Voici le texte du discours que j’ai prononcé à Lyon le 29 avril :
“Je ne suis pas venu parler au peuple de droite, ou au peuple du centre, ou au peuple de gauche.
Je veux parler au peuple français tout entier, à tous les Français, à toutes les Françaises d’où qu’ils viennent et où qu’ils soient.
Ils sont le souverain, tout particulièrement au moment de voter. C’est à eux et à eux seuls de décider.
Ce qui ne veut pas dire que les dirigeants doivent renoncer à leurs convictions et considérer que toutes les idées se valent !
Non !
Mais, en revanche, chacun a droit à l’écoute ! Entre Français, il faut se garder de toute stigmatisation ou de tout mépris.
Nous avons le devoir d’écouter, de comprendre, de répondre.
Et c’est ce que nous faisons de bonne foi.
Mais hélas ! Il y a deux poids et deux mesures.
Quand M. Hollande s’adresse aux électeurs du Front National pour leur dire – un peu tard il est vrai – qu’il faut diminuer l’immigration légale, c’est de la vertu républicaine !
Quant Nicolas Sarkozy rappelle ses propositions du 1er tour, alors c’est du vice pétainiste !
Ce procès d’intention /cette hargne sectaire contre le Président /devient détestable, insupportable dans une démocratie prétendument civilisée.
Reprenons un peu de hauteur !
Le choix que les Français vont faire dimanche 6 mai sera lourd de conséquences. Il va engager l’avenir de notre pays.
C’est pourquoi je veux m’adresser à vous avec solennité et partager avec vous quelques réflexions sérieuses et sereines à la fois, à l’écart du tohu-bohu médiatique.
Et d’abord, je vous confierais que je me sens parfaitement à l’aise avec mes « valeurs », comme on dit aujourd’hui.
Tout au long de ma vie politique, je me suis guidé sur les mêmes repères, c’est-à-dire sur les principes qui ont inspiré l’action politique du Général de Gaulle. Le gaullisme n’est certes pas une idéologie ni un système. C’est une morale de l’action fondée sur deux idées-force.
La première – et je reprends ici la formulation même du Général de Gaulle – c’est une certaine idée de la France.
De Gaulle a toujours su parler de la France non pas comme d’une entité politique désincarnée mais comme d’une personne faite de chair et de sang.
On connait la distinction qu’il établissait entre le nationalisme qui est la peur et le rejet de l’autre, et le patriotisme qui est l’amour de soi et de la terre de ses pères.
Oui, le gaullisme est un patriotisme,
- une idée de la France fidèle : à son histoire, à sa culture, aux valeurs qu’elle apporte au monde, bref – sans mettre d’arrogance dans ce mot – à son génie ;
- une France libre, attachée à son indépendance de jugement et de décision, à sa capacité de se gouverner par elle-même et d’agir sans se laisser rien imposer.
Rester fidèle à cet idéal, aujourd’hui, au XXIe siècle, c’est construire une France forte, dans un monde radicalement nouveau, où tous les équilibres anciens sont remis en question.
· une France forte, c’est-à-dire une France qui a les moyens matériels de son indépendance politique, qui ne dépend pas de bailleurs de fonds extérieurs, qui gère donc ses finances publiques avec bon sens, qui ne vit pas au dessus de ses moyens et fait tout pour éviter le surendettement !
· une France forte, c’est aussi une France qui ne se laisse pas distancer dans la course au progrès et à l’innovation, mais qui sait anticiper et investir dans les filières d’avenir pour garder son rang dans la compétition mondiale.
· une France forte, ce n’est pas une France seule, c’est une France consciente de la communauté de destin qui la lie avec ses partenaires européens, et notamment avec l’Allemagne, mais aussi avec les pays du sud de la Méditerranée.
Aujourd’hui, je le dis sans hésitation, je ne fais pas confiance à M. Hollande et à sa coalition de partis de gauche pour nous conduire sur le chemin de la France forte.
