Blog Notes d'Alain Juppé

Why is Paris burning?

Publié le 12/11/2005 par Alain Juppé

J’observe avec attention les réactions que provoque, outre Atlantique, la flambée de violences dans nos villes françaises.

La presse américaine se déchaîne contre la France et prend, d’une certaine manière, sa revanche après Katrina et la condescendance ironique dont nous avions fait preuve à l’égard des autorités américaines.

Ailleurs, c’est la surprise et l’incompréhension.
Chez les uns, qui nous aiment bien, s’y ajoute un sentiment de sympathie attristée.
D’autres (et parfois quelques chroniqueurs français qui signent des articles dans la presse canadienne) désignent les coupables : les gouvernements français successifs et la « classe politique » en général qui n’ont rien compris et rien fait. Nous sommes habitués à cette explication, devenue classique et universelle, de tous les problèmes que rencontre notre pays…

Rien n’est possible dans une démocratie si l’ordre public n’est pas respecté. Il me semble qu’un consensus existe sur ce premier point. Nous devrions en déduire qu’il faut soutenir, sans esprit de polémique, les autorités françaises qui se sont donné les moyens de rendre force à la loi.

Deuxième réflexion: c’est se tromper de diagnostic que d’affirmer que rien de bon n’a été fait dans nos « quartiers » difficiles depuis 20 ans. C’est inexact. Tous les gouvernements ont eu leur « politique de la ville »: dès le début des années 80, ce fut, sous la gauche, le « Développement social des quartiers » (la conduite du DSQ de la Goutte d’Or a été l’une de mes tâches les plus passionnantes d’élu local).
En 1996, mon gouvernement avait mis en oeuvre le « Plan de relance pour la ville » dont l’une des mesures-phares était la création des « zones franches urbaines » dont tout le monde (à gauche comme à droite) s’accorde à reconnaître qu’elles ont atteint leur objectif.
Plus récemment, le « Plan de cohésion sociale » de J.L. Borloo a prévu un effort massif en faveur de la rénovation des cités devenues totalement inadaptées aux attentes des habitants d’aujourd’hui.

Au total, c’est beaucoup d’imagination, beaucoup d’argent, beaucoup de bonnes volontés que l’Etat, les Maires, les travailleurs sociaux, les associations ont mobilisé sur le terrain. L’ignorer, c’est d’une certaine manière, faire preuve d’un grand mépris vis à vis de ceux qui ont essayé non pas de disserter mais d’agir.

Cela dit, ces politiques n’ont pas marché.
Elles ont connu des succès et il ne faut pas passer complètement sous silence les réussites dont de nombreux quartiers s’enorgueillissent. Je me souviens de cette réaction d’un habitant des Aubiers, un des secteurs de Bordeaux réputé sensible , où je tenais un conseil de quartier:
« Mais, M. le Maire, nous sommes fiers d’habiter ici. On en a marre de l’image négative qu’on nous colle trop souvent! »

Mais il faut regarder en face la réalité qui vient de nous éclater en pleine gueule: le feu couvait.

J’admire ceux qui savent désigner sans hésiter LE coupable…
Il me semble que la réalité est plus complexe et que les responsabilités sont très partagées.

Responsabilité de tous les gouvernants, certes!
Le gouvernement vient d’annoncer qu’il allait faire plus et mieux. Bravo!

Responsabilité de la société française dans son ensemble qui n’a sans doute pas pris conscience que l’Islam était devenue la deuxième grande religion de France et devait être reconnue comme telle. J’ai écrit cette même phrase en 1998 dans un texte qu’a publié mon association « France Moderne »… et qui m’a valu, à l’époque, bien des remontrances.

Responsabilité aussi de l’Islam de France. Car il faut bien en venir au coeur de la question!

Nous avons certes affaire à des problèmes de pauvreté, de chômage, d’exclusion…
Mais il nous faut affronter une question beaucoup plus fondamentale: celle des relations entre la République et les religions.
Cette question n’est pas nouvelle: tout au long du dernier quart du XIX° siècle, l’Eglise catholique et la République se sont combattues, jusqu’à ce que la première finisse par accepter la seconde.
Aujourd’hui, il s’agit de l’Islam.
Je suis sûr que l’immense majorité des musulmans de France n’ont pas de problème avec la République, la reconnaissent, la respectent, l’aiment.
Mais il y a l’islamisme radical.
Avec cette composante de l’Islam, qui est à l’oeuvre dans nos banlieues (et dans beaucoup de banlieues européennes, comme Tony Blair le constate à Londres), il faut clarifier la situation et marquer la ligne à ne pas franchir.
Je résumerai le débat en deux points:
– Première exigence: la séparation du temporel et du spirituel. Nous ne vivons plus (depuis 1789) et nous ne voulons plus vivre à l’avenir dans une théocratie. La République respecte toutes les religions mais aucune religion ne gouverne la République. La charia, pas plus que le droit canon ou la Torah, ne constitue la loi civile.

– Deuxième exigence: l’universalisme des droits de l’homme.
Parmi ces droits, indivisibles et non négociables, figure en bonne place l’égalité entre l’homme et la femme.

Si ces deux exigences ne soulèvent pas d’objection, alors pourquoi ne pas le proclamer solennellement? Ce serait un grand pas en avant pour la bonne compréhension mutuelle sans laquelle le feu continuera de couver sous la cendre.
12/11/05

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41 commentaires pour « Why is Paris burning? »
  • Bruno B
    Le 28 Décembre 2005 à 15 h 36 min
    J'aime beacoup votre raisonnement et les principes qui dictent votre discours.

    Seulement est-ce possible ? Il ne suffit pas de proclamer le principe de séparation des réalités matérielles et spirituelles pour qu'il soit suivi de faits !

    Cela fait des siècles que sur toute terre où l'islam est implanté il n'y a jamais eu de séparation entre la religion et l'état.

    Il semble d'ailleurs que cette aspiration politique est inhérente à la foi islamique jusque dans ses textes fondateurs. Par ailleurs comment institutionnaliser une religion qui est organisé sur un mode sectaire ?

    Alors concrètement quelles sont les pistes concrètes pour réaliser cela ?

    Je ne remet pas en cause le fait que l'Islam est la deuxième religion de France. Je suis intimement convaincu que pour un mieux vivre ensemble cette question est primordiale. Comment organiser l'implantation de l'islam en France ? Comment garantir le respect de nos valeurs et de notre histoire ?

    Il me semble qu'à l'heure où les banlieues commencent à brûler, si les proclamations sont bonnes les faits seraient meilleurs !
    Bruno B
  • Robert Devreux
    Le 29 Novembre 2005 à 17 h 51 min
    Monsieur le Premier Ministre,

    Merci pour cet excellent article.
    Je crois que nous oublions un élément important. En France, la fonction répressive est discréditée, ringarde. Et c'est bien dommage.
    Quand ces "jeunes" si violents commettent leurs méfaits, leur sauvagerie est une espèce d'appel désespéré au père qu'ils n'ont jamais connu.
    Si quand la première bande de jeune brûla la première voiture, leur meneur avait subi une lourde sanction, il ne serait pas apparu come un héros aux autres. La lâcheté de l'ensemble de la classe politique face à ces incidents a fabriqué des milliers de ces héros douteux, qui vont maintenant recruter des émules.
    Robert Devreux
  • fabien merlo
    Le 15 Novembre 2005 à 11 h 44 min
    Aucune revendication religieuse ou "Djihadique" n'est apparue dans les propos des jeunes, largement interviewés dans la presse française et étrangère. Je ne sais pas où vous êtes allé chercher cette analyse, à la limite, donnez-nous en la source M. Juppé. Car il semble en effet que les barbus et la grande majorité des imams ont servi de modérateurs, et ont enjoint les jeunes à se calmer. Je n'ai entendu que Jean-François Kahn (dans Arrêt sur images dimanche) dirent que ses reporters lui avaient reporté que certains imams encouragaient leurs fidèles à poursuivre et durcir le mouvement. Je m'avance peut-être un peu, mais c'était certainement pour suivre et rejoindre un mouvement qu'ils n'avaient pas provoqué, pour tenter de le récupérer.
    Les partis politiques et les syndicats français n'ont pas le monopole de la récupération après tout.
    fabien merlo
  • mazthias jalon
    Le 15 Novembre 2005 à 09 h 08 min
    Je crois que vous vous trompez ; ou que la traitemet par les medias americains vous influence trop ; de france , on a pas du tout l'impression que l'islam soit à la base du probleme dns ces emeutes ; ces jeunes n'ont lancé q'un cocktail molotov contre une eglise à Sete, et probablement en reponse au cocktail molotov lancé contre une mosquée; en revanche ils ont fait bruler de nombresues ecoles maternelles et voitures ; ils sont envieux, violents, ; ce sont des voyous , pas des religieux
    mazthias jalon
  • Pierre Martinus
    Le 15 Novembre 2005 à 00 h 27 min
    Merci pour votre blog qui devient un modèle du genre.

    Pour ma part, je ne comprends pas non plus le lien que vous faites entre les évènements récents et la relation Islam-Etat français.

