Blog Notes d'Alain Juppé

Volupté de la lecture

Publié le 23/01/2005 par Alain Juppé

J’ai la chance d’avoir près de chez moi une vraie librairie, j’entends par là un lieu où l’on ne se contente pas de vendre des livres mais aussi où on les aime. Les libraires qui tiennent la maison lisent, annotent, « stickent » sur les ouvrages qu’ils ont aimés une brève notice qui donne envie de partager leur plaisir.
Mes deux derniers coups de coeur:
– De Amoz Oz, écrivain israélien, « Une histoire d’amour et de ténèbres », superbe saga qui fait revivre l’arrivée en Palestine, dans les années trente, d’une famille juive émigrée d’Europe centrale. Ce qui m’a le plus touché, c’est le récit des années de création de l’Etat d’Israël, vues non point du Conseil de sécurité des Nations Unies mais du coeur de Jérusalem même. Utile rappel des souffrances et des espoirs des protagonistes de l’Histoire, juifs d’abord, mais à travers leur regard , arabes aussi. Utile en ce moment où la paix se noue peut-être.

– De Richard Bausch, romancier américain, « Petite visite aux cannibales » . Ici encore longue saga de la vie de deux femmes qu’a priori rien ne rapproche : l’une, Marie Kingsley qui, dans les dernières années du XIX° siècle, s’aventure, jusqu’à la mort, sur des terres d’Afrique, parfois inexplorées; l’autre Lily Austin, un siècle plus tard, qui assume une vie familiale heurtée tout en écrivant une pièce de théâtre dont l’héroïne est précisément… Mary Kingsley. Je ne dévoilerai naturellement pas les péripéties de ces deux destins croisés. Je vous laisse la jubilation de la découverte. Simplement, le point commun de ces deux femmes : la volonté, le courage. Roboratif.

J’aime bien ces longs romans où il faut entrer progressivement, puis s’immerger totalement. Longues heures de lecture qui me rappellent les moments voluptueux de mon adolescence, d’abord Dumas et ses Trois Mousquetaires, puis les Russes, Dostoïevsky, Tolstoï , et tant d’autres.
A l’heure des blogs et d’Internet, ne pas oublier la jouissance de la lecture…
23/01/05

Partager cet article

11 commentaires pour « Volupté de la lecture »
  • Marie Cécile Forgeard
    Le 31 Janvier 2005 à 21 h 26 min
    Si vous avez aimé ce livre magnifique, lisez aussi (mais c'est peut-être déjà fait?)"Histoire d'une vie" de Aharon Appelfeld (éditions de l'olivier). C'est très différent par le ton, beaucoup moins construit, mais c'est la même histoire, et c'est encore plus émouvant.
    J'ai adoré dans "Une histoire d'amour et de ténèbres", outre les scènes historiques dont vous parlez, les personnages secondaires : l'oncle érudit et sa femme, le grand père séducteur à plus de 90 ans, la grand mère obsédée de la désinfection, l'image terrible du frère et de sa famille assassinés à Vilna où ils avaient voulu rester, et l'université de Jérusalem qui comptait plus de professeurs de littérature comparée que d'étudiants intéressés par la matière. Et l'on comprend le fil conducteur du livre, la dérive de la mère, élevée en Pologne dans l'idéal sioniste, lorsque le monde de son enfance a disparu et qu'elle se retrouve dans un univers si différent des rêves de sa jeunesse. Au milieu, j'ai bien aimé le chapitre où est tapi l'écrivain qui nous guide dans ses souvenirs. J'ai lu le livre un plan de Jérusalem à la main, pour suivre pas à pas ses promenades dans la ville, depuis la visite au grand oncle du début.Le plus beau livre de 2004, à mon avis ! Je vais maintenant lire celui de Richard Bausch.
    Bien amicalement
    Marie Cécile Forgeard
  • Marc Moreuil
    Le 29 Janvier 2005 à 13 h 08 min
    Cher Alain juppé,
    Je suis en colère d'entendre en permanence sur toutes les ondes beaucoup d'hommes politiques et d'intellectuels nous expliquer que la Turquie n'a pas vocation à intégrer l'UE. Je sais que vous êtes plutôt d'accord avec tous ces discours, mais c'est ce qui fait l'intérêt du blog.
    Et sur ce sujet de la Turquie, la classe médiatique (politiques, journalistes, intellectuels,...) pour une grande partie, joue le jeu de la proximité avec la population, la France d'en bas. Mais là encore, je pense que ces opportunistes se trompent car je peux témoigner qu'en discutant avec des agriculteurs, des ouvriers, des retraités, des médecins, des cadres, des étudiants, etc..., beaucoup de questions sont posées comme par exemple l'intérêt pour l'Europe d'être monothéiste, dans un monde multipolaire qui devra travailler ensemble et non se combattre pour des questions religieuses par exemple.
    C'est une vraie question, qui engage notre avenir pour les 30 prochaines années voire plus.
    Les questions techniques ou de frilosité ont peu de places, et cela Jacques Chirac est un des rares hommes politiques à l'avoir compris. Le drâme est que cette réflexion, le pays la mène aussi dans le silence, et là le miroir médiatique ne répond pas encore à cette attente.
    Et de grâce, ne mélangeons pas le débat de la Constitution avec la question turque, c'est là oû on voit les hommes d'état.
    Cordialement,
    Marc Moreuil
    Marc Moreuil
  • jean claude MAROSELLI
    Le 28 Janvier 2005 à 22 h 40 min
    Lorsqu’on écoute les journalistes spécialisés en politique commenter pendant des heures la campagne électorale en décrivant avec un luxe de détails étonnant les tactiques et stratégies – y compris à 3 ans - de chacun des acteurs, leurs manœuvres pour écarter les rivaux, les faux semblants qu’ils utilisent, mais sans jamais faire la moindre allusion au programme POLITIQUE qu’ils pourraient éventuellement mettre en œuvre, on éprouve un véritable écœurement. Et on peut comprendre le nombre élevé d’abstentionnistes.