Je n’ai cessé de le montrer dans cette campagne : son programme n’est pas la bonne réponse aux défis que tous les pays européens – et la France comme les autres – doivent relever.
Par l’accumulation de promesses budgétaires coûteuses, et le refus de révéler la moindre piste d’économie sérieuses dans les comptes publics, il s’expose/et nous avec lui/, à une forte aggravation de nos déficits et à l’accélération de notre endettement.
Sa conception étatiste et passéiste de l’économie, sa méfiance et celle de ses alliés envers l’entreprise privée et l’économie de marché, l’impasse totale qu’il fait sur la question cruciale de la compétitivité de notre secteur productif/sans oublier sa remise en cause des accords passés avec nos partenaires européens/, tout cela éloignera la perspective d’un retour à une croissance durable.
Pour moi, seul Nicolas Sarkozy a la crédibilité requise pour faire progresser le chantier de la France forte.
Fier – à juste titre – du travail accompli depuis 5 ans, il peut maintenant fixer des objectifs clairs, à la fois ambitieux et réalistes.
® une politique efficace de maîtrise des finances publiques dont il est en mesure de donner un chiffrage précis
® une politique globale de renforcement de la compétitivité de notre pays, qui porte sur tous les facteurs de reconquête de nos parts de marché
® une politique innovante de croissance en Europe qui s’inspire du modèle de notre programme d’investissements d’avenir et qui convie la Banque Centrale européenne à coopérer avec le gouvernement économique de la zone euro pour assurer à la fois stabilité et croissance.
Oui, la politique économique de Nicolas Sarkozy marche sur ses deux jambes : la stabilité et la croissance. M. Hollande refuse les efforts qui garantissent la stabilité et du même coup se prive de toute chance de renouer avec la croissance.
Permettez-moi de revenir (un instant) aux principes.
Le gaullisme, c’était aussi, c’est toujours une certaine idée de l’homme.
Comme le gaullisme est un patriotisme, c’est en même temps un humanisme, c’est–à-dire une vision de la société qui fait de la personne humaine, de sa dignité, du respect qui lui est dû, sans discrimination d’aucune sorte, le cœur de tout projet politique.
Humanisme de la responsabilité individuelle, bien sûr, construit autour des valeurs de la République telles que le résume notre devise nationale.
Rester fidèle à cet idéal humaniste, c’est vouloir une France forte qui permette à chaque homme, à chaque femme de s’épanouir pleinement en garantissant à tous le plein accès aux 3 vertus cardinales de l’humanisme républicain :
- la liberté, qui est inséparable de la tranquillité et de la sécurité
- l’égalité qui donne à chacun les mêmes droits et, indissociablement, les mêmes devoirs
- la fraternité qui est incompatible avec l’assistanat et la déresponsabilisation de l’individu.
Je ne fais pas confiance à M. Hollande et à la coalition de partis qui l’enferment dans leur dogmatisme arrogant pour construire une France juste.
Ils sont en effet les artisans/et les victimes à la fois/ du terrorisme intellectuel qui amalgame depuis tant d’années, toute politique volontariste de sécurité, toute politique de maîtrise efficace des flux migratoires/ avec l’idéologie de l’extrême-droite. C’est bien connu : « Qui veut faire l’ange fait la bête » et les échecs qu’ils ont essuyés dans ces domaines quand ils étaient au pouvoir en apporte l’éloquente démonstration.
De même, leur conception très étatique de la création d’emplois (par exemple le recours à la vieille recette des emplois jeune financés par de l’argent que l’Etat n’a pas) ou de la distribution d’un pouvoir d’achat fictif à coup de primes et d’allocations publiques, tout cela est complètement décalé par rapport aux exigences d’une économie moderne ouverte sur l’Europe et sur le monde.
La France forte de Nicolas Sarkozy est aussi une France juste parce qu’elle fait du travail le moyen de l’émancipation durable de notre jeunesse et de l’amélioration du pouvoir d’achat de l’ensemble de la population. Parce qu’elle fait de la rénovation de notre système éducatif le meilleur vecteur de justice et de progrès social.