    Les imams ont eu dans cette affaire un rôle très modérateur et aucun des jeunes interviewés ou jugés n'a émis de telles revendications.

    Les musulmans de France, comme les juifs et les chrétiens avant eux, semblent avoir fait de la religion une affaire strictement privée.

    A bientôt
    Pierre Martinus
  • edward AMADE
    Le 14 Novembre 2005 à 23 h 31 min
    c'est faux de dire que nos jeunes des banlieus ne sont pas integrés . Il ne s'agit en fait que d'une minorité délaissée et mal encadrée par le milieu familial en mal de reconnaissance .
    Il ne faut pas être clair dans sa tête pour mettre la pagaille dans sa propre cité , incendier les voitures des voisins et les crêches du quartier .
    En écoutant les interviuw de ces merdeux on ne peut pas croire qu'ils ne sont pas téléguidéset et orientés par des instruments d'insubordination .
    Les médias font le reste en mettant l'accent sur des mots sortis de leur contexte comme "racaille" et "Karcher ".
    Notre ministre de l'interieur n'a pas froid aux yeux et dit des vérités qui sont bonnes à entendre . D'ailleurs la GAUCHE est silencieuse , et pour cause , le gouvernement fait le travail qu'ils n'ont jamais eu le courage de faire ni peut être su faire n'est ce pas JACK ?
    Les Maires des communes sinistrées Communistes , de Gauche et de Droite ( hors FN ) sont tous d'accord sur les mesures prises et devant cette grande pagaille incendiaire savent se serrer les coudes et parler républicain.
    Mettre en veilleuse diminue le feu je crois ? Il faudrait que les médias mettent en veilleuse quelques jours car sans les images des infos de 20heures il y aurait moins de flambée .
    edward AMADE
  • Sylvain de Mullenheim
    Le 14 Novembre 2005 à 20 h 01 min
    Il est possible de se demander d'où provient cette flambée, et de disserter à l'infini sur l'empire romain et ses citoyens, égaux en droits et devoirs sous peine de mort de Lutèce à Carthage. Plus prosaïquement, lorsque des collégiens sortent dans les rues et brûlent les symboles, il est évident que le respect du pays et la peur du gendarme ont disparu. Que cela soit mérité ou pas, et quelles que soient les responsabilités, lorsque nos enfants brûlent nos drapeaux, lorsque notre jeunesse étanche sa soif d'idéal dans la barbarie, l'Etat est malade. Ces émeutiers ne sont pas "des jeunes", ce sont nos enfants. Ils ne sont pas "immigrés de troisième génération", ils sont nos gamins, nés en France. Nos jeunes. Nos petits cons, qui ne demandent dans le fond qu'à s'intégrer, comme tout le monde, et enragent de ne pouvoir y arriver. Ils brûlent les symboles au nom des valeurs. Ils désirent entrer dans le moule, et détruisent ses modalités d'application actuelles. Appliquons donc nos valeurs ! Ils ne demandent que cela ! Nous sommes fous de leur renvoyer l'Islam à la figure. Renvoyons leur qu'ils sont Français, et que leurs ancêtres sont les Gaulois. Punissons le premier qui prétendra le contraire, et punissons encore plus fermement le patron de discothèque qui leur refusera d'entrer.
    Sylvain de Mullenheim
  • Patrick NICOLAS
    Le 14 Novembre 2005 à 19 h 19 min
    Je vous apprécie beaucoup et je suis de ceux qui pensent que vous représentez une véritable alternative à droite. Pour autant, je ne partage pas votre diagnostic sur l'état de crise actuel des banlieues.
    Certes, il existe des intégrismes religieux inquiétants en France qui occupent, selon moi, un espace laissé libre par la démocratie et plus largement par la politique. Je crois qu'il suffira de combler cet espace en faisant vivre la démocratie et la république au quotidien pour mettre fin à ces déviances.
    Le mal ne vient-il pas d’une sorte d’indifférence et de découragement de notre société, et à travers elle de nos élus, vis-à-vis d’une précarité en constante progression depuis de trop nombreuses années ? Je ne critiquerai pas les élus qui sont majoritairement les plus mobilisés pour leurs concitoyens. Je m’adresserai plus aux hommes, en règle générale, qui, par manque de courage et par égoïsme, ont accepté l’inacceptable : le mal-logement, la précarité, les discriminations…
    La France est caractérisée par deux maux principaux : le fantasme et la peur. Fantasme d’une France fraternelle, égalitaire, solidaires, libre... Peur de ne pas être ce qu’elle croit être, et en conséquence, de perdre tout ce qu’elle croit avoir acquis durablement : un système social confortable, une ouverture sur le monde... Ces deux maux s’opposent et seraient le fondement de notre crise identitaire.
    Alors, comment s’en sortir ?
    La France a besoin d’exemplarité, et qui d’autres mieux que nos élus peuvent la représenter ? Etre élu, c’est une responsabilité écrasante qu’il faut assumer, quand on décide de la prendre.
    1. Nos élus ont tout d’abord besoin d’ouvrir les yeux et les oreilles : pourquoi tant de surdité répétée face aux appels de détresse du peuple ? Nos élus ont besoin d’être sur le terrain, en prise directe avec les problèmes de nos concitoyens.
    2. Nos élus ont besoin de retrouver une ambition pour la France et de se donner les moyens de l’atteindre. Pour cela, il faut faire de vrais choix politique radicaux et avoir le courage d’aller jusqu’au bout. Quelles sont les priorités ? L’éducation, la défense, l’emploi, l’environnement ?...
    La France a besoin d’une réelle remise en question, et qui d’autres que chacun de nous peut la faire ?
    1. Quel est le véritable sens du mot solidarité et où commence-t-elle ? La solidarité, c’est d’abord l’intérêt pour l’autre et se poser la question de savoir ce que nous pouvons lui apporter, au lieu de fermer les yeux, en se disant que quelqu’un lui viendra bien en aide.
    2. Quelle est ma place dans la société et comment, par mon travail, je participe au bien de chacun ?
    Il faut avoir le courage de réaffirmer les droits et les devoirs de chacun, de réécrire un consensus : pas à travers un énième traité ou convention, mais à travers des actes quotidiens, très concrets que nous nous engageons à mettre en oeuvre. C’est un contrat moral, mais aussi un contrat d’objectif !! Compte tenu de ma situation aujourd’hui, familiale, financière, … qu’est que je me dois d’apporter aux autres ? Quelles sont les concessions que je peux faire au quotidien, quels sont mes besoins réels ?...
    Il y a tant de chose à faire mais quel est le chemin. En définitive, je suis persuadé que nos difficultés ne viennent pas d’un manque des lois ou des moyens financiers. C’est une question de méthode tout simplement. Il manque à la France et aux Français un guide (un saint ?) pour le leur montrer ! Mais, existe-t-il vraiment ?
    Patrick NICOLAS
  • pierre bénas
    Le 14 Novembre 2005 à 19 h 06 min
    Il ne faur pas incriminer tous les jeunes des banlieus mais seulement une minorité de voyoux, assez souvent africains,qui sèment la terreur depuis longtemps.
    Toujours le meme problème des minorités agissantes !
    J e vous l'ai deja dit mais le répète ,pensez a rétablir un service national(militaire ou civil),c'est majeur!!!
    Bien respectueusement et cordialement
    pierre bénas
  • eric Barriere
    Le 14 Novembre 2005 à 17 h 54 min
    Mais où sont les revendications de cet islamisme radical que vous pensez entrevoir dans les manifestations de ces derniers jours en France, M Juppé ? Avez-vous constaté des atteintes aux églises, aux synagogues, aux temples de la part des sauvageons ? Non. En contrepartie, s'en-est-on pris aux mosquées et aux biens des musulmans ? Non. Il s'agit d'un mal bien plus profond et bien plus ancien auquel les couches successives des politiques des différents ministres chargés de la ville n'ont pas su (pu) remédier. Par contre, des citoyens de seconde ou troisième zone (si cela existe), un sentiment de perte de citoyenneté, l'absence de reconnaissance, des formations scolaires au rabais (par exemple, le déplorable secteur de l'apprentissage longtemps oublié en France ) sont des qualificatifs plus appropriés aux jeunes des banlieues, me semble-t-il. Ceci étant, je n'excuse pas les actes qu'ils ont pu commettre mais de là à les faire porter au compte de l'avènement de l'islamisme radical en France...Vous voyez, à la campagne, quand un troupeau de vaches est un peu trop isolé, il arrive que les veaux sautent la clôture malgré les fils barbelés ! c'est un peu simpliste mais je ne vois pas d'autres explications au cas particulier.
    Très respectueusement. Eric Barriere
    eric Barriere
  • hervé de la buyharais
    Le 14 Novembre 2005 à 17 h 23 min
    MONSIEUR

    Aujourd’hui la sortie de crise passe d’abord par le rétablissement de l’ordre et de la paix civile dans les banlieues.

