgr Slattery explique que les avantages économiques d'une telle situation sont réels, l'industrie du préservatif étant une industrie multimillionnaire.
    "L'Afrique du Sud et les pays voisins du Botswana et du Swaziland ont les taux d'infection les plus élevés au monde et les taux de distribution de préservatifs également les plus élevés. [...] la conclusion est évidente : plus de préservatifs signifient plus de cas de SIDA et plus de morts [...] il est bien sûr ‘politiquement incorrect' aussi bien ici que dans le monde occidental, d'envisager l'éventualité que le préservatif puisse en réalité alimenter cette maladie mortelle au lieu de la freiner".
    L'objectif de l'Eglise dans le pays est de «lever le voile du secret sur le SIDA et d'inciter les gens à en parler ouvertement».
    "On leur fait croire qu'il n'y a pas de véritable crise. Ils voient que beaucoup de jeunes meurent mais on leur dit qu'ils attrapent le SIDA parce qu'ils n'utilisent pas le préservatif correctement. Derrière tout cela il y a une croyance largement répandue selon laquelle les personnes qui meurent du SIDA ont été ensorcelées".
    " L'Ouganda a été le premier pays à combattre résolument l'épidémie du SIDA au début des années 90. La position forte et claire du président Museveni a constitué l'élément décisif qui a ralenti la diffusion du SIDA, faisant passer le taux de personnes affectées de plus de 25% à 6% en 2002. Il a prêché le bon sens et non le préservatif, encourageant l'abstinence avant le mariage et la fidélité dans le mariage, comme des valeurs culturelles ".
    Mgr Slattery précise que des rumeurs sur le rôle de l'abstinence et de la fidélité pour combattre le SIDA, circulent au sein du gouvernement d'Afrique du Sud.

    Les évêques africains défendent le Pape
    " Je demande aux Occidentaux de ne pas nous imposer leur unique et seule façon de voir . Dans des pays comme les nôtres, l’abstinence et la fidélité sont des valeurs qui sont encore vécues. Avec leur promotion, nous contribuons à la prévention contre le sida [...] Nous ne pouvons pas promouvoir l’utilisation du préservatif, mais prêcher les valeurs morales qui, pour nous, demeurent valables, afin d’aider nos populations à se prémunir du sida : l’abstinence et la fidélité". (vidéo en ligne http://www.ktotv.com/)
    Mgr Simon Ntamwana, archevêque de Gitega au Burundi, a dénoncé «le glissement de pensée» de l’Occident et son «hédonisme sexuel devenu comme un chemin incontournable ».
    "Ce n’est pas le préservatif qui va diminuer le nombre d’infections du sida, mais certainement une discipline que chacun doit s’imposer pour pouvoir changer d’attitude, une attitude qui va l’aider à échapper à un hédonisme qu’il ne peut plus contrôler".
    Pour sa part, l’archevêque de Kinshasa (RDC), Mgr Laurent Monsengwo, a expliqué que le préservatif
    "aggrave le problème car il donne une fausse sécurité, une sécurité qui n’en est pas toujours une".

    Des chiffres éloquents (source OMS), comparant la progression du SIDA dans les pays africains selon leur religion principale entre 1991 et 2001. Les pays catholiques étaient en moyenne plus touchés que les autres en 1991, et le sont moins en 2001. Catholiques ou pas, les pays d'Afrique touchés par cette immense tragédie méritent que cesse l'instrumentalisation qui est faite de leur souffrance par des groupes subversifs.

    Voici donc en 2 colonnes ces quelques données édifiantes sur le SIDA en Afrique Sub-saharienne et les religions.
    En 1991, le virus ne s'est pas développé dans une zone religieuse particulière. Les catholiques ont même été au centre du foyer de l'épidémie : le Congo, le Rwanda, le Burundi et l'Ouganda occupent les dernières places

    En 2001, après 10 ans de prévention dans ces pays (et la fameuse "irresponsabilité" de l'Eglise catholique), le classement n'est plus le même et se passe de commentaire…

    PAYS / RELIGION PRINCIPALE %/ infection

    en 1991

    Guinée Equatoriale Catholique 0,34

    Lesotho Protestant 0,35

    Afrique du Sud Protestant 0,81

    Mozambique Animiste 1

    Angola Catholique 1,1

    Cameroun Animiste 1,34

    Namibie Protestant 1,62

    Gabon Catholique 1,86

    Swaziland Animiste 2,13

    Tanzanie Catholique 4,16

    Kenya Protestant 4,49

    R.D.Congo Catholique 4,57

    Botswana Animiste 5,13

    Centrafrique Animiste 6,18

    Congo Catholique 6,39

    Rwanda Catholique 7,36

    Malawi Protestant 7,74

    Burundi Catholique 9,86

    Ouganda Catholique 12,87

    Zimbabwe Animiste 13,25

    Zambie Musulman 13,47

    en 2001

    Guinée Equatoriale Catholique 3,4

    Gabon Catholique 3,63

    R.D.Congo Catholique 4,9

    Ouganda Catholique 5

    Angola Catholique 5,5

    Congo Catholique 7,2

    Tanzanie Catholique 7,8

    Burundi Catholique 8,3

    Rwanda Catholique 8,9

    Cameroun Animiste 11,8

    Centrafrique Animiste 12,9

    Mozambique Animiste 13

    Kenya Protestant 15

    Malawi Protestant 15

    Afrique du Sud Protestant 20,1

    Zambie Musulman 21,5

    Namibie Protestant 22,5

    Lesotho Protestant 31

    Swaziland Animiste 33,4

    Zimbabwe Animiste 33,7

    Botswana Animiste 38,8



    Benoît XVI et le Sida :

    Le site Evangile Vitae a répertorié toutes les déclarations du Pape sur ce fléau depuis le début de son pontificat ( http://www.evangelium-vitae.org/citations/citation.php?num_citation=159 ) :

    "10 juin 2005 - A des Evêques d’Afrique en Visite Ad Limina
    Chers frères Evêques, je partage votre profonde préoccupation pour les ravages causés par le virus du SIDA et par les maladies qui y sont liées. Je prie en particulier pour les veuves, pour les orphelins, pour les jeunes mères et pour les personnes dont la vie a été détruite par cette cruelle épidémie. Je vous exhorte à poursuivre vos efforts pour combattre ce virus qui non seulement est meurtrier, mais menace sérieusement la stabilité économique et sociale du continent. L'Eglise catholique a toujours été en première ligne dans la prévention et dans le soin de cette maladie. L'enseignement traditionnel de l'Eglise a démontré être la seule façon intrinsèquement sûre pour prévenir la diffusion du SIDA. C'est pourquoi "l'affection, la joie, le bonheur et la paix apportés par le mariage chrétien et la fidélité, ainsi que la sécurité que donne la chasteté, doivent être continuellement présentés aux fidèles, spéc! ialement aux jeunes" (Ecclesia in Africa, n. 116).