    L’abondance croissante d’images fixes ou animées fait appel à « l’émotivité » du spectateur et pas à son intellect, lequel finit peut-être par se rouiller.

    Ainsi l’enjeu politique se déplace-t-il du projet vers l’apparence. On en vient à photographier ou filmer les personnalités politiques dans toutes les circonstances de leur vie, à leur poser des questions personnelles et même intimes et ils l’acceptent presque tous, convaincus sans doute que c’est ce qui motive la majorité de leurs électeurs. Le citoyen est ainsi poussé à voter pour une personne plus que pour un parti ; une image plutôt qu’un programme.

    La nécessité d’un profond changement semble évidente.

    Ne pourrait-on pas envisager le système suivant :

    Le vote est rendu obligatoire sous peine d’amende.

    Six mois avant toute élection une liste de questions serait établie comme suit par un organisme indépendant:

    · une partie résulterait de sondages publics destinés à connaître les problèmes jugés les plus importants par les électeurs.

    · L’autre résulterait de l’addition des suggestions formulées par les partis politiques.

    Les cinq premières de chaque liste seraient homologuées et les partis seraient invités à s’engager sur chacune d’elles, en motivant leur choix. (Exemple : ceux qui s’opposent au tramway fournissent leurs arguments.)

    Le résultat serait publié quelques semaines avant les élections et présenté par les médias.

    Chaque parti politique serait représenté par un porte-parole non candidat. Le nom du candidat et son curriculum seraient les seules informations fournies à son sujet.

    Le jour des élections, avant de voter, chaque électeur serait invité à répondre rapidement à un questionnaire fermé permettant de juger dans quelle mesure il a retenu les réponses de chaque parti. Les mieux informés recevraient un prime fiscale. Le bulletin de vote pour chaque parti comporterait la liste des réponses qu’il a fourni à chacune des questions clés.
    jean claude MAROSELLI
  • Jean-Baptiste Biard
    Le 28 Janvier 2005 à 00 h 12 min
    Pardonnez-moi ce hors-sujet total, mais faute d'adresse de courriel, j'écris là.

    Vous qui avez l'oreille du Président (dit-on) et qui utilisez php pour votre blog, auriez-vous l'obligeance de lui causer des manoeuvres ignominieuses en cours autour de l'harmonisation des brevets européens et de la transposition des dispositions américaines défaillantes dans le domaine des logiciels et méthodes commerciales ?

    On a bien un tout petit peu entendu le gouvernement là-dessus, mais ce sont les polonais qui viennent de nous sauver deux fois la mise ces dernières semaines ! Quand l'Allemagne et la France se décideront-elles à dire "non" une fois pour toutes sur ce sujet aux anglais, quitte à mécontenter un peu ces messieurs de l'OEB et l'ami Bill (Gates) ? Ils réessayent lundi prochain apparemment. A votre disposition si ma connaissance du sujet vous intéresse.