    A terme, la pacification des quartiers ethniques ne passera ni par la problématique « tolérance zéro » qui supposerait la construction de plusieurs centaines de milliers de places de prison, ni par des rencontres mondaines avec des représentants choisis ou autodésignés des « minorités visibles », ni même par une injection de crédits supplémentaires mais par un changement de paradigmes.

    Ce qu’il faut abandonner, c’est le discours dominant des trois dernières décennies : non, n’en déplaise à Bernard Stasi, qui y doit 20 ans de carrière politique et médiatique, « l’immigration (n’) est (pas) une chance pour la France » mais un boulet économique et social ; non, l’intégration, ça ne marche pas, en tout cas pas pour des masses nombreuses issues de certaines aires civilisationnelles ; non, l’antiracisme ne facilite pas l’intégration, au contraire, il la rend plus difficile en débouchant sur un racisme à rebours et la diabolisation de l’identité française(le MRAP en est le parfait exemple) ; non l’Etat-providence et la commune-assistance ne règlent pas tous les problèmes économiques et sociaux, ils les enracinent dans la durée.

    Le véritable problème des banlieues n’est pas technique. Il est politique, il est moral. Il suppose que les Français et les Européens abandonnent leur complexe de culpabilité et retrouvent leur dignité et la fierté de leur histoire. Il suppose aussi que chacun soit mis en face de la responsabilité de ses actes et de ses comportements car il n’y a pas de droits, y compris à l’emploi, sans devoirs. Bref, il faut sortir de l’économie d’assistance et de la morale de culpabilité et tout redeviendra possible !

    Mais cela implique, il est vrai, un renversement de l’univers médiatique dominant
    hervé de la buyharais
  • Aloysius T
    Le 14 Novembre 2005 à 17 h 21 min
    Sans doute n'y a-t-il pas UN coupable et nul ne peut affirmer que RIEN n'a été fait pour les banlieues. Cependant, conclure en agitant le chiffon vert de l'Islam est un tour de passe-passe !

    L'étranger ne titre pas « Why is Paris burning? » mais plutôt, par la voie de "The Economist", « France's failure ». Quoi qu'on puisse en dire, la flambée de violence amène à un constat d'échec. Il faudra beaucoup d'efforts pour remonter la pente... Pêle-mêle : renforcer la police de proximité, combattre le racisme et la discrimination, adapter l'école à des audiences diverses, promouvoir la flexibilité sur le marché du travail, cesser la gabegie des aides sociales et relancer la croissance économique, notamment par la simplification de l'environnement des PME et la libéralisation du commerce. La grande question (qui ne saurait vous échapper) est de savoir comment s'y prendre, tant l'expérience en France en matière de réformes est peu encourageante.
    Aloysius T
  • Françoise BOURDILLAUD
    Le 14 Novembre 2005 à 16 h 43 min
    Je suis d'accord avec ce que vous écrivez, sauf pour l'Islam, qui à mon avis n'a pas à être reconnue comme 2e grande religion de France. D'autres existent aussi, qui font moins parler d'elles : protestante, juive, orthodoxe... Je ne sais pas si en nombre de pratiquants elles sont moins nombreuses. En tous les cas le rôle des religions est d'aider à la prière, de relier les êtres humains entre eux. La destruction est un acte contraire à cela, et elle n'a aucune excuse et aucune couleur. J'aimerais que les Médias parlent plus des victimes et non pas toujours des agresseurs qui sont mis en avant. Ma compassion va à ceux qui ont perdu parfois leur outil de travail dans ces destructions. Les droits de l'être humain, les lois de la République, doivent être respectés en France. Avant d'être une "terre d'accueil" j'aimerais que nous soyons une terre de démocratie. Certains croient que les droits sont un dû, c'est oublier ceux et celles qui ont lutté pour la liberté, c'est oublier qu'ils vont de paire avec les obligations. Les notions de respect envers autrui ne doivent pas être oubliées, les notions d'efforts non plus. Le travail aide à la dignité et les questions de profit devraient également prendre en compte l'être humain. Donner gratuitement une "subvention" à quelqu'un qui n'a (hélas) pas d'emploi, sans contre-partie, me semble illogique. Il y aurait tant d'aide à donner dans de multiples domaines -ne serait-ce qu'à temps partiel- en échange. En ce qui me concerne j'espère dans la justice divine.
    Françoise BOURDILLAUD
  • Ahmed Ben Jelloun
    Le 14 Novembre 2005 à 16 h 12 min
    L'assimilation à la française ayant démontré son incapacité à résoudre la cohabitation dans le même pays d'origines ethniques trés différentes ,ne vaut il pas mieux admettre que le communautarisme à l'anglo-saxonne est la moins mauvaise des solutions ?
    Renoncer au mythe de l'école républicaine délivrant le même enseignement prévu pour des enfants de langue française ,mais pas pour des enfants dont les parents sont souvent analphabètes et incapables de parler français?
    Faire enfin preuve de pragmatisme au lieu de persister dans l'échec?
    Ahmed Ben Jelloun
  • Jean-Luc allais
    Le 14 Novembre 2005 à 16 h 07 min
    Monsieur
    Je ne comprends pas votre réaction au sujet des banlieues. Que vient faire l'Islam là-dedans ? L'article d'E. Todd dans le monde de dimanche me paraît éclairant, parlant de jeunes français réagissant de façon éruptive. Par ailleurs un absent m'étonne : l'éducation donnée aux enfants, et donc le soutien aux familles; la lecture du livre de Kaspi sur les émeutes à Los Angeles montrait des Américains voulant une aide spécifiques aux familles destructurées m'a semblée d'actualité. Brûle-t-on la voiture de son voisin quand on est socialement intégré ?
    Jean-Luc allais
  • Gilbert ZANUTTINI
    Le 14 Novembre 2005 à 16 h 02 min
    Bonjour Monsieur Juppé,
    Mon nom de famille n'est pas français. Cela expliquerait pourquoi vous ne diffusez pas mes réactions depuis un mois ? Alors, soit, le nom de famille de ma mère est "Boeglin", c'est alsacien, de 1915, première ville à avoir été libérée par le Général Joffre. Puis dans les dix jours après la libération de cette ville, visite du Roi d'Italie, Umberto II, pays alors allié dans la Première Guerre mondiale. Pour ma part, né en 1947 en France, je n'ai jamais eu aucun problème avec aucun pays que ce soit, ni haine, ni rancoeur.

    Après deux semaines de "guerre civile", j'ai fait un peu le point, grâce à mes coups d'oeil dans la presse et les forums étrangers. J'ai notamment constaté :
    1) Que les autres pays européens commencent à craindre sérieusement pour leur sécurité, notamment les Pays-Bas, l'Allemagne, la Belgique, la Grande-Bretagne. Je fais donc un rapprochement entre ces trois pays et la France, d'une part et l'appartenance, d'autre part, de ces pays, sauf l'Allemagne, à d'anciens empires coloniaux. L'Allemagne étant, à mes yeux, assimilée à un "ex-empire", au moins dans ses effets, par la présence turque, due aux relations très particulières entre l'empire ottoman et ce celle-ci, et aussi de par la "neutralité" de la Turquie pendant la Seconde Guerre Mondiale (malheureusement).
    2) Que les Etats-Unis, contrairement à ce qu'on dit, ne sont pas un empire mais une terre de colonisation, devenue une nation, attirant vers elle une certaine population désirant vivre mieux matériellement, entre autres. Les seuls colonisés aux Etats-Unis ont quasiment disparu, les Américians d'origine, les peuples indiens.
    3) Les Pays-Bas, l'Angleterre se rendent compte que le multiculturalisme ne marche pas. Les Anglais restent avec les Anglais, les Pakistanais restent entre eux, les Indiens restent entre eux. Il n'y a que sur les lieux de travail où ces gens se retrouvent. Pas à la maison, pas à l'école, pas pendant les loisirs, pas dans les quartiers. Presque idem pour l'Allemagne. Les Néerlandais ont été punis par là où ils ont péché : l'excès de tolérance qui leur a explosé à la gueule. De donneurs de leçons ils sont devenus receveurs de leçons ! Je sais de quoi je parle, j'ai eu un professeur néerlandais qui me gonflait à longueur d'année avec "la tolérance" totale des Pays-Bas, à tel point que je me demandais s'il n'était pas marxiste, etc...mais il n'en était rien, j'ai pu m'en rendre compte au fil des années.
    3) La Belgique est un cas particulier, pas en tant qu'ancien empire, mais en tant que nation jeune qui a vu son développement économique grimper de façon vertigineuse à partir des années 1830, et devenir un empire tardivement. De plus, Arte n'a pas trouvé mieux hier, que de diffuser un documentaire sur la période du roi Léopold. Quels cons ces programmateurs d'arte ! Le meilleur moyen de mettre le projecteur sur une colonisation relativement récente, mais la parmi les plus horribles...et jeter de l'huile sur le feu des Arabes et autres Africains musulmans ou non. A tel point que j'ai dû refaire la leçon à mon entourage qui ignorait et est horrifié !
    4) L'Espagne est à part. Elle décolle, difficilement, on oublie souvent, en 1975, démocratiquement d'abord, puis commercialement. A coups de sales affaires financières ignorées du public, touchant même la famille royale. D'où peut-être le calme de la transition après Franco. Actuellement les affaires marchent en Espagne mais moins qu'on veur bien le faire croire. Les immigrés sont hispanophones et viennent du continent américain, et sont pour la plupart, des descendants lointains d'Européens. Mais il ne faut pas se leurrer, en Espagne c'est surtout dans les services aux personnes que sont employés ces immigrés. De plus ce pays pratique une telle lâcheté par rapport à sa frontière sud (détroit de Gibraltar = 12km), que l'on peut craindre une invasion massive, et durable venant d'Afrique. En Espagne c'est l'employeur qui demande la régularisation des cladestins !
    Voilà, en conclusion : le ver est dans le fruit, la bombe n'attend qu'une vraie étincelle. Le Front National me semble être, parmi les partis politiques français, n'ayant pas été au sommet du pouvoir, le seul à avoir pris conscience, avant tout le monde, que la notion de nation est entrée en déliquescence, ce qui fut à la fois le rempart de nos puissances européennes mais je dois l'avouer au prix de combien de guerres ?
    Cordialement.
    Gilbert ZANUTTINI
  • Thierry Jalabert
    Le 14 Novembre 2005 à 14 h 13 min
    Bonjour Mr Juppé