    29 septembre 2006 – Aux Evêques du Malawi en Visite Ad Limina
    La diffusion du SIDA augmente en raison de l'incapacité à rester fidèles à un unique partenaire dans le mariage ou à pratiquer l'abstinence; … Ne cessez jamais de proclamer la vérité, et insistez sur celle-ci "à temps et à contretemps" (2 Tm 4, 2) car "la vérité vous libérera" (Jn 8, 32). [...].

    14 décembre 2006 - Au nouvel Ambassadeur du Lésotho
    La plaie du SIDA, qui frappe plusieurs millions de personnes … a apporté d'indicibles souffrances …. Soyez assuré de la profonde préoccupation de l'Eglise catholique en vue de faire tout son possible pour soulager toutes les personnes frappées par cette cruelle maladie, ainsi que leurs familles. Dans les visages des personnes malades et mourantes, les chrétiens reconnaissent le visage du Christ, et c'est lui que nous servons lorsque nous apportons notre aide et notre réconfort aux personnes qui souffrent (cf. Mt 25, 31-40). Dans le même temps, il est d'une importance vitale de transmettre le message selon lequel la fidélité au sein du mariage et l'abstinence en dehors du mariage sont les meilleurs moyens d'éviter l'infection et de mettre un terme à la diffusion du virus. En effet! , les valeurs qui découlent d'une compréhension authentique du mariage et de la vie de famille constituent la seule base sûre pour une société stable.

    14 décembre 2006 - Au nouvel Ambassadeur d'Ouganda
    La collaboration entre l'Eglise et la société civile a produit de nombreux fruits bénis en Ouganda, en particulier … dans la lutte contre le HIV/SIDA, où les statistiques confirment la valeur concrète d'une politique de prévention fondée sur l'abstinence et la promotion de la fidélité au sein du mariage. Je souhaite sincèrement que le peuple d'Ouganda continue à recevoir des bénéfices croissants de ce soutien.

    14 décembre 2006 - Au nouvel Ambassadeur du Mozambique
    Parmi les différentes œuvres de charité dans lesquelles l’Eglise est engagée, figurent l'assistance aux orphelins, dont le nombre augmente en raison de la tragédie du SIDA.

    7 septembre 2007 – Rencontre avec les Diplomates, à Vienne, en Autriche
    [...] L’Union européenne devrait par conséquent jouer un rôle de meneur dans la lutte contre la pauvreté dans le monde, et dans l’engagement en faveur de la paix. Nous pouvons constater avec gratitude que les pays européens et l’Union européenne sont parmi ceux qui contribuent le plus au développement international, mais ils devraient aussi faire valoir leur importance politique face, par exemple, aux très urgents défis portés par l’Afrique, aux horribles tragédies de ce continent telles que le fléau du SIDA."
    En_Vérité
  • penda
    Le 23 Mars 2009 à 21 h 25 min
    Monsieur Juppé
    Bien sur que j'approuve votre réaction. Il ne s'agit pas ici d'une quelconque polémique mais de savoir combien de détresses et de morts les propos du Saint Père vont produire. Dix, cent, mille? Plus peut-être...
    Quel homme, tant soit peu honorable, voudrait s'associer à cette sinistre besogne?
    Si je ne craignais pas de perdre les derniers points de mon permis d'expression
    comment que je lâcherais les chevaux de mon indignation!
    penda
  • gdecock
    Le 23 Mars 2009 à 21 h 13 min
    Monsieur Juppé
    d'habitude, je trouve vos propos plutôt mesurés et pesés. Haut fonctionnaire et habitué des notes de synthèses, j'imagine qu'on vous a appris à vous documenter avant de prendre position.
    Concernant l'hallalli avec mise à mort de Benoit XVI, vous avez été un peu rapide à suivre l'émotion générale bâtie sur les inepties des journalistes au mieux peu informés et au pire malveillants. Je ne reviendrai pas sur les assertions fausses et rapides concernant cette pauvre enfant et sa mère jamais au grand jamais excommuniés par le Pape, sur les fameuses excommunications des évêques où vous confondez allègrement ces actes religieux avec l'exclusion d'un parti politique et j'en passe et des meilleures. Ce que l'on pourrait comprendre d'un français "ordinaire" (il n'y a pas là de jugement de valeur de ma part)est plus difficilement compréhensible de votre part.
    Allez, pour une fois, reconnaissez que vous avez parlé un peu trop vite. Celà grandit un homme que de reconnaître qu'il a eu tort. Par pitié, ne hurlez pas avec les loups ; c'est trop facile. Vous même avez été la victime de lynchages médiatiques. Vous devriez savoir que lorqu'on a trouvé le bouc émissaire, toutes les réductions, tous les racourcis sont bons pour l'immoler.
    Allez, un bon mouvement. Montrez que vous êtes un homme bien et surtout un homme libre.

