Je n’aime pas, vous le savez, réagir à chaud. Je préfère prendre du recul et me donner le temps de la réflexion. Mais il y a des circonstances où, quand on voit son pays dans la tourmente, il faut parler.
Je voudrais d’abord redire à Eric Woerth mon estime et mon amitié. Je devine la souffrance qui est la sienne face au harcèlement dont il est l’objet. Jusqu’à preuve du contraire - et aucune preuve n’apparaît - il mérite sa réputation d’honnêteté. C’est , depuis longtemps, un élu dévoué, maire très apprécié de ses concitoyens de Chantilly. C’est un ministre compétent et courageux qui porte une réforme des retraites à la fois nécessaire et équilibrée. Il est important, pour notre pays, qu’il la mène à bien.
Je voudrais ensuite en appeler au sens des responsabilités des dirigeants socialistes. Le combat politique n’autorise pas tous les coups. Sont-ils conscients que, lorsqu’ils se posent en parangon de vertu face à une droite prétendument corrompue, ils ne sont pas crédibles? L’opinion nous renvoie sa réponse: les 2/3 des Français pensent que c’est la classe politique dans son ensemble qui est corrompue. “Tous pourris!”. On connaît la vieille chanson populiste. Les hommes et les femmes politiques ne sont certes pas irréprochables. Leurs imprudences, leurs défaillances, voire leurs fautes doivent être sanctionnées avec la plus grande sévérité car les citoyens sont en droit d’attendre d’eux une vertu supérieure à “la moyenne”. Mon expérience personnelle me permet en l’occurrence, non pas de donner des leçons, mais de m’exprimer avec liberté: j’ai payé, durement, pour mes fautes, et je le dis sereinement aujourd’hui, pour les autres aussi. Je peux donc lancer le même appel que Michel Rocard et Simone Veil: “Halte au feu!”
Et puis, il faut en venir à l’essentiel. Les défis que la France doit relever aujourd’hui sont d’une telle ampleur que nos divisions sont mortelles.
Comment remettre notre pays, et l’ensemble des pays voisins, sur le chemin d’une croissance suffisante pour casser la spirale déficits/endettement et nous éviter un déclin annoncé par rapport aux nations émergentes?
Comment pousser plus loin la construction d’une Europe devenue fragile, que le statu quo condamnerait à l’éclatement, et qui doit par conséquent se doter d’une gouvernance économique, budgétaire et fiscale de nature quasi-fédérale?
Comment convaincre les Français que, pour préserver et améliorer à terme la qualité de leur vie personnelle, un effort de rigueur partagée est incontournable? Et que la rigueur ne consiste pas seulement à réduire le train de vie des ministres? Cette réflexion m’est inspirée par la lecture d’un récent sondage publié à la une du Figaro: 8O% (chiffre à vérifier mais c’est l’ordre de grandeur…) des personne interrogées seraient favorables à la rigueur! Voire. J’ouvre les pages du journal et je me rends compte que la rigueur, pour les sondés, c’est la diminution du nombre de voitures dans les ministères, ou la réduction des effectifs des cabinets ministériels, ou… le remboursement des achats de cigares ministériels. Toutes choses évidemment indispensables d’un point de vue moral… mais qui représentent “peanuts” dans l’effort de redressement budgétaire. Il va nous falloir dire la vérité et regarder la réalité telle qu’elle est.
Que faire pour calmer la tourmente politique?
Etablir la vérité, bien sûr, sur toutes les affaires en cours. C’est la mission de la justice.
Retrouver l’élan pour réformer, moderniser, dynamiser. C’est la responsabilité du Président de la République, en charge de l’essentiel.
Et, sans doute, remettre le gouvernement en situation de gouverner, ce qui passe, au moment que le Président jugera opportun, par un profond remaniement mais aussi par un changement de méthode: le Président ne peut et ne doit être en première ligne sur tous les sujets; le gouvernement doit être à la manoeuvre quotidienne, en étroit dialogue avec le Parlement.
Dans la situation très compliquée où se trouvent la France et l’Europe, et à défaut d’une improbable union nationale, une large mobilisation des compétences et des volontés s’impose.