    Votre analyse est certes intéressante, mais que pensez-vous en complément de la notion d'approche socio-culturelle, d'appartenance à un "groupe" et de valorisation de l'image du père (et de la mère) ?

    D'autres cultures d'imigrés (asie, europe de l'est, europe du sud) sont aussi confrontées dans nos banlieues à des problèmes d'intégration, de pauvreté, de "ghettoisation".

    Alors pourquoi un tel écart comportemental face à des difficultés communes d'intégration ?

    L'approche des problématiques sociales est fondamentalement différente entre chaque communauté. Si certaines cultures accordent un attachement très important à la famille et aux racines, d'autres s'en éloignent dangereusement.

    Espagne, Italie, Portugal, Pologne, Cambodge, Laos, etc... sont autant de pays ou la place de la famille est prédominante. Et pour lesquels l'intégration semble cohérente.

    L'un des points essentiels ne peut-il résider dans le respect porté aux générations précédentes, aux parents et grands parents ?

    La culture islamique, portée par le poids du père se trouve aujourd'hui désorientée par la place des femmes dans la culture européenne. Comment ne pas y associer une perte des repères conduisant à une perte d'autorité du père ? Père qui d'ailleurs n'a plus, non plus, aucun pouvoir "tribal" ni influence sur une quelconque communauté locale.

    Malgré mon age, j'ai connu des premières générations d'imigrés d'afrique du nord, travailleurs, motivés. ces personnes me disent aujourd'hui les difficultés qu'elles ont avec leurs enfants et petits enfants. La rupture sociale n'est elle pas déjà dans la cassure entre ces générations ?

    Un statut d'Immigré conduisant à des incertitudes sur :
    - Quel pays d'appartenance ?
    - Quelle communauté ?
    - Quel lien familial ?
    Ne peut qu'offrir à Internet et aux médias le seul lien auquel tous peuvent s'identifier : l'Islam. Et c'est la porte ouverte à l'islamisme radical que vous décrivez.

    Ne faudrait-il pas aussi "redorer" l'image des anciens, du père et du grand père ? La construction d'une personnalité réside tout autant dans la crainte de l'autorité (des parents) que dans l'identification à un modèle.

    Comment redorer cette image ? comment mettre la famille et les parents en avant dans les médias ? Comment faire pour que les enfants soient fiers de leurs parents, première étape vers le respect. Voici un bon sujet de réflexion.

    Cordiales salutations

    Thierry Jalabert
    Thierry Jalabert
  • kamel brahmi
    Le 14 Novembre 2005 à 14 h 13 min
    monsieur juppé,
    ne pensez vous pas que parler d'islamisme concernant la crise des banlieues c'est au mieux se tromper d'analyse, au pire jouer avec les peurs de nos concitoyens? si l'angélisme est à proscrire, et qu'il est bien évident, comme vous le rappeler justement, que notre république se doit de défendre et de réaffirmer fermement ses principes face aux intégristes, l'allusion à cette problématique dans la crise actuelle ne m'apparaît pas pertinente, et peut être interprété comme la recherche d'un bouc emissaire afin de masquer l'echec collectif d'un certain nombre de politique( quelque soit les partis au pouvoir), voir d'un systéme par essence inégalitaire, poluant, et béliqueux, le capitalisme financier, qui aurait fortement besoin d'une régulation politique beaucoups plus importante .
    kamel brahmi
  • stephanie papin
    Le 14 Novembre 2005 à 14 h 03 min
    l'analyse politique n'est elle pas décalée dans un mouvement (et encore peut on parler de mouvement, qui sous entend une certaine unité ?) qui me semble plus relever de la psychologie individuelle et sociale : Bcp de gamins, qui profitent plutot d'une impression de liberté, d'un reve "d'autre possible", de pouvoir relatif. Positionnement politique sommaire quand on les entend.
    Pas d'unité d'appartenance religieuse ou d'origine nationale. Les questions auxquelles il faudrait repondre : Qui les manipule? dans quel objectif et avec quels moyens ?
    stephanie papin
  • didier girsch
    Le 14 Novembre 2005 à 13 h 57 min
    pourquoi se focaliser sur la religion supposée des émeutiers?ils sont masculins,tres jeunes et totalement immatures,c'est déja beaucoup , ça n'explique rien mais ça donne une idée du niveau de bétise de leur comportement.ils seraient juifs,chretiens ou incroyants,personne ne se risquerait à gloser sur le role de leur foi dans leurs actes.je remarque que les responsables musulmans essayent de calmer ces jeunes et je n'ai pas l'impression qu'il y ait une revendication de nature religieuse.et puis,pensons à l'ecrasante majorité:les filles,les plus agés,ceux qui restent terrés chez eux par peur,qui sont peut etre et plus authentiquement musulmans et qui sont les perdants.
    didier girsch
  • Joel MICHEAU
    Le 14 Novembre 2005 à 13 h 56 min
    Il est très instructif et curieux de lire les faits se déroulant en France avec la distance et le filtre d'une culture différente. Je passerai sous silence les déclarations du populiste Jirinovsky qui ne voit la solution qu'avec l'usage des armes, qualifiant les immigrés de singe venus se rassasiés en France (je vous laisse imaginer les réactions que provoqueraient de telles déclarations dans notre pays)...Mais ici, la quasi majorité des russes ne comprends pas ou plus ce qui se passe en France et pourquoi et comment les valeurs d'un pays puissent être ainsi baffouées sans maintien de l'ordre public. J'en ai profité pour organiser un mini débat à l'université où j'enseigne. La réaction de ces jeunes m'a surpris. Pourquoi la police ne tire pas? Pourquoi les français acceptent ainsi en silence de telle brutalité, pourquoi, pourquoi....Cette unité choquerai en France et on repondrai immédiatement halte au racisme. Ici, en Russie, les actes de racisme existent malheureusement. C'est du vrai racisme, attaque d'immigrés, délit de faciès, batonnade et autres mefaits. Mes étudiants m'ont posé la question suivante: N'avez vous pas confondu racisme, culpabilité post coloniale et laxisme?
    Honnétement, je n'ai pas su répondre...
    Joel MICHEAU
  • armel pinson
    Le 14 Novembre 2005 à 12 h 18 min
    Plus de deux semaines de violences dans les banlieues ont sérieusement écorné l'image de la France à l'étranger, où les émeutes ont eu un énorme écho, mais certains pays européens estiment que la crise les concerne aussi et qu'ils doivent en tirer des leçons.

    Les images de véhicules incendiés par centaines, d'écoles et de gymnases brûlés, de policiers casqués affrontant des jeunes leur lançant des pierres et de villes placées sous couvre-feu ont fait le tour de la planète. Elle ont provoqué presque partout stupeur et incompréhension et permis aux plus alarmistes de parler d'"intifada" des banlieues françaises.

    Dans des pays comme le Japon ou la Russie, l'image d'une France encore auréolée de prestige s'est apparemment effondrée.

    Convaincus que l'Hexagone était à tout jamais le pays "de l'art, de la mode, du luxe et de la gastronomie", des Japonais incrédules ont découvert la face d'un pays bien éloignée de tels clichés: "je n'aurais pas vu les reportages à la télé, je n'aurais pas lu les journaux, je ne l'aurais pas cru", a expliqué à l'AFP Miyu Ishikawa, directrice d'un jardin d'enfants à Tokyo.

    "La France est pour les Russes un pays idéalisé, une sorte d'utopie du 'pays civilisé'", a assuré le sociologue russe Lev Goudkov. "Les émeutes ont participé à la destruction de cette image et provoqué un choc".

    La France, à laquelle on reproche souvent sa propension à "donner des leçons" à la terre entière, a également été très critiquée par la presse américaine, qui a fait un parallèle avec les émeutes des années 1960 aux Etats-Unis ayant conduit à des mesures d'intégration bénéficiant aux minorités.