    Bien à vous
    gdecock
  • nono
    Le 23 Mars 2009 à 21 h 04 min
    Je trouve déplacé ces réactions d'un homme de votre carrure !! Le Pape se contente de rappeler un idéal de vie et n'oblige personne à le suivre !! De plus je suis étonné de ne voir que des réactions d'hommes politiques français et aucune d'homme politique Africain qui sont les premiers concernés!! PEut être Mr Juppé faudrait-il changé de mentalité et ne pas regarder les problèmes africains à travers le prisme occidental....
    nono
  • ALAKUF
    Le 23 Mars 2009 à 20 h 42 min
    Votre commentaire est typique de ces catholiques qui se disent tels dans les enquêtes, des "catholiques sociologiques", des catholiques qui ont largué les amarres depuis longtemps,emportés sur la mer du "progrès du genre humain" laissant derrière eux "l'obscurantisme papiste"; mais qui (par mauvaise conscience?) veulent ramener l'Eglise dans leur "droit" chemin àeux.
    Mais professer la foi catholique n'a pas grand chose à voir avec la simple appartenance à une catégorie socio-culturelle, laquelle étant à administrer par la République (ministre des cultes ou ancien Premier Ministre), qui s'assurerait que cette Foi et ses enseignements ne "posent pas un problème", de conformité par rapport à la Norme édictée dans le cadre d'un Service Public de la Religion.
    Et, pour aller dans votre sens, il est malheureusement vrai qu'un certain nombre de clercs sont tentés, sous la pression médiatique, de se couler dans la fonction rassurante et confortable de "délégataire" d'un tel service public, quitte à ressembler au fameux Ponce.P).
    ALAKUF
  • Bruno Edelist
    Le 23 Mars 2009 à 20 h 36 min
    ... Eh bien, ce n'est plus une volée de bois vert, c'est une bastonnade en règle ! Mais vous avez l'habitude, non ?
    Qui plus est, c'est assez sympa de publier ces réactions sur votre blog, dans leur jus ! N'ayant pas lu votre article dans le Figaro, je ne me proncerai pas sur la polémique.
    Mais sur votre phrase, rapportée dans mon canard local, "Ce Pape commence à poser un vrai problème", je tiens à approuver publiquement hic et nunc. Catholique et ancien militant dans cette carrière, je ne peux accepter, sans approuver votre commentaire, que le chef spirituel de l'Eglise continue en toutes occasions à manifester un tel décalage avec son temps.
    D'autres pontifes ont défrayé bien d'avantage encore les chroniques d'époques anciennes, mais il n'y avait alors ni radio, ni télévision, ni Internet, et ils mourraient en général avant que de pouvoir être critiqués.
    Vous avez raison de lui laisser une chance de prendre un peu de recul ... Avant que son temps ne soir écoulé.
    Avec ma fidèle et respectueuse amitié.
    Bruno Edelist
  • pil
    Le 23 Mars 2009 à 20 h 31 min
    Je m'associe complètement à la réponse de Silence est d'Or après mêtre renseigné sur les différentes polémiques soulevées par les médias qui une fois de plus ne font pas leur travail d'analyse, de recherche avant d'écrire leur papier mais cheche le sensationnel et l'éclat pour ici salir ce que défend l'Eglise; la beauté de l'Amour et le respect de la vie.
    Je suis consterné par vos réactions Mr Juppé ainsi que par les réactions de beaucoup de Catholiques qui crient avec la meute sans même avoir fait de lecture critique de la Presse à la lumière des faits réels ou des propos réellement tenus dans leur contexte.
    Par ailleurs concernant La polémique autour de Mgr Williamson, le Pape a reconnu son erreur au travers d'une très belle lettre adressée aux évêques de France pleine d'humanité et d'humilité, démarche qu'on n'observe jamais chez les politiques.
    pil
  • Reboul
    Le 23 Mars 2009 à 20 h 28 min
    Grâce à votre réaction j'ai pour la première fois poussé la porte de votre blog pour y laisser ce petit message. Vos commentaires me déçoivent d'autant plus que vous me semblez l'un des hommes publics le plus sensé. Passent Rama Yade, Cohn Bendit et autres habitués du surf médiatique. Mais le manque d'à propos de vos remarques écorne à mes yeux votre réputation politique. Vous parlez de volée de bois vert, les réactions ont dû être nombreuses, ce dont je me réjouis.
    Vos détracteurs risqueraient enfin de se couper de la société. Cette dernière forme en effet un ensemble toujours moins cohérent que certains s'emploient à désintégrer.
    Or les familles restent ses plus solides fondements. Nombre d’entre elles sur les valeurs desquelles la société s’est bâtie se sentent caricaturées dans leurs convictions.
    Finalement d'autres hommes et femmes de bonne volonté vont aussi se lasser de voir leurs idées travesties.
    Reboul
  • en tant que catholique....
    Le 23 Mars 2009 à 20 h 25 min
    Monsieur, ce qui n'est pas acceptables dans vos propos publics c'est d'avoir eu l'audace de les prononcer "en tant que catholique", car si l'amour de l'Eglise avait été votre souci, vous vous seriez abstenu de propager une fausse nouvelle.
    En effet, il est maintenant avérer que le pape n'a pas prononcer les paroles que vous lui avez prêté.
    Un partie politique qui s'est financer sur le commerce des armes en afrique est-il en situation de donner des leçons sur ce qui est bon pour l'afrique et les africains?
    Votre réaction du lendemain prétendant donner à l'Eglise un conseil de survie montre votre orgeuil incorrigible : mais rassurez vous " heureux ceux qui sont calomniés au nom du CHRIST, ..." .
    Le Seigneur a mis son Eglise en de bonnes mains en la confiant à Benoît XVI et en tant que catholique je vous recommande de prier pour lui et avec lui pour le bien de l'Eglise.
    en tant que catholique....
  • dialogue
    Le 23 Mars 2009 à 19 h 52 min
    Cher Monsieur,
    Mon message ne tiendra ni du règlement de compte ni de la volée de bois vert, mais simplement de l'invitation à la réflexion et au dialogue que votre première intervention (parmi d'autres)n'a malheureusement pas aidés, par un jugement trop à l'emporte-pièce.
    En regardant les chiffres, on découvre que l’Église catholique est de loin l’institution privée la plus engagée dans la prise en charge des sidéens (44% sont soignés par des institutions d'État, 26,70% par des institutions catholiques, 18,30% par les ONG et 11% par les autres religions). Pendant que beaucoup se contentent de parler compassion, elle agit de son mieux et avec des résultats…
    Ceci donne peut-être une certaine légitimité au pape pour parler du problème et pour constater que les campagnes 100% préservatif piétinent. Qu’en serait-il des accidents de la route si l’on se contentait de blinder nos voitures ? On a inventé heureusement le code de la route et découvert que la sagesse avait aussi sa place au volant… Est-ce de l'autisme que d'appeler à "une humanisation de la sexualité, c'est-à-dire à un renouveau spirituel et humain qui permette une nouvelle manière de se comporter les uns avec les autres" (cf. la fameuse réponse de Benoît XVI dans l’avion qui les conduisait au Cameroun) ?
    Le préservatif n’est pas condamné pour autant, il est remis à sa place. En 1988, le cardinal Lustiger déclarait : "La fidélité est possible. Tout véritable amour doit apprendre la chasteté. Des malades du sida sont appelés, comme chacun de nous, à vivre la chasteté non dans la frustration, mais dans la liberté. Ceux qui n'y parviennent pas doivent, en utilisant d'autres moyens, éviter le pire : ne donnez pas la mort. - Le préservatif ? - Un moyen de ne pas ajouter au mal un autre mal..." Sur RTL, Mgr di Falco redisait la même chose, il y a quelques jours : "Si on n'arrive pas à vivre la situation telle que le pape la propose, on ne doit être ni criminel, ni suicidaire et on doit utiliser le préservatif."
    Allons plus loin. Le préservatif n’est pas qu’une membrane entre deux corps ; il sépare aussi souvent le corps et le cœur de celui ou de celle qui l’utilise. Son sexe est en train de parler le langage de l’amour, tandis que son cœur est souvent complètement vide ou ailleurs. Quel est le prix d’une telle division intérieure ? Il faudrait interroger les psychiatres et autres psychothérapeutes pour mesurer la place des malaises affectifs et sexuels chez tant de leurs patients et la souffrance qu’elle engendre.
    Alors, et si le pape avait raison ?
    Ou si déjà, il posait une bien bonne question ? La sexualité ne relève-t-elle que de la génitalité animale ou n’appelle-t-elle pas aussi la maîtrise de soi et la fidélité pour conduire à un authentique bonheur inter-personnel ? N’y a-t-il là pas au moins, matière à débat serein, où l’interlocuteur a droit à l’écoute et à une réponse davantage pesée ?
    dialogue
  • douglas
    Le 23 Mars 2009 à 19 h 52 min
    Quand on a l' envergure d'un homme d' état on se doit de contrôler ses sources d' informations : sur une question en profondeur il est evident que le respect des êtres humains prime sur les problèmes medicaux et les réponses medicales liés au SIDA
    On est là à une marche au dessus des questions de préservatif et c' est sur cette marche que se situe le pape quand il dit que le respect mutuel prime sur le vagabondage sexuel etc...
    les journalistes ne savent se situer qu' au niveau des "moyens" pour plaire a leurs lecteurs
    comme jai de l'estime pour vous je vous ésperais une marche plus haut!
    douglas
  • le-silence-est-d'or
    Le 23 Mars 2009 à 02 h 36 min
    Monsieur Juppé,
    Oui, une volée de bois vert car vous avez vraiment raté l'occasion de VOUS TAIRE ou alors ne dire QUE la phrase que les journalistes, naturellement mal intentionnés, ont "omis" de reprendre , à savoir "à mes yeux le Pape est dans son rôle lorsqu'il proclame le respect de la vie et que si lui ne le dit pas, qui le dira?" : que ne leur faites-vous un procès pour contrefaçon de vos paroles ?