Tout doit tendre, dans les politiques publiques, à la promotion de l’emploi car c’est le chômage qui mine l’équilibre des comptes publics, qui angoisse la jeunesse, qui sape le moral de la nation et distend le lien social.
Je me bornerai à citer quelques-unes des têtes de chapitre de la stratégie que nous allons devoir développer pour combattre le chômage et promouvoir l’emploi :
· l’initiative de croissance européenne qui se prépare à Bruxelles à notre demande
· les mesures en faveur de la compétitivité de nos entreprises qui doivent être encouragées non seulement à produire mais aussi à vendre français
· la rénovation profonde de notre système éducatif, déjà bien engagée dans l’enseignement supérieur mais qu’il faut étendre au collège et au lycée, à l’enseignement professionnel, à la formation en alternance, à la formation des demandeurs d’emploi eux-mêmes
· la simplification des normes qui asphyxient les initiatives
· l’incitation massive à la recherche et à l’innovation
Et puis, soyons lucides.
Quand nous disons que le travail est libérateur, tout le monde ne le ressent pas ainsi.
Il y a ceux – ils sont nombreux – que leur travail intéresse, épanouit, comble de bienfaits.
Et il y a ceux qui le subissent comme une contrainte, voire comme une souffrance.
Voilà pourquoi, quand nous parlons de la « valeur travail », nous ne devons pas seulement penser quantité mais aussi qualité.
Chaque travailleur doit pouvoir s’affirmer comme partie prenante de son entreprise, comme acteur d’une histoire et pas seulement rouage d’une mécanique.
C’est affaire de rémunération bien sûr, de conditions de vie au travail… mais je crois que c’est aussi affaire de considération et de responsabilité.
Les méthodes existent pour améliorer la relation de travail et beaucoup d’entreprises conscientes de leur responsabilité sociale les mettent en œuvre.
Ne rejoint-on pas ici la vieille ambition gaulliste qui porte le beau nom de participation – pas seulement l’intéressement aux résultats de l’entreprise mais aussi la participation aux responsabilités qui retrouve aujourd’hui, sous des formes nouvelles, une étonnante modernité ?
Or nous avons besoin, dans les années qui viennent, de croire à la modernité et d’être conduits par un Président moderne dans un monde qui est un monde nouveau.
Parfois, ce nouveau monde fait peur.
Il est vrai qu’il bouscule toutes les habitudes et toutes les certitudes.
Nous avons pris peu à peu conscience que nous n’en sommes plus le centre et que d’autres puissances globales ont émergé.
C’est aussi un monde dur, où la compétition exige en permanence travail et innovation.
Mais c’est un monde plein de magnifiques promesses :
· promesse de croissance sous l’impulsion des pays en plein développement en Afrique, en Asie, en Amérique latine.
· promesse de progrès scientifiques qui /s’ils sont maîtrisés / changeront pour le meilleur notre vie quotidienne et notre santé.
· promesse de nouveaux comportements sociaux avec des entreprises plus conscientes de leur responsabilité sociale, et l’essor d’un nouvel entreprenariat social…
· promesse d’un nouveau modèle de croissance, plus économe des ressources rares, plus respectueux de notre environnement, porteur d’une économie sociale et solidaire dont le profit n’est pas le seul objectif
Bref de ce que j’ai appelé, avec d’autres, la sobriété heureuse.
Or la France a tous les atouts pour entrer dans cette modernité
· elle est la 5e puissance économique du monde
· ses chercheurs comptent parmi les meilleurs du monde
· sa jeunesse est nombreuse et entreprenante
· nous sommes un peuple qui a toujours été à la pointe des changements du monde !
Alors, confiance !
Dimanche prochain, il faut faire le choix de la modernité et non de l’archaïsme ; de la responsabilité et non pas de l’assistanat ; de l’esprit d’entreprise et non pas de l’étatisme.