    "C'est compliqué mais nous y arrivons, particulièrement si nous comparons notre société à celles, comme la France, qui bouchent leurs oreilles (...) pour ne pas entendre les vérités compliquées", pouvait-on lire vendredi dans un éditorial du Washington Post.

    Même si l'intérêt des médias étrangers a baissé avec la diminution des troubles constatée après l'instauration de l'état d'urgence, la crise française continue d'y être largement commentée.


    L'Europe se sent logiquement la plus concernée, avec la crainte d'un effet de contagion alimentée par l'incendie de quelques dizaines de voitures en Belgique, en Allemagne ou au Portugal.

    Le journal grec Ta Nea estimait ce week-end que "la France est la +capitale+ de l'échec européen" en matière d'immigration.

    Selon le sociologue néerlandais Peter Vasterman, les médias de son pays ont couvert les événements français "en gardant constamment à l'esprit la question: cela pourrait-il arriver aux Pays-Bas?".

    Pour le prix Nobel de littérature portugais José Saramago, il est désormais urgent de réfléchir à la situation des "exclus" en Europe si l'on veut que des violences du même type ne gagnent d'autres pays du continent.

    Le Premier ministre irlandais Bertie Ahern a lancé dimanche un appel à la vigilance pour éviter la constitution dans son pays de ghettos d'immigrés pouvant mener à des violences comme en France.

    En Belgique, où près d'une centaine de voitures ont été incendiées en une semaine, les autorités ont renforcé les patrouilles de police mais la situation y était jugée calme dimanche matin. Le gouvernement a notamment souligné l'absence de grandes cités ghettos en périphérie des villes comme en France.

    La crise des banlieues a aussi été suivie avec attention dans les pays d'Afrique noire et du Maghreb d'où sont originaires de nombreux jeunes des banlieues déshéritées en France.

    En Algérie, le Quotidien d'Oran, plus fort tirage de la presse francophone, a surtout noté que ces événements avaient fait l'objet de "plateaux animés" à la télévision et de "polémiques vivantes", une transparence contrastant avec la situation de l'information en Algérie.

    "L'intégration, ça ne marche pas", a conclu de cette crise l'éditorialiste du journal malgache L'Express, selon lequel "on aura fini de s'illusionner sur un village planétaire sans frontière".
    armel pinson
  • Pierre DRUESNE
    Le 14 Novembre 2005 à 10 h 43 min
    Tout le monde s'accorde à constater que dans la révolte actuelle des banlieues "les casseurs" sont jeunes et noirs dans leur majorité, comme ceux qui sont venus casser du blanc dans les manifs d'étudiants. Alors votre diagnostic concernant l'Islam me paraît un peu hors sujet (si je peux me permettre).
    Pourquoi ne pas le dire, il y a une difficulté pour assimiler certaines populations et le creuset républicain unique n'arrive pas à résoudre ce problème majeur.
    Le trafic, la drogue, la débrouille au sens large, la laxisme des parents et du système éducatif, transforment des tous jeunes en caïds familiaux. Nous sommes loin de l'Islam.
    Certains pensent que les quartiers qui n'ont pas bougé sont justement ceux qui sont "tenus" par des communautés.
    Pierre DRUESNE
  • M C
    Le 14 Novembre 2005 à 10 h 05 min
    Vous pouvez trouver sympathique tous ces "plans" probablement très utiles, mais force est de constater qu'ils sont en échec ; que les réponses à trouver ne sont aujourd'hui pas d'ordre philosophique mais d'ordre pratique. A titre personnel, je peux tirer ma légitimité de mon passé car j’ai passé une partie de mon enfance dans ces quartiers. Toutefois, je ne fais pas partie des minorités visibles et j’ai pu prendre l’ascenseur social offert par la République aux jeunes blancs d’origine catholique ; j’en suis pleinement conscient. L’hypocrisie de la société française et de ses représentants est absolue et méprisante. Parce que le pseudo-respect des sacro-saints valeurs de la République ne permet pas ou plus de mettre en œuvre des vrais statistiques différenciées par ethnie ou religion. Il va falloir d’abord commencer à mesurer la non-intégration de ces populations : un phénomène qu’on ne mesure pas ne peut pas être traité de façon adéquate ; il faut donc mandater l’INSEE immédiatement pour recueillir les informations appropriées. Il ne fait aucun doute qu’on verrait apparaître les déviances du modèle français et son esprit sectaire mais pour innover aujourd'hui, nous avons besoin d’être précis pour être justes. Ensuite, il faut établir l’état d’urgence de notre modèle social en reconnaissant enfin que celui-ci ne répond pas au problème et que les pratiques de discrimination positive, même si elles ne sont pas parfaites, sont désormais indispensables et doivent être généralisées. Pour l’instant, ce type de mesures de discrimination positive (e.g. zone franche urbaine, ZEP) sont cantonnées à une logique territoriale or c’est l’ensemble de la société qui doit s’ouvrir à ces pratiques. Elles sont au cœur de toute logique d’intégration réelle et objectivée. Les politiques de quotas doivent être initiées en premier lieu au sein de la classe politique et de l’administration publique ; on peut également mettre en place des systèmes de bonus-malus au niveau des entreprises. Pour pousser davantage ces jeunes vers la société, il faut fermer toute autre perspective et en particulier les trafics ce qui passe notamment par la légalisation du cannabis, pierre angulaire de l’économie souterraine. Enfin, il faut sortir de la logique d’assistance ; à l’instar de la politique envers les pays émergents, les politiques d’assistance sont inefficaces, largement détournées et entretiennent au final le problème. Ces jeunes veulent des vrais emplois, pas des aides ou des faux-contrats. Pour finir, une petite remarque de forme sur la distinction entre ceux qui dissertent et ceux qui agissent : de mon point de vue, ceux qui agissent vraiment, ce sont qui investissent leur propre cash or à ma connaissance, peu de politiques ont investi le moindre euro ni dans une entreprise localisée dans ces quartiers ni même dans les pays émergents. Si chacun d’entre nous investissait 10% de ses actifs financiers, tout serait très différent. Trade but not Aid…
    M C
  • Jean Hervé CIRON
    Le 14 Novembre 2005 à 10 h 03 min
    Monsieur,

    Je partage votre opinion et votre analyse de la situation délicate qui occupe les médias et l'opinion publique.
    Cependant, je m'inquiète en entendant ce matin sur RMC Mr Le Pen et son discours qui appel à la haine racial et Parlant de "Lepenisation" à propos des actions de Mr SARKOZY. Mais au-delà de son discours xénophobe bien connu, ce qui m'inquiète le plus c'est les réactions des auditeurs, qui même si ils ne partagent pas ses opinions politiques déclarent et reconnaissent qu'il a raison.

    Je ne souhaite pas pour la vie politque française que l'accident de 2002 se reproduise...

    Mais je crains que les lepenniste prennent une place encore plus importante, si la droite française ne réagie pas davantage.

    Au plaisir de lire vos réactions,

    Amicalement,

    Jean-Hervé

    Jean Hervé CIRON
  • Tony Reix
    Le 14 Novembre 2005 à 09 h 49 min
    Vous êtes à côté de la plaque :
    - Encore plus d'argent à distribuer dans les banlieues ? Non. D'abord, en priorité, créer des emplois. Et créer des emplois, ce n'est pas le rôle de l'Etat. Celui-ci doit fournir un environnement favorable au commerce et à la création de biens. Or la pression de l'Etat sur la Société est telle que tout est figé. Il faut : 1) Réduire les dépenses de l'Etat ; 2) Réduire les dépenses de l'Etat prioritairement en réduisant le nombre et les privilèges des fonctionnaires qui sont comme des sangsues sur une France qui se paupérise ; 3) Rendre l'Etat efficace et productif. 4) Briser cette vague de pensée communiste qui submerge le pays et fait croire aux Français que l'argent tombe du ciel et est mal réparti par la faute des "riches".
    - Le rôle de la religion musulmane dans ces violence ? Probablement, en partie. Mais il s'agit d'abord de milliers de jeunes qui ne sont plus éduqués par leurs parents. Il faut rétablir l'autorité parentale, et punir les parents qui renoncent à éduquer leurs enfants, malgré la pauvreté et le chômage. Il faut aussi renoncer à ces lois qui surprotègent les jeunes entre 12 et 18 ans : le "tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil" est dépassé. Il faut : 1) D'abord éduquer et prévenir ; 2) Puis punir lorsque les faits sont graves. Brûler les biens d'autrui et ceux de la collectivité est grave : ces "enfants" méritent des maisons de correction et d'apprendre ce que travailler veut dire, eux tellement habitués à la glandouille et à l'argent facile des petits trafics.
    - L'intégration des immigrés. Nous avons besoin de sang neuf. Nous n'avons pas besoin de profiteurs désirant conserver leurs coutumes tout en touchant les allocations sans travailler, et bien sûr incapables d'éduquer leurs nombreux enfants (polygamie) dans des appartements standards trop petits.