    PRESERVATIF:
    vous savez très bien que celui-ci n'est pas fiable (cf le commentaire de Rachmanin).
    Il aggrave la situation dans la mesure où les gens se croyant protégés vont multiplier les expériences et donc la maladie continue de se propager.
    Le président du Burkina Faso a déclaré, dans une interview
    "Pour les Burkinabés, le danger (du sida) est immmédiat. La pandémie est une réalité visible qui frappe votre famille, vos amis .(...) Le débat sur le préservatif, tel que vous le présentez, ne nous concerne pas. Les Français aiment la polémique(...). Certains critiquent la position de l'Eglise en prétendant défendre les Africains. Soit, mais la plupart n'ont jamais mis les pieds chez nous. Je leur conseille de venir faire un séjour au Burkina. Chez nous, l'imam, le prêtre,le chef coutumier, travaillent de concert: tous ont l'ambition d'affronter le même mal.
    Se focaliser sur le préservatif, C'EST PASSER A COTE DU PROBLEME DU SIDA (...).
    Beaucoup de gens ignorent le travail de l'Eglise en Afrique (...) Chez nous, l'Eglise est d'abord synonyme d'écoles et de dispensaires. Le débat sur le sida n'est pas théorique, il est pratique (...). SI L'ABSTINENCE EST UN MOYEN DE PREVENTION, NOUS N'ALLONS PAS NOUS EN PRIVER! (..)"

    Par ailleurs, penser que les africains ne sont pas capables d'abstinence si leur vie est en danger, c'est du racisme il me semble!
    Et la fidélité n'est pas une maladie honteuse que je sache!
    La société française crève de déliquescence morale. Alors, de grâce, ne hurlez pas avec les loups si vous avez un peu d'éthique.

    Quant à la FILLETTE DU BRESIL, vous devriez savoir que le Pape n'y est pour RIEN. (voir autres commentaire).
    Alors, de grâce, PAS D'AMALGAME!.

    Pour ce qui concerne les EVEQUES INTEGRISTES
    Les 4 évêques avaient été excomuniés pour avoir été ordonnés sans l'accord du Pape.
    Il a levé l'excommunication des 4 évêques à la demande de Mgr Felley pour entamer la discussion.
    Ils n'ont pour l'instant AUCUN rôle dans l'Eglise (ils ne peuvent plus ordonner de prêtres et d'évêques).
    Le Pape n'approuve EN RIEN les déclaration de Mgr Williamson et attend que celui-ci demande pardon. Le rôle du Pape est de faire cesser le schisme. En ne levant l'excommunication que pour 3 évêques le schisme aurait continué.
    le-silence-est-d'or
  • de la motte
    Le 23 Mars 2009 à 00 h 23 min
    Monsieur

    j'ai été assez surpris et déçu de vos propos sur le Pape. Je pensais qu'ils avaient été tronqués par les médias, comme ceux du pape. Apparemment ce n'est pas le cas.

    Je vous fais suivre mon "coup de gueule" envoyé à quelques journaux la semaine dernière, suite aux propos d'un homme politique (pas vous) déclarant "y'en a marre de ce Pape", et mentionnant le mot "criminel".

    J'aimerais savoir si vous avez lu le texte intégral de la réponse du Pape. Si c'est le cas, partagez-vous l'opinion de cet homme politique, relayée par les pancartes "Pape assassin" sur le parvis de Notre Dame?