Il faut voter Nicolas Sarkozy.
Nous allons gagner…et pour gagner :
· mobilisation 1er mai/2 mai/la semaine entière
· unité : règle d’or de la vie politique
· confiance dans la France, dans son bon sens, dans sa clairvoyance.
Entre Hollande et Sarkozy, il n’y a pas photo, c’est Sarko qu’il nous faut !
En avant vers la victoire!”
J’écoute, ce matin, sur France Culture, un débat entre commentateurs politiques sur la campagne présidentielle. Consensus des participants: aucun candidat ne parle des problèmes de fond, aucun ne trace de perspective à moyen/long terme sur l’avenir de la France, de l’Europe et du monde.
Hier, à Toulouse, en meeting avec F. Fillon et F. Baroin, devant près de 1500 personnes, je suis longuement revenu sur la vision de l’Europe que N. Sarkozy a donnée dans son discours de Villepinte, il y a quelques jours.
Une Europe forte, a-t-il dit, capable de protéger ses peuples et son modèle économique et social dans le nouveau monde où nous vivons.
C’est-à-dire une Europe qui a des frontières et qui les fait respecter (réforme de Schengen); une Europe décidée à faire valoir ses intérêts économiques et sociaux dans un système international ouvert (mise en oeuvre du principe de réciprocité, que la Commission vient de valider, à la demande de la France);une Europe en croissance qui investit dans la recherche et l’innovation, dans de grands projets d’infrastructures, mais aussi dans le soutien à ses PME et dans la formation des ses jeunes (programmes demandés par la France et l’Allemagne à la Commission); une Europe qui s’affirme non comme spectateur mais comme acteur sur la scène mondiale (poursuite de nos efforts pour renforcer la politique de sécurité et de défense commune, partenaire de l’OTAN, sur la base des décisions prises en décembre dernier à notre initiative; présence diplomatique collective comme sur le dossier iranien, ou les sanctions vis à vis de la Syrie…)
Une Europe qui invente une nouvelle gouvernance, alliant la méthode communautaire et la légitimité des Chefs d’Etat et de Gouvernement (gouvernement économique de la zone euro enfin acté dans les récents traités; gouvernement politique de la zone Schengen demandé par la France).
Bref, un projet cohérent et ambitieux qui mériterait de longs développements.
Tout cela échappe naturellement aux “commentateurs”, qui bavardent à longueur de journée dans le poste, qui n’ont que rarement assisté à un meeting politique, qui ne voient dans les projets politiques que ce qu’ils décident d’y mettre, bref qui sont enfermés dans la citadelle parisienne de leurs certitudes et de leurs a priori.
Je sais qu’en écrivant cela , je m’expose à une volée de bois vert de la part d’une corporation qui ne se remet jamais en question. Peu importe. Je dis ce que je pense. Je n’ai rien à perdre et rien à gagner.
Pour aggraver mon cas, j’ajouterai qu’en 30 ans de vie politique, je n’ai jamais vu un tel engagement partisan de la classe médiatique contre un candidat honni, en faveur d’un futur Président unanimement considéré comme déjà sacré.
Les peuples aiment rarement qu’on décide à leur place. C’est ce qui fonde mon optimisme.
Le candidat du parti socialiste à l’élection présidentielle propose aux Français “le changement maintenant”. Ce slogan me paraît à la fois d’une grande banalité et d’une inquiétante ambiguité. Car changer pour changer n’a évidemment aucun sens. Ce qui importe, c’est de savoir si l’on va changer en mieux… ou si le changement risque d’aggraver la situation présente. Or il suffit de lire le programme de “la première année du changement” que vient de publier F. Hollande pour comprendre que, s’il était appliqué, fût-ce partiellement, la France irait rapidement dans le précipice.