    Vous êtes à côté de la plaque.
    Au lieu d'aller enseigner au Canada, vous auriez mieux fait de travailler comme ouvrier en France, dans une banlieue. Vous auriez plus appris sur la dégradation du sens civique et du niveau d'éducation d'une partie de notre société.
    Avec d'un côté des retraités (surtout des retraités de la fonction publique) qui vont être de plus en plus nombreux avec des retraites bien confortables, et un travail qui va se faire de plus en plus rare et mal payé, une nouvelle fracture est en train de naître.
    Tony Reix
  • Guillaume Bourbon
    Le 14 Novembre 2005 à 08 h 49 min
    Je n'ai jamais vu un article de sociologue ou d'ethnologue nous expliquant le pourquoi, dans le "ghetto" du 13 eme, des ascenseurs qui marchent bien, d'une fourmilière laborieuse, pas de voitures qui crament,pas de rejet du reste de Paris.Bref la comparaison est édifiante.

    Notre pays compte beaucoup d'enfants d'immigrés vietnamiens, y compris les boat-people. Je n'ai jamais entendu dire qu'ils brûlaient des voitures, des écoles, et des handicapés.

    Les canadiens appliquent depuis longtemps, et avec rigueur, une politique d'immigration choisie.

    Vivement que dans notre pays, nous adoptions une telle demarche.

    En France, nous avons encore trop tendance a confondre debat emotif et rationnel.
    Guillaume Bourbon
  • Martial BENARD
    Le 14 Novembre 2005 à 03 h 45 min
    Alain Juppé,
    votre message me semble teinté d'un brin d'angélisme, et, plus grave, d'une interprétation peut-être abusive.
    Vous dites "religion", intégration de l'Islam: mais de quoi parle-t-on? Aujourd'hui, c'est l'immigration africaine (Afrique de l'Ouest, les "Blacks", les "Keublas" si vous voulez) qui pose un problème aigu (familles très nombreuses, polygamie, déresponsabilisation parentale vis-à-vis des enfants). Méconnaître ces faits, à Paris et en région parisienne notamment, c'est faire fausse route. Et concernant les Maghrébins, je ne suis pas sûr que la religion soit la clé. La culture au sens plus large, oui. Et l'économie bien sûr.
    Martial BENARD
  • Lara Caille
    Le 14 Novembre 2005 à 02 h 33 min
    Enfin une voix s'élève contre l'injuste procès fait aux politiques progressistes pour les banlieues. Sans elles la situation serai bien pire qu'elle ne l'est aujourd'hui.

    Je ne vois pas où, en quoi la France serai devenu une théocratie, si ce n'est dans les fantasmes des esprits apeurés, traumatisés par les horreurs de l'après 11sept. La nature a horreur du vide. Les zones de non droit c'est avant tout la démission de la république. Le discours des mosquée est plus réconfortant, plus convainquant, plus séduisant que les actes du pacte républicain.

    Liberté, Egalité, Fraternité... virtualité.
    Une belle "allumeuse" la république. C'est frustrant de se faire rejetté quand on s'est laissé éhonteusement aguiché. La somme des frustration(echec scolaire, non-reconnaissance des origines, discrimination à l'embauche, logement, loisir, banque ... ) se conjugue aussi par un sentiment d'etre pris pour cible sur les "problèmes" que rencontre la France:
    1-antisémitisme galopant (on se souvient des affaires de la mythomane du rer d; de l'incendie maquillé d'une cynagogue). Un sentiment d'inéquité entre les communauté. Le père qui fait des différences entre ses deux fils ne peut pas s'étonner que ses fils finissent par se haïr.
    2-Problème d'immigration. Ou est le problème sur le plan économique?
    3-terrorisme des cités. l'affaire du bagagiste de roissy. D'ailleurs, factuelement où et quand en France ce terrorisme clandestin des cités s'est-il exprimé depuis 2001?
    La peur voilà l'ennemi. dans le sentiment d'insécurité il faut agir sur le sentiment et non pas sur l'insécurité. Brisons les tabous historiques; on a su le faire sur notre passé récent. Il ne s'agit pas d'examen de conscience, de culpabiliser la nation, de moral, NON, il s'agit de se comprendre, d'accepter nos failles, sans complexes, pour guérrir enfin. Sachons nous remettre en question; oui notre modèle républicain est le plus beau, le plus juste mais il est le pire si, comme depuis 30 ans, il reste à l'état de déclarations, de déclamations.
    Lara Caille
  • rose mégard
    Le 14 Novembre 2005 à 01 h 10 min
    Il y a des idées dans votre petit texte M. Juppé. Seulement, on a l'impression que vous ne lachez pas complètement vos coups. Pour ma part, je dirais que le problème n'est pas social mais culturel. Ceci expliquerait l'échec des politiques de la ville qui ont principalement visé un impossible rééquilibrage matériel. Objectivement (et je dis bien objectivement), on ne meurt pas de faim dans les banlieues. Ce qui est acquis est acquis, il ne faut revenir en arrière en terme de droit soviaux. Mais c'est en terme de représentation que la France doit changer. Et selon moi, cette "solution" passe par un vrai transfert des politiques de la ville vers le niveau décentralisé - les communes -, et par les médias et l'école, bien entendu. La bataille est difficile et nécessite un long travail. Nous devons réinventer notre démocratie, notre facon de vivre ensemble - radicalement. Chacun doit prendre ses responsabilités. Ces émeutes ne sont qu'une manifestation agressive et spontanée d'un problème plus lourdm chargé de mémoire, de frustration...Le rôle des politiques est certes dans la gestion de la crise mais aussi dans le courage politique : il faut admettre que cette crise mettra du temps à se résoudre, que peut-être les politiques d'aujourd'hui échoueront. Il faut se donner du TEMPS, seul gageur d'une vraie (r)évolution.
    rose mégard
  • David MENDY
    Le 13 Novembre 2005 à 23 h 49 min
    Bonjour Monsieur JUPPE,

    Quelque soit la manière dont on veut aborder la situation actuelle,
    la réponse la plus appropriée consiste à redonner L’ESPOIR à tout le monde dans ce pays.

    Un ESPOIR basé sur la certitude qu’EN FRANCE IL EST POSSIBLE DE REVER ET DE REALISER SES REVES.

    Concrètement ceux qui veulent créer de la valeur ajoutée doivent pouvoir le faire en toute compétitivité,
    et ceux qui veulent participer à la création de valeur ajoutée doivent pouvoir le faire le plus simplement du monde.

    En luttant contre tous les freins à la création économique et les Discriminations, l’espoir naîtra et le calme perdurera.

    De la part de tous les Français, faite passer ce message au Gouvernement :

    “DONNEZ NOUS L’ESPOIR, ON S’OCCUPE DU RESTE”.

    Cordialement,

    David Mendy
    Franco - Sénégalais
    Diplômé du Cap au MBA (Université Américaine)Sans emploi depuis 2 ans
    David MENDY
  • siamak Bavafa
    Le 13 Novembre 2005 à 23 h 31 min
    Je réagi à votre réponse car je la crois assez réducteur (sans aucun côté péjoratif).

    Vous confondez plusieurs grand chapitres de la société. vous parlez de problèmes économiques. Mais que l'on quitte son pays ou son lit, c'est pour une raison économique et cela s'applique à nous tous qui vivons sur cette planète. Vous parlez du chômage mais comme Mr. Juppé l'a dit dans ses premieres lignes de ce blog, nous sommes habitués à ces explications. C'est à cause de ceci ou de cela. Ok d'accord mais alors que faut-il faire aujourd'hui et quelles sont les erreurs à ne plus commettre ?

    Quant à la question du chômage dans les communuatés immigrantes, moi qui suis chef d'entreprise et me suis forcé à embaucher des jeunes venant de milieux dits difficiles pour les aider, je me suis confronté à plusieurs choses. Déjà, ces jeunes ne savent ni parler ni écrire le français correctement. quand ils écrivent des réponses à des emails, on dirait qu'ils sont sur le chat de Skyrock !, des "ché po" ou "tu vois", "ch'kiff pa'ce truc" et je passe des plus caractérisés. La manière de s'assoir dans un entretien d'embauche m'incite à leur apporte une pipe et quelques coussin pour qu'ils se laissent carrément aller... ils ont été à la fac ? acquis du savoir ? dans quel domaine ? c'est là que se pose la question à une entreprise qui veut embaucher. même s'ils sont ingénieur ( ce qui m'étonnerait fort vu le niveau et le vocabulaire employé) quel poste voulez-vous leur donner ? au standard ? au commercial ? la plupart sont rasés sur la moitié du crane, ont des piecing sur les arcades ou carrément une fille que j'ai reçu qui en avait sur la langue et sur une joue et sentait les cheveux gras. Des tatouages sur les mains et j'en passe. Si vous prenez un jeune de 15 ans pour qu'il apprenne le métier chez vous, il s'en prends aux secrétaires ou femmes en leur disant texto "si tu ne sors pas avec moi ce soir, je te défonce ta petite gueule même pas ta reum va te reconnaitre" (expérience vécue par un ami dirigeant). Les méthodes d'approche des relations humaines ne sont aparemment pas enseignés, ni par les parents, ni par eux même qui pourraient regarder "Friends" et en prendre de la graine (s'ils ont envie d'intégrer la société). Je ne dis pas qu'ils sont tous comme ça mais on se plaint qu'il y a du chômage ? non ? on se plaint que ce soit ces gens qui soient les plus touchés ? C'est bien normal. je vois très mal, dans notre monde actuel, une seule société digne de ce nom acceptant des jeunes parlant mal la langue du pays dans lequel ils vivent et je ne vais même pas plus loin. Moi-même qui suis enfant d'immigrés je n'ai pas non plus eu de cours particuliers ni de tuteur et pourtant, même avec un peu de retard, j'ai su regarder autour de moi et prendre mon destin en main. Donc en imaginant que pour certains il est plus difficiles que pour d'autres de prendre leur responsabilités, alors aidons-les aulieu de faire leur procès, ou celui de la société.