    J'espère que des hommes politiques continueront à soutenir la liberté d'expression religieuse, respectueuse de sensibilités spirituelles dont nous aurons besoin pour résoudre ensemble les différentes crises que nous traversons.

    Y’en a marre.

    J’ai entendu mercredi la réaction d’un homme politique français aux propos tenus par le Pape sur le sida en réponse à la question posée par un journaliste. : « y’en a marre de ce Pape... ». Je m’excuse par avance de ne pas être en mesure de retranscrire l’intégralité de l’intervention.



    J’ai cherché à comprendre ce qu’avait réellement dit le Pape, et quel était le message derrière les mots. J’ai eu du mal à trouver le texte complet de la réponse du Pape. Je me suis fait mon opinion : Moi aussi « Y’en a marre », mais y’en a marre d’autre chose :



    Y’en a marre que les médias, dont internet ne mettent pas en avant le thème central de la visite du Pape, la réconciliation, la justice et la paix en Afrique.
    Y’en a marre de ne pas trouver dans les grands quotidiens français (en dehors de la Croix) la déclaration complète.
    Y’en a marre des phrases sorties de leur contexte.
    Y’en a encore plus marre parce que c’est le fait de tronquer l’information qui enflamme la polémique et peut créer des catastrophes.
    Y’en a marre des invectives, des condamnations, des stigmatisations non argumentées.
    Y’en a encore plus marre quand les condamnations émanent de personnes qui se prétendent éclairées par la raison.
    Y’en a encore plus marre quand ces personnes jugent d’un commun accord avec elles-mêmes que les religions sont antinomiques avec la raison.
    Y’en a marre que les médias se limitent à caricaturer.
    Y’en a pas marre des caricatures amusantes quand on sent l’humour qui les inspire.
    Y’en a marre des caricatures blessantes et inquiétantes parce que l’on sent la fureur qui les inspire.
    Y’en a marre des titres racoleurs qui déforment la réalité pour vendre plus.
    Y’en a encore plus marre quand c’est à l’initiative de journaux qui sont par ailleurs très réservés sur le capitalisme.
    Y’en a marre que l’on pose toujours des questions au Pape ou au clergé sur les préservatifs : on ne pense qu’à cela ?
    Y’en a encore plus marre quand c’est pour dire, s’ils ont l’audace de répondre qu’ils n’ont pas droit au chapitre, et qu’il est scandaleux voir illégal qu’ils s’expriment.
    Y’en a marre d’entendre que l’Eglise ne fait rien contre le Sida et de voir le contraire.
    Y’en a marre de ne voir que les réactions d’une partie de l’opinion d’une partie de l’Occident.
    Y’en a marre de voir cette réaction considérée comme la réaction planétaire unanime.
    Yen a marre que l’on ne parle pas du sujet de l’humanisation de la sexualité et de son impact sur le sida.
    Y’en a marre qu’il soit interdit de penser que les campagnes publicitaires de distribution de préservatifs peuvent contribuer à déshumaniser la sexualité.
    Y’en a marre de ces séries de réactions déformant les propos et les messages : ce n’est pas la première fois.
    Y’en a marre que l’on rejette une personne qui parle de « renouveler l’homme intérieurement » à une époque où beaucoup concordent sur cette nécessité compte tenu de la crise économique, de la crise écologique, qui touchent d’abord les plus pauvres.


    Ceci étant dit, j’espère qu’un débat sincère et respectueux des parties se développera sur ce sujet comme sur d'autres. J’y crois, il faut avoir foi en la raison.
    de la motte
  • Pascal Domini
    Le 23 Mars 2009 à 00 h 04 min
    Cher Monsieur, 
merci d'aborder avec franchise "la volée" sur le blog. Sur la question du préservatif, je vous renvoie à un dialogue ancien et passionnant dans le Figaro entre André Frossard et le professeur Schwartzenberg. Ce dernier, contempteur habituel de l’'Eglise avait reconnu qu’en matière de protection contre le SIDA trois actions était, dans l’'ordre, efficaces: 1-l’abstinence 2-la fidélité 3-le préservatif. L’Eglise insiste sur ces deux première actions et dénonce la campagne du “tout préservatif” qui est à la fois signe d’un manque de confiance en l’'homme et un refus de considérer l'’efficacité réelle du préservatif(1) et son encouragement au vagabondage sexuel(2). Merci donc de vous renseigner, (1) par exemple sur l’étude de 2006 qui a contrarié son auteur pro préservatif, Rachel Winer of the University of Washington in Seattle. (2) sur les propos du professeur Montagné, découvreur du HIV et déclarant qu’avec 5 partenaires sexuels par personne et par vie(sic) l’épidémie s'éteindrait d'elle-même. Quel tabou, quel dogme, quel manque de liberté nous fait choisir la propagande du "tout préservatif" et refuser de parler fidélité ou abstinence? Le "tout préservatif" est un choix idéologique et mortifère. Respectueusement
    Pascal Domini
  • Paul de Senquisse
    Le 22 Mars 2009 à 23 h 17 min
    Merci pour cet article qui me rappelle pourquoi je continue encore et toujours à suivre et admirer votre carrière politique, avec ses hauts et ses bas, et malgré les attaques régulières des média ou de l'opposition.

    Prendre une telle position en sachant pertinemment qu'elle sera critiquée (qui plus est dans votre propre camp, où on trouve une minorité visible de catholiques convaincus) est une preuve de courage, et d'intégrité intellectuelle.

    Le faire posément, avec talent et sans agressivité ni haine, simplement une déception que l'on ressent à vous lire, et en démontrant le pourquoi d'une telle déception, d'une telle incompréhension, est une preuve d'introspection et, n'ayons pas peur des mots, de talent.

    Merci, donc, de continuer encore votre parcours et vos combats. C'est dans ces moments là que je regrette de ne pas habiter Bordeaux pour pouvoir vous apporter dans les urnes mon soutien électoral. Ce dernier restera donc moral, pour ce que cela vaut !
    Paul de Senquisse
  • actarus
    Le 22 Mars 2009 à 23 h 15 min
    "...ce pape commence à poser un vrai problème." Alain Juppé.

    Il est vrai que tous les politiciens ne commencent pas à nous poser de problème.