Ce programme constitue en effet un cocktail explosif. D’un côté, une addition vertigineuse de dépenses supplémentaires: augmentation immédiate de l’allocation de rentrée scolaire, programmation de 60 000 postes d’enseignants, création de 150 000 emplois aidés et du contrat de génération, recrutement immédiat de fonctionnaires pour la sécurité et la justice, remise à plat de la réforme des retraites, plan “massif” de rénovation thermique des logements… etc La liste, qui n’est pas exhaustive, est impressionnante. Les experts la chiffrent à plusieurs dizaines de milliards d’euros. En face , zéro économies! On va même jusqu’à arrêter la RGPP, c’est-à-dire le passage au peigne fin des dépenses de l’Etat que nous menons depuis plusieurs années. Pas un mot sur les dépenses des collectivités locales. Pas un mot sur les comptes sociaux. Ah! si: j’oubliais! Réduction de 30% de la rémunération du chef de l’Etat et des membres du gouvernement. Mesure sympathique en effet, qui rapportera de l’ordre de … 2 millions d’euros par an. De qui se moque-t-on? La seule issue, ce sera le matraquage fiscal et social pour tenter de boucher une partie du précipice budgétaire qui s’annonce.
Deuxième ingrédient du cocktail: la remise en cause du traité européen que M. Hollande s’obstine à appeler le “Traité de stabilité” et dont le vrai nom est “Traité pour la stabilité, la coordination et la gouvernance” . Cette dénonciation est inutile car, comme la France et l’Allemagne, et d’autres Etats membres l’ont demandé, la Commission prépare par ailleurs des mesures complémentaires d’encouragement à la croissance. Mais surtout elle est extrêmement dangereuse car elle risque de bloquer l’entrée en vigueur du “Mécanisme européen de stabilité” qui constitue le parefeu contre d’éventuelles nouvelles crises de dette souveraine.Les marchés sont à l’affut. Ils détestent, on le sait , l’instabilité et l’imprévisibilité. Or c’est exactement ce que provoquerait l”initiative du candidat socialiste s’il était élu.
Nous sommes en train de sortir de la crise, grâce aux programmes nationaux de maîtrise des déficits et de l’endettement, très douloureux dans certains pays. Et aussi grâce aux deux traités dont la négociation a été si laborieuse et n’aurait pas abouti sans l’énergie de N. Sarkozy. Mais la situation reste fragile. Nous sommes sur la ligne de crête. La moindre embardée nous fera quitter la route et nous conduira au précipice. C’est le moment, pour les Français, d’ouvrir grand les yeux sur les scenarios qui les attendent. Le changement façon socialiste est un risque majeur qu’il ne faut pas prendre.
Meeting à Hinges, hier soir, près de Béthune. Beaucoup de monde, bien que la réunion ait été montée avec un préavis de 48h. Et surtout, énormément de jeunes. Bon signe.
Incroyable mais vrai : ce matin, j’écoute les infos sur une station de radio qui met en valeur la “success story” d’une PME française particulièrement innovante. C’est sur Radio Classique. Cela tranche avec la litanie des mauvaises nouvelles dont les medias nous abreuvent quotidiennement.
Toujours sur Radio Classique, un économiste explique que le vrai défi que doit relever l’économie française, c’est celui de sa compétitivité sur le marché européen. Il est évident qu’il faudra beaucoup de temps avant que les coûts de production des entreprises chinoises se rapprochent de ceux des nôtres (même si les salaires en Chine augmentent régulièrement et fortement). Mais nous faisons l’essentiel de notre commerce avec nos voisins européens; nos échanges avec la Belgique, par exemple, sont supérieurs à nos échanges avec la Chine!
Or le seul candidat à la présidence de la République qui traite de cette question centrale de la compétitivité, c’est Nicolas Sarkozy. Le candidat du PS n’en parle pas et fait même des propositions qui vont directement à l’encontre de l’objectif (par exemple l’augmentation des cotisations sociales assises sur les salaires!).