    Encore désolé pour le du hors sujet et très bonne nuit :-)
    Jean-Baptiste Biard
  • Jean_Marc Niguès
    Le 27 Janvier 2005 à 21 h 23 min
    bonjour,
    ce qui dans votre message me marque au plus haut point,non pas que le reste ne m'intéresse guère , c'est votre première phrase. Pourquoi donc reste-t-il si peu de vraies librairies? Désintérêt de l'écrit?Désintérêt des politiques pour tout ce qui touche l'écrit et partant peu de souci pour les petits libraires?Est-ce peut-être parce que le livre est devenu une marchandise et comme telle se doit d'être rentabilisée? Il y a de plus en plus un ton plein de nostalgie autour des propos sur les livres et les petites librairies , un ton plein de fatalité aussi comme si nous n'y pouvions rien, or je suis persuadé du contraire , là encore je sens une responsabilité des politiques.Bien sûr ils ne sont pas les seuls mais ils en portent la plus grande part.
    Jean_Marc Niguès
  • Béatrice (alias Véronique) Delépine (alias Letertre)
    Le 27 Janvier 2005 à 18 h 52 min
    L'amour de la langue française me fait réagir de façon épidermique à l'adresse de votre site. Il es vrai qu'il est assez simpliste d'écrire le nom de son site en langage de type SMS, mais ayez pitié de nous qui sommes obligé(e)s de faire des efforts pour déchiffrer ce langage qui semble n'obéir à aucune règle.

    Je laisse à vos bons soins de publier ou non cette réaction,
    bien à vous.

    Le peuple des mots

    Il est une contrée, au pays du langage
    Où règne encore, un peuple d'un autre âge,
    Fait de passionnés, d'archéologues savants,
    A la recherche de tous ces mots d'avant,
    Qu'on écrivait, alors, d'une vraie orthographe,
    Les journaux, messages et même les épitaphes.
    Comme support, papiers ou parchemins jaunis
    Témoignent des ces temps que tous renient .

    Le phonétique fut admis, mais jamais transcrit
    Laissant à chacun entière liberté de l'écrit,
    Assassinant les langues à tout jamais, inutiles.
    Les dictionnaires, exsangues, devinrent futiles.
    Puisqu'aucune règle, n'étant alors définie,
    Les caractères s'assemblant en lignes infinies
    C'est ainsi que disparut à jamais l'académie,
    Plus personne ne fit la cour à sa douce mie.

    C'est alors que feu langage fut soudain proscrit
    Plus de message, ni même de beaux écrits
    Adieu vains écrits, unique mémoire d'écrivains,
    Qui s'est souvenu de Rimbaud poète en vain,
    Plus d'école non plus, plus rien à apprendre
    Il n'était plus vraiment utile de se comprendre
    Si ce n'est dans le village du peuple des mots
    C'est là que je dors, j'y ai trouvé, je pense, le repos.

    Textes déposés Véronique Letertre

    http://beatriced.free.fr
    http://www.informatiquefrance.com/forum/index.php?showforum=38
    Béatrice (alias Véronique) Delépine (alias Letertre)
  • Yann Florent
    Le 27 Janvier 2005 à 17 h 28 min
    J’ai dévoré ce roman de Ruffin, je voudrais savoir si vous l'avez lu, et si oui, ce que vous pensez du futur (improbable ou pas) qu'il décrit.
    Personnellement, je partage certaines de ses peurs si bien mises en roman:

    1)-Le fossé qui se creusent en france. Non pas celui entre les riches et les pauvres (déjà reprit par "notre président»), mais celui entre les jeunes et les "seniors" (c’est bien comme cela qu'il faut les appeler...?).
    Je fais parti des premiers cités pour encore quelques temps je crois (j'ai 24 ans) et j'ai le sentiment que les dirigeants actuels sont à 100 lieux de mes préoccupations et de celles de mes "jeunes" camarades.

    2)-La diabolisation de ceux qui ne pensent pas de la même manière. On en est loin heureusement, mais la dureté de certains propos dans le débat sur l'entrée de la Turquie dans l'Union Européenne me fait peur. Et je préfère ne pas aborder le sujet de l'impérialisme américain.