    Tout va bien dans le meilleurs des mondes.
    actarus
  • RACHMANIN
    Le 22 Mars 2009 à 23 h 01 min
    Cher Monsieur le Maire,
    Avec tout le respect que je vous dois, souffrez que le Pape puisse tout simplement exprimer la Foi Catholique. L'Eglise est experte en humanité, elle indique que la fidélité et le respect des corps sont sources de bonheur et de paix. Vous n'imaginiez pas que Benoit XVI puisse recommander autre chose, si pour certains cet idéal est trop dur à atteindre, il n'y a pas pour autant de condamnation, il suffit d'être en chemin.
    Sur le point spécifique de l’aggravation du SIDA résultant des préservatifs, je laisse à votre appréciation ce point de vue d’un scientifique émérite en la matière, responsable du programme de prévention et de recherche sur le SIDA à l’Université d’ Harvard, Edward Green :
    Interrogé par la National Review Online, Edward Green a répondu : « Le Pape a raison. Ou pour répondre plus précisément : les meilleures données dont nous disposons confirment les propos du Pape. »

    « Il existe une relation systématique, mise en évidence par nos meilleures enquêtes, y compris celles menées par l’organisme “Demographic Health Surveys” financé par les Etats-Unis, entre l’accès facilité aux préservatifs et leur usage plus fréquent et des taux d’infection par le virus du sida plus élevés, et non plus faibles. Cela pourrait être dû en partie au phénomène connu sous le nom de “compensation du risque”, ce qui veut dire que lorsque l’on a recours à une “technologie” de réduction du risque comme le préservatif, l’on perd souvent le bénéfice lié à la réduction du risque par une “compensation” qui consiste à prendre davantage de risques qu’on ne le ferait en l’absence de technologie de réduction du risque. »
    Autrement dit, le recours au préservatif permet certes de réduire le risque de contamination – mais non de l’annuler – mais encourage à adopter des conduites à risques qui aboutissent à davantage de contaminations.
    Un livre d’Edward Green présenté sur le site de son unité de recherche, tirant les leçons de l’expérience de la lutte contre le sida dans les pays en voie de développement, explique :
    « Les solutions avant tout médicales financées par les plus grands donateurs n’ont eu que peu d’impact en Afrique, le continent le plus durement touché par le sida. Au contraire, des programmes relativement simples, peu onéreux, visant à changer les comportements – en mettant l’accent sur la progression de la monogamie et sur le recul des premières relations sexuelles chez les jeunes – ont permis les plus grandes avancées dans la lutte contre le sida et la prévention de son extension. »

    Mais ce type de point de vue, même s’il est vrai, n’est pas politiquement correct…
    Je vous prie d’agréer l’expression de mes salutations respectueuses.
    RACHMANIN
  • Polochon
    Le 22 Mars 2009 à 20 h 27 min
    "Ne pourriez-vous pas, de temps en temps, vous poser simplement la question de savoir si quelques hommes et femmes de bonne volonté qui ne partagent pas vos certitudes ne mériteraient pas un peu d’écoute, plutôt que le rejet pur et simple?”
    On croit rêver ! Qui plus que le Pape et l'église sont l'objet d'attaques incessantes et souvent injustifiées ?
    Qui est sans cesse ridiculisé, voit ses propos déformés ?
    Beaucoup de gens se posent des questions, mais pas ceux qui systématiquement, dans les médias, à la télé, déforment, critiquent et assènent des contre-vérités.
    Il est vrai que les propos du Pape sur le préservatif venaient après une série de propos et d'actions pour le moins discutables. Mais on ne peut pas tout mélanger.
    Polochon
  • Joseph SPITERI
    Le 22 Mars 2009 à 20 h 27 min
    Monsieur le Ministre,

    Vous avez le courage de vos opinions, mais ce qui est dommage c'est la précipitation de votre déclaration se noyant dans la vague des hurlements de protestation contre le pape.

    J'ai été un peu déçu car j'ai de mémoire de vous en homme politique et homme tout court, posé et réfléchi.

    Je suis d'accord que le pape est tantinet intégriste dans la lecture des premiers catéchismes, mais cela les cardinaux juges de son élection le savaient et ont voulu certainement adopter une ligne religieuse plus dure devant les menaces de l'intégrisme islamique gagnant en puissance.

    Vous êtes trop immergé en politique pour ignorer tout cela, à moins que je fasse fausse route sur toute la ligne.

    C'est aussi possible, mais alors je souhaiterai que l'on m'explique pourquoi.

    Bien cordialement.

    J. SPITERI
    Joseph SPITERI
  • canardchain
    Le 22 Mars 2009 à 20 h 15 min
    Suite de mon précédent message, vous pouvez lire aussi avec intérêt l'interviw de Mgr Simon dans le Point :
    "Je dénonce l'amalgame qui est fait entre Benoît XVI et Mgr Williamson lorsqu'on parle de "réintégration d'un évêque négationniste". La levée de son excommunication ne signifie pas sa réintégration dans l'Église catholique. Encore une fois, la décision du pape est un préalable au dialogue. Cet évêque d'origine britannique n'a pas de statut canonique au sein de l'Église et je ne vois pas comment on pourrait en donner un à un évêque tenant des propos si obscènes. D'autre part, lorsque Benoît XVI a donné son feu vert à la signature du décret levant l'excommunication, il ne pouvait pas connaître le discours de cet évêque. Ou alors, il faudrait tomber dans la mythologie et penser que le Vatican a les moyens de faire surveiller la programmation de toutes les télévisions du monde ! Ce n'est heureusement pas le cas. Dieu merci ! "
    Il vous faut tourner un peu plus votre porte-plume dans l'encrier avant d'écrire.
    Vous me décevez beaucoup mais il est vrai que le populisme paye plus qu'une certaine rigueur intellectuelle pourtant enseignée dans l'université française dont vous seriez un brillant produit.
    Je m'arrête la en abandonnant la lecture de votre blog qui ne pourra m'apporter des déconvenues et en vous conseillant de consulter des dictionnaires pour appréhender et maitriser le sens de mots que vous croyez connaître.
    canardchain
  • koz
    Le 22 Mars 2009 à 19 h 59 min
    C'est aussi que l'on aurait aimé que vous teniez compte de ce qui s'est vraiment produit. Ainsi le Pape n'est-il aucunement concerné à titre personnel par l'affaire du Brésil. Pourquoi l'y avoir mêlé. Le Vatican, par la voix de Mgr Fisichella a adopté une position officielle (cf Osservatore Romano) dans un article dont le titre est clair : "della parte della bambibna" (du côté de la fillette). Il y est dit que la question n'aurait certainement pas dû être l'excommunication de ceux qui lui avaient sauvé la vie.