N. Sarkozy propose un ensemble de mesures qui portent sur tous les paramètres de la compétitivité: la durée et les conditions de travail dans le cadre d’accord compétitivité/emploi négociés au sein de l’entreprise; la réforme de fond de la formation professionnelle des demandeurs d’emploi; l’encouragement à la recherche et à l’innovation (crédit impôt recherche et programme des investissements d’avenir incluant un soutien massif aux PME innovantes) ; et enfin un nouveau mode de financement de certaines prestations sociales visant à alléger les cotisations sociales grevant le coût du travail.
Cet ensemble de mesures , dont certaines ont déjà commencé à faire leurs preuves, constitue la seule stratégie cohérente et puissante qui permette à la production française d’améliorer sa compétitivité et de reprendre des parts de marché. C’est l’enjeu principal des prochains mois, si nous voulons amplifier les premiers signes du redémarrage de la croissance et créer des emplois tout en rétablissant l’équilibre de nos comptes publics. Ce devrait être le principal débat des prochaines semaines de campagne.
A bien le relire, le discours de Nicolas Sarkozy à Villepinte dimanche dernier est un discours fondateur. Il remet en perspective, dans le nouveau monde où nous vivons, la vision gaulliste d’une France forte dans une Europe forte.
Malgré le temps qui passe et le monde qui change, on retrouve en Europe quelques constantes: d’un côté ceux pour qui l’Europe ne peut et ne doit être qu’un vaste marché, largement ouvert au grand large de la concurrence. Pourquoi, dès lors, lui donner des frontières?
Et d’un autre côté, ceux, parmi qui je me range, dont l’ambition est de faire de l’Europe un acteur à part entière dans le concert mondial des puissances. Ambition renouvelée par l’émergence de nouveaux pôles de prospérité et d’influence, et le risque corrélatif de déclin, à tout le moins relatif, des Nations européennes.
Cette Europe là est celle qui peut le mieux répondre à l’attente des peuples européens et notamment du peuple français parce que c’est une Europe qui protège ses citoyens.
L’Europe qui protège est d’abord une Europe qui se donne des frontières. C’est pourquoi il ne faut pas céder au mirage de l’élargissement tous azimuts qui dilueraient l’Union dans un magma ingouvernable. Il convient au préalable de sortir durablement des turbulences que nous traversons et de conforter la gouvernance européenne. Quant aux frontières existantes, il faut les contrôler efficacement comme le font toutes les grandes démocraties. Il y a plusieurs années que la France dénonce les carences du fonctionnement de la zone Schengen dont certaines frontières externes sont des passoires. En 2011 encore nous avons demandé à la Commission de réagir. Des progrès sont en cours. Ils ne sont pas suffisants. Le Président Sarkozy a donc raison de mettre chacun devant ses responsabilités et de réclamer de nouvelles règles de gouvernance qui , à l’image de ce qui vient d’être décidé pour la zone euro, redonnent la main aux chefs d’Etat et de gouvernement.
L’Europe qui protège est aussi une Europe animée de la volonté de défendre ses intérêts économiques dans la nouvelle concurrence mondiale. Trop souvent, enfermés dans le dogme de la concurrence pure et parfaite, nous faisons preuve d’angélisme. C’est ainsi que nous avons très largement ouvert l’accès à nos marchés publics, alors que d’autres grands ensembles n’en ont rien fait. Désormais le principe de réciprocité doit gouverner notre politique commerciale. Le Président Sarkozy a aussi eu raison de demander à la Commission de s’inspirer de deux lois américaines très respectables: le “Small Business Act” qui réserve une part des marchés publics aux PME américaines; on en est encore aux balbutiements en Europe. Et le “Buy American Act” qui fait obligation de n’utiliser que des produits fabriqués aux Etats-Unis dans les marchés publics de fournitures er de construction de l’Etat fédéral. Les Américains, réputés libéraux dans l’âme, n’ont pas nos pudeurs quand l’intérêt national est en cause.