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7 juillet 2010 à 16:35
Ah! Sciences po! quant on aurait besoin de Michou la Colère. |
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7 juillet 2010 à 16:58
Comment vous dire …l’enfer est pavé de bonnes intentions … |
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7 juillet 2010 à 17:17
Totalement d’accord avec ce que vous dites. |
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7 juillet 2010 à 17:23
Bonjour, Je ne sais pas si les hommes politiques sont coupables ou non , mais ce que je vois attriste au plus haut point un gauliste de longue date qui a une idée de la vie politique et de la fonction politique tout autre que le lamentable spectacle offert par le gouvernement. Comment voulez vous faire accepter des réformes douloureuses, si les politiques continuent d’offrir le spectacle de l’ère royaliste de l’impunité, de l’absence de moralité et d’éthique, de déconnection des réalités, d’irresponsabilité et d’absence d’exemplarité. Trop c’est trop. La justice doit faire son travail en toute sérénité mais si les affaires sortent dans la presse, c’est que la justice n’est plus libre et indépendante. Alors il ne faut pas être surpris du résultat lamentable actuel. Le président est il en état de pouvoir encore gouverner et choisir un nouveau gouvernement pour faire appliquer la politique de 2007. Certainement pas. Il n’y a qu’une solution, revenir devant le peuple soit par référundum (et oui le montre qui fait peur) soit par les élections. Les gouvernement depuis 20 ans ont cachés aux français les vrais problèmes et les risques (la dette, la mondialisation, les retraites avec des replatrage, la santé, …) et aujourd’hui il faut ouvrir les yeux devant les puits sans fond qui sont devenus des gouffres. Pas de vision à long terme, pas de perspectives claires, pas d’analyse des risques, pas d’évaluation de la situation. Et pour celui qui connait un peu le personnel politique, nous sommes encore avec des pratiques financières douteuses. Il est donc insupportable pour les français de voir des politiques continuer à gaspiller et demander la rigueur. Mais monsieur Baroin vient de commettre l’erreur fatale pour la rentrée de septembre avec la petite bombe pour mettre les étudiants dans la rue rapidement et durablement : toucher à l’APL des étudiants. Il reste donc au Président à reprendre sa copie pour trouver une nouvelle dynamique et reprendre la main afin de pouvoir encore gouverner un peu et ne pas faire illusion comme c’est déjà le cas depuis longtemps où la communication prime mais où l’action est absente : et la liste serait trop longue. Les français ont peut être compris que les mensonges sont devenus insupportables et que les réalités quotidiennnes de la classe moyenne ou défavorisée sont devenues trop dures à vivre. Messieurs les hommes politiques revenez sur terre et prenez conscience de la dure vie des français. Bonnes vacances studieuses. |
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7 juillet 2010 à 18:55
Bonsoir, |
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7 juillet 2010 à 22:33
Oui, vous avez raison sûrement de réagir ainsi au moment où l’anomie nous guette à vouloir persévérer dans le cynisme et le déni!… |
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7 juillet 2010 à 23:50
Alain Juppé a raison de demander au Président de la République de ” remettre le Gouvernement en situation de gouverner ” - ” un profond remaniement ” et un ” changement de méthode “. Tout est dit par ces demandes sur la situation politique de la France. Du jamais vu. JPG |
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8 juillet 2010 à 11:07
Votre parole a la force de celui a connu les affres des accusations et de l’énervement du monde publico-médiatique. Je voudrais surtout rebondir sur la conclusion que vous exprimez dans vos derniers paragraphes. Le premier ministre devrait diriger l’action gouvernementale ; il est écarté, humilié, au profit du secrétaire général de l’Elysée. Les ministres devraient inspirer, chacun dans leur domaine, sous la coordination du premier ministre, et dans le respect des stratégies du Président, les diverses actions publiques ; ils sont là pour distribuer des éléments de langage préparés au Palais ; ils sont doublés par des conseillers sans responsabilité devant le Parlement, un Levitte pour les Affaires Etrangères, un Soubie pour les Affaires sociales, un Musca pour les affaires économiques. La constitution bafouée (trahie ?), le gouvernement ridiculisé, que reste-t-il aux ministres sinon la gloriole des voitures de fonctions, des réceptions, des places d’honneur, des escortes ; comment ne pas imaginer que certains, au comble de l’ennui, tentent de cumuler leur poste avec d’autres fonctions, passent leur temps à cultiver leurs réseaux, et s’étranglent de colère lorsqu’ils sont traités comme des gamins qu’il faut punir. Culture du sérail qui n’ a jamais abouti qu’à des intrigues, des complots, des trahisons ; et maintenant il ne serait plus admis que l’on régule le système en étranglant les insoumis dans un coin sombre du harem. Culture d’offices de cour, qui n’ a jamais attiré que des courtisans, des médiocres, des arrivistes ; et maintenant il ne serait plus admis que les disgraciés soient exilés avec une prébende (mais je me trompe peut-être). Qu’enfin le Président applique la Constitution. C’est d’ailleurs son devoir. Qu’il continue comme avant et le régime s’abimera dans les intrigues et les affaires. Qu’enfin le Premier Ministre applique la Constitution. C’est d’ailleurs son pouvoir. Changer de ministres n’a pas d’importance, il faut d’abord gouverner. |
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8 juillet 2010 à 12:13
Bonjour, Il ne vous reste donc qu’un paragraphe à écrire: celui des modalités pratiques de cette mobilisation, celui des rendez-vous que vous allez, je l’espère, nous fixer. Car j’ai la conviction qu’il ne manque que cela à beaucoup d’entre nous pour nous engager derrière vous. Afin que “politique” ne s’entende plus comme “contraire d’efficace”. |
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13 juillet 2010 à 16:06
je ne peux que penser à R.Boulin qui, lui aussi était en charge de dossiers qui réformaient le monde du travail, j’admire la façon dont M Woerth a été soutenu et épaulé par ses pairs… |
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23 juillet 2010 à 14:57
Bonjour Mr Juppé, Je comprends bien votre réaction concernant la défense de l’action de Mr Woerth: elle s’impose pour mettre notre système au standard de nos voisins européens et on peut féliciter un responsable politique qui a pris sur lui de réaliser une réforme où il sait pertinemment à l’avance qu’il s’exposera dangereusement. On peut dans ce sens regretter que les médias louent si rarement le courage de nos politiques, préférant alimenter à la place le spectacle des histoires plus ou moins honteuses, inavouables de leurs faiblesses - mais qui n’en a pas, ce sont des hommes et des femmes comme les autres après tout … mis à part le niveau de leurs responsabilités qui est parfois à la limite du raisonnable. |
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Non, Mr JUPE ! Non, non et non, Mr Rocard et Mme Veil !
Halte plûtot à votre renoncement pour reconnaitre la gravité des faits révélés, cette mauvaise politique et ses fausses valeurs.
Itvan