    En ce qui concerne Williamson, il y a évidemment un couac. Manifestement, le cardinal Castrillon Hoyos a eu une réaction qui échappe au sens commun. Mais nombre de vaticanistes (y compris celle du Nouvel Obs) reconnaissent qu'il est établi que le Pape ignorait ses propos.

    En ce qui concerne le préservatif, le débat est encore en cours. Il est certain que le Pape aurait pu éviter de prononcer ces mots dans une telle séquence. Mais il existe aussi des travaux sérieux qui établissent l'absence d'impact du préservatif (voir les résultats comparés de l'Afrique du Sud et de l'Ouganda).

    Vous ne pouviez peut-être pas rentrer dans ces détails. Mais ceux qui vous apprécient - et c'est mon cas - n'attendaient certainement pas que ce soit de vous que viennent des propos aussi définitifs. Vous me faites penser, là, à François Bayrou qui n'avait rien trouvé de plus pressé que de déclarer son opposition à la mise en berne des drapeaux pour la mort de Jean-Paul II, alors que celui-ci n'était pas mort depuis 12h. Il s'était retrouvé entouré des seuls Contassot et Mélenchon. Vous ne voudriez tout de même pas ressembler à François Bayrou ?
    koz
  • canardchain
    Le 22 Mars 2009 à 19 h 55 min
    Visiblement vous n'avez pas pris connaissance de la déclaration du pape avant de vous exprimer mais c'est dans l'air du temps il faut "tirer" le premier ! Voici la phrase du pape citée ce matin (enfin) sur Europe 1 :
    "si on n'y met pas l'âme, si on n'aide pas les africains, on ne peut pas résoudre ce fléau par la distribution de préservatifs, au contraire le risque est d'augmenter le problème."
    On est bien loin de ce qui a été rapporté par la presse et je pense que vous devriez prendre le temps de réfléchir un peu au sens profond de cette phrase car la précipitation est mauvaise conseillère. Merci
    canardchain
  • BURCKHARDT
    Le 22 Mars 2009 à 19 h 41 min
    Monsieur,
    je vais essayé de répondre aux différents points de vue que vous emettez au sujet des différentes positions de notre saint Père:
    1)ausujet de l'excommunication des prêtres intégristes; une excommunication ne veut pas dire réintégration. Il y a encore un loin chemin à parcourir dont la reconnaissance du Concile Vatican II et des Papes conciliaires.
    Le Pape à aussi demandé à Mgr Williamson un retrait plus clair de ses propos négationistes et Mgr LFellay àa lui-même présenté des excuses au nom de la Fraternité saint Pie X affrmant que telle n'était pas la pmosition de la
    2)
    ZF09031611 - 16-03-2009
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    Excommunciation au Brésil : Témoignage du curé de la paroisse de la petite fille


    Le père Rodrigues




    ROME, Lundi 16 mars 2009 (ZENIT.org) - La maman de la petite fille brésilienne dont l'histoire tragique a fait le tour du monde, le doigt pointé contre l'Eglise, a été manipulée, révèle ce témoignage du père Rodrigues, curé de Alagoinha, publié par le site du diocèse de Fréjus-Toulon (France).

    Témoignage du P. Rodrigues

    Notre ville a été secouée par une nouvelle tragique : une enfant de neuf ans victime des abus sexuels de son beau père était enceinte de jumeaux. Sa sœur aînée, âgée de 13 ans, avait subi les mêmes sévices. Cette horrible histoire durait depuis près de trois ans.

    Quand le conseil de Alagoinha a découvert les faits, il a tenté de tout mettre en œuvre pour aider les enfants et les parents. Le 27 février, la justice a confié les enfants à l'institut médical légal de Caruaru, dans l'Etat de Pernambuco. D'autres examens complémentaires ont été réalisés (avec des sexologues, des psychologues) ensuite à l'institut médical de l'enfance de Recife. C'est à cet endroit que la victime a rencontré une assistante sociale du nom de Karolina Rodrigues et son assistante Marie-José Gomes. Cette dernière a refusé l'hypothèse de l'avortement au nom de sa conscience chrétienne. Karolina Rodrigues a décidé de porter ce cas devant le conseil de Alagoinha. Les cinq conseillers de la ville ont refusé pour les mêmes motifs. Ils ont transmis leur avis à l'institut médical de Caruaru. Une copie a été donnée à Karolina Rodrigues en ma présence et celle du père de la victime, monsieur Erivaldo.

    Le 28 février, je suis invité à participer au conseil de l'institut médical de l'enfance de Recife en compagnie de Marie-José Gomes et de deux membres de notre paroisse. Nous en profitons pour aller visiter la victime et sa mère. Elles se trouvent au quatrième étage de l'établissement, dans un appartement isolé. L'accès est très strict. Je suis obligé de rester dans le couloir mais j'arrive à parler avec la mère de la petite. Elle m'avoue « avoir signé des papiers ». Je m'inquiète car cette femme est analphabète. Comme elle est incapable d'apposer sa signature, on a pris ses empreintes digitales. Je lui demande ce qu'elle pense à propos de l'avortement. Elle montre des sentiments très maternels et surtout une préoccupation extrême pour sa fille. Elle répond : « je ne veux pas que ma fille avorte... ». La maman me parle de son état de santé : « ça va bien, elle joue avec des poupées qu'on vient de lui donner ». Nous repartons avec la ferme conviction que la mère est totalement défavorable à l'avortement de ses petits fils. « Personne n'a le droit de tuer personne », ajoute-t-elle. « Seul Dieu peut disposer de la vie... ».