    3)-Et surtout les dangers d'une télévision trop commerciale qui devient l'instrument des manipulations qui permettent de maintenir une "douce dictature". Où est passée la culture ? Le divertissement ne peut pas être une excuse... car la bêtise n'est pas divertissante.

    Je suis jeune et curieux. Je suis très optimiste et loin d'être déprimé mais j'ai l'impression d'être incompris, méprisé, pris pour un idiot. Je ne trouve personne pour représenter mes idées auprès des classes décisionnaires.
    Heureusement que je suis hâté. Sinon je me serais retrouvé dans les "non-zones" (cf. globalia).

    Merci et à bientôt.
    Yann Florent
  • nicolas Iordanovitch
    Le 27 Janvier 2005 à 17 h 11 min
    ...monsieur le premier ministre,

    Après avoir suivi avec intérêt votre carrière, apprécié votre engagement et votre fidélité, regretté (à moitié seulement) votre condamnation, je suis effaré par ce "Blog-Notes", qui nous renvoie aux délires post-Giscardiens de l'Homme d'Etat faillible et humain.

    Mais on s'en fout, Alain, de vos états d'âme! Vous avez une femme, un psy et votre chien pour ça.

    Vous n'aviez, jusqu'à aujourd'hui, rien à vous repprocher. Maintenant, si ! alors, arrétez de bouder vite, avant qu'il ne soit trop tard !

    Wake up !

    nicolas Iordanovitch
    41 ans, marié, 2 kids
    nicolas Iordanovitch
  • Jacques DEISTING
    Le 26 Janvier 2005 à 17 h 08 min
    Monsieur Juppé ; je ne fais pas partie de vos fans ; mais je trouve courageux de vous exposer ainsi sur votre blog, même si je trouve vos articles conformes à votre image.
    Mais ce n’est pas le sujet.
    Je serai bientôt Monsieur Juppé ce qu’un ministre appelle » un corps mort », (dont vous faites partie si je ne m’abuse).
    Si je devais faire le bilan des évolutions que j’ai vécues tout le long de ma carrière de près de 40 ans dans la fonction publique ce qui je retiens en premier je vais vous le raconter ci-après.
    Quand j’ai quitté mon village du pays basque pour entrer dans l’administration, tous mes copains se moquaient de moi. D’abord parce que l’on était mal payés et surtout il fallait partir à Paris.
    Eux entraient chez Breguet (devenu Dassault) ou chez Turbo (Turbomeca).
    Ce qui me frappait quand je revenais au pays pour faire la fête avec eux c’est qu’ils parlaient avec beaucoup de fierté de leur boite alors que moi je n’en parlais pas de peur sans doute des railleries. Ils étaient fiers de porter sur leur bleu de travail le logo de la société ; ils en parlaient sans cesse et toujours de manière positive.
    Les années ont passé et comme on dit j’ai fait carrière et je suis revenu au pays.
    J’ai retrouvé mes copains ; pas tous hélas !.
    Ils ne parlent plus de leur boite, ils ne portent plus le T-shit marqué du logo.
    Quand je provoque peu la conversation en disant « alors comment ça va chez …. » Ils me regardent de travers « oh toi le fonctionnaire nanti et privilégie » (votre discours à fait son chemin).
    Ils ne sont plus fiers ; ils n’en parlent pas ; ils sont tristes.
    Tout ça Monsieur Juppé pour vous dire qu’au moins ce qu’aura réussi à faire votre politique et celle de MEDEF c’est que les français n’aiment plus leur boîte.
    Bien sût vous me répondrez que c’est la faute des35h, pardi !
    Le chantage à l’emploi (si vous n’êtes pas content il y a 3 millions de chômeurs). Le chantage aux délocalisations. Le blocage des salaires. La précarisation du travail et les travailleurs pauvres..etc. La liste de la revanche sociale de Monsieur le Baron est longue.
    Les salariés n’aiment plus leur boite. Pourquoi ?
    Parce que les boites n’aiment plus leurs salariés ou plutôt la fameuse masse salariale variable d’ajustement.
    Vous êtes une variable d’ajustement monsieur l’ouvrier!
    Jacques DEISTING
  • Richard Crevier
    Le 25 Janvier 2005 à 20 h 16 min
    Bonjour !
    Pourquoi écrivez-vous que les libraires « stickent » alors que vous lisez les romans américains en traduction française ? (Étonnant de la part d'un agrégé et ancien Premier ministre, apôtre de la « modernisation » de tout appelée « réformes », régression généralisée en fait.)
    Il est par ailleurs heureux que vous ayez le temps de lire de « gros » romans. Il n'en va pas de même pour les victimes de la politique sociale et économique que vous et votre parti mettent en œuvre depuis des décennies (avec la complicité d'ailleurs de la prétendue gauche française) : la France s'appauvrit et les multinationales font des profits sans précédents. Vous devriez lire la presse anglo-saxonne, moins servile que la française : les chiffres y sont, tous les jours, sans maquillage rhétorique.
    Maintenant que vous vivez paisiblement de vos rentes, vous pourriez commencer à réfléchir et à vous désintoxiquer de votre propre propagande. Dire la VÉRITÉ.
    Est-il digne d'une démocratie (vous avez toujours ce mot à la bouche) que les partis politiques détournent, tels des bandes de gangsters, sous mille formes (fiscales, entre autres) des milliards d'euros, achètent à bas prix des actions de sociétés nationales qu'ils privatisent, s'arrogent des privilèges archaïques, mentent à la Justice, se dérobent, se protègent mutuellement, passent des lois iniques, servent les intérêts des puissants pendant que le peuple s'appauvrit ?
    J'en aurais pour des heures.
    Il serait bon que l'on puisse lire le courrier de vos correspondants, ne trouvez-vous pas ?