    Avez-vous pensé que ce qui pouvait manquer ce serait une action concrète de ceux qui composent cette société sans s'attendre à ce que l'état providence fasse tout ? et qu'il soit surtout la cause de tout ? pourquoi personne ne dit que "c'est ma faute" car je n'ai rien fait pour ce corps physique qui est notre société ? je suis une cellule qui compose ce corps, s'il y a des cellules malades, des membres malades, je serais aussi malade.

    je pense sincèrement que si chacun d'entre nous faisait un peu, aulieu de dire beacoup, ça ferait plus avancer le schmilblick :-)) encore une fois, je ne met pas en doute votre conviction, mais s'il faut changer quelque chose, on ferait mieux de commencer par nous même.

    bien à vous
    siamak Bavafa
  • Frederic Godfrin
    Le 13 Novembre 2005 à 23 h 16 min
    En temps que francais de souche (un vrai lorrain, blond, yeux bleus, avec des ancetres en Lorraine jusqu'au 16eme siecle...) je me fais l'echo de Hamid Benchaar. Moi je vois le racisme des francais de l'autre cote (celui du blanc) et ca m'ecoeure tout autant. Grand classique que je cite souvent mais qui est symbolique du racisme latant des francais : "Jsuis pas raciste, mais ces arabes ne sont pas pareil que nous", il y a de multiple variante que beaucoup de ceux qui lisent votre blog ont certainement entendu : "Jsuis pas raciste, j'ai meme des amis d'origine etrangeres, mais avoue que ces gens ne vivent pas comme nous", "Moi tant qu'il viennent pas m'embeter chez moi", "Ils se pleignent tout le temps, mais regarde : quand tu vas en banlieue tu vois tous des jeunes de 18 ans qui roulent en mercedes", "A mort les arabes" (cette derniere est un grand classique d'un de mes amis partisan de FN). Quesqui selon vous fait que les francais sont a une ecrasante majorite contre l'entree de la turquie? Ce n'est pas le poids demographique, ce n'est pas le risque de voir les emplois fuir a l'est, c'est juste la peur viscerale de voir des arabes (parce que les turc sont inclus dedans, meme si on ne peut pas vraiment les considerer comme arabe) venir envahir nos jolies campagnes avec leur marmaille qui les fait vivre grace a la CAF au frai du bon francais blanc qui, lui, travaille durement. C'est un cri de colere de ma part : LE PROBLEME PRINCIPAL, ce n'est pas le manque de mesure envers les populations les plus pauvres de notre pays, c'est le racisme latant et de plus en plus affiche de tres nombreux francais! Et vous savez ce qui me fait le plus peur ? C'est de voir que ce racisme va meme jusqu'a infecter les universites, alors qu'en general les etudiant sont les plus tolerants... Le tas de merde qui dirige le FN doit saliver en regardant les banlieues bruler, tandis que le bon francais blanc dans sa maison dans un quartier paisible regarde la tele en disant : "Encore ces foutus arabes!". Qu'il est beau le pays des droits de l'Homme.
    Frederic Godfrin
  • Sebastien Marc
    Le 13 Novembre 2005 à 14 h 26 min
    Toutes les politiques de la ville n'y feront rien. Certes, il faut detruire les barres, mais le probleme ne sera resolu que par l'arret de l'assistanat etatique, l'arret des discrimations a l'embauche, et une relance economique digne de ce nom.

    Arret de l'assistanat car il faut redonner aux gens le gout de travailler, et donc de creer des richesses. Et ce n'est pas en prelevant plus de la moitie de ce que l'on gagne que l'on donne le gout de travailler.

    Arret des discriminations a l'ambauche pour faire comprendre aux employeurs que les gens issus de l'immigrations ont un role a jouer. Cela passe par un CV anonyme (pas de nom, pas d'adresse, pas d'age, pas de sexe, pas de status marital, qui n'ont rien a voir avec la capacite de faire un boulot).

    Relance economique car seul un boulot permettra a ces jeunes de s'integrer.

    Si nos enarques a l'efficacite si legendaire pouvaient s'attaquer a ca, il ne perdrait pas le temps et l'argent de ce peuple.
    Sebastien Marc
  • Robert Arseneault
    Le 13 Novembre 2005 à 13 h 59 min
    Tout ce que vous dites est vrai. Cependant, pour bien répondre à votre question, il faudrait aussi évoquer le fameux modèle d'intégration à la française qui ne fonctionne tout simplement plus (et pour cause, le monde ayant radicalement changé) et qui, surtout, n'est pas adapté au contexte pluriethnique, plurilinguistique, pluritout de la mondialisation des économies et des cultures ou encore au contexte de la globalisation en cours de l'histoire humaine. Pour s'en sortir, il faudra plus que la séparation de l'Église et de l'État et les droits de la personne... Mais c'est sûrement un excellent début !
    Robert Arseneault
  • Cédric Barennes
    Le 13 Novembre 2005 à 13 h 36 min
    Je ne suis, pour ma part, pas certain qu'il faille chercher une explication à ces dramatiques événements du côté des religions ni a fortiori pointer du doigt l'Islam de France.

    Ce sont bien davantage nos égoïsmes - qu'ils soient strictement individuels ou communautaires - qui sont à l'origine de tous nos maux ; c'est bien davantage un projet commun qui nous fait aujourd'hui cruellement défaut. Un tel projet - collectif -, la génération post 39-45 en avait un : reconstruire un pays et construire la paix avec nos voisins. Aujourd'hui quel est-il ? Quel homme politique nous invite à le bâtir ? Dieu sait pourtant qu'il y a du grain à moudre...
    Cédric Barennes
  • pierre belletti
    Le 13 Novembre 2005 à 13 h 05 min
    Bonjour Mr Alain juppé, j ai bien lu et avec attention votre lettre du 12 novembre , et comme vous le dite tres justement, rien n est possible dans une democratie si l ordre public n est pas respecter , de meme qu il et facile de critiquer,et faire du conseils , je pense que a ce jour , la priorite et le retour a l ordre sont imperatif .Je pense pour ma part que les gouvernants sauront analyser cette situation avec la plus grande clairvoyance .Le probleme
    et dune tres grande complexitè,ce proble
    me n est pas que le notre,mais touchera a tres court terme l ensemble des pays .
    Une des causes evidente , LA CRISE DE L EMPLOI.
    L enorme écart qui existe entre entre des richesses evaluées en milliards ,et
    les emplois au compte gouttes que génère
    l économie mondiale constitue une sérieu
    se menace à la securité nationale , et
    internationale .La crise de l emploi dan
    s le monde met en danger la securité, le développement,les économies ouvertes
    et les societés libres.L ensemble des
    politique sont axées sur les
    valeurs du marché , et bien peu sur les valeur humaine.
    Le désequilibre constateé entre la mondi
    alisation , la croissance d une part,
    qui est faible , une demande qui forte
    plus d un milliard d etres humains sont
    au chomage ou considérér comme des trav
    ailleurs pauvres moins de 2 dollars par jour. je pense que ce probleme doit
    egalement etre un sujet de reflexion qui
    s ajoute a ceux évoquer.je vous remercie
    au plaisir de vous lire , salutations
    pierre belletti
  • Hamid Benchaar
    Le 13 Novembre 2005 à 00 h 23 min
    Monsieur Juppé,