    Le 2 mars, nous retournons à l'institut de Recife. Nous sommes autorisés à monter au 4e étage pour visiter la victime. Mais, arrivés au premier étage, un fonctionnaire de l'institut nous interdit de monter plus haut. Il nous demande de voir l'assistante sociale dans un autre bâtiment. Nous tombons nez à nez avec Karolina Rodrigues. Je suis en compagnie de Marie José Gomes et de monsieur Erivaldo qui s'oppose à « l'avortement de ses petits fils ». Quand l'assistante découvre mon identité, elle dit devant tout le monde : « il s'agit d'une affaire médicale même si le prêtre qui est là estime qu'il s'agit d'une question de morale ». Nous interrogeons Karolina Rodrigues sur l'état de santé de l'enfant. Elle affirme que tout est déjà résolu avec l'accord de la maman. La procédure médicale va suivre son cours. Elle insiste sur son état critique sans fournir aucun élément de la part d'un médecin. Elle se retranche aussi derrière la loi : « dans ce cas, le mieux est de sauver la vie de l'enfant ». Nous répondons : « il n'y a pas une seule vie à sauver mais trois ! » Elle ne veut rien entendre. Karolina Rodrigues demande à Monsieur Erivaldo de lui parler seul à seul. Pendant près de 25 minutes. En sortant, ce dernier me révèle qu'il vient de changer d'avis à propos de l'avortement : « l'assistante m'a prévenu que ma fille était menacée de mort... Si elle est en danger, il faut la sauver... Quitte à lui retirer les fœtus », a-t-il murmuré.

    Tout paraissait alors terminé. C'est alors que l'archevêque de Recife, dom José Cardoso, et l'évêque de Pesqueira, dom Franceso Biasin, se sont impliqués dans la procédure. Mgr Cardoso a convoqué un groupe de médecins, d'avocats, de psychologues, de juristes pour étudier la légalité de cette affaire. Lors de cette réunion, le 3 mars, à la résidence de l'archevêque, il y avait le directeur de l'institut médical de l'enfance de Recife, Antonio Figueiras. Il a reconnu en public les pressions exercées par Katerina Rodrigues. Il a contacté l'hôpital pour suspendre l'avortement.

    Un peu plus tard, l'archevêque de Recife reçoit un appel de monsieur Figueiras l'informant qu'un groupe féministe - Curumin - aurait convaincu la maman d'accepter un transfert de sa fille vers un autre hôpital. Nous retournons sur place avec Maria Gomes. On l'a fait attendre en prétextant la rotation des équipes (l'enfant était déjà transférée). Personne n'ose lui dire quelque chose. Comment une personne en péril de mort peut-elle obtenir un bon de sortie ? Comment l'état de la victime a-t-il pu changer si rapidement ? Qu'est-ce que le Curumin a pu dire à la mère ?

    Le 4 mars, nous apprenons que l'enfant est internée à l'hôpital de CISAM (centre intégral de santé Amaury de Medeiros spécialisé dans les grossesses à risques). Cela se trouve au nord de Recife. Notre espoir de voir deux enfants vivants disparaît brutalement. Tout cela à cause d'une manipulation de conscience et d'un manque de respect pour la vie humaine. J'ai raconté tout cela pour que les gens sachent la vérité. »
    BURCKHARDT
  • Fra m
    Le 22 Mars 2009 à 19 h 24 min
    "Ce Pape commence à poser un vrai problème". Un gand nombre de chrétiens partagent sûrement votre avis sur les positions conservatrices de Benoît XVI. Ce qui est affligeant c'est de voir que depuis qu'il était Cardinal, Responsable de la Doctrine de la Foi (je ne suis pas sûre du Titre) il est resté sur ses idées figées, obtues, alors que son Pontificat aurait dû ouvrir son intelligente réflexion....On fait rentrer dans le troupeau celui nie les souffrances vécues d'un peuple, et l'on renie celle et ceux qui ont traité avec humanité l'IVG de cette petite fille.. Benoît XVI sait-il aussi que 30 millions d'Africains meurent chaque année du Sida ??
    De plus quel message retiennent nos jeunes de ces prises de positions catégoriques dans lesquelles ils ne reconnaissent pas leur besoin d'humanité dont ils veulent vivre.
    Merci beaucoup
    Fra m
  • Lucrèce
    Le 22 Mars 2009 à 19 h 09 min
    Vous avez eu raison d'exprimer votre désaccord de catholique avec trois ( j'ajoute le discours théologique sur l'Islam,trop subtil pour être bien compris) trois erreurs énormes d'un Pape coupé des réalités , et qui vont coûter cher à l'Eglise ;comme on l'imagine mal se renier ou démissionner, les catholiques de Bonne Foi peuvent être inquiets devant la faillite de leur berger.
    Lucrèce
  • Billig
    Le 22 Mars 2009 à 18 h 31 min
    Monsieur,
    c'est désolant de la part d'un homme qui a été aux commandes, dans un monde déjà ancien certes car cela remonte à plus de 10 ans, d'ignorer à ce point la réalité des sujets qu"il aborde.

    C'est partiulièrement vrai pour le cas le plus récent; je ne veux pas tenter la moindre tentative de vous convaincre; il me semble que vous êtes défnitivement droit dans vos bottes.
    Toutefois, permettez-moi d'être amusé de la façon dont vous rendez compte des réactions à vos propos sur le pape.
    Il est facile d'en sélectionner quelques uns sans doute aussi imbéciles que vos propres mots.
    Cela s'appelle un mensonge par omission d'une certaine façon.
    Mentir sur la réalité du préservatif le mardi; par omission le samedi.
    Vous êtes mûr, Monsieur Juppé, vous semblez vouloir nier la réalité du monde; c'est le signe des has been. Adieu l'artiste, allez vous reposer...
    Billig
  • jean
    Le 22 Mars 2009 à 18 h 27 min
    Je n’irai pas jusqu’à dire “habemus imbecilitas papam”, je respecte l’institution religieuse, je crois être croyant (sic), mais quand même…
    Que le Saint Père prône l’abstinence hors du mariage, la fidélité une fois celui-ci contracté, soit, cela est de son registre. Cependant, qu’il déclare le préservatif comme propagateur de ce fléau qu’est le sida, lorsque l’on sait que l’Afrique, à qui sont adressées ces paroles, est le continent le plus durement frappé, me choque. Et, puis parlons franc, sans ostracisme ni dédain : à qui ne lit pas le message entre les lignes, prend les mots au premier degré, quid des conséquences ?
    jean

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Bonjour, vous avez pris le temps de me lire et me répondre.
Je tenais à vous remercier de cette forme d'engagement.
Rien que de m´apporter une réponse montre que nous partageons une passion, celle de notre pays. Pour ma part , je suis partisan du dialogue et, je vous remercie de l'avoir entamé avec moi.

Bien cordialement.
Alain Juppé

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