    Richard Crevier
  • Etienne Richard
    Le 25 Janvier 2005 à 16 h 11 min
    Comme il faut sortir de soi pour se connaître, et comme le font beaucoup de jeunes étudiants, je suis actuellement à l’étranger, en Russie, pour mieux apprécier la France ? De quoi prendre le temps de lire et relire nombre de classiques…Mais alors que l’Irak reste ensanglantée (et que le gouvernement Bush demande de nouveaux crédits pour la guerre), que la Chine affûte ses griffes sous les bénédictions internationales et que la Russie est laissée à elle-même ne sachant où aller, bref que le monde est toujours, voire plus, trouble, j ai voulu lire les mémoires de De Gaulle. Et profiter de sa lucidité. Ainsi la guerre d’Irak que nous connaissons actuellement me fait elle penser à celle du Vietnam comme elle a été envisagée par De Gaulle : (en parlant a Kennedy)

    « Pour vous, lui dis-je, l’intervention dans cette région sera sans fin. A partir du moment où des nations se sont éveillées, aucune autorité étrangère, quels que soient ses moyens, n’a de chance de s’y imposer. Vous allez vous en apercevoir. Car, si vous trouvez sur place des gouvernants qui, par intérêt, consentent à vous obéir, les peuples, eux, n’y consentent pas et, d’ailleurs, ne vous appellent pas. L’idéologie que vous invoquez n’y changera rien. Bien plus, les masses la confondront avec votre volonté de puissance. C’est pourquoi, plus vous vous engagerez là bas contre le communisme, plus les communistes y apparaîtront comme les champions de l’indépendance nationale, plus ils recevront de concours et, d’abord, celui du désespoir(…)Je vous prédis que vous irez vous enlisant pas à pas dans un bourbier militaire et politique sans fond, malgré les pertes et les dépenses que vous pourrez y prodiguer. Ce que vous, nous et d’autres devons faire dans cette malheureuse Asie ce n’est pas de nous substituer aux Etats sur leur propre sol, mais c’est de leur fournir de quoi sortir de la misère et de l’humiliation qui sont, là comme ailleurs, les causes des régimes totalitaires. Je vous le dis au nom de notre Occident. »

    Certes l’Irak n’est pas le Vietnam, et d’autres temps d’autres mœurs, l histoire ne se reproduit pas…est ce sûr ?
    Etienne Richard

Ajouter un commentaire

Bonjour, vous avez pris le temps de me lire et me répondre.
Je tenais à vous remercier de cette forme d'engagement.
Rien que de m´apporter une réponse montre que nous partageons une passion, celle de notre pays. Pour ma part , je suis partisan du dialogue et, je vous remercie de l'avoir entamé avec moi.

Bien cordialement.
Alain Juppé

Les derniers tweets

Sur Facebook

GALERIE INSTAGRAM

Bordeaux