    Je pense que le problème n'est ni l'Islam, ni L'Islamise mais plutôt la société française. Les Français de souche refusent de voir dans les enfants de ceux qu'ils ont utilisés hier pour construire la France des citoyens comme eux, exactement comme les Americains l'ont fait pour les descendants des esclaves dans les années 50 et 60. La descrimination dans les domaines du logement et de l'emploi est une réalité criante en France et c'est ce qui explique ce qui se passe aujourd'hui, même si ceux qui la subissent directement ne sont pas ceux qui brûlent.
    C'est vrai que depuis 25 ans, tous les gouvernements ont fait beaucoup mais n'ont jamais osé s'attaquer aux vraies causes, pour la simple raison qu'il ne veulent pas déplaire à leurs électeurs français (de souche), puisque les français d'origine étrangère votent peu.
    Au lieu de voir dans l'attitude des Americains une sorte de prise de revanche par rapport à Katarina, La France devrait plutôt s'inspirer de la methode américaine dans le traitement de la question raciale.
    Hamid Benchaar
  • Marc Chiappero
    Le 12 Novembre 2005 à 23 h 38 min
    Avec les scènes d'émeute qui se déroulent en banlieue auxqelles on superposait naguère complaisamment les images des fêtes de l'aït- el-kebir, ce sont deux facettes de la même population que l'on montre. Deux aspects d'une population immigrée regroupée en périphérie des grandes villes qui s'approprie le territoire et entend y édifier ses propres lois en refusant celles de la république. C'est un communautarisme fruit du rejet qui s'installe sur fond d'ethnicité et de religion faute pour les Français dits de souche d'avoir compris que ces nouveaux venus et surtout leurs enfants ne demandaient qu'à se fondre dans la masse.
    Que l'on cesse de parler d'échec de l'intégration lorsque parlant d'eux on continue à se référer à leur origine. A les discriminer fut-ce positivement. C'est faire bon marché des lois biologiques, la mère pour l'enfant c'est celle qui est là. C'est à elle que l'on s'attache. L'enfant d'immigré n'est pas différent des autres, il ignore la xénophobie, et même né ailleurs il peut apprendre la langue de ceux qui l'entourent en trois mois. Il s'approprie le territoire où il passe ses vertes années et s'y attache tout autant que les enfants de ceux qui sont là depuis des siècles, mais pour cela il faut qu'il soit mêlé à eux et non tenu pour différent voire inférieur.
    C'est seulement dans ces conditions que peut émerger le sentiment d'une communauté de destin.
    C'est à ce titre que la mixité sociale est importante. La loi SRU du 13 décembre 2000 malgré toutes les difficultés que son application rencontre va dans le bons sens.
    On s'est trompé en croyant que l'intégration à la française pouvait continuer à se faire naturellement comme par le passé avec les vagues d'immigration venues d'Europe.
    Avant 1940 beaucoup d'immigrants se trouvaient dispersés dans une France rurale avec une communauté de destin de fait de même que ceux qui se sont retouvés dans les mines.
    Les références culturelles et religieuses étaient voisines malgré ce ils étaient en butte à la xénophobie qui est normale dans un premier temps surtout lorsque en plus il y avait une guerre avec le pays d'origine.

    Je fais partie de ceux-là. Je peux en parler d'expérience;outre la faim j'ai eu à subir les injures et les coups. J'avais 7ans le10 juin 40 . L'Italie venait de déclarer la guerre à la France et je n'en savais rien. En arrivant ans la cour de récréation,s'est abattue sur moi une bodée d'injures. Je ne comprenais pas.C'était injuste. J'ai foncé dans le tas et je me suis battu,battu...mes poings visaient les bouches injurieuses et faisaient mal. Ils étaient plus nombreux mais je n'en avais cure je ne sentais même pas les coups. Lorsque le soir je suis rentré chez moi les vêtements en lambeaux et sur les joues les trainées de mes larmes j'avais moi aussi la haine comme ils disent . J'ai tout raconté à mon père,et lui pourtant si rude m'a serré tendrement dans ses bras. En invoquant cet instant ma gorge encore se serre, et m'a dit en soupirant:" Les enfants ne savent pas ce qu'ils font les lois de ce pays sont bonnes."

    Les enfants ne savent pas ce qu'ils font. Jacques Chirac a raison d'en appeler à les responsabilité des parents.

    Une fois de plus ce sont les mêmes clichés et les mêmes explications socio-économiques, sans que l'on aborde la vraie cause des explosions de violence : une jeunesse allogène nombreuse et désoeuvrée, livrée à elle-même dans un espace restreint. Un monde ou règne la loi du plus fort qui a développé sa propre langue et n'a aucun repère. La violence gratuite n'est pas propre à l'homme on l'observe également chez l'animal, lorsqu'il y a des groupes importants d'animaux sur un territoire restreint, ou un environnement inadéquat, une alimentions insuffisante ou carencée. L'excitation réciproque peut transformer une bande de gentils toutous en meute féroce capable de massacrer un troupeau de moutons. L'éthologie est aussi riche d'enseignements que la sociologie.
    Inutile également de nier la part de la xénophobie et du racisme réciproques entre autochtones et allochtones à l'origine de la difficulté du vivre ensemble et du rejet.
    Le comportement d'un corps social n'est pas fondamentalement différent de celui d'un corps humain. Il tend à rejeter tout ce qui lui est étranger. Seule une politique de la ville prenant en compte ces comportements basiques et une maîtrise des flux migratoire est susceptible de limiter les conséquences de comportements inscrits dans nos gènes.

    Cette jeunesse perdue paie et nous fait payer les conséquences d'une éducation permissive.
    Des méthodes pédagogiques adoptées par l'Ednat. Elle est le résultat du" il est interdit d'interdire soixante huitard, des élucubrations d'un Charles Piaget d'une Françoise Dolto.
    Et même des lois qui en ont résulté remettant en cause l'autorité parentale et privant ces familles de méthodes qui avaient fait leurs preuves, allant jusqu'à fournir un numéro vert aux enfants pour se plaindre d'une fessée ou d'une privation de sortie.
    Ce comportement n'est pas propre à la jeunesse de nos banlieues. Le Brésil, le Vénézuela connaissent avec leurs enfants abandonnés à eux-mêmes des formes de délinquance bien plus redoutables. L'absence de socialisation en bas âge produit des individus irrécupérables n'acceptant aucune règle et sans tabous y compris le respect de la vie des autres, au point qu'au Brésil on a eu recours aux escadrons de la mort pour les éliminer. Nous n'en sommes pas là, mais il faut cesser de se voiler la face et surtout lutter contre tous les pêcheurs en eaux troubles qui instrumentalisent cette jeunesse.
    La première chose a faire c'est de lui faire prendre conscience que sa révolte à un certain degré compréhensible, si elle se poursuit, va la faire définitivement rejeter la priver de toutes chances et discréditer injustement l'ensemble de leur communauté. Justifiant des slogans tels que : La France aimez là ou quittez là.
    L'attitude de justice et fermeté adoptée par le gouvernement est la bonne, mais sans une rapide cessation de ces violences nous risquons une cassure définitive entre autochtones et allochtones, voire des affrontements meurtriers. Déjà certains parlent d'intifada des banlieues.
    d'où l'importance d'encourager les musulmans laïcs et de ne pas toucher à la loi de 1905

    Bien cordialement
    MC
    Marc Chiappero
  • arnaud perrier
    Le 12 Novembre 2005 à 22 h 03 min
    mr juppé

    Je viens de prendre connaissance d'un article écrit par vahid halilhodzic , ancien antraineur du PSG , que vous connaissez peut etre.
    il raconte sa fuite de MOstar en 1991 ou tous ses biens furent brulés , ou il reçu une balle , ou il dut fuir.
    IL conclu son article par cette phrase "je n'aurai jamais imaginé que des gens pouvaient tuer parce que tu n'es pas de leur religion"
    ce qui c'est passé en ex yougoslavie se reproduira chez nous en France , dans moins de dix ans , j'en suis convaincu.
    Personne n'a retenu la leçon , personne...
    arnaud perrier
  • kris sawoo
    Le 12 Novembre 2005 à 19 h 18 min
    Certe il y un probleme intrinseque a l'immigre en particulier de foi musulmane mais le reduire a cela c'est un peu caricaturale.Le probleme est extrinseque a l'immigre.Deux exemple, un jeune (arreter) a dit qu'il poiraute une journee pour un sandwich grec et dans la banlieue de londres, un jeune a dit que l'avenir se reduit a travailler dans un Fish and chips ou dans un cab.La religion est exutoire c'est pourquoi je persiste que le probleme est economique.N'est pas la raison premiere que l'immigre quitte son pays.Tant que on ne resout pas le chomage,la delocalisation et la precarite et le Francais en est reduit a choisir entre soupe populaire et merguez frite.Desole cela passe par un retour au franc et baisse de taux de l'interet du domaine de ministere de l'economie.Pourquoi il y a t-il tant dans des expatrie Francais dans le monde et je suis poli je ne parle des Francais qui sont au chomege en Angleterre en particulier.Statistique qui ne doit pas etre difficle a avoir acces.Partez en vacances dans la banlieue de Londres et vous verrez que immigre et expatrie c'est la meme chose.Continous a vivre en pensant qu'il suffit de renvoyer les immigrer, cela fait trente ans depuis un certain Poniatowski et Mons Giscard qu'on le pense.Il est peut etre temps pour une Nouvelle France....pensez vous pas
    kris sawoo

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Bonjour, vous avez pris le temps de me lire et me répondre.
Je tenais à vous remercier de cette forme d'engagement.
Rien que de m´apporter une réponse montre que nous partageons une passion, celle de notre pays. Pour ma part , je suis partisan du dialogue et, je vous remercie de l'avoir entamé avec moi.

Bien cordialement.
Alain Juppé
Alain Juppé 2017
5 ans pour l'emploi
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