Enfin l’Europe qui protège est une Europe qui s’affirme comme une entité politique décidée à se faire entendre dans le monde, à y défendre ses valeurs et sa vision des relations internationales , en s’appuyant sur une politique étrangère indépendante, et une politique de sécurité et de défense commune crédible. C’est ce à quoi je n’ai cessé d’oeuvrer, sous l’autorité du Président de la République. Nous avons avancé mais beaucoup reste à faire.
Sur ces objectifs, le Général de Gaulle avait su largement rassembler les Français, bien au delà des clivages politiques traditionnels entre droite et gauche. C’est aujourd’hui, dans le contexte nouveau d’un siècle en constant changement, ce que peut à son tour réussir Nicolas Sarkozy. Voilà pourquoi Villepinte est un événement.
“Des paroles et des actes” hier soir sur France 2 .
C’est une émission très longue. Pour l’avoir faite moi-même, je suis très admiratif de la façon dont le Président a tenu le choc. Il a gardé sa fraicheur et son allant jusqu’au bout.
Il a eu d’autant plus de mérite que les journalistes ne l’ont pas ménagé. Avec, dès le départ, une petite malhonnêteté intellectuelle: une photo de moi et une phrase sur le déficit de sympathie dont souffre notre candidat. Il eût été honnête de me citer jusqu’au bout, et de rappeler qu’à mes yeux, sa crédibilité européenne et internationale et sa réactivité dans les crises en font le seul candidat de stature présidentielle. Mais passons…
Face à Fabius , pontifiant comme d’habitude et très approximatif dans sa défense du candidat socialiste, il a été très percutant. D’emblée, par deux trois citations bien ajustées , il l’a déstabilisé.
Il s’est prêté de bonne grâce au “mea culpa” auquel le conviait, de manière plutôt lourdingue, le meneur de jeu. Il l’a fait avec franchise, voire émotion, mais toujours avec pudeur.
Le plus important : sur le fond, il a été précis et cohérent. Notamment sur l’immigration, question sur laquelle son analyse m’a paru juste et équilibrée, et ses propositions très pertinentes. La façon dont , sans cesse, on a voulu dénoncer son “virage” à l’extrême-droite était presque risible: ah! la langue de bois!
De son projet sur la crise et la manière d’y répondre, à la fois en maîtrisant les déficits publics et en soutenant la croissance par l’innovation et l’investissement, se dégageait nettement un constat : la matraquage fiscal et social annoncé par le candidat socialiste, son déni total de l’enjeu central qu’est la compétitivité de notre économie dans le “nouveau monde ” où nous vivons, tout cela nous conduirait rapidement dans le mûr.
Sur le mensonge des “cadeaux aux riches”, il lui a fallu beaucoup de persévérance pour rétablir la vérité que tronquaient les tableaux montrés aux téléspectateurs. En particulier le tableau consacré à l’ISF qui faisait totalement l’impasse sur les mesures qui compensent à l’euro près l’allègement de cet impôt , inconnu partout ailleurs en Europe.
Bref une excellente émission, vue par des millions de téléspectateurs, qui prépare bien le rendez-vous de Villepinte dimanche prochain. Où l’on verra l’enthousiasme populaire démentir la dernière intox à la mode dans les salles de rédaction parisiennes où l’on répand volontiers la rumeur d’une baisse de régime dans notre camp. Haut les coeurs! Ca va le faire!
Sur Canal +, à l’heure du déjeuner, Anne-Sophie Lapix reçoit NKM. Visiblement Mme Lapix, qui est au demeurant une journaliste talentueuse, a un problème avec le mot “épuration” utilisé par Nicolas Sarkozy pour qualifier l’annonce qu’a faite récemment le candidat du parti socialiste: s’il est élu - ce qui, pour lui, est d’ores et déjà acquis - il remerciera les hauts fonctionnaires, notamment les préfets, qu’il jugera trop proches du gouvernement actuel. En bon français, cela s’appelle en effet “épuration”. NKM essaie de faire remarquer que le problème, ce n’est pas le mot “épuration” mais la menace brandie par le candidat socialiste, qui instaurerait en France le système américain des “dépouilles”, totalement étranger à nos règles républicaines. Mais la journaliste n’en démord pas : c’est N. Sarkozy qui s’est mis dans son tort en utilisant le mot “épuration” qui a, forcément, des relents staliniens… Extraordinaire retournement de situation! Imaginons trente secondes que Nicolas Sarkozy ait évoqué le renvoi de hauts fonctionnaires connus pour leur engagement socialiste. Quel tohu-bohu médiatico-politique!
Nous avons décidément du mal à franchir le mur médiatique.
Sur à peu près tous les sujets, le candidat du parti socialiste nous laisse dans l’incertitude.
Je l’ai relevé dans un précédent billet s’agissant du prélèvement confiscatoire de 75% sur les très hauts revenus qui, les jours pairs, doit moraliser notre société, mais , les jours impairs, n’a pas “vocation à rapporter un seul euro au budget de l’Etat” ???
Aujourd’hui, il s’agit de la politique de défense de la France.
“Le candidat socialiste, je cite deux de ses conseillers, demandera une évaluation, un bilan coût/bénéfice de la réintégration par la France du commandement intégré de l’OTAN, non pas pour la remettre en question, mais pour prendre les décisions qui lui permettront d’être conforme aux intérêts de la France.” Admirable! En somme, on décide de ne rien décider , d’attendre et de voir venir. Quel courage, quelle vision! En fait, le message est facile à décrypter : on ne changera rien…
Et puis, comme souvent, le mensonge: “Nicolas Sarkozy a abandonné le projet de défense européenne au profit de l’Alliance atlantique”. Mauvaise foi ou méconnaissance des efforts constants que déploie notre diplomatie pour faire avancer la PSDC (politique de sécurité et de défense commune) ? La France avec l’Allemagne et la Pologne, dans le cadre du “Triangle de Weimar”, élargi à l’Italie et à l’Espagne, a obtenu des avancées significatives que je pourrais développer longuement. Pas un mot non plus du traité de Lancaster House qui a lancé une coopération de défense exemplaire entre France et Grande-Bretagne.
Je reste perplexe: dois-je me réjouir de l’absence totale de “valeur ajoutée” du candidat du parti socialiste non seulement en matière de défense mais plus généralement en politique étrangère? Ou dois-je m’indigner de la supercherie qui consiste à promettre “le changement maintenant” sans être capable d’apporter le début d’une idée nouvelle?
Ah! si , j’oubliais : la seule mesure évoquée en passant par le candidat pour compenser la création de 65 000 emplois de fonctionnaires supplémentaires dans l’éducation, la police et la justice, c’est de réduire les effectifs de nos armées. Quand on sait que la réforme en cours depuis 2008 est en train d’y supprimer 54 000 postes, on ne peut qu’être effrayé par l’état dans lequel le candidat socialiste - s’il était élu - mettrait l’armé française.
Beau meeting à Bordeaux aujourd’hui. 8 à 9 000 personnes. Et pourtant, c’était le dernier jour des vacances de février dans l’académie.
Beau discours sur la République et ses valeurs. Je retiens cette phrase :”L’immigration est une chance. Ce peut être aussi un problème.” Le propos est équilibré. Il me convient tout à fait. Il parle de respect et de tolérance.
Naturellement à la sortie , on me tend un micro : “Vous n’êtes pas gêné que votre candidat chasse sur les terres du Front National? ” Affligeante langue de bois! Réflexe quasi pavlovien. Quelle bêtise…
Le candidat socialiste déclare à Lyon que la taxe à 75% sur les très hautrs revenus (en fait 83% avec la CSG) n’a pas vocation à rapporter un euro au budget de l’Etat. Ce serait seulement un acte de patriotisme!!! Comprenne qui pourra… En fait ce n’est qu’un nouvel exemple de palinodie pour rectification de